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Maladie parasitaire Mouton, Chèvre

Gale chorioptique (gale des pattes)

La gale chorioptique est la gale des pattes. Son acarien vit à la surface de la peau, sans creuser, et reste cantonné au bas du corps : paturons, boulets, dessous des jarrets, face interne des cuisses, et — c'est le point capital — le scrot...

De quoi s'agit-il ?

La gale chorioptique est la gale des pattes. Son acarien vit à la surface de la peau, sans creuser, et reste cantonné au bas du corps : paturons, boulets, dessous des jarrets, face interne des cuisses, et — c'est le point capital — le scrotum du bélier.

C'est ce qui la sépare des autres gales du mouton, et il faut le savoir pour ne pas se tromper de maladie. La gale psoroptique envahit le corps sous la laine et détruit la toison ; la gale sarcoptique s'installe sur la tête et les zones peu laineuses ; la gale chorioptique, elle, ne monte pratiquement jamais et se contente des extrémités. La fiche générale sur la gale ovine présente cet ensemble ; celle-ci détaille la forme des membres.

Moins spectaculaire que la gale du corps, elle est souvent tolérée ou ignorée pendant des mois. C'est une erreur : chez le bélier, l'inflammation du scrotum élève la température des testicules, et cela suffit à dégrader la fertilité au moment précis où l'on compte dessus.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Grattage et piétinement : l'animal tape du pied, se mordille le bas des pattes, se frotte les membres contre les barrières et les murets, se lèche les paturons.

Croûtes sèches, grisâtres, adhérentes sur les paturons et le dessus des onglons, qui s'étendent lentement vers le haut du membre.

Perte de poils par plaques sur le bas des pattes, avec une peau qui devient rouge, puis épaissie, plissée et sombre là où les lésions durent depuis longtemps.

Chez le bélier : peau du scrotum rouge, croûteuse, épaissie, parfois suintante. C'est la lésion à chercher systématiquement avant la saison de lutte, et elle passe complètement inaperçue si l'on ne retourne pas l'animal.

Boiterie ou démarche raide chez les animaux dont les paturons sont très abîmés ; certains refusent de marcher longtemps.

Chez la brebis, atteinte possible du dessous de la mamelle et de la face interne des cuisses, qui gêne l'allaitement.

Agitation en bergerie, animaux qui se lèvent et se recouchent, mangent par à-coups.

Les lésions s'aggravent l'hiver, sur litière humide, et régressent souvent d'elles-mêmes au pâturage sans que le parasite disparaisse pour autant.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'acarien vit à la surface de la peau et se nourrit des débris cutanés, sans creuser de galerie.

Il a une préférence marquée pour les zones basses du corps, plus fraîches et plus humides, ce qui explique sa localisation aux membres et au scrotum.

Comme pour les autres gales, la souffrance vient de la réaction de la peau aux sécrétions du parasite : inflammation, croûtes, épaississement progressif.

Sur le scrotum du bélier, cette inflammation locale fait monter la température des testicules. La production de spermatozoïdes est très sensible à la chaleur : c'est le mécanisme par lequel une simple maladie de peau devient un problème de reproduction.

Hors de l'animal, l'acarien survit un temps dans la litière humide et sur le matériel, ce qui entretient l'infestation en bâtiment.

Hébergement en bâtiment l'hiver, litière humide et rarement renouvelée, forte densité, mauvaise aération.

Béliers achetés ou prêtés sans examen du scrotum : c'est la porte d'entrée la plus classique.

Mélange de moutons et de chèvres dans les mêmes locaux.

Animaux en mauvais état, carencés ou déjà porteurs d'autres parasites.

Lésions préexistantes des membres, pieds abîmés, boiteries chroniques.

Absence de contrôle des béliers avant la saison de reproduction.

Traitements partiels, limités aux animaux visiblement atteints.

Transmission

Par contact direct entre animaux, en particulier en bergerie l'hiver, entre animaux couchés côte à côte.

Par la litière humide, les logettes, les zones de couchage et le matériel, où l'acarien se maintient un certain temps.

Par les béliers prêtés et les animaux achetés, souvent porteurs discrets d'une lésion du scrotum que personne n'a regardée.

Entre moutons et chèvres partageant les mêmes bâtiments.

Cette gale ne s'installe pas de façon durable sur l'homme.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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L'examen doit être ciblé, et c'est là que beaucoup de cas passent à côté : il faut regarder le bas des pattes et, chez le bélier, retourner l'animal pour examiner le scrotum. Une gale chorioptique ne se voit pas en regardant un troupeau debout.

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Le vétérinaire réalise un raclage de peau en bordure des croûtes et identifie l'acarien au microscope. Cet examen est indispensable, car les croûtes du bas des pattes peuvent aussi venir d'autres causes : dermatophilose des membres, piétin et affections des onglons, blessures.

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Il examine plusieurs animaux du lot, y compris ceux qui ne se grattent pas.

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Avant la saison de lutte, un contrôle des béliers, comprenant l'examen du scrotum et de l'état général, est le meilleur investissement possible : il évite de découvrir un problème de fertilité une fois la saison perdue.

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Chez la brebis, le vétérinaire vérifie aussi le dessous de la mamelle, zone souvent atteinte et rarement inspectée.

Traitement

Des antiparasitaires externes adaptés aux ovins, appliqués sur la peau, en pulvérisation ou en bain, sont la base du traitement. Le choix du produit revient au vétérinaire.

