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Hépatite nécrosante infectieuse

L'hépatite nécrosante infectieuse, que les éleveurs connaissent sous le nom de maladie noire, est une clostridiose du foie causée par Clostridium novyi. Les spores de cette bactérie sont avalées avec l'herbe, passent dans le sang et se loge...

De quoi s'agit-il ?

L'hépatite nécrosante infectieuse, que les éleveurs connaissent sous le nom de maladie noire, est une clostridiose du foie causée par Clostridium novyi.

Les spores de cette bactérie sont avalées avec l'herbe, passent dans le sang et se logent silencieusement dans le foie, où elles peuvent rester inactives longtemps sans provoquer le moindre trouble.

Tout bascule quand quelque chose abîme le foie et y crée une zone privée d'oxygène. Chez le mouton, c'est presque toujours la migration des jeunes douves du foie qui joue ce rôle. Les spores se réveillent alors dans les galeries creusées par les douves, la bactérie se multiplie et libère des toxines qui détruisent le foie et tuent l'animal en quelques heures.

À retenir

Mort subite d'adultes en excellent état, dans les élevages où la douve du foie est présente. Deux mesures et deux seulement protègent : la vaccination clostridiale et la lutte contre la douve. Ne jamais ouvrir soi-même un animal trouvé mort.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Dans la très grande majorité des cas, l'animal est simplement trouvé mort, souvent couché sur le ventre, la tête posée sur le flanc, en excellent état corporel.

Quand des signes sont observés, ils durent rarement plus de quelques heures : l'animal reste en arrière du troupeau, s'isole, ne rumine plus, refuse de manger.

Fièvre au début, puis chute de la température et refroidissement.

Respiration rapide, animal abattu qui ne réagit plus à l'approche.

Muqueuses pâles, parfois teintées de jaune.

L'animal se couche et ne se relève plus, puis meurt.

Les morts surviennent souvent en série, à quelques jours d'intervalle, dans un troupeau qui pâture des zones humides à la fin de la saison sèche ou après des pluies.

Le nom de maladie noire vient de l'aspect très foncé que prend la peau du cadavre lorsqu'on l'écorche.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Les spores de la bactérie sont présentes dans le sol, avalées avec l'herbe, et se fixent dans le foie de nombreux moutons parfaitement sains. Leur présence seule ne rend pas malade.

Il faut un déclencheur qui abîme le foie et y crée une zone sans oxygène : chez le mouton, c'est la migration des jeunes douves du foie dans presque tous les cas.

D'autres atteintes du foie peuvent jouer le même rôle, plus rarement : autres parasites, lésions diverses.

Dans la galerie creusée par la douve, la bactérie trouve les conditions qu'il lui faut pour se multiplier. Elle produit alors des toxines qui détruisent le tissu du foie et passent dans le sang.

La mort est due à ces toxines, pas à la douve elle-même : c'est pourquoi la maladie peut frapper un animal qui ne paraissait pas malade de sa fasciolose.

Présence de douve du foie dans le troupeau : c'est le facteur déclenchant principal. Un élevage qui a des foies saisis à l'abattoir est un élevage à risque.

Pâturages humides : mares, sources, fossés, bas-fonds, canaux et parcelles irriguées.

Saisons et années pluvieuses, périodes qui suivent les crues, fin de saison sèche quand les animaux se concentrent sur les zones restées vertes.

Moutons adultes en bon état, souvent les plus lourds du troupeau.

Animaux non vaccinés contre les clostridioses.

Abreuvement direct dans les mares et les fossés plutôt qu'au bac.

Parcelles ayant déjà connu des cas les années précédentes.

Transmission

Ce n'est pas une maladie contagieuse : un mouton atteint ne contamine ni ses congénères ni l'homme.

Les spores viennent du sol et sont ingérées avec l'herbe. Elles persistent des années dans les parcelles.

Quand plusieurs animaux meurent, ce n'est pas une contagion : c'est que tous pâturent la même zone humide et subissent la même pression de douve.

Les zones marécageuses, les bords de mares, les fossés et les parcelles irriguées sont les terrains classiques, parce qu'ils réunissent le petit escargot d'eau douce nécessaire à la douve et un sol riche en spores.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire relie deux éléments : des morts subites d'adultes en bon état, et un contexte de zones humides ou de douve connue sur l'exploitation.

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L'autopsie, pratiquée par le vétérinaire, montre des zones de destruction typiques dans le foie, souvent en bout de galeries creusées par les douves. C'est l'examen qui tranche.

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N'ouvrez jamais un cadavre vous-même : le charbon bactéridien donne le même tableau de mort subite et présente un danger réel pour vous et votre famille.

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Des prélèvements de foie peuvent être envoyés au laboratoire pour identifier la bactérie.

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Le vétérinaire fera aussi le point sur la douve : analyses de crottes, analyses de sang, retours de saisies de foies à l'abattoir. Ces informations conditionnent toute la prévention à venir.

6

Les signalements de foies saisis à l'abattoir sont une source d'alerte précieuse, même quand les animaux paraissent en pleine forme.

Traitement

Il n'existe pratiquement pas de traitement : la maladie tue en quelques heures et les animaux sont presque toujours trouvés morts.

Sur un animal repéré très tôt, le vétérinaire peut tenter un traitement antibiotique et de soutien sur prescription, avec de faibles chances de succès.

