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Fièvre de lait

Malgré son nom, la fièvre de lait n'est pas une infection et ne s'accompagne pas de fièvre : la température est au contraire souvent plus basse que la normale. C'est une chute brutale du calcium dans le sang, presque toujours autour du vêla...

De quoi s'agit-il ?

Malgré son nom, la fièvre de lait n'est pas une infection et ne s'accompagne pas de fièvre : la température est au contraire souvent plus basse que la normale.

C'est une chute brutale du calcium dans le sang, presque toujours autour du vêlage. Au démarrage de la lactation, la mamelle réclame d'un coup une grande quantité de calcium pour fabriquer le colostrum puis le lait. Si l'organisme de la vache ne mobilise pas assez vite ses réserves osseuses et le calcium de la ration, le taux sanguin s'effondre.

Or le calcium fait fonctionner les muscles. Sans lui, la vache s'affaiblit, titube, puis se couche et ne parvient plus à se relever.

À retenir

Urgence vétérinaire. Une vache couchée qui ne se relève pas après le vêlage doit être vue sans attendre : chaque heure passée au sol aggrave le pronostic.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les signes apparaissent le plus souvent dans les heures qui suivent le vêlage, parfois juste avant.

Première phase, brève et souvent non remarquée : la vache est agitée, refuse de manger, piétine, tremble, marche raide et titube.

Deuxième phase, la plus typique : la vache est couchée sur le sternum, la tête tournée vers le flanc. Le museau est sec, le regard fixe, les oreilles et la base des cornes sont froides au toucher. Elle tente de se lever et n'y arrive pas.

Les bouses se raréfient, la panse tourne au ralenti, le ballonnement peut s'installer parce que la vache ne rumine plus et n'éructe plus.

Troisième phase : la vache bascule sur le flanc, ne réagit plus, respire mal. C'est un stade critique.

La production laitière chute d'emblée et la vache ne se laisse plus traire normalement.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La cause directe est le manque de calcium disponible dans le sang au moment où la lactation démarre.

Les mécanismes qui puisent le calcium dans les os et qui l'absorbent dans l'intestin mettent un certain temps à s'activer. Chez une vache dont la ration de tarissement était déjà riche en calcium, ces mécanismes sont « endormis » et ne répondent pas assez vite.

Un excès de potassium dans la ration de fin de gestation, fréquent avec certains fourrages fertilisés, perturbe l'équilibre acide-base de l'animal et bloque en partie la mobilisation du calcium.

Un manque de magnésium gêne également la régulation du calcium.

Le vieillissement joue : plus une vache a de lactations derrière elle, moins elle mobilise vite ses réserves osseuses.

Vaches adultes, en général à partir de la troisième lactation ; les génisses sont rarement touchées.

Hautes productrices et races laitières spécialisées, dont la demande en calcium au vêlage est la plus forte.

Ration de tarissement trop riche en calcium ou en potassium, fourrages non analysés.

Vaches trop grasses au vêlage, qui mangent peu autour de la mise bas.

Antécédent de fièvre de lait lors d'un vêlage précédent : le risque se répète.

Vêlage difficile, jumeaux, ou toute maladie concomitante qui coupe l'appétit.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire pose le diagnostic sur l'examen clinique et le contexte : vache adulte, vêlage récent, animal couché, extrémités froides, température normale ou basse.

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Il vérifie la fréquence et la force des battements du cœur, l'état de la panse, la position de la tête et la capacité à se relever.

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Une prise de sang peut confirmer la baisse du calcium et rechercher en même temps un manque de magnésium ou de phosphore, qui changent la conduite à tenir.

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Il écarte surtout les autres causes de vache couchée après vêlage : blessure nerveuse ou musculaire pendant la mise bas, luxation de la hanche, mammite grave, infection de l'utérus, cétose, manque de magnésium. Plusieurs de ces problèmes peuvent d'ailleurs coexister.

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La réponse au traitement fait partie du diagnostic : une vache qui se relève rapidement après correction du calcium confirme l'hypothèse.

Traitement

Le traitement relève exclusivement du vétérinaire et doit être mis en route sans attendre.

Il repose sur l'apport de calcium par voie veineuse, administré lentement et sous surveillance du cœur : donné trop vite, le calcium peut provoquer un arrêt cardiaque. C'est la raison pour laquelle un éleveur ne doit jamais réaliser lui-même une injection intraveineuse de calcium.

Un relais par voie orale est souvent prescrit ensuite pour éviter la rechute, parfois complété par du magnésium ou du phosphore selon les résultats de l'examen.

En attendant le vétérinaire, installez la vache sur une litière épaisse et non glissante, en position sternale, la tête relevée et calée pour qu'elle ne bascule pas sur le flanc.

Ne versez jamais de liquide ni de solution buvable dans la gueule d'une vache couchée et somnolente : elle ne déglutit plus correctement et le liquide part dans les poumons.

