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Hypomagnésémie

L'hypomagnésémie est une chute brutale du magnésium dans le sang. Le magnésium calme le fonctionnement des nerfs et des muscles : quand il manque, tout s'emballe. Contrairement aux autres carences, celle-ci ne s'installe pas lentement. Elle...

De quoi s'agit-il ?

L'hypomagnésémie est une chute brutale du magnésium dans le sang. Le magnésium calme le fonctionnement des nerfs et des muscles : quand il manque, tout s'emballe.

Contrairement aux autres carences, celle-ci ne s'installe pas lentement. Elle tue en quelques heures. Un éleveur peut voir un lot parfaitement normal le matin et retrouver des brebis mortes ou en convulsions l'après-midi.

Elle frappe surtout les brebis en lactation mises sur une herbe jeune, poussante, après les pluies de printemps ou d'automne. Cette herbe magnifique est justement le problème : riche en potassium et en azote, elle empêche l'organisme d'absorber le magnésium.

À retenir

L'hypomagnésémie tue en quelques heures, souvent les meilleures brebis en lactation, sur une herbe de printemps qui paraît excellente. Devant un animal qui tremble, titube ou convulse, appelez le vétérinaire immédiatement, sortez le lot de la parcelle et ne tentez aucune injection de votre propre initiative : le magnésium mal administré arrête le cœur.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début : animaux nerveux, sur le qui-vive, qui sursautent au moindre bruit, refusent d'être approchés, s'éloignent du troupeau. Certains deviennent agressifs alors qu'ils sont d'ordinaire calmes.

Oreilles dressées, regard fixe, tremblements des muscles des flancs, des épaules et des paupières.

Démarche raide et guindée, animal qui lève les pattes trop haut, qui titube, qui trébuche.

Grincements de dents, salivation abondante, mousse aux lèvres.

Bêlements inhabituels, cris répétés sans raison.

Puis chute brutale, animal couché sur le flanc, tête rejetée en arrière, pattes qui pédalent, convulsions par crises séparées de phases de calme.

Le moindre bruit, un contact ou une tentative de relever l'animal déclenche une nouvelle crise : c'est très caractéristique.

Mort en quelques heures si rien n'est fait, parfois plus vite.

Dans certains troupeaux, la seule chose que voit l'éleveur est un animal mort au pâturage, dans une zone d'herbe piétinée et labourée par les pattes.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Consommation d'herbe jeune et poussante, très riche en potassium et en azote, notamment après des pluies sur des parcelles fertilisées ou fumées. Le potassium gêne directement l'absorption du magnésium dans le rumen.

Absence de réserve mobilisable : le magnésium des os du mouton adulte n'est pas disponible rapidement, l'animal dépend de son alimentation quotidienne.

Pertes importantes par le lait chez les femelles en pleine lactation, en particulier celles qui élèvent deux agneaux ou plus.

Facteurs déclenchants qui font basculer un animal déjà limite : temps froid et humide, vent, une nuit sans manger, un transport, un changement de parcelle, une manipulation, un jeûne même court.

Ration pauvre en fibres et en énergie, qui accélère le transit et réduit l'absorption.

Déficit associé en calcium dans certains cas, ce qui complique le tableau et le traitement.

Brebis en pleine lactation, surtout celles qui allaitent plusieurs agneaux : ce sont elles qui meurent.

Mise à l'herbe sur des repousses jeunes après les pluies de printemps ou d'automne.

Parcelles fortement fertilisées en azote et en potasse, ou fumées récemment.

Temps froid, pluvieux et venteux, qui augmente les besoins et réduit la prise alimentaire.

Absence de fourrage grossier à disposition, animaux qui ne mangent que de l'herbe jeune.

Tout épisode de jeûne, même bref : transport, tri, tonte, journée de manipulation, changement de parcelle.

Animaux âgés et animaux en état moyen.

Exploitations où le complément magnésien n'est pas mis en place au moment du risque, ou pas consommé par les animaux.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le diagnostic se fait sur le terrain, à partir du tableau et du contexte : brebis en lactation, herbe jeune, crise brutale avec convulsions. Il n'y a pas le temps d'attendre un résultat de laboratoire.

2

Le vétérinaire écarte rapidement les autres causes de convulsions et de chute chez le mouton, qui demandent des traitements différents : entérotoxémie, hypocalcémie, toxémie de gestation, intoxications, maladies nerveuses. Certaines s'associent d'ailleurs à l'hypomagnésémie.

3

Une prise de sang confirme le diagnostic après coup et guide la conduite pour le reste du troupeau.

4

Sur un animal mort, un prélèvement réalisé rapidement par le vétérinaire peut confirmer la cause, ce qui a une valeur énorme pour protéger les autres animaux du lot.

5

Devant un cas confirmé, tout le lot doit être considéré comme à risque immédiat : c'est la conduite à tenir la plus importante.

Traitement

C'est une urgence : le pronostic se joue en heures. Appelez le vétérinaire immédiatement, sans attendre de voir l'évolution.