Un point important : les antiparasitaires injectables, très efficaces sur la gale du corps, donnent des résultats nettement moins constants sur cette gale des membres, parce que l'acarien vit en surface de la peau et se nourrit de débris, pas de sang ni de liquide tissulaire. Là encore, se tromper de gale, c'est se tromper de traitement.

Le produit doit atteindre la peau : il faut nettoyer les croûtes épaisses et traiter réellement les zones basses, souvent souillées de boue et de fumier, sinon le traitement ne sert à rien.

Tout le lot se traite en même temps, et les béliers ne doivent jamais être oubliés — ce sont eux qui portent les lésions les plus lourdes et qui les redistribuent.

Un second passage est habituellement nécessaire ; le vétérinaire fixe la conduite et l'intervalle.

Le bâtiment fait partie du traitement : litière renouvelée, zones de couchage assainies, aération améliorée. Une bergerie humide annule l'effet de n'importe quel produit.

Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise, et l'on n'utilise jamais de produits destinés à d'autres espèces ni de préparations maison sur une peau déjà abîmée.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait varient selon les produits et doivent être demandés au vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Examiner le scrotum de tout bélier acheté ou prêté, avant l'introduction et avant chaque saison de lutte : c'est le geste qui évite la majorité des problèmes.

Mettre en quarantaine les animaux achetés et inspecter le bas de leurs membres.

Entretenir la litière : une litière sèche, renouvelée et bien paillée est la meilleure prévention contre cette gale.

Assurer l'aération et éviter la surdensité en bergerie l'hiver.

Profiter des interventions sur les pieds, du parage et de la tonte pour regarder systématiquement le bas des pattes.

Traiter tout le lot en même temps dès qu'un cas est confirmé, plutôt que de laisser traîner des animaux atteints.

Maintenir un bon état général du troupeau et corriger les carences.

Complications possibles

Baisse de fertilité chez le bélier, parfois pour toute une saison de lutte : brebis vides, agnelages étalés, campagne compromise. C'est la complication la plus coûteuse et la plus souvent découverte trop tard.

Épaississement définitif de la peau des paturons, qui reste dure, plissée et sombre même après guérison.

Boiteries persistantes et refus de marcher chez les animaux les plus atteints.

Plaies de grattage qui s'infectent, abcès, et porte d'entrée pour d'autres affections des membres.

Atteinte de la mamelle qui gêne la tétée et pénalise la croissance des agneaux.

Infestation qui s'installe durablement dans un bâtiment humide et revient chaque hiver.

Quand consulter un vétérinaire

Des animaux tapent du pied, se mordillent le bas des pattes ou se frottent les membres contre les barrières.

Des croûtes grises apparaissent sur les paturons et remontent le long des membres.

La peau du scrotum d'un bélier est rouge, croûteuse ou épaissie : faites-le examiner avant la saison de lutte.

Un bélier a servi et beaucoup de brebis reviennent en chaleur : demandez un contrôle complet, y compris de la peau du scrotum.

Un animal boite ou refuse de marcher sans lésion visible des onglons.

Des croûtes apparaissent sous la mamelle d'une brebis qui allaite.

Vous venez d'introduire ou d'emprunter un bélier et des démangeaisons des pattes apparaissent dans le lot.

Pronostic

Le pronostic cutané est bon lorsque le diagnostic est confirmé, que le lot entier est traité et que la litière est assainie ; les croûtes disparaissent et les poils repoussent.

Les peaux très épaissies par des lésions anciennes gardent souvent un aspect définitivement altéré.

Chez le bélier, la fertilité se rétablit en général après guérison, mais il faut du temps : la production de spermatozoïdes ne redevient pas normale du jour au lendemain. Un bélier soigné trop tard reste inutilisable pour la saison en cours, ce qui plaide pour un contrôle bien avant la lutte.

Les récidives sont fréquentes en bâtiment humide et lorsque les béliers ne sont pas inclus dans le traitement.

Questions fréquentes

En quoi est-ce différent de la gale ordinaire du mouton ?

Par la localisation, et donc par le traitement. Cette gale reste sur le bas des pattes et sur le scrotum du bélier, alors que la gale du corps envahit la toison sur les flancs et le dos, et que la gale de la tête touche les zones peu laineuses. Les acariens ne sont pas les mêmes et ne répondent pas aux mêmes produits : seul un raclage examiné au microscope permet de trancher.

Mon bélier a la peau du scrotum croûteuse, est-ce grave pour la reproduction ?

Oui, c'est à prendre au sérieux. L'inflammation réchauffe les testicules, et la production de spermatozoïdes supporte très mal la chaleur. Un bélier dans cet état peut féconder beaucoup moins de brebis que prévu. Faites-le examiner avant la saison de lutte, pas après.

Les injectables que j'utilise contre la gale ne marchent pas ici, pourquoi ?

Parce que cet acarien vit à la surface de la peau et se nourrit de débris cutanés, sans prendre de sang : les produits injectables l'atteignent beaucoup moins bien que ceux appliqués directement sur la peau. C'est une différence importante entre les gales, et une raison de plus de faire identifier le parasite.

Les lésions disparaissent au pâturage l'été, est-ce guéri ?

Pas forcément. Les signes s'atténuent avec le soleil et la sécheresse, mais l'acarien reste souvent présent en petit nombre et repart dès le retour en bergerie. C'est pour cela que la maladie semble revenir chaque hiver : elle n'était jamais partie.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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