Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Hypocalcémie de la brebis

Maladie autre Mouton, Chèvre

Hypocalcémie de la brebis

Le calcium fait fonctionner les muscles, y compris ceux du rumen et du cœur. En fin de gestation puis au début de la lactation, les agneaux et la mamelle en consomment beaucoup d'un coup. Si l'organisme n'arrive pas à mobiliser assez vite l...

De quoi s'agit-il ?

Le calcium fait fonctionner les muscles, y compris ceux du rumen et du cœur. En fin de gestation puis au début de la lactation, les agneaux et la mamelle en consomment beaucoup d'un coup.

Si l'organisme n'arrive pas à mobiliser assez vite le calcium de l'os et de l'alimentation, le taux sanguin chute : les muscles ne répondent plus, la brebis titube puis se couche.

Contrairement à la vache, la brebis fait souvent cette chute avant la mise bas plutôt qu'après. Un stress ou un jeûne brutal, en particulier un transport, la déclenche fréquemment : d'où le nom de tétanie du transport.

À retenir

Urgence vitale. Une brebis couchée qui ne se relève pas doit être vue le jour même. N'injectez jamais de calcium vous-même : mal administré, il peut tuer l'animal en quelques minutes.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début, la brebis reste en arrière du lot, marche raide, semble mal assurée sur ses pattes.

Tremblements musculaires, surtout des épaules et des flancs.

Elle cesse de manger et de ruminer ; le flanc gauche se ballonne parce que le rumen s'arrête.

Les crottes deviennent rares, dures, puis absentes.

Elle se couche, d'abord sur le sternum, la tête souvent tournée sur le flanc, puis sur le côté.

Les oreilles et les extrémités sont froides, la respiration devient rapide et superficielle.

La température corporelle n'est pas élevée, malgré le nom trompeur de fièvre de lait.

Sans traitement, l'état s'aggrave en quelques heures jusqu'au coma.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Les besoins en calcium des agneaux en fin de gestation, puis de la production de colostrum et de lait, dépassent brutalement ce que l'organisme parvient à mobiliser.

Un arrêt de l'alimentation coupe l'apport quotidien : transport, tri, tonte, changement de bergerie, mauvais temps, ration refusée.

Une ration trop riche en calcium pendant la fin de la gestation habitue l'organisme à la facilité : au moment du pic de besoin, il ne sait plus puiser efficacement dans l'os. Cet effet est bien établi et explique pourquoi la complémentation minérale de fin de gestation doit être raisonnée avec le vétérinaire.

Certaines plantes riches en oxalates fixent le calcium de la ration et le rendent indisponible.

Un effort inhabituel ou un long déplacement à pied juste avant la mise bas peut suffire à faire basculer une brebis déjà juste.

Dernières semaines de gestation et premiers jours après la mise bas.

Brebis portant plusieurs agneaux et brebis fortes laitières.

Brebis âgées, qui mobilisent moins bien leur calcium osseux.

Transport, manipulation, changement de lot ou de bâtiment en fin de gestation.

Jeûne, même court, et changement brutal de ration.

Complémentation minérale mal adaptée à la fin de gestation.

Pâturages ou fourrages particuliers riches en oxalates.

Surmenage : longue marche, chien, chaleur.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

L'appel au vétérinaire doit être immédiat : le diagnostic et le traitement se font dans le même temps.

2

Le vétérinaire examine la brebis, prend sa température, écoute le cœur et le rumen, apprécie le stade de gestation.

3

Il distingue l'hypocalcémie des affections voisines, en particulier la toxémie de gestation, qui touche les mêmes brebis au même moment et peut coexister avec elle, mais aussi la listériose, le tétanos, les intoxications ou une mise bas bloquée.

4

Un dosage sanguin confirme la chute du calcium quand un laboratoire est accessible, mais on ne l'attend pas pour traiter.

5

La réponse rapide au traitement calcique est en elle-même un élément de diagnostic.

Traitement

Le traitement consiste à rétablir le calcium sanguin. Il est administré par le vétérinaire, par une voie et à un rythme qu'il choisit selon l'état de la brebis.

