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Maladie environnementale Mouton, Chèvre

Intoxication au sel

Le nom de cette intoxication est trompeur : le problème vient rarement d'un excès de sel, et presque toujours d'un manque d'eau. Un mouton qui consomme normalement du sel mais qui ne peut plus boire voit le sodium se concentrer dans son san...

De quoi s'agit-il ?

Le nom de cette intoxication est trompeur : le problème vient rarement d'un excès de sel, et presque toujours d'un manque d'eau.

Un mouton qui consomme normalement du sel mais qui ne peut plus boire voit le sodium se concentrer dans son sang et dans son cerveau. Tant qu'il reste privé d'eau, il tient. C'est au moment où il boit enfin, souvent goulûment, que le drame se produit : l'eau se précipite dans le cerveau, qui gonfle. L'animal convulse et meurt.

C'est le piège central de cette maladie : le geste qui paraît le plus généreux, laisser boire à volonté un animal assoiffé, est celui qui le tue.

À retenir

Le danger de cette intoxication n'est pas le sel mais le retour de l'eau. Si vous découvrez un lot resté sans boire, ne remplissez pas les abreuvoirs à volonté : proposez de petites quantités répétées et appelez le vétérinaire. Laisser boire à satiété un animal assoiffé fait gonfler son cerveau et le tue.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Au début, pendant la privation : animaux abattus, qui mangent moins, se serrent autour du point d'eau, paraissent déshydratés.

Soif intense et bruyante dès que l'eau redevient disponible : les animaux se battent pour boire et avalent d'énormes quantités.

Les signes nerveux apparaissent alors, souvent quelques heures après la reprise de la boisson.

Cécité : l'animal se cogne aux murs, aux barrières, aux abreuvoirs, ne reconnaît plus son environnement.

Marche sans but, en cercle, tête poussée contre les obstacles.

Tremblements, démarche titubante, animal qui trébuche.

Crises convulsives à répétition, chute sur le flanc, pattes qui pédalent, mâchonnements.

Parfois diarrhée et douleurs abdominales.

Animaux qui restent couchés, dans le coma, et meurent.

Plusieurs animaux du même lot sont touchés en même temps, ce qui distingue nettement cette intoxication d'une maladie individuelle.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Privation d'eau, quelle qu'en soit la raison : abreuvoir en panne, flotteur bloqué, tuyau bouché ou gelé, cuve vide, pompe arrêtée, coupure d'électricité, abreuvoir renversé.

Animaux enfermés sans eau : transport prolongé, journée de tri, de tonte, de vaccination, attente avant une vente ou une fête.

Eau refusée par les animaux parce qu'elle est souillée, trop chaude, trop salée ou de mauvais goût : ils ne boivent pas alors que l'eau est présente.

Eau de forage naturellement salée dans certaines zones, qui devient dangereuse quand elle est la seule source disponible.

Consommation importante de sel, de blocs salés ou d'aliments très salés sans eau suffisante à côté.

Animaux nouvellement arrivés qui ne savent pas où boire ni comment fonctionne l'abreuvoir : c'est une cause fréquente et facile à corriger.

Dominance dans le lot : quelques animaux monopolisent le point d'eau et les plus faibles ne boivent pas.

Fortes chaleurs, situation où les besoins en eau du mouton augmentent beaucoup.

Un seul point d'eau pour un lot nombreux, ou point d'eau difficile d'accès.

Animaux en bâtiment, dépendants entièrement de l'installation.

Transports longs, rassemblements, foires, périodes de fête où les animaux sont déplacés et parqués.

Abreuvoirs automatiques non vérifiés quotidiennement.

Zones où l'eau de forage est salée ou saumâtre.

Animaux venant d'arriver sur l'exploitation.

Ration riche en sel ou blocs salés en libre accès.

Agneaux et animaux faibles, écartés du point d'eau par les dominants.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

C'est une urgence : appelez le vétérinaire avant de laisser les animaux boire à volonté.

2

Le diagnostic repose surtout sur le contexte, et l'éleveur détient l'information décisive : y a-t-il eu une panne d'abreuvoir, un transport, une journée sans eau. Dites-le franchement, cela change complètement la conduite à tenir.

3

Le vétérinaire réalise un examen nerveux et écarte les autres causes de cécité et de convulsions chez le mouton : plomb, entérotoxémie, carences, maladies infectieuses du cerveau, tournis.

4

Une prise de sang mesure le sodium et confirme le diagnostic.

5

L'examen d'un animal mort, avec des prélèvements de cerveau, apporte une confirmation et permet de protéger le reste du lot.

6

Le vétérinaire vérifie l'installation d'abreuvement et la qualité de l'eau, ce qui est aussi important que le traitement lui-même.

Traitement

La règle absolue, et contre-intuitive, est de ne pas laisser un lot privé d'eau boire à volonté. La réhydratation doit être progressive et encadrée par le vétérinaire : c'est ce qui évite le gonflement du cerveau.