Le traitement repose sur l'administration de sels de magnésium, souvent associés à du calcium, par une voie et sous une forme choisies par le vétérinaire. Le magnésium administré directement dans la veine est dangereux s'il est mal conduit : il peut arrêter le cœur. Ce n'est en aucun cas un geste que l'éleveur doit tenter seul.

Aucun produit, aucune dose et aucune voie ne doivent être improvisés à partir d'un flacon trouvé à la ferme ou d'un conseil de voisinage.

En attendant le vétérinaire, la seule chose utile est de réduire au maximum les stimulations : ne pas crier, ne pas courir autour de l'animal, ne pas essayer de le relever de force, éloigner les chiens. Le bruit et le contact relancent les crises.

Mettre l'animal en position couchée sur le sternum si c'est possible sans lutter, dégager sa tête, éviter qu'il ne se blesse sur un obstacle.

Dès qu'un cas survient, tout le lot doit être sorti de la parcelle en cause, avec du fourrage grossier mis à disposition et un apport de magnésium organisé avec le vétérinaire pour les jours suivants. Le déplacement se fait calmement : une manipulation brutale peut déclencher une crise chez d'autres animaux.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Anticiper les périodes à risque : mise à l'herbe sur repousses jeunes, printemps pluvieux, automne après les premières pluies, brebis en pleine lactation.

Distribuer un apport de magnésium pendant toute la période à risque, sous une forme prescrite par le vétérinaire et réellement consommée par les animaux. Le magnésium est peu appétent : un bloc que personne ne lèche ne protège personne.

Mettre systématiquement du foin ou de la paille à disposition sur les parcelles d'herbe jeune, et laisser les animaux s'en servir avant la sortie.

Éviter les parcelles fraîchement fertilisées en azote et en potasse pour les brebis en lactation.

Ne jamais laisser les animaux à jeun aux périodes à risque : nourrir avant un transport, un tri ou une tonte.

Rentrer ou abriter les animaux lors des épisodes de froid, de pluie et de vent.

Manipuler calmement les lots à risque, sans chien ni précipitation.

Après un premier cas, considérer tout le lot comme menacé et organiser la prévention le jour même, pas la semaine suivante.

Complications possibles

Mort de l'animal, souvent parmi les meilleures brebis laitières du troupeau.

Blessures et fractures pendant les convulsions.

Agneaux orphelins à élever, avec toute la charge de travail et les pertes que cela représente.

Récidives dans le même lot dans les jours qui suivent si la cause n'est pas corrigée : le premier cas est un avertissement.

Séquelles nerveuses chez certains animaux traités tardivement.

Association fréquente avec un manque de calcium, qui complique la prise en charge.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal tremble, titube, grince des dents ou se comporte de façon anormalement nerveuse : appelez le vétérinaire tout de suite.

Un animal est couché sur le flanc, en convulsions, avec les pattes qui pédalent : c'est une urgence vitale, chaque heure compte.

Une brebis en lactation est retrouvée morte au pâturage sur une repousse d'herbe jeune : faites examiner le lot sans attendre, d'autres sont probablement en train de basculer.

Plusieurs animaux d'un même lot paraissent nerveux ou raides après un changement de parcelle.

Un animal devient agressif alors qu'il est habituellement calme.

Après un transport, une tonte ou une journée de manipulation, des brebis en lactation présentent des tremblements.

Pronostic

Traité très tôt par le vétérinaire, l'animal peut se relever en peu de temps et récupérer complètement : les rétablissements sont parfois spectaculaires.

Un animal déjà en convulsions depuis un moment a un pronostic beaucoup plus réservé, et certains meurent malgré un traitement correct.

Le risque de récidive dans les jours qui suivent est élevé si la conduite d'élevage n'est pas modifiée : c'est le lot entier qu'il faut protéger, pas seulement l'animal soigné.

La prévention, elle, est très efficace : les troupeaux correctement complémentés pendant les périodes à risque ne font pratiquement pas de cas.

Questions fréquentes

Mes brebis sont sur une herbe magnifique, comment peuvent-elles manquer de quelque chose ?

C'est justement cette herbe qui pose problème. Jeune et poussante, surtout sur parcelle fertilisée, elle est très riche en potassium, qui empêche l'absorption du magnésium. Une herbe superbe peut donc tuer des brebis en lactation en quelques heures.

Puis-je faire une injection moi-même en attendant le vétérinaire ?

Non. Le magnésium administré directement dans la veine peut arrêter le cœur s'il est mal conduit. C'est un geste vétérinaire. En attendant, la seule aide utile est de laisser l'animal au calme absolu, sans bruit, sans chien et sans tenter de le relever de force.

Une brebis est morte, dois-je m'inquiéter pour les autres ?

Oui, immédiatement. Un cas signifie que tout le lot est exposé aux mêmes conditions. Il faut sortir les animaux de la parcelle, leur donner du fourrage grossier et organiser le jour même la complémentation en magnésium avec le vétérinaire.

Un bloc à lécher au magnésium suffit-il ?

Seulement s'il est réellement consommé, ce qui n'est pas gagné : le magnésium a mauvais goût et beaucoup de blocs restent intacts. Vérifiez qu'il se creuse, et parlez au vétérinaire d'une forme plus fiable pour les périodes à haut risque.

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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