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Fièvre de la vallée du Rift

La fièvre de la vallée du Rift est une maladie virale transmise par les moustiques, qui touche les ruminants et l'être humain. Chez les ovins, elle se manifeste de deux façons très marquées : une vague d'avortements qui frappe presque toute...

De quoi s'agit-il ?

La fièvre de la vallée du Rift est une maladie virale transmise par les moustiques, qui touche les ruminants et l'être humain.

Chez les ovins, elle se manifeste de deux façons très marquées : une vague d'avortements qui frappe presque toutes les femelles gestantes d'un troupeau en même temps, et une mortalité massive des agneaux nouveau-nés. Les adultes, eux, s'en sortent souvent mieux.

Cette double signature, avortements en série et agneaux qui meurent en quelques jours, est ce qui doit faire penser à la maladie et déclencher un appel immédiat au vétérinaire.

À retenir

Une vague d'avortements accompagnée d'une mortalité d'agneaux nouveau-nés doit être signalée immédiatement au vétérinaire et aux services vétérinaires, et les avortons ne doivent jamais être manipulés à mains nues. Plusieurs maladies capables de produire ce tableau, dont celle-ci, contaminent gravement l'être humain lors de l'aide à la mise bas ou de l'abattage.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez les agneaux nouveau-nés, la forme est foudroyante : fièvre élevée, refus de téter, abattement profond, agneaux qui ne tiennent plus debout, et mort en un à deux jours. La mortalité est très élevée dans cette classe d'âge.

Chez les agneaux plus âgés et les jeunes : fièvre, abattement, refus de s'alimenter, respiration rapide, écoulement du nez parfois teinté de sang, diarrhée qui peut contenir du sang, jaunisse. Une partie meurt, les autres récupèrent lentement.

Chez les brebis gestantes : avortements, à n'importe quel stade de la gestation, touchant une très grande part des femelles du troupeau, parfois presque toutes. C'est le signe le plus caractéristique à l'échelle du troupeau.

Chez les adultes non gestants : fièvre, abattement, perte d'appétit, écoulement nasal, parfois jaunisse et écoulements sanglants. Beaucoup guérissent.

Écoulement vulvaire prolongé après l'avortement, avec des placentas retenus.

Chute de la production laitière.

Dans les flambées, l'éleveur voit d'abord des agneaux morts et des avortements en série, avant même de remarquer des adultes malades.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

La maladie est due à un virus transmis principalement par la piqûre de moustiques infectés.

Les œufs de certains moustiques peuvent porter le virus et survivre longtemps dans les sols des zones inondables. Lorsque des pluies exceptionnelles remplissent ces dépressions, une masse de moustiques infectés éclôt en même temps : c'est le point de départ des flambées.

D'autres moustiques prennent ensuite le relais et amplifient la circulation en piquant des animaux virémiques puis des animaux sains.

Le virus peut aussi se transmettre directement par contact avec le sang, les avortons, les placentas et les liquides de mise bas des animaux infectés : c'est cette voie qui contamine surtout les humains.

Les déplacements d'animaux et le commerce entre zones peuvent introduire le virus dans un territoire indemne.

Périodes suivant des pluies exceptionnellement abondantes, des crues ou des inondations, qui déclenchent les éclosions massives de moustiques.

Proximité de zones humides, de dépressions inondables, de rizières, de barrages, de canaux d'irrigation et de mares temporaires.

Troupeaux ovins avec beaucoup de femelles gestantes et d'agneaux nouveau-nés au moment de la flambée.

Introduction d'animaux venant de zones où la maladie circule, sans quarantaine ni contrôle.

Rassemblements d'animaux : marchés, foires, périodes de fête, transhumance.

Absence de vaccination dans les zones où la maladie est connue pour circuler.

Absence de protection contre les moustiques autour des bergeries.

Transmission

La transmission principale entre animaux se fait par les moustiques.

La transmission directe joue aussi un rôle, par contact avec le sang, les tissus, les avortons et les liquides de mise bas.

Pour l'être humain, la voie la plus fréquente n'est pas la piqûre de moustique mais le contact direct avec des animaux infectés ou leurs produits : aider une brebis à mettre bas, manipuler un avorton ou un placenta, abattre, dépecer, découper. Les éleveurs, bergers, bouchers, équarrisseurs et vétérinaires sont donc les plus exposés.

La consommation de lait cru d'animaux infectés est également considérée comme une voie de contamination possible.