En pratique, dès que vous constatez qu'un lot est resté sans eau, appelez le vétérinaire avant de rétablir l'abreuvement, et proposez de l'eau en petites quantités, plusieurs fois, plutôt qu'un abreuvoir plein d'un coup.

Le vétérinaire met en place une réhydratation contrôlée, généralement par perfusion, avec un traitement du gonflement du cerveau et un contrôle des convulsions.

Les animaux atteints doivent être installés au calme, à l'ombre, sur une litière épaisse, protégés des blessures pendant les crises. Le bruit et les manipulations aggravent les convulsions.

Aucun médicament ne doit être administré par l'éleveur de sa propre initiative.

Le reste du lot est surveillé étroitement pendant plusieurs jours, car les signes peuvent apparaître de façon décalée.

La correction de l'installation d'abreuvement fait partie du traitement : sans elle, l'accident se reproduira.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Vérifier l'eau tous les jours, sans exception, et particulièrement pendant les fortes chaleurs : c'est le geste qui évite pratiquement tous les cas.

Prévoir plusieurs points d'eau par lot, accessibles aux animaux les plus faibles, et à une hauteur adaptée aux agneaux.

Contrôler régulièrement les flotteurs, les tuyaux, les pompes et les cuves, et prévoir une réserve en cas de coupure.

Ne jamais laisser des animaux enfermés sans eau lors d'un tri, d'une tonte, d'une vaccination ou d'une attente de vente, même pour une demi-journée.

Donner de l'eau lors des transports longs et à l'arrivée, en surveillant que tout le monde boit.

Nettoyer les abreuvoirs : une eau souillée ou trop chaude n'est pas bue, ce qui revient à ne pas en avoir.

Faire analyser l'eau des forages dans les zones où elle peut être salée, et ne pas en faire la seule source disponible si elle l'est.

Montrer le point d'eau aux animaux nouvellement arrivés et vérifier qu'ils l'utilisent.

Si un lot est resté sans eau, ne pas rouvrir l'abreuvoir en grand : rationner et appeler le vétérinaire.

Complications possibles

Mort par gonflement du cerveau, souvent de plusieurs animaux du même lot.

Cécité et séquelles nerveuses définitives chez une partie des survivants.

Blessures et fractures pendant les convulsions.

Avortements chez les femelles gestantes.

Pertes de production durables chez les animaux qui récupèrent partiellement.

Récidive de l'accident si l'installation d'abreuvement n'est pas corrigée : c'est de très loin la complication la plus fréquente.

Quand consulter un vétérinaire

Vous découvrez qu'un lot est resté sans eau : appelez avant de rétablir l'abreuvement à volonté.

Des animaux se cognent, tournent en rond ou paraissent aveugles après avoir bu abondamment.

Un animal convulse ou reste couché sur le flanc : urgence, appelez immédiatement.

Plusieurs animaux du même lot présentent des troubles nerveux le même jour.

Un animal meurt brutalement après un transport ou une journée d'enfermement.

Vos animaux refusent de boire l'eau disponible : le risque est le même que s'il n'y en avait pas.

Pronostic

Le pronostic est réservé dès que les convulsions sont installées : une partie des animaux meurt malgré une prise en charge correcte.

Les animaux repérés au stade de la simple privation d'eau, avant les signes nerveux, s'en sortent très bien si la réhydratation est progressive et encadrée.

Certains survivants gardent une cécité ou des troubles du comportement définitifs.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est excellent en prévention : c'est une intoxication qui ne devrait jamais arriver, puisqu'elle tient à un contrôle quotidien de l'abreuvement.

Questions fréquentes

Mes moutons n'ont pas eu d'eau pendant une journée, que dois-je faire maintenant ?

Ne rouvrez pas les abreuvoirs en grand. Proposez de petites quantités d'eau, plusieurs fois, et appelez le vétérinaire pour organiser la réhydratation. C'est au moment où un animal assoiffé boit à volonté que son cerveau gonfle et qu'il convulse.

Je ne donne pas de sel à mes moutons, cette intoxication me concerne-t-elle ?

Oui. Le nom prête à confusion : dans la grande majorité des cas, le sel vient simplement de l'alimentation normale et c'est le manque d'eau qui crée le problème. Une panne d'abreuvoir suffit, même sans bloc de sel.

L'eau de mon forage est un peu salée, est-ce dangereux ?

Elle peut le devenir si elle est la seule source disponible, surtout par forte chaleur, ou si les animaux la boivent peu à cause de son goût. Faites-la analyser et parlez-en au vétérinaire : la solution passe souvent par une source complémentaire plutôt que par un traitement.

Mes animaux se cognent aux murs, est-ce forcément le sel ?

Non. Plusieurs maladies du mouton rendent aveugle, dont l'intoxication au plomb, l'entérotoxémie et certaines carences. C'est votre récit de la ferme, notamment un éventuel épisode sans eau, qui aidera le vétérinaire à trancher rapidement.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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