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Ecthyma contagieux

L'ecthyma contagieux est une maladie virale très répandue chez le mouton et la chèvre. Elle provoque des croûtes épaisses autour de la bouche, sur les lèvres et sur le museau, surtout chez les agneaux et les chevreaux. Le virus responsable...

De quoi s'agit-il ?

L'ecthyma contagieux est une maladie virale très répandue chez le mouton et la chèvre. Elle provoque des croûtes épaisses autour de la bouche, sur les lèvres et sur le museau, surtout chez les agneaux et les chevreaux.

Le virus responsable appartient à la famille des poxvirus. Il est extrêmement résistant : il survit des mois, voire plus longtemps, dans les croûtes tombées au sol, dans la litière, sur les mangeoires et sur le matériel.

La maladie guérit le plus souvent seule en quelques semaines, mais elle fait beaucoup souffrir les jeunes, qui ne peuvent plus téter correctement et perdent l'état.

À retenir

Maladie rarement mortelle chez l'adulte, mais franchement douloureuse et pénalisante chez les jeunes. Son caractère transmissible à l'être humain justifie à lui seul le port de gants systématique.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez l'agneau et le chevreau : petites taches rouges puis vésicules aux commissures des lèvres, qui deviennent des croûtes brunes épaisses, parfois saignantes.

Les lésions s'étendent au museau, aux narines, autour des yeux et à l'intérieur de la bouche.

L'animal a mal, il hésite à téter et à manger : il maigrit et prend du retard sur les autres.

Salivation plus abondante quand des lésions sont présentes dans la bouche.

Chez la brebis qui allaite : lésions et croûtes sur les trayons, transmises par l'agneau qui tète. La brebis, douloureuse, refuse la tétée, ce qui aggrave l'état de l'agneau et favorise l'apparition d'une mammite.

Des formes plus rares touchent les onglons, la région génitale ou la mamelle entière.

La fièvre est habituellement absente ou discrète : c'est la douleur et l'aspect des croûtes qui alertent.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à un virus de la famille des poxvirus, spécifique des petits ruminants.

Il pénètre par la peau ou par les muqueuses à la faveur d'une petite plaie : piqûre d'un chardon, écorchure sur une mangeoire, irritation due à un aliment grossier.

Une fois installé dans un élevage, le virus persiste longtemps dans le milieu et réapparaît à chaque nouvelle bande d'agneaux.

Jeune âge : les agneaux et chevreaux de quelques semaines à quelques mois sont les plus touchés.

Forte densité d'animaux, agnelages groupés, bâtiments surpeuplés.

Alimentation piquante ou grossière (chaumes, chardons, foin très grossier) qui blesse les lèvres et ouvre la porte au virus.

Achats d'animaux sans quarantaine, rassemblements, marchés, transports.

Litière humide et rarement renouvelée.

Transmission

Par contact direct entre animaux : museau contre museau, tétée d'une mamelle infectée, contact au cornadis ou à l'auge.

Par le milieu : croûtes tombées dans la litière, mangeoires, abreuvoirs, murs, barrières, matériel de contention, véhicules de transport.

Par les mains et les vêtements des personnes qui passent d'un lot à l'autre.

L'introduction d'un animal acheté, même guéri en apparence, est une porte d'entrée classique dans un troupeau jusque-là indemne.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire reconnaît habituellement la maladie à l'aspect et à la localisation des croûtes.

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Il écarte les autres maladies qui donnent des lésions de la bouche ou du museau, dont certaines sont beaucoup plus graves et à déclaration obligatoire : c'est la raison principale de l'appeler plutôt que de traiter seul.

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En cas de doute, un prélèvement de croûtes peut être envoyé au laboratoire pour confirmation.

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Il vérifie aussi l'état des mamelles des brebis et l'état d'engraissement des agneaux, deux points souvent négligés.

Traitement

Il n'existe pas de médicament qui détruise le virus : la guérison est spontanée en deux à quatre semaines dans la plupart des cas.

Les soins visent le confort et la prévention des complications : nettoyage doux des lésions, application de produits antiseptiques ou cicatrisants prescrits par le vétérinaire, ramollissement des croûtes les plus gênantes.

Un antibiotique peut être prescrit lorsque les plaies se surinfectent, notamment sur les mamelles ; il agit sur les bactéries, jamais sur le virus.

Un anti-inflammatoire est parfois justifié chez un animal très douloureux qui ne s'alimente plus.

Les agneaux qui ne tètent plus doivent être aidés : alimentation adaptée, séparation avec leur mère dans un lot à part, surveillance quotidienne du poids et de la vivacité.

Portez toujours des gants pour ces soins, et lavez-vous les mains ensuite.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Isoler les animaux atteints et soigner les lots malades en dernier, jamais avant les lots sains.

Mettre en quarantaine tout animal nouvellement acheté avant de l'introduire dans le troupeau.

Nettoyer et désinfecter régulièrement mangeoires, abreuvoirs, barrières et matériel de contention ; renouveler la litière, car les croûtes tombées restent contaminantes très longtemps.

Éviter les aliments piquants pour les jeunes et retirer les objets qui blessent les lèvres.

