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Maladie parasitaire Mouton

Gale psoroptique (gale du corps)

Sous le mot « gale », les éleveurs regroupent en réalité plusieurs maladies différentes, causées par des acariens différents, qui ne se logent pas aux mêmes endroits et ne se traitent pas de la même façon. La fiche générale sur la gale ovin...

De quoi s'agit-il ?

Sous le mot « gale », les éleveurs regroupent en réalité plusieurs maladies différentes, causées par des acariens différents, qui ne se logent pas aux mêmes endroits et ne se traitent pas de la même façon. La fiche générale sur la gale ovine présente cet ensemble ; celle-ci détaille la forme la plus grave.

La gale psoroptique est la gale du corps : son acarien vit à la surface de la peau, sous la laine, sur les flancs, les épaules, le dos et la base de la queue — c'est-à-dire précisément là où la toison est la plus épaisse et la plus précieuse. La gale sarcoptique, elle, attaque la tête et les zones peu laineuses ; la gale chorioptique reste cantonnée aux pattes et au bas des membres. Trois maladies, trois localisations, trois conduites.

Ce qui distingue la forme psoroptique, c'est sa violence et sa vitesse. L'acarien ne creuse pas la peau : il vit dessus et déclenche une réaction cutanée intense qui suinte, forme des croûtes et rend les animaux fous de démangeaison. Un lot entier peut basculer en quelques semaines.

À retenir

C'est la plus contagieuse des maladies de peau du mouton : elle peut envahir un lot entier en quelques semaines et détruire toute la toison de l'année. Dans de nombreux pays, elle relève de mesures sanitaires particulières qui encadrent les mouvements et les ventes. Devant des animaux qui se frottent et perdent leur laine par plaques, appelez le vétérinaire au lieu d'acheter un produit au hasard.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Démangeaisons intenses et permanentes, jour et nuit : les animaux se frottent contre les murs, les piquets, les mangeoires, les arbres, se mordillent violemment les flancs, se grattent avec les cornes et les pattes arrière.

Réflexe très caractéristique : gratter le dos ou le flanc d'un animal atteint déclenche chez lui un mouvement du cou, une torsion de la tête et des mordillements dans le vide avec les lèvres. C'est un signe d'appel fort, mais il ne remplace pas le diagnostic du vétérinaire.

Mèches de laine dressées, décollées, arrachées, laissant des plaques dénudées qui s'agrandissent semaine après semaine, surtout sur les flancs et les épaules.

En périphérie de ces plaques, à la base de la laine, des croûtes jaunâtres humides puis sèches, adhérentes, sous lesquelles la peau est rouge et suintante.

Peau qui s'épaissit, se plisse et se ternit sur les zones anciennes.

Touffes de laine accrochées partout dans la bergerie, sur les clôtures, aux angles des murs : souvent le premier indice remarqué par l'éleveur.

Animaux agités, qui ne se couchent plus, ne pâturent plus correctement, maigrissent visiblement en quelques semaines.

Dans les formes négligées, certains animaux présentent, lors d'un accès de démangeaison, des convulsions brèves ou une chute, et s'épuisent jusqu'à ne plus se relever.

Les signes s'aggravent nettement sous la laine longue en hiver, et deviennent plus discrets en été chez des porteurs qui continuent pourtant à contaminer les autres.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

L'acarien responsable vit à la surface de la peau, sous la laine, sans creuser de galerie. Il se nourrit des sécrétions de la peau et se multiplie très vite dans la chaleur humide de la toison.

Ce ne sont pas les morsures qui font souffrir l'animal, mais la réaction de sa peau aux déjections et aux sécrétions du parasite : une inflammation intense qui suinte et forme les croûtes typiques.

La lésion s'étend de proche en proche, en cercle, à partir d'un point de départ, parce que les acariens fuient les zones abîmées et colonisent la peau saine autour.

Quelques acariens suffisent à installer la maladie sur un animal, puis sur tout un lot.

Hors de l'animal, sur une mèche de laine, dans une fissure de mangeoire ou sur du matériel, le parasite survit un certain temps — assez pour contaminer les animaux suivants, ce qui explique les rechutes après un traitement pourtant bien conduit.

Achat d'animaux sans quarantaine, foires et marchés, prêts de béliers, retours de transhumance et de parcours communs.

Regroupements hivernaux en bergerie, forte densité, animaux serrés.

Laine longue et saison froide, qui offrent au parasite le milieu dont il a besoin.

Matériel de tonte partagé entre exploitations sans nettoyage ni désinfection.

Traitement limité aux seuls animaux qui se grattent, laissant des porteurs discrets dans le lot : c'est la première cause d'échec.