La maladie ne se transmet pas d'une personne à une autre.

Les mouvements d'animaux vivants sont le principal facteur de diffusion géographique, ce qui explique l'importance des contrôles aux frontières et des restrictions de transport en période de flambée.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Devant une vague d'avortements et une mortalité d'agneaux nouveau-nés, appelez le vétérinaire sans attendre et ne manipulez pas les avortons à mains nues.

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Le vétérinaire évalue la situation à l'échelle du troupeau : nombre d'avortements, âge des animaux touchés, calendrier des pluies, présence de moustiques.

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Le diagnostic ne peut pas se faire sur les seuls signes : il repose sur des analyses de laboratoire, réalisées sur le sang des animaux malades, sur les avortons et sur les placentas, avec toutes les précautions requises.

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Le vétérinaire écarte les autres causes d'avortements groupés chez les petits ruminants, qui sont nombreuses et pour la plupart également transmissibles à l'homme : brucellose, fièvre Q, chlamydiose, toxoplasmose. Cette distinction est essentielle et ne peut se faire qu'au laboratoire.

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Les prélèvements sont manipulés par des professionnels équipés, car le personnel de terrain et de laboratoire est directement exposé.

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La suspicion doit être déclarée aux services vétérinaires : c'est une obligation, et c'est aussi ce qui déclenche l'aide et les mesures de protection collectives.

Traitement

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus.

La prise en charge est un soutien des animaux atteints, décidé par le vétérinaire : hydratation, protection contre la chaleur, soins des femelles ayant avorté, traitement des infections bactériennes qui s'installent après l'avortement, sur prescription.

Les agneaux nouveau-nés atteints meurent le plus souvent malgré les soins.

La réponse utile est collective et non individuelle : signalement aux services vétérinaires, protection des animaux contre les moustiques, arrêt des mouvements d'animaux, protection des personnes, et vaccination selon les décisions des autorités sanitaires.

Toute manipulation d'animaux malades, d'avortons, de placentas et de carcasses se fait avec des gants et des protections, sans exception. Ce point relève du traitement autant que de la prévention : c'est là que les personnes se contaminent.

Les carcasses, les avortons et les placentas doivent être éliminés selon les consignes des services vétérinaires, jamais laissés sur place ni donnés aux chiens.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Signaler immédiatement au vétérinaire et aux services vétérinaires toute vague d'avortements ou toute mortalité anormale d'agneaux : c'est le premier geste, et il protège autant le troupeau que les personnes.

Dans les zones où la maladie circule, la vaccination des troupeaux est le moyen de prévention le plus efficace ; elle est décidée et encadrée par les autorités sanitaires et le vétérinaire.

Lutter contre les moustiques : éliminer les eaux stagnantes autour des bâtiments, entretenir les abreuvoirs, les gouttières et les récipients, utiliser des protections sur les animaux et les bâtiments selon l'avis du vétérinaire.

Rentrer les animaux la nuit lorsque c'est possible, les moustiques concernés étant surtout actifs à certaines heures.

Éviter d'introduire des animaux venant de zones à risque et respecter les quarantaines et les restrictions de mouvement.

Porter des gants et des protections pour toute intervention à la mise bas, tout ramassage d'avorton et tout abattage.

Ne pas consommer de lait cru en période de circulation du virus, et faire bouillir systématiquement le lait.

Protéger les personnes des piqûres de moustiques : moustiquaires, vêtements couvrants, répulsifs.

Vaccination

Des vaccins existent contre la fièvre de la vallée du Rift et constituent, dans les zones concernées, le principal outil de protection des troupeaux.

Leur utilisation n'est pas libre : elle relève des programmes officiels de lutte et des décisions des services vétérinaires, en fonction de la situation épidémiologique du pays et de la période.

Le choix du type de vaccin dépend notamment de l'état des animaux, certaines formulations n'étant pas adaptées aux femelles gestantes. Cette décision revient strictement au vétérinaire.

La vaccination est d'autant plus efficace qu'elle est réalisée avant la période à risque, c'est-à-dire avant la saison des pluies, et non pendant la flambée.

Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire et des services vétérinaires sur la conduite recommandée dans votre région : elle peut changer d'une année à l'autre selon la surveillance.

Complications possibles

Perte de presque toute la production d'agneaux d'une saison lors d'une flambée.

Mortalité massive des agneaux nouveau-nés.

Rétention de placenta, infections de l'utérus et infertilité chez les brebis ayant avorté.

