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Goitre congénital de l'agneau
Le goitre congénital est un gonflement de la glande thyroïde de l'agneau, visible à la naissance sous la gorge, à la base du cou. La thyroïde fabrique les hormones qui commandent la croissance, la production de chaleur et le développement d...
De quoi s'agit-il ?
Le goitre congénital est un gonflement de la glande thyroïde de l'agneau, visible à la naissance sous la gorge, à la base du cou.
La thyroïde fabrique les hormones qui commandent la croissance, la production de chaleur et le développement de la laine. Pour les fabriquer, elle a besoin d'iode. Si la brebis manque d'iode pendant sa gestation, l'agneau en manque aussi : sa thyroïde travaille dans le vide, grossit pour compenser, et forme cette masse sous la gorge.
Ce n'est donc pas une maladie de l'agneau. C'est une maladie de la ration de sa mère, qui se déclare chez le petit. Le traiter chez l'agneau ne sert presque à rien ; c'est à l'alimentation de la brebis gestante qu'il faut s'attaquer, et pour la campagne suivante.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Chez l'agneau : gonflement de chaque côté de la gorge, à la base du cou, parfois de la taille d'une noix, parfois beaucoup plus volumineux. La masse est ferme, symétrique, non douloureuse.
Agneau né mort ou mourant dans les premières heures malgré une gestation apparemment normale.
Agneau faible, incapable de se lever et de téter, qui se refroidit très vite.
Laine absente ou très clairsemée : la peau est nue par plaques, surtout sur la tête, le cou et les membres, alors qu'un agneau normal naît bien couvert. Cette nudité explique en grande partie la mortalité par le froid.
Respiration gênée lorsque la thyroïde est très volumineuse et comprime la gorge.
Agneaux survivants qui grandissent mal, restent petits et mous, et se laissent distancer.
Chez la brebis : rien de visible en général. Parfois des difficultés de mise bas, des avortements en fin de gestation et une proportion inhabituelle d'agneaux mort-nés.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause centrale est un manque d'iode dans l'alimentation de la brebis pendant la gestation, en particulier dans les derniers mois où le fœtus se développe le plus vite.
Certaines régions ont des sols et des fourrages naturellement pauvres en iode ; les zones éloignées de la mer sont classiquement les plus concernées.
Certaines plantes bloquent l'utilisation de l'iode même lorsqu'il est présent dans la ration : c'est le cas des choux et des crucifères en général, ainsi que de certaines légumineuses et de certains tourteaux distribués en quantité. Une ration riche en ces aliments peut provoquer un goitre alors que l'iode n'est pas absent.
Un excès de nitrates ou de calcium dans l'eau ou la ration peut également gêner l'utilisation de l'iode.
Enfin, une complémentation minérale absente, périmée, mal répartie ou inaccessible à une partie du troupeau produit le même résultat qu'une absence totale d'iode.
Zones et sols pauvres en iode, fourrages produits localement sans complémentation minérale.
Ration de fin de gestation reposant sur des choux, des crucifères, des légumineuses ou des tourteaux en grande quantité.
Absence de bloc à lécher ou de complément minéral, ou blocs en nombre insuffisant pour que toutes les brebis y accèdent : les dominées n'y vont jamais.
Blocs minéraux exposés à la pluie, délavés ou anciens, dont la teneur réelle n'est plus assurée.
Brebis portant des agneaux multiples, dont les besoins sont plus élevés.
Eau chargée en nitrates.
Troupeaux conduits en extensif sur parcours, sans complémentation en fin de gestation.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic se fait d'abord à la naissance : le vétérinaire palpe la gorge des agneaux et reconnaît la thyroïde augmentée de volume.
Il relève les éléments qui vont ensemble : agneaux mort-nés, agneaux nus, mortalité précoce, gonflement du cou. Cette association est très évocatrice.
L'examen d'un agneau mort permet de peser et d'observer directement la thyroïde, ce qui constitue la confirmation la plus solide. Il est donc utile de ne pas se débarrasser des agneaux mort-nés avant d'en avoir parlé au vétérinaire.
Des analyses peuvent être réalisées sur le sang des brebis ou du lait pour évaluer le statut en iode du troupeau.
Le vétérinaire examine la ration de fin de gestation dans le détail : nature des fourrages, présence de crucifères, type et accessibilité réelle du complément minéral, qualité de l'eau.
Il écarte les autres causes de gonflement du cou chez l'agneau, en particulier les abcès, et les autres causes de mortalité néonatale, notamment l'hypothermie et les carences en sélénium.
Traitement
Chez un agneau déjà né avec un goitre, la marge est étroite : les dégâts du développement sont faits.
Le vétérinaire peut proposer un apport d'iode à l'agneau, dont la forme et le mode d'administration relèvent de sa prescription. L'iode est un élément à marge étroite : un excès est toxique et provoque ses propres troubles. Il ne doit jamais être donné à l'estime ni recopié d'une recommandation entendue ailleurs.