Bâtiments réutilisés sans nettoyage après un épisode.

Absence de déclaration et de dialogue avec l'acheteur ou le vendeur : la maladie voyage avec les animaux, en silence.

Transmission

Par contact direct entre animaux : c'est le mode principal, et il est redoutablement efficace en bergerie l'hiver, quand les animaux sont serrés à l'auge.

Par la laine laissée sur les clôtures, les cornadis, les mangeoires, les murs et les piquets de frottement, où l'acarien survit hors de l'animal.

Par le matériel de tonte, les peignes, les bétaillères, les parcs de tri, les vêtements et les mains des intervenants.

Par l'introduction d'un animal acheté, prêté ou revenu d'un rassemblement : un porteur en été, sans lésion visible, suffit à relancer une épidémie dans un troupeau assaini.

Cette gale du mouton ne s'installe pas de façon durable sur l'homme.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le diagnostic ne se fait pas à l'œil nu, et c'est un point sur lequel il ne faut pas transiger. Poux, faux pou du mouton, teigne, dermatophilose et autres maladies de peau donnent des tableaux voisins vus de loin, et ne se traitent pas de la même façon.

2

Le vétérinaire réalise un raclage de peau en bordure d'une lésion active, là où les acariens sont les plus nombreux, et les identifie au microscope. Un raclage effectué au centre d'une plaque ancienne peut être faussement négatif : c'est la bordure qui compte.

3

Il examine l'ensemble du lot, animal par animal, en écartant la laine, et pas seulement ceux qui se grattent. La proportion réelle de porteurs est presque toujours plus élevée que ce que l'éleveur imagine.

4

Il évalue l'état général : un troupeau qui se gratte depuis des semaines est amaigri, fragilisé et souvent porteur d'autres parasites.

5

Il informe enfin sur les obligations en vigueur. Dans de nombreux pays, cette gale relève de mesures sanitaires particulières qui encadrent les mouvements, les ventes et parfois le traitement de l'ensemble d'une zone. Le vétérinaire et les services vétérinaires locaux sont les bons interlocuteurs.

Traitement

La règle est absolue et ne souffre aucune exception : on traite tout le troupeau en même temps, jamais seulement les animaux qui se grattent. Les porteurs sans lésion visible sont la raison pour laquelle la maladie revient toujours.

Deux grandes approches existent, à choisir avec le vétérinaire selon la saison, la longueur de la laine, l'effectif, le matériel disponible et la présence d'animaux en lactation ou en fin de gestation : des antiparasitaires injectables, ou des traitements externes appliqués sur la peau, en pulvérisation ou en bain.

Un traitement externe n'atteint sa cible que si le produit parvient jusqu'à la peau : sur une toison longue, il glisse sur les fibres sans effet. C'est pourquoi la période qui suit la tonte est de loin la plus favorable, et pourquoi un traitement d'hiver mal appliqué donne l'illusion d'un produit inefficace.

Un second passage est presque toujours nécessaire pour atteindre les acariens éclos après le premier traitement. Le vétérinaire fixe la conduite et l'intervalle : arrêter après un seul passage, c'est repartir pour un tour.

Traiter les animaux ne suffit pas. Il faut assainir en parallèle : nettoyer et désinfecter la bergerie, les cornadis, les mangeoires, les zones et les piquets de frottement, le matériel de tonte et les bétaillères, et ne pas remettre des animaux traités dans un environnement non assaini.

Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise. Les produits destinés à d'autres espèces, les préparations maison, le gasoil, les huiles de vidange et les produits ménagers appliqués sur la peau sont inefficaces, brûlent les animaux et sont dangereux pour la personne qui les manipule.

Un bain ou une pulvérisation collective demande des précautions : faire boire les animaux avant, ne jamais traiter des animaux épuisés ou surchauffés, protéger la peau, les yeux et les voies respiratoires des intervenants, et éliminer les eaux usées sans les rejeter vers un point d'eau ou une parcelle pâturée.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait diffèrent selon les produits et doivent être demandés au vétérinaire avant tout abattage ou toute traite.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Quarantaine systématique de tout animal acheté, prêté ou revenu d'un rassemblement, avec examen de la peau sous la laine et traitement décidé par le vétérinaire avant l'introduction.

Éviter les prêts d'animaux et le partage de matériel de tonte non désinfecté ; nettoyer les peignes et les tondeuses entre les troupeaux.

Tondre les lots sains avant les lots suspects, jamais l'inverse, et considérer la tonte comme un moment d'inspection systématique de chaque animal.