Atteinte grave du foie chez les animaux les plus touchés.

Contamination des personnes de l'exploitation, qui est la complication la plus grave de toutes.

Restrictions de mouvement, fermeture de marchés et blocage des exportations pendant les épisodes, avec des conséquences économiques lourdes pour toute une région.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs brebis avortent en peu de temps dans votre troupeau : appelez le vétérinaire immédiatement et ne touchez pas les avortons à mains nues.

Des agneaux nouveau-nés meurent en série dans les premiers jours de vie.

Des animaux présentent de la fièvre, un abattement profond, une jaunisse ou des écoulements sanglants.

Une mortalité anormale survient dans le troupeau après une période de fortes pluies ou d'inondations.

Vous avez manipulé des avortons ou aidé à une mise bas et vous présentez de la fièvre, des maux de tête ou des douleurs musculaires : consultez un médecin et dites-lui que vous travaillez avec des ruminants.

Des cas sont signalés dans votre région : parlez-en au vétérinaire avant que votre troupeau ne soit touché.

Transmission à l'humain

La fièvre de la vallée du Rift est une zoonose sérieuse. Chez l'être humain, la contamination se fait surtout par contact direct avec le sang, les tissus, les avortons, les placentas et les carcasses d'animaux infectés, et non par la piqûre de moustique dans la plupart des cas.

Les personnes les plus exposées sont les éleveurs, les bergers, les personnes qui assistent les mises bas, les bouchers, les équarrisseurs et les vétérinaires. Les périodes d'abattage familial et de fêtes augmentent l'exposition.

Chez la plupart des personnes atteintes, la maladie se manifeste par un syndrome grippal : fièvre brutale, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, faiblesse, qui guérit en quelques jours.

Une minorité de cas évolue vers des formes graves : atteinte des yeux avec baisse de la vue parfois durable, atteinte du système nerveux, ou forme hémorragique avec jaunisse et saignements, qui peut être mortelle.

Toute personne présentant de la fièvre après un contact avec des ruminants dans une zone concernée doit consulter un médecin et lui préciser ce contact : c'est cette information qui oriente le diagnostic.

Les précautions sont concrètes : gants et protections pour toute intervention à la mise bas, pour la manipulation des avortons, des placentas et des carcasses, lavage des mains, vêtements de travail dédiés, et lait toujours bouilli. Ne laissez pas les enfants approcher les zones de mise bas ni les avortons.

Pronostic

Chez les agneaux nouveau-nés, le pronostic individuel est très sombre : la plupart meurent.

Chez les animaux plus âgés et les adultes, une majorité guérit, mais les femelles gestantes perdent presque toujours leur portée.

À l'échelle du troupeau, une flambée coûte une saison entière de production et laisse des brebis en mauvais état.

À l'échelle d'un territoire, l'issue dépend de la rapidité du signalement, de la vaccination et du contrôle des mouvements d'animaux : c'est une maladie où la réponse collective compte bien plus que les soins individuels.

Questions fréquentes

Toutes mes brebis ont avorté en quelques jours, que dois-je faire en premier ?

Appelez le vétérinaire immédiatement, isolez les femelles concernées, et ne touchez ni les avortons ni les placentas sans gants. Plusieurs maladies provoquent des avortements groupés chez les brebis et la plupart se transmettent à l'homme : seule une analyse de laboratoire permet de savoir laquelle, et cette information protège votre famille.

Puis-je attraper cette maladie en aidant une brebis à mettre bas ?

Oui, c'est même la voie de contamination humaine la plus fréquente, avant la piqûre de moustique. Le contact avec le sang, les liquides de mise bas, les avortons et les placentas est le moment le plus dangereux. Des gants et un lavage des mains changent réellement les choses.

Le lait et la viande sont-ils dangereux ?

Le lait cru d'un animal infecté est considéré comme une voie de contamination possible : il doit toujours être bouilli. Pour la viande, le risque concerne surtout l'abattage et la découpe, c'est-à-dire le contact avec le sang et les organes, plus que la consommation de viande bien cuite. Portez des protections lors de l'abattage.

Cette maladie est-elle présente chez nous ?

Sa répartition varie selon les pays et évolue avec le temps ; elle fait l'objet d'une surveillance internationale. Plutôt que de supposer qu'elle est ou n'est pas présente chez vous, signalez tout épisode d'avortements groupés : c'est exactement ce que la surveillance attend, et c'est ce qui permet de réagir à temps.

EN BREF

AgentVirus
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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