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Fièvre Q

La fièvre Q est une maladie causée par une bactérie très résistante, Coxiella burnetii, qui touche les moutons, les chèvres et les bovins. Chez les petits ruminants, elle passe le plus souvent inaperçue : les animaux ne paraissent pas malad...

De quoi s'agit-il ?

La fièvre Q est une maladie causée par une bactérie très résistante, Coxiella burnetii, qui touche les moutons, les chèvres et les bovins.

Chez les petits ruminants, elle passe le plus souvent inaperçue : les animaux ne paraissent pas malades. Elle se révèle par des avortements, souvent en fin de gestation, et par des agneaux ou chevreaux morts-nés ou trop faibles.

Au moment de la mise bas ou de l'avortement, la femelle infectée rejette des quantités massives de bactéries dans le placenta, les liquides et les sécrétions. Ces bactéries résistent à la sécheresse et se retrouvent dans les poussières, où elles survivent des mois.

À retenir

Zoonose majeure. Les avortements et les mises bas sont les moments les plus dangereux pour les personnes présentes. Gants, masque, aucune manipulation à mains nues, et éviction stricte des femmes enceintes et des personnes fragiles.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez la brebis et la chèvre, la maladie est le plus souvent silencieuse : aucun signe visible, aucun changement d'état ou d'appétit.

Avortements, surtout dans le dernier tiers de la gestation, parfois en série dans le troupeau.

Mises bas prématurées, agneaux ou chevreaux mort-nés, ou nés vivants mais très faibles et qui ne survivent pas.

Rétention du placenta et écoulements vulvaires prolongés après la mise bas.

Baisse de fertilité et retours en chaleur répétés dans les troupeaux touchés.

Les femelles avortent en général une seule fois, puis mènent leurs gestations suivantes à terme, tout en pouvant continuer à excréter la bactérie lors des mises bas.

Contrairement à ce que son nom suggère, la fièvre n'est pas un signe caractéristique chez l'animal ; le nom vient de la maladie décrite chez l'être humain.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à la bactérie Coxiella burnetii, qui se multiplie particulièrement dans le placenta des femelles gestantes.

Elle possède une forme de résistance qui lui permet de survivre très longtemps dans le milieu extérieur : dans la poussière, la paille, le fumier, la laine, elle reste infectieuse pendant des mois.

Une infection en cours de gestation aboutit à une atteinte du placenta et donc à l'avortement ou à la naissance d'un jeune non viable.

De nombreux animaux sauvages et les tiques participent à la circulation de la bactérie dans l'environnement.

Élevages de petits ruminants avec mises bas groupées dans un même local.

Bâtiments poussiéreux, mal ventilés, avec litière accumulée.

Avortements gérés sans précaution : avortons et placentas laissés au sol ou jetés sans être éliminés.

Fumier stocké à proximité des habitations ou épandu sans précaution par temps sec et venteux.

Achats d'animaux sans connaissance du statut sanitaire.

Mélange de troupeaux, transhumance, rassemblements et marchés.

Présence de tiques et contact avec la faune sauvage.

Transmission

Entre animaux, principalement par inhalation de poussières contaminées : c'est la voie dominante.

Par les produits de mise bas et d'avortement : placenta, liquides, avortons, litière souillée, extrêmement riches en bactéries.

Par le lait, les urines et les crottes des animaux infectés, en quantités moindres mais sur de longues périodes.

Les bactéries desséchées voyagent avec le vent, la poussière du fumier et les mouvements d'air des bâtiments : une contamination à distance de l'élevage est possible.

Les tiques interviennent dans le cycle sauvage de la bactérie.

Le transport du fumier et l'épandage sont des sources reconnues de dispersion.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Devant tout avortement, et a fortiori devant plusieurs avortements rapprochés, il faut appeler le vétérinaire : c'est une obligation sanitaire dans de nombreux pays et une nécessité pour la santé des personnes.

