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Intoxication aux nitrates et nitrites

Les nitrates sont des composés azotés que les plantes absorbent dans le sol. En temps normal ils sont sans danger, mais dans le rumen ils sont transformés en nitrites, et ce sont les nitrites qui empoisonnent. Les nitrites s'attaquent au sa...

De quoi s'agit-il ?

Les nitrates sont des composés azotés que les plantes absorbent dans le sol. En temps normal ils sont sans danger, mais dans le rumen ils sont transformés en nitrites, et ce sont les nitrites qui empoisonnent.

Les nitrites s'attaquent au sang lui-même : ils rendent l'hémoglobine incapable de transporter l'oxygène. L'animal a beau respirer à pleins poumons, l'oxygène n'arrive plus aux organes. Il suffoque avec de l'air plein les poumons.

Le sang change de couleur et devient brun chocolat : c'est le signe qui met le vétérinaire sur la piste.

À retenir

L'intoxication aux nitrates tue en moins d'une heure et frappe plusieurs animaux à la fois. Devant un lot qui suffoque après un changement de fourrage ou de parcelle, retirez la source, ne faites pas courir les animaux et appelez le vétérinaire immédiatement : un antidote existe et son efficacité dépend du délai.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les signes apparaissent quelques heures après l'accès au fourrage ou à la parcelle en cause.

Respiration rapide et difficile, animal qui ouvre la bouche, tend le cou, souffle bruyamment, comme s'il manquait d'air.

Muqueuses de couleur anormale : elles perdent leur rose franc et prennent une teinte grisâtre, brunâtre ou bleutée. Cette couleur inhabituelle est très évocatrice pour le vétérinaire.

Faiblesse marquée, animal qui titube, trébuche, s'écroule au moindre effort.

Tremblements musculaires, salivation, agitation.

Refus de bouger, animal qui reste couché.

Chute brutale, convulsions, mort rapide dans les formes sévères, parfois en moins d'une heure.

Plusieurs animaux du même lot sont touchés en même temps : c'est un élément d'orientation majeur, puisque tous ont mangé la même chose.

Chez les femelles gestantes qui survivent : avortements dans les jours ou les semaines qui suivent, par manque d'oxygène du fœtus.

Des animaux moins atteints récupèrent spontanément une fois retirés de la source, ce qui peut faussement rassurer.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Consommation de plantes riches en nitrates. Les circonstances qui font monter les teneurs sont bien identifiées : sécheresse prolongée suivie d'une pluie, fertilisation azotée importante ou récente, épandage de lisier, gelée, grêle, herbicide, tout stress qui bloque la croissance de la plante alors qu'elle continue d'absorber l'azote du sol.

Plantes le plus souvent en cause : repousses de sorgho et de maïs, maïs stressé, betteraves et leurs fanes, choux et crucifères, amarantes, chénopodes et autres adventices des bords de champs et des tas de fumier.

Fourrages récoltés dans ces conditions et distribués tels quels : le séchage ne détruit pas les nitrates, un foin dangereux le reste.

Eau de boisson contaminée par des nitrates, notamment dans des puits peu profonds proches de zones fertilisées ou de fosses.

Animaux affamés lâchés sur une parcelle à risque : ils consomment beaucoup et vite, ce qui aggrave tout.

Animaux non habitués à ce fourrage : une adaptation progressive réduit le risque, un changement brutal l'augmente.

Mise à disposition d'une parcelle ou d'un fourrage à risque après une période de sécheresse suivie de pluie.

Parcelles fortement fertilisées en azote ou ayant reçu du lisier peu de temps avant le pâturage.

Animaux lâchés affamés, après un transport, un tri, ou une nuit sans manger.

Distribution de fanes de betteraves, de choux ou de repousses de sorgho sans transition ni avis.

Pâturage des bords de champs, des tournières et des abords de tas de fumier, riches en adventices concentratrices.

Abreuvement à un puits peu profond en zone de culture intensive.

Femelles gestantes, particulièrement exposées aux conséquences.

Absence d'analyse des fourrages suspects avant distribution.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

C'est une urgence : appelez le vétérinaire immédiatement et sortez le lot de la parcelle ou retirez le fourrage.

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Le vétérinaire s'appuie sur le tableau respiratoire, la couleur des muqueuses et surtout sur le contexte alimentaire : que viennent de manger les animaux, depuis quand, dans quelles conditions.

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La couleur brun chocolat du sang prélevé est un élément très fort en faveur du diagnostic ; il existe des tests rapides sur le fourrage et sur l'eau que le vétérinaire peut mettre en œuvre.

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Un échantillon du fourrage suspect, de l'eau et éventuellement du contenu du rumen d'un animal mort permet de confirmer et, surtout, de décider si le reste du stock peut être distribué.

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Conservez impérativement un échantillon du fourrage en cause et notez la parcelle : c'est ce qui permettra de protéger le reste du troupeau.

6

Le vétérinaire écarte les autres causes de détresse respiratoire brutale chez le mouton, notamment les maladies respiratoires infectieuses et d'autres intoxications.