Nettoyer et désinfecter la bergerie entre les lots, ainsi que les bétaillères et les parcs de tri.

Intervenir dès les tout premiers animaux qui se grattent, sans attendre que le lot entier soit touché : la maladie coûte infiniment moins cher traitée sur trois animaux que sur cent.

Prévenir l'acheteur ou le vendeur en cas de doute et respecter les règles de mouvement en vigueur : c'est ce qui protège aussi votre propre troupeau des animaux des autres.

Maintenir un bon état nutritionnel du troupeau, qui supporte mieux et récupère plus vite.

Complications possibles

Amaigrissement rapide et effondrement des performances : les animaux passent leurs journées à se frotter au lieu de pâturer.

Toison détruite, valeur de la laine et des peaux entièrement perdue pour l'année.

Blessures profondes de grattage, surinfections cutanées, abcès.

Peau abîmée et suintante qui attire les mouches dès la chaleur revenue, avec un risque élevé de myiases.

Épuisement, crises nerveuses lors des accès de démangeaison et mortalité chez les animaux jeunes ou déjà affaiblis, dans les formes négligées.

Restrictions de mouvement et de vente là où la maladie est réglementée, avec des conséquences économiques directes.

Réinfestation complète du troupeau lorsque le traitement a été partiel, mal appliqué sur une laine longue, ou que les bâtiments n'ont pas été assainis.

Quand consulter un vétérinaire

Un ou plusieurs animaux se frottent violemment et en permanence contre les murs, les clôtures ou les mangeoires.

Des touffes de laine restent accrochées un peu partout dans la bergerie et sur les barrières.

Des plaques de laine tombent, laissant une peau rouge, suintante puis croûteuse, qui s'étend.

Un animal réagit fortement, tord la tête et mordille dans le vide quand on lui gratte le dos.

Des animaux maigrissent nettement alors qu'ils sont bien nourris.

Vous venez d'introduire ou de prêter des animaux et des démangeaisons apparaissent dans les semaines qui suivent : faites examiner le lot rapidement.

Un animal s'épuise, tombe ou convulse lors d'un accès de démangeaison : consultez sans attendre.

Pronostic

Le pronostic individuel est bon quand le diagnostic est confirmé au microscope et que le traitement est conduit sur l'ensemble du troupeau, au bon moment et avec le nombre de passages nécessaires.

La laine met en revanche plusieurs mois à repousser, et la toison de l'année est perdue quoi qu'il arrive : le coût de la maladie est déjà engagé le jour du diagnostic.

Les animaux très amaigris récupèrent avec une bonne alimentation, mais les plus atteints gardent un retard durable.

Les échecs viennent presque toujours des mêmes causes : traitement limité aux animaux visiblement malades, produit appliqué sur une laine trop longue, second passage non réalisé, bâtiments non assainis, ou nouvel animal introduit sans quarantaine.

Questions fréquentes

Quelle différence avec la gale ovine dont on parle en général ?

« Gale ovine » est un terme large qui recouvre plusieurs acariens différents. La forme psoroptique est celle qui touche le corps sous la laine, sur les flancs, les épaules et le dos : c'est la plus contagieuse et la plus destructrice pour la toison. La forme sarcoptique se voit surtout sur la tête et les zones peu laineuses, la forme chorioptique reste sur les pattes. Le vétérinaire identifie l'acarien au microscope, car la conduite à tenir n'est pas la même.

Puis-je traiter seulement les moutons qui se grattent ?

Non, c'est l'erreur qui fait échouer presque tous les traitements. Des animaux sans lésion visible portent déjà l'acarien, surtout en été, et recontaminent le lot dès la fin du traitement. Tout le troupeau se traite en même temps, selon le protocole défini par le vétérinaire.

Est-ce que je peux l'attraper en manipulant mes bêtes ?

Cet acarien ne s'installe pas durablement sur la peau humaine. Un contact prolongé peut provoquer des démangeaisons passagères, mais il n'y a pas de maladie durable chez l'homme. Se laver les mains et changer de vêtements après avoir manipulé un lot atteint reste une bonne pratique, surtout pour ne pas transporter le parasite vers un autre troupeau.

Dois-je prévenir quelqu'un si mon troupeau est atteint ?

Parlez-en à votre vétérinaire sans attendre. Dans de nombreux pays, cette gale fait l'objet de mesures sanitaires particulières qui encadrent les mouvements et les ventes d'animaux, et le vétérinaire vous dira ce qui s'applique chez vous. Prévenir l'acheteur ou le voisin n'est pas seulement une question de règles : c'est ce qui empêche la maladie de revenir chez vous par un autre chemin.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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