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Le vétérinaire réalise des prélèvements sur le placenta, l'avorton et le sang de la mère, envoyés au laboratoire.

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Il recherche en parallèle les autres causes d'avortement chez les petits ruminants, dont plusieurs sont également transmissibles à l'être humain : c'est la raison pour laquelle on ne se contente jamais d'une hypothèse.

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Des analyses de lait de tank ou de prélèvements d'environnement peuvent compléter l'évaluation à l'échelle du troupeau.

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Manipulez toujours les prélèvements avec des gants, et conservez avortons et placentas à l'abri, dans un contenant fermé, en attendant le vétérinaire.

Traitement

Il n'existe pas de traitement permettant d'éliminer la bactérie du troupeau.

Des antibiotiques de la famille des tétracyclines sont parfois utilisés pour limiter les avortements pendant une période à risque, sur décision du vétérinaire. Leur effet est partiel : ils réduisent les pertes sans supprimer l'excrétion de bactéries, et donc sans supprimer le risque pour les personnes.

La maîtrise repose donc avant tout sur la conduite d'élevage, la gestion des mises bas et la vaccination, pas sur les médicaments.

Les délais d'attente pour le lait et la viande doivent être respectés après tout traitement.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Isoler les femelles qui avortent, et gérer les mises bas dans un local dédié, facile à nettoyer.

Ramasser immédiatement les placentas, avortons et litières souillées avec des gants et un masque, les placer dans un contenant fermé et les éliminer selon les consignes de votre vétérinaire. Ne jamais les laisser au sol, ne jamais les donner aux chiens.

Éviter de balayer à sec et de manipuler la litière poussiéreuse dans les bâtiments : humidifier avant de curer réduit fortement la mise en suspension des bactéries.

Composter et stocker le fumier à distance des habitations, éviter l'épandage par temps sec et venteux.

Maîtriser les tiques sur les animaux, selon les conseils du vétérinaire.

Limiter les introductions et connaître le statut des animaux achetés.

Ne pas consommer de lait cru des animaux du troupeau.

Informer toute personne travaillant dans l'élevage du risque et des précautions, en particulier les femmes enceintes et les personnes fragiles.

Vaccination

Un vaccin destiné aux ruminants existe et constitue l'outil le plus efficace pour réduire les avortements et surtout la quantité de bactéries rejetées dans l'environnement, donc le risque pour les personnes.

Il est d'autant plus efficace qu'il est administré à des femelles non encore infectées, avant la saillie : la vaccination se raisonne donc à l'avance, avec le vétérinaire, dans le calendrier de reproduction du troupeau.

La vaccination doit être poursuivie plusieurs années consécutives pour produire un effet durable sur un troupeau touché.

Sa disponibilité varie selon les pays : votre vétérinaire vous indiquera ce qui est possible localement.

La vaccination ne dispense jamais des précautions d'hygiène au moment des mises bas.

Complications possibles

Avortements en série et pertes importantes de jeunes sur une saison.

Rétentions placentaires et infections de l'utérus après la mise bas.

Baisse de fertilité durable et allongement des intervalles entre mises bas.

Contamination de l'environnement de l'élevage pour de longs mois, avec un risque persistant pour les personnes.

Cas humains chez l'éleveur, sa famille ou le voisinage de l'exploitation.

Quand consulter un vétérinaire

Une femelle avorte : appelez le vétérinaire, ne jetez pas l'avorton et manipulez-le avec des gants.

Plusieurs avortements surviennent en peu de temps dans le troupeau : c'est une alerte sanitaire, jamais un hasard.

Des agneaux ou chevreaux naissent morts ou trop faibles pour se lever et téter.

Des rétentions de placenta et des écoulements prolongés touchent plusieurs femelles.

La fertilité du troupeau baisse sans explication.

Une personne de l'élevage présente une fièvre prolongée, des maux de tête intenses ou une fatigue inhabituelle : elle doit consulter un médecin en signalant son contact avec des ruminants.