Limiter la densité au moment des agnelages.

Se laver les mains et changer de vêtements entre deux élevages ; ne pas prêter de matériel non désinfecté.

Vaccination

Un vaccin existe, à base de virus vivant, appliqué par scarification de la peau.

Sa particularité doit être bien comprise : il dépose du virus vivant dans l'élevage. Il ne s'utilise donc que dans les troupeaux déjà touchés, jamais dans un troupeau indemne, sous peine d'y introduire la maladie.

La décision de vacciner, le moment et les lots concernés relèvent du vétérinaire, qui tient compte de l'historique du troupeau et du calendrier des agnelages.

Les animaux vaccinés portent une lésion au point de scarification : elle est contagieuse comme la maladie, pour les autres animaux comme pour la personne qui manipule.

Complications possibles

Surinfection bactérienne des croûtes, avec plaies qui s'étendent et cicatrisent mal.

Mammite chez la brebis dont les trayons sont lésés, pouvant compromettre définitivement un quartier de la mamelle.

Agneaux qui ne tètent plus : amaigrissement, retard de croissance durable, mortalité chez les plus jeunes.

Atteinte des onglons entraînant des boiteries.

Les formes étendues à la bouche et au pharynx peuvent gêner l'alimentation pendant plusieurs semaines.

Quand consulter un vétérinaire

Des croûtes apparaissent sur les lèvres ou le museau de plusieurs agneaux en même temps.

Un agneau ne tète plus, maigrit ou reste couché à l'écart.

Des brebis refusent la tétée et présentent des lésions ou un gonflement de la mamelle.

Les lésions saignent, sentent mauvais ou s'étendent malgré les soins.

Des lésions de la bouche s'accompagnent de fièvre, d'écoulements ou de mortalité : appelez sans attendre, d'autres maladies bien plus graves doivent être écartées.

Vous développez vous-même un bouton ou une plaie sur la main après avoir manipulé des animaux malades : consultez un médecin.

Transmission à l'humain

L'ecthyma contagieux se transmet à l'être humain. C'est une maladie professionnelle classique des éleveurs, des bergers, des tondeurs et des vétérinaires, et elle touche aussi les enfants qui caressent ou nourrissent les agneaux.

La contamination se fait par contact direct avec les lésions d'un animal malade, avec un trayon infecté au moment de la traite ou de l'allaitement au biberon, ou avec du matériel souillé. Une petite écorchure sur la main suffit.

Chez l'être humain, la lésion apparaît le plus souvent sur les doigts, les mains ou les avant-bras : un nodule rouge, puis une plaie parfois volumineuse, douloureuse, qui met plusieurs semaines à guérir. Les ganglions du bras peuvent gonfler.

Les gestes de protection sont simples et efficaces : porter des gants pour tout soin ou toute manipulation d'animaux atteints, ne jamais toucher les croûtes à mains nues, se laver soigneusement les mains après le travail, couvrir les coupures et éraflures avant d'entrer dans la bergerie.

Les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies doivent être particulièrement prudentes et éviter le contact avec les animaux malades.

Consultez un médecin devant toute lésion de la main apparue après un contact avec des ovins ou des caprins, et signalez-lui ce contact : il oriente le diagnostic et évite des traitements inutiles.

Pronostic

La guérison est la règle : les lésions sèchent et tombent en deux à quatre semaines, sans laisser de trace la plupart du temps.

Les animaux guéris sont protégés pendant un certain temps, mais cette protection n'est pas définitive.

L'impact économique vient surtout du retard de croissance des agneaux, des mammites chez les mères et du temps de travail consacré aux soins.

Dans le troupeau, la maladie a tendance à revenir à chaque nouvelle génération d'agneaux tant que le milieu n'est pas assaini.

Questions fréquentes

Puis-je attraper cette maladie en soignant mes agneaux ?

Oui, et c'est fréquent. Le virus passe par la moindre écorchure des mains et provoque une plaie qui met plusieurs semaines à guérir. Portez des gants pour tout soin, ne touchez jamais les croûtes à mains nues et lavez-vous les mains ensuite. Si une lésion apparaît sur votre main, consultez un médecin en lui précisant que vous travaillez avec des moutons.

Faut-il arracher les croûtes pour que ça guérisse plus vite ?

Non. Arracher les croûtes fait saigner, ouvre la porte aux bactéries et vous expose directement au virus. On se contente de nettoyer doucement et d'appliquer ce que le vétérinaire a prescrit.

Mes animaux guéris peuvent-ils encore contaminer les autres ?

Le risque principal vient du milieu : les croûtes tombées dans la litière ou restées sur les mangeoires restent contaminantes très longtemps. Nettoyer, désinfecter et renouveler la litière compte autant que d'isoler les malades.

Le lait des brebis atteintes est-il consommable ?

Une mamelle avec des lésions ou une mammite ne donne pas un lait sain, et le lait cru n'est de toute façon jamais recommandé. Demandez conseil à votre vétérinaire pour votre troupeau, notamment si un traitement antibiotique a été administré.

Références

MSD Veterinary Manual

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

CDC — Centers for Disease Control and Prevention

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentVirus
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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