Ce geste n'a rien d'anodin : administré trop vite ou par une mauvaise voie, le calcium peut arrêter le cœur. C'est la raison pour laquelle il ne doit jamais être pratiqué par l'éleveur sur la foi d'un conseil de voisinage.

Le vétérinaire surveille le cœur pendant l'administration et adapte selon la réponse.

Quand le diagnostic est bon et le traitement précoce, la brebis se relève souvent en moins d'une heure, éructe, urine et se remet à manger.

Une rechute dans les jours qui suivent est possible : il faut garder la brebis sous surveillance rapprochée, au calme, avec eau et fourrage à disposition.

Si la brebis ne répond pas comme attendu, le vétérinaire réexamine le diagnostic : une toxémie de gestation associée est fréquente.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Éviter tout jeûne en fin de gestation et au début de la lactation : c'est la mesure la plus efficace.

Limiter les transports, les tris et les manipulations dans les dernières semaines ; quand ils sont indispensables, prévoir du fourrage avant et après, et éviter les longs déplacements à pied.

Raisonner la complémentation minérale de fin de gestation avec le vétérinaire plutôt que d'ajouter du calcium par principe : un excès en fin de gestation est contre-productif.

Introduire tout changement de ration progressivement.

Assurer un accès permanent à une eau propre et une place suffisante à l'auge.

Surveiller particulièrement les brebis âgées et celles qui portent plusieurs agneaux.

Être vigilant sur les parcelles connues pour leurs plantes riches en oxalates.

Complications possibles

Mort en quelques heures si la brebis n'est pas traitée.

Ballonnement du rumen pouvant gêner la respiration chez une brebis couchée sur le côté.

Fausse déglutition et pneumonie si l'on tente de faire boire une brebis qui ne déglutit plus.

Mise bas difficile, contractions inefficaces, rétention placentaire.

Toxémie de gestation associée, qui assombrit nettement le pronostic.

Lésions musculaires et nerveuses chez une brebis restée longtemps couchée.

Quand consulter un vétérinaire

Une brebis en fin de gestation ou fraîchement agnelée marche raide, tremble ou titube.

Elle ne mange plus, ne rumine plus et son flanc gauche gonfle.

Elle est couchée, la tête tournée sur le flanc, et ne se relève pas : appelez immédiatement.

Des signes apparaissent au retour d'un transport ou d'un changement de lot.

La brebis s'était relevée après traitement puis retombe : rappelez le vétérinaire, une rechute se traite.

Pronostic

Excellent lorsque le traitement est administré tôt : beaucoup de brebis se relèvent dans l'heure et reprennent une vie normale.

Le pronostic s'assombrit si la brebis est restée couchée longtemps, si elle est déshydratée ou si une toxémie de gestation est associée.

Les rechutes sont possibles et ne signifient pas que le traitement était mauvais.

Questions fréquentes

Quelle différence avec la toxémie de gestation ?

Les deux touchent les mêmes brebis à la même période et se ressemblent beaucoup. L'hypocalcémie s'installe en quelques heures et répond très vite au traitement calcique ; la toxémie s'installe sur plusieurs jours, avec un animal qui paraît absent, et répond lentement. Les deux peuvent coexister, ce qui est une raison de plus de faire venir le vétérinaire plutôt que de deviner.

Pourquoi parle-t-on de fièvre de lait alors que la brebis est froide ?

Le nom est ancien et trompeur. Il n'y a pas de fièvre : la température est normale ou basse, et les oreilles sont froides. Un thermomètre est d'ailleurs utile pour distinguer cette maladie d'une infection.

Faut-il donner du calcium en prévention à toutes les brebis ?

Non, et c'est même contre-productif en fin de gestation : trop de calcium à ce moment empêche l'organisme d'apprendre à mobiliser ses réserves osseuses. La complémentation minérale doit être raisonnée avec le vétérinaire en fonction de la ration et du fourrage.

Ma brebis a fait une hypocalcémie : va-t-elle recommencer ?

Le risque de rechute existe dans les jours qui suivent, et une brebis ayant fait un épisode est plus exposée les années suivantes. Signalez-la et soyez particulièrement attentif à son alimentation autour de la mise bas.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner