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Intoxication au plomb

Le plomb est un poison du système nerveux. Chez le mouton, il provoque des troubles du comportement et de la vision qui font penser à une maladie du cerveau, alors que la cause traîne dans un coin de la ferme. Les sources sont presque toujo...

De quoi s'agit-il ?

Le plomb est un poison du système nerveux. Chez le mouton, il provoque des troubles du comportement et de la vision qui font penser à une maladie du cerveau, alors que la cause traîne dans un coin de la ferme.

Les sources sont presque toujours des objets ordinaires : vieilles peintures qui s'écaillent sur des portes ou des poutres, batteries de tracteur ou de voiture abandonnées derrière un bâtiment, huiles de vidange, plombs de pêche ou de chasse, morceaux de gouttière ou de canalisation, décharges sauvages et terrains d'anciennes activités.

Les animaux, curieux, lèchent et mâchonnent ce qui traîne. Les jeunes sont les plus explorateurs, donc les plus touchés.

À retenir

L'intoxication au plomb dépasse le cadre du troupeau : le plomb se dépose dans les os, les abats et le lait, et il est particulièrement dangereux pour les enfants. Un animal exposé ne doit être ni abattu ni trait pour la consommation sans avis vétérinaire, même s'il paraît guéri.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les troubles du comportement dominent le tableau : animal qui s'isole, paraît perdu, ne répond plus quand on l'appelle, pousse la tête contre un mur.

Cécité brutale : l'animal se cogne aux obstacles, tombe dans les fossés, ne suit plus le troupeau. Les pupilles restent souvent largement ouvertes et ne réagissent plus à la lumière.

Marche en cercle, toujours du même côté, démarche titubante et incoordonnée.

Tremblements des muscles de la face et des paupières, mâchonnements dans le vide, grincements de dents.

Salivation abondante.

Agressivité inhabituelle ou, au contraire, apathie profonde chez d'autres animaux.

Convulsions, chute, pattes qui pédalent, mort en quelques heures à quelques jours dans les formes aiguës.

Dans les formes plus lentes : diarrhée noirâtre, coliques, arrêt de la rumination, amaigrissement, faiblesse générale, avec des signes nerveux plus discrets.

Plusieurs animaux d'un même lot peuvent être touchés en même temps, ce qui oriente vers une source commune.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Ingestion de plomb, la plupart du temps par curiosité ou par ennui.

Vieilles peintures au plomb qui s'écaillent sur des portes, des barrières, des poutres et des murs de bâtiments anciens : les animaux lèchent les écailles et les surfaces.

Batteries usagées abandonnées, dont les plaques sont particulièrement dangereuses. C'est une des sources les plus classiques dans les fermes.

Huiles de vidange, graisses usagées, filtres, déchets d'atelier laissés accessibles.

Décharges sauvages, gravats, terres de remblai contaminées, anciens sites industriels ou stands de tir.

Plombs de chasse et de pêche, morceaux de gouttière, de canalisation ou de toiture.

Eau circulant dans d'anciennes canalisations en plomb.

Un animal carencé, notamment en phosphore, mâchonne davantage tout ce qu'il trouve : les carences augmentent donc le risque d'intoxication.

Bâtiments anciens à peinture écaillée, en particulier les portes, les barrières et les rebords que les animaux peuvent lécher.

Stockage de matériel, de batteries et de déchets d'atelier dans des zones accessibles au troupeau.

Pâturage à proximité de décharges, de dépôts sauvages, de bords de route ou de terrains remblayés.

Animaux jeunes, curieux et explorateurs.

Animaux en carence minérale, qui mâchonnent tout ce qu'ils trouvent.

Périodes de manque d'herbe, où les animaux fouillent davantage.

Parcelles nouvellement ouvertes ou récemment nettoyées, où du matériel a pu être laissé.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Un mouton aveugle qui tourne en rond doit être vu par un vétérinaire rapidement : plusieurs maladies donnent ce tableau et certaines, dont celle-ci, se traitent.

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Le vétérinaire réalise un examen nerveux complet et écarte les autres causes fréquentes chez le mouton : cénurose, entérotoxémie, carences, maladies infectieuses du cerveau, autres intoxications. Cette distinction est essentielle car les conduites diffèrent totalement.

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L'histoire de l'exploitation est déterminante : le vétérinaire demandera si des travaux ont été faits, si des batteries ou des déchets traînent, si les animaux ont eu accès à un nouveau bâtiment ou à une nouvelle parcelle. Répondez précisément, cela oriente le diagnostic mieux qu'un examen.

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Des prises de sang permettent de doser le plomb ; l'analyse est aussi réalisable sur le foie et le rein d'un animal mort, ce qui est très utile pour protéger le reste du troupeau.

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Le vétérinaire ira, si nécessaire, inspecter les bâtiments et les parcelles pour trouver la source. Sans cela, de nouveaux cas surviendront.

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Il abordera obligatoirement la question des résidus dans la viande et le lait des animaux exposés, et les démarches à suivre.

Traitement

C'est une urgence : plus le traitement démarre tôt, plus il a de chances de fonctionner.

Des traitements permettant de capter et d'éliminer le plomb existent et sont administrés par le vétérinaire, sur prescription et sous surveillance. Ils ne s'improvisent pas et sont eux-mêmes dangereux mal utilisés.

Un traitement de soutien accompagne : contrôle des convulsions, perfusions, protection de l'animal contre les blessures.

La première mesure, avant même les soins, est de retirer l'ensemble du lot de la zone en cause et de trouver la source. Tant qu'elle est accessible, les animaux continueront à s'intoxiquer.

Aucun produit ne doit être administré par l'éleveur de sa propre initiative : les remèdes de ferme n'ont ici aucune efficacité et retardent la seule prise en charge utile.

Les animaux ayant reçu du plomb ne peuvent pas être abattus ni traits sans avis : le vétérinaire indiquera la conduite à tenir et les délais applicables, car les résidus persistent longtemps dans l'organisme.

Dans les formes très avancées, avec convulsions installées, l'euthanasie peut être la décision la plus raisonnable ; elle appartient au vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Faire le tour de la ferme avec un regard neuf, en cherchant tout ce qu'un mouton curieux pourrait lécher ou mâchonner. C'est la mesure la plus efficace et elle ne coûte rien.

Retirer et faire éliminer correctement toutes les batteries usagées, y compris celles oubliées depuis des années derrière un bâtiment.

Éliminer les huiles de vidange, les graisses, les filtres et les déchets d'atelier dans les filières prévues, jamais dans un coin de parcelle.

Traiter ou remplacer les peintures anciennes qui s'écaillent dans les bâtiments d'élevage, et empêcher l'accès aux surfaces concernées pendant les travaux.

Clôturer les zones de dépôt, les décharges sauvages et les terrains suspects, et ne pas y faire pâturer les animaux.

Surveiller particulièrement les jeunes et les lots placés dans un bâtiment ou une parcelle nouvellement ouverts.

Corriger les carences minérales, qui poussent les animaux à mâchonner n'importe quoi.

En cas de doute sur une contamination du sol ou de l'eau, demander conseil au vétérinaire avant d'y installer des animaux.

Complications possibles

Mort par convulsions dans les formes aiguës, souvent en moins de deux jours.

Cécité définitive et séquelles nerveuses chez les animaux traités trop tard.

Blessures et fractures pendant les convulsions et lors des chutes.

Atteinte des reins et du foie.

Avortements et faiblesse des agneaux chez les femelles gestantes exposées.

Résidus de plomb persistants dans la viande, les abats et le lait des animaux exposés, même apparemment guéris : c'est un enjeu de santé publique, particulièrement grave pour les enfants, et cela impose de suivre les consignes du vétérinaire avant tout abattage ou toute consommation.

Nouveaux cas dans le troupeau tant que la source reste accessible.

Quand consulter un vétérinaire

Un mouton devient brutalement aveugle, se cogne aux obstacles ou ne retrouve plus le troupeau.

Un animal tourne en rond, pousse la tête contre un mur ou paraît perdu.

Un animal présente des tremblements de la face, des mâchonnements dans le vide ou des convulsions : urgence, appelez immédiatement.

Plusieurs animaux du même lot présentent des troubles nerveux en même temps.

Vous découvrez une batterie, des déchets ou des écailles de peinture dans une zone accessible aux animaux : appelez même si personne ne paraît malade.

Un animal est mort brutalement après avoir eu accès à un nouveau bâtiment ou à un dépôt.

Pronostic

Pris très tôt, avant l'installation des convulsions, l'animal peut récupérer, parfois complètement.

La cécité et les troubles du comportement installés depuis plusieurs jours laissent souvent des séquelles définitives.

Les formes aiguës avec convulsions ont un pronostic sombre malgré le traitement.

À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend entièrement de la découverte de la source : elle seule met fin à la série de cas.

La question des résidus dans la viande et le lait se pose durablement, même chez les animaux qui se rétablissent bien.

Questions fréquentes

Mon mouton est devenu aveugle du jour au lendemain, est-ce le plomb ?

C'est une des causes possibles, et c'est une de celles qui se traitent, d'où l'urgence de consulter. D'autres maladies du mouton donnent le même tableau, notamment le tournis ou l'entérotoxémie. Seul le vétérinaire peut trancher, en s'aidant beaucoup de ce que vous lui direz sur la ferme et les travaux récents.

Où le plomb peut-il bien se trouver chez moi ?

Presque toujours dans des objets ordinaires : une vieille batterie derrière un bâtiment, des écailles de peinture ancienne sur une porte ou une barrière, des huiles de vidange, des gravats, une décharge en bord de parcelle. Un tour de ferme attentif suffit souvent à trouver la source.

Puis-je manger un mouton qui a été intoxiqué puis soigné ?

Pas sans l'avis du vétérinaire. Le plomb se dépose durablement dans les os, le foie, les reins et passe dans le lait. Un animal peut paraître parfaitement rétabli tout en gardant des résidus. C'est un point de santé publique sérieux, surtout pour les enfants.

Un seul animal est touché, dois-je m'occuper des autres ?

Oui. Si un animal a trouvé du plomb, les autres y ont eu accès aussi. Il faut sortir le lot de la zone, chercher la source et parler au vétérinaire d'un dépistage des animaux exposés, même ceux qui paraissent normaux.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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