Transmission à l'humain

La fièvre Q est une maladie transmissible à l'être humain, et c'est chez l'humain qu'elle porte le plus mal son nom d'affection bénigne.

La contamination se fait surtout par l'air : en inhalant des poussières contenant la bactérie, dans un bâtiment, en curant une litière, en manipulant du fumier, ou simplement en vivant à proximité d'un élevage touché lors des mises bas. Il n'est pas nécessaire de toucher un animal pour être contaminé.

Les produits de mise bas et d'avortement sont de très loin la source la plus dangereuse : placenta, liquides, avortons. Ne les manipulez jamais à mains nues. Portez des gants et un masque, humidifiez avant de curer, et éliminez ces déchets dans un contenant fermé.

Le lait cru et les fromages au lait cru issus d'animaux infectés constituent une seconde voie de contamination : ne consommez pas le lait cru de votre troupeau et ne le donnez pas à vos enfants.

Chez l'être humain, l'infection passe souvent inaperçue. Quand elle se manifeste, c'est par une fièvre élevée et prolongée, des maux de tête violents, des douleurs musculaires, une grande fatigue, parfois une atteinte des poumons ou du foie. Une forme chronique, plus rare et plus grave, peut atteindre le cœur des mois ou des années après.

Certaines personnes sont particulièrement exposées aux formes graves et doivent être tenues à l'écart des mises bas, des avortements et des locaux poussiéreux : les femmes enceintes, chez qui l'infection peut entraîner un avortement ou un accouchement prématuré ; les personnes ayant une maladie du cœur ou une valve cardiaque ; les personnes immunodéprimées ; les personnes âgées.

Une femme enceinte ne doit jamais intervenir sur un agnelage, ni manipuler un avorton ou un placenta, ni nettoyer un local de mise bas.

Toute personne de l'élevage qui présente une fièvre prolongée inexpliquée doit consulter un médecin et lui préciser qu'elle travaille avec des ruminants : cette information change le diagnostic et la prise en charge.

Pronostic

Pour l'animal, le pronostic vital est rarement en jeu : les femelles qui avortent se rétablissent et mènent le plus souvent leurs gestations suivantes à terme.

Le problème est ailleurs : les pertes de jeunes sur une saison peuvent être lourdes, et la bactérie s'installe dans l'environnement de l'élevage pour longtemps.

La maîtrise demande de la constance : gestion rigoureuse des mises bas, vaccination sur plusieurs années, précautions à chaque agnelage.

Le risque pour les personnes reste le point le plus important à considérer, et il ne disparaît pas parce que les animaux paraissent en bonne santé.

Questions fréquentes

Mes brebis ont l'air en pleine forme : peut-il y avoir un risque pour moi ?

Oui. C'est la particularité de cette maladie : les animaux infectés paraissent normaux et rejettent pourtant énormément de bactéries au moment des mises bas. La contamination humaine se fait en respirant des poussières, sans qu'il soit nécessaire de toucher un animal malade.

Ma femme est enceinte et vit sur l'exploitation : que faire ?

Elle ne doit pas intervenir sur les agnelages, ni manipuler avortons, placentas ou litières souillées, ni nettoyer les locaux de mise bas, et il faut éviter qu'elle entre dans les bâtiments pendant la période des mises bas. Elle ne doit pas consommer de lait cru. Parlez-en à son médecin, en signalant l'activité d'élevage.

Que faire d'un avorton ?

Mettez des gants, ne le touchez jamais à mains nues, placez-le avec le placenta dans un sac ou un contenant fermé, gardez-le à l'écart pour le vétérinaire, et ne le donnez jamais aux chiens. Nettoyez ensuite la place, sans balayer à sec, et lavez-vous soigneusement les mains.

Peut-on éliminer la bactérie de l'élevage ?

Pas rapidement. Elle survit des mois dans la poussière et le fumier. On agit sur la durée : vaccination plusieurs années de suite, gestion stricte des mises bas et des avortements, humidification avant curage, stockage et épandage raisonnés du fumier.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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