Si la vache reste couchée, elle doit être retournée d'un côté sur l'autre plusieurs fois par jour pour éviter que le poids du corps n'écrase les muscles et les nerfs, avec de l'eau et du fourrage à portée de mufle.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention se joue pendant les dernières semaines de gestation, pas au vêlage.

Faites analyser les fourrages destinés aux vaches taries : c'est le seul moyen de connaître leur teneur en calcium et surtout en potassium. Les fourrages très fertilisés en potasse sont à réserver aux vaches en lactation.

Une ration de tarissement pauvre en calcium oblige l'organisme à garder ses mécanismes de mobilisation en éveil, prêts à fonctionner dès le vêlage.

Les sels anioniques, qui acidifient légèrement l'organisme en fin de gestation, sont un outil efficace mais technique : ils se mettent en place avec le vétérinaire ou le conseiller en nutrition, avec un contrôle du résultat, jamais au jugé.

Assurez un apport de magnésium correct sur toute la période de tarissement.

Évitez l'engraissement des vaches taries : une vache trop grasse mange moins juste avant le vêlage et démarre sa lactation en dette.

Chez les vaches ayant déjà fait une fièvre de lait, un apport oral de calcium au moment du vêlage peut être prescrit à titre préventif ; sa forme et son moment sont définis par le vétérinaire.

Surveillez de près les vaches fraîchement vêlées : plus le trouble est repéré tôt, plus il se corrige facilement.

Complications possibles

Les muscles et les nerfs comprimés par le poids de l'animal s'abîment quand la vache reste longtemps couchée : elle peut alors ne plus se relever même une fois le calcium corrigé. C'est le syndrome de la vache couchée, de pronostic bien plus sombre.

Fausse déglutition et pneumonie si on a tenté d'abreuver ou de drencher une vache somnolente.

Ballonnement de la panse chez une vache couchée sur le flanc, qui ne peut plus éructer.

La baisse du calcium relâche aussi les muscles de l'utérus et du sphincter du trayon : rétention du placenta, infection de l'utérus, mammites sont plus fréquentes ensuite.

Elle favorise en cascade la cétose et le déplacement de caillette, parce que la vache mange moins et que sa panse tourne au ralenti.

Rechute dans les jours qui suivent, classique et à anticiper.

Quand consulter un vétérinaire

Une vache qui vient de vêler est couchée et ne se relève pas : appelez immédiatement, c'est une urgence.

Elle titube, tremble, marche raide ou refuse de bouger dans les heures qui suivent la mise bas.

Ses oreilles et la base de ses cornes sont froides alors qu'elle n'a pas de fièvre.

Elle a la tête tournée vers le flanc et le regard fixe.

Elle est basculée sur le flanc et ballonnée : le pronostic se joue en minutes.

Elle s'était relevée après un premier traitement et se recouche : prévenez sans attendre.

Pronostic

Traitée tôt, la très grande majorité des vaches se relève et reprend une lactation normale.

Le pronostic dépend avant tout du temps passé couché : une vache prise en charge dans l'heure récupère bien, une vache restée immobilisée une demi-journée ou plus risque des lésions musculaires irréversibles.

Les rechutes dans les deux premiers jours sont fréquentes et ne signifient pas que le traitement a échoué.

Une vache ayant fait une fièvre de lait reste plus exposée aux autres troubles du début de lactation : elle mérite une surveillance renforcée pendant plusieurs semaines.

Questions fréquentes

Pourquoi parle-t-on de « fièvre » alors que la vache n'a pas de fièvre ?

C'est un nom ancien, hérité de l'époque où l'on confondait ce trouble avec une infection du vêlage. En réalité la température est normale ou basse, et les oreilles sont froides. Il s'agit d'un manque de calcium, pas d'un microbe.

Puis-je faire moi-même l'injection de calcium ?

Non pour la voie veineuse. Injecté trop vite, le calcium peut arrêter le cœur, et le geste demande une surveillance du rythme cardiaque pendant toute l'administration. Seul le vétérinaire doit le faire. Il peut en revanche vous prescrire des apports oraux à utiliser dans un cadre précis.

Pourquoi ne faut-il pas donner à boire à une vache couchée ?

Parce qu'une vache affaiblie ne déglutit plus correctement : le liquide passe dans la trachée et provoque une pneumonie souvent mortelle. Laissez l'eau à sa portée mais ne la lui versez pas dans la gueule.

Comment éviter que cela se reproduise au prochain vêlage ?

En travaillant la ration de tarissement : fourrages analysés, apport de calcium et surtout de potassium maîtrisé, magnésium suffisant, vaches ni trop grasses ni sous-alimentées. C'est un point à revoir avec votre vétérinaire, car une vache qui a déjà fait une fièvre de lait recommencera si rien ne change.

Les génisses sont-elles concernées ?

Très rarement. Le risque augmente avec le nombre de lactations, car les mécanismes de mobilisation du calcium osseux deviennent moins réactifs avec l'âge.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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