Les soins de soutien sont essentiels et souvent décisifs : réchauffer immédiatement l'agneau, le sécher, le protéger du vent et de la pluie, s'assurer d'une prise de colostrum rapide, le nourrir si nécessaire par une méthode adaptée. Un agneau nu meurt de froid bien avant de mourir de son goitre.
Les agneaux dont la thyroïde comprime la gorge et qui respirent mal ont un pronostic très défavorable.
Le vrai traitement se joue en réalité au niveau du troupeau et pour la campagne suivante : correction de l'apport en iode des brebis gestantes, sous conduite vétérinaire. Si des brebis sont encore en gestation au moment du diagnostic, une correction immédiate de leur ration peut sauver les agneaux à naître : c'est la mesure la plus urgente à prendre.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Assurer un apport en iode aux brebis pendant toute la gestation, et particulièrement dans les derniers mois, par un complément minéral adapté aux ovins choisi avec le vétérinaire.
Attention absolue aux compléments prévus pour d'autres espèces : les minéraux destinés aux bovins contiennent souvent du cuivre à des niveaux dangereux pour les moutons, chez qui il s'accumule et provoque des intoxications mortelles. Ne jamais transposer un produit d'une espèce à l'autre sans avis vétérinaire.
Vérifier que tout le troupeau accède réellement au complément : plusieurs points de distribution, à l'abri de la pluie, renouvelés régulièrement. Un seul bloc pour cent brebis ne nourrit que les dominantes.
Limiter la part des choux, des crucifères et des tourteaux dans la ration de fin de gestation, ou compenser leur effet avec le vétérinaire.
Faire analyser les fourrages et l'eau lorsqu'une région est connue pour ses sols pauvres.
Surveiller les agneaux à la naissance : palper la gorge et noter les agneaux nus ou mort-nés, ce sont les premiers signaux.
En parler au vétérinaire dès la première campagne anormale, sans attendre une deuxième saison de pertes.
Complications possibles
Mortalité importante des agneaux dans les premières heures et les premiers jours, surtout par le froid.
Agneaux mort-nés et avortements de fin de gestation.
Difficultés de mise bas lorsque la thyroïde du fœtus est très volumineuse.
Agneaux survivants avec un retard de croissance durable et une laine de mauvaise qualité.
Sensibilité accrue à toutes les autres maladies du nouveau-né, l'agneau étant faible et mal protégé.
Bilan d'agnelage catastrophique à l'échelle du troupeau si la ration n'est pas corrigée pour la campagne suivante.
Quand consulter un vétérinaire
Des agneaux naissent avec un gonflement de chaque côté de la gorge.
Plusieurs agneaux naissent morts ou meurent dans les premières heures malgré une gestation normale.
Des agneaux naissent nus ou très peu couverts de laine.
Un agneau nouveau-né respire difficilement avec un cou anormalement épais.
La mortalité des nouveau-nés est plus élevée que d'habitude cette campagne : faites examiner la ration des brebis gestantes.
Vous avez des brebis encore en gestation alors que les premiers agneaux présentent ces signes : c'est une urgence de conduite, appelez le vétérinaire tout de suite.
Pronostic
Pour l'agneau né avec un goitre volumineux, le pronostic est réservé à mauvais : beaucoup meurent dans les premières heures, surtout s'ils sont nus et exposés au froid.
Les agneaux peu atteints, réchauffés et bien alimentés, peuvent s'en sortir mais gardent souvent un retard.
Pour le troupeau, le pronostic est excellent dès que la ration des brebis gestantes est corrigée : la campagne suivante peut être normale. C'est une maladie que l'on efface par l'alimentation, pas par le soin des malades.
Questions fréquentes
Mes agneaux naissent avec une boule sous la gorge, est-ce un abcès ?
Un abcès est en général d'un seul côté, chaud et douloureux, et n'apparaît pas à la naissance. Un gonflement symétrique des deux côtés de la gorge chez un agneau qui vient de naître évoque avant tout un goitre lié à un manque d'iode chez la mère. Le vétérinaire fera la différence.
Pourquoi mes brebis sont-elles en pleine forme si elles manquent d'iode ?
Parce que l'adulte supporte assez bien une carence modérée, alors que le fœtus, lui, en a un besoin critique pour se développer. C'est précisément ce qui rend la maladie sournoise : le troupeau paraît impeccable jusqu'au jour de l'agnelage.
Puis-je donner de l'iode moi-même à mes brebis ?
Non, pas à l'estime. L'iode a une marge étroite entre le nécessaire et le toxique, et un excès crée ses propres problèmes. La forme, le support et la façon de le distribuer se décident avec le vétérinaire, qui tiendra compte de la ration et de la région.
Puis-je utiliser le complément minéral de mes vaches pour mes brebis ?
Surtout pas. Les minéraux formulés pour les bovins contiennent généralement du cuivre à des niveaux dangereux pour les ovins, qui l'accumulent dans le foie et peuvent mourir d'une crise d'intoxication. Utilisez uniquement un complément prévu pour les ovins et validé par votre vétérinaire.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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