Toute l'action utile porte sur le troupeau : mettre les animaux à l'abri des zones humides sans attendre, et traiter la douve selon la stratégie décidée par le vétérinaire.

Attention, les produits actifs contre la douve ne sont pas interchangeables : certains n'agissent que sur les formes adultes installées dans les canaux, d'autres atteignent aussi les jeunes douves en migration, qui sont précisément celles qui déclenchent la maladie noire. Ce choix appartient au vétérinaire.

Les vermifuges habituels contre les vers ronds n'ont aucune action sur la douve : c'est une confusion fréquente et coûteuse.

Les délais d'attente pour la viande et le lait sont particulièrement importants avec les produits actifs contre la douve et diffèrent nettement d'un produit à l'autre : demandez-les avant tout traitement.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention repose sur deux piliers indissociables : vacciner contre les clostridioses et maîtriser la douve. L'un sans l'autre laisse le problème entier.

Clôturer les mares, les sources, les bords de fossés et les bas-fonds, surtout aux périodes où les formes infestantes de la douve sont les plus nombreuses sur l'herbe.

Drainer les zones marécageuses quand c'est possible, réparer les fuites d'abreuvoirs et de canalisations qui créent des flaques permanentes.

Abreuver au bac plutôt que dans les mares et les fossés.

Ne pas faucher de fourrage dans les zones inondables pour l'affourager en vert.

Surveiller les retours d'abattoir : des foies saisis signalent une pression de douve, donc un risque de maladie noire.

Raisonner les traitements contre la douve avec le vétérinaire selon la saison et les analyses, plutôt qu'à date fixe.

Vacciner l'ensemble du troupeau, y compris les adultes en bon état, qui sont les plus touchés.

Vaccination

Les vaccins clostridiaux polyvalents utilisés en élevage ovin couvrent en général cette bactérie en même temps que les autres clostridioses.

Dans les élevages où la douve est présente, cette vaccination n'est pas une option : c'est la seule barrière quand les jeunes douves migrent dans le foie.

La protection s'obtient par une primo-vaccination en plusieurs injections suivie de rappels réguliers. Le calendrier est fixé par le vétérinaire, en tenant compte des périodes de risque liées à la douve dans votre région.

Contrairement à d'autres clostridioses, ce sont ici les adultes qu'il faut protéger en priorité, puisque ce sont eux qui meurent.

Une vaccination faite au moment où les morts commencent ne rattrape pas l'épisode en cours : elle doit précéder la période à risque.

Respecter la chaîne du froid et ne pas conserver un flacon entamé d'une campagne à l'autre.

Complications possibles

Mort de l'animal, presque toujours sans possibilité d'intervenir.

Pertes en série sur plusieurs semaines tant que la douve et l'accès aux zones humides ne sont pas maîtrisés.

Pertes concentrées sur les animaux les plus lourds et les plus productifs du troupeau.

Association fréquente avec les dégâts propres de la douve : amaigrissement, anémie, chute de production, avortements.

Saisies de foies à l'abattoir et carcasses dévalorisées.

Quand consulter un vétérinaire

Un mouton adulte en bon état est trouvé mort sans signe préalable : appelez le vétérinaire, n'ouvrez pas le cadavre.

Plusieurs animaux meurent à quelques jours d'intervalle dans un troupeau qui pâture des zones humides.

L'abattoir vous signale des foies saisis : demandez conseil même si vos animaux paraissent en pleine forme.

Des animaux maigrissent lentement et pâturent des bas-fonds ou des parcelles irriguées.

Un animal est abattu, ne rumine plus, s'isole du troupeau : consultez sans attendre.

Avant la saison à risque, faites le point avec le vétérinaire sur la vaccination et sur le plan de lutte contre la douve.

Pronostic

Le pronostic individuel est pratiquement nul : les animaux sont trouvés morts.

Le pronostic du troupeau dépend entièrement de deux choses : la vaccination et la maîtrise de la douve. Là où les deux sont en place, la maladie disparaît.

Là où l'accès aux zones humides n'est pas géré, les pertes reviennent chaque année à la même période, malgré les traitements.

Questions fréquentes

Quel rapport entre la douve du foie et cette maladie ?

Un rapport direct. Les jeunes douves creusent des galeries dans le foie, et c'est dans ces galeries que la bactérie, jusque-là endormie, se réveille et fabrique ses toxines. Sans douve, il n'y a presque jamais de maladie noire. C'est pourquoi on ne peut pas s'occuper de l'une sans s'occuper de l'autre.

Pourquoi ce sont mes plus belles brebis qui meurent ?

Parce que ce sont les adultes en bon état qui pâturent le plus et qui hébergent le plus de douves. La maladie ne frappe pas les animaux affaiblis mais ceux qui vont bien, ce qui la rend particulièrement décourageante pour l'éleveur.

Je traite déjà contre la douve, dois-je quand même vacciner ?

Oui. Le traitement contre la douve réduit la pression mais ne garantit pas qu'aucune jeune douve ne migrera dans le foie, et tous les produits n'agissent pas sur les formes en migration. La vaccination clostridiale est la seule barrière au moment critique.

Faut-il clôturer la mare, vraiment ?

C'est la mesure la plus rentable de toutes. La douve a besoin d'un petit escargot d'eau douce pour accomplir son cycle : sans accès aux zones humides, la chaîne se casse. Clôturer et abreuver au bac fait plus que n'importe quel traitement répété.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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