Traitement

Le traitement est une urgence vétérinaire. Il existe un antidote qui rend au sang sa capacité à transporter l'oxygène, administré par voie veineuse par le vétérinaire ; son effet peut être spectaculaire lorsqu'il est donné à temps.

Ce produit est dangereux mal utilisé : ni le choix, ni la quantité, ni la voie ne relèvent de l'éleveur. Aucun remède de ferme ne remplace ce traitement.

En attendant le vétérinaire : retirer immédiatement le fourrage ou sortir les animaux de la parcelle, calmement et sans les faire courir. Un animal en manque d'oxygène qu'on fait courir meurt.

Mettre les animaux à l'ombre, au calme, avec de l'eau propre, et éviter toute manipulation.

Ne pas faire boire de force et ne rien administrer par la bouche.

Tous les animaux du lot doivent être surveillés étroitement pendant plusieurs heures, y compris ceux qui paraissent normaux : les signes n'apparaissent pas au même moment chez tous.

Le fourrage ou la parcelle en cause ne doivent pas être redistribués tant que le vétérinaire n'a pas statué, analyse à l'appui.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Ne jamais lâcher des animaux affamés sur une parcelle à risque : distribuer du foin avant la sortie et faire pâturer en fin de journée plutôt qu'à la faim.

Introduire progressivement tout fourrage nouveau, en particulier les repousses de sorgho, les fanes de betteraves et les crucifères.

Respecter un délai entre la fertilisation azotée ou l'épandage de lisier et la mise à l'herbe, et demander conseil en cas de doute.

Éviter de faire pâturer une culture stressée par la sécheresse, la gelée ou la grêle, surtout juste après une pluie : c'est le moment le plus dangereux.

Faire analyser les fourrages suspects avant de les distribuer, ce qui est simple et peu coûteux au regard du risque.

Éviter les bords de champs, les tournières et les abords des tas de fumier comme ressource alimentaire.

Contrôler la qualité de l'eau des puits peu profonds en zone de culture.

Limiter l'accès aux tas de fanes et aux déchets de récolte, qui concentrent souvent les problèmes.

Complications possibles

Mort rapide par manque d'oxygène, parfois de plusieurs animaux du même lot en quelques heures.

Avortements chez les femelles gestantes qui survivent, souvent quelques jours à quelques semaines plus tard.

Agneaux nés faibles ou mort-nés.

Séquelles nerveuses chez les animaux ayant manqué d'oxygène longtemps.

Récidives tant que le fourrage ou la parcelle en cause restent accessibles.

Perte de tout un stock de fourrage lorsque le lot récolté est contaminé.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux respirent difficilement, bouche ouverte, peu de temps après un changement de fourrage ou de parcelle : urgence absolue, appelez immédiatement.

Les muqueuses d'un animal prennent une teinte grise, brunâtre ou bleutée.

Des animaux titubent et s'écroulent au moindre effort.

Un ou plusieurs animaux meurent brutalement après avoir consommé des repousses, des fanes ou un nouveau fourrage.

Des avortements surviennent dans les jours qui suivent un tel épisode.

Vous avez distribué un fourrage récolté sur une culture stressée : demandez un avis avant de continuer.

Pronostic

Traités très tôt, les animaux répondent souvent très bien à l'antidote et se rétablissent en quelques heures.

Les animaux déjà couchés et convulsifs ont un pronostic sombre.

Les femelles gestantes qui survivent peuvent avorter par la suite, même si elles paraissent rétablies.

À l'échelle du lot, le pronostic dépend de la rapidité du retrait de la source et de l'appel au vétérinaire : c'est une intoxication où quelques minutes changent le résultat.

Questions fréquentes

Le fourrage sec est-il moins dangereux que le fourrage vert ?

Non. Le séchage ne détruit pas les nitrates : un foin récolté sur une culture chargée reste dangereux des mois plus tard. C'est une erreur fréquente, qui explique des accidents en plein hiver, loin de la parcelle d'origine.

Pourquoi mes moutons ont-ils été touchés cette année et pas les précédentes sur la même parcelle ?

Parce que la teneur de la plante dépend des conditions de l'année : une sécheresse suivie de pluie, une fertilisation récente, une gelée ou de la grêle font monter les nitrates dans une culture qui était sans danger l'année d'avant. C'est le contexte qui crée le risque, pas seulement la plante.

Puis-je faire quelque chose en attendant le vétérinaire ?

Retirez le fourrage ou sortez le lot de la parcelle, calmement, sans faire courir personne, et mettez les animaux à l'ombre au calme avec de l'eau propre. N'administrez rien par la bouche. Un animal qui manque d'oxygène et qu'on fait courir meurt sur place.

Les animaux qui vont bien sont-ils tirés d'affaire ?

Pas forcément. Tous n'ont pas mangé la même quantité et les signes n'apparaissent pas au même moment. Il faut surveiller le lot entier pendant plusieurs heures et le signaler au vétérinaire, même pour ceux qui paraissent normaux.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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