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Maladie environnementale Mouton

Intoxication chronique au cuivre

Le mouton est l'espèce d'élevage la plus sensible au cuivre. Son foie stocke le cuivre presque sans limite et ne sait pas l'éliminer correctement : il accumule, semaine après semaine, sans que rien ne se voie. Puis, un jour, le foie saturé...

De quoi s'agit-il ?

Le mouton est l'espèce d'élevage la plus sensible au cuivre. Son foie stocke le cuivre presque sans limite et ne sait pas l'éliminer correctement : il accumule, semaine après semaine, sans que rien ne se voie.

Puis, un jour, le foie saturé libère brutalement tout le cuivre dans le sang. Les globules rouges éclatent en masse. En quelques heures, l'animal devient jaune, urine du liquide couleur porto et meurt.

C'est ce décalage qui trompe tout le monde : la faute a été commise des semaines ou des mois plus tôt, souvent en donnant aux moutons un aliment ou un complément minéral prévu pour des bovins, des volailles ou des porcs. L'éleveur ne fait donc pas le lien.

À retenir

Le mouton est l'espèce d'élevage la moins tolérante au cuivre. Un aliment ou un complément prévu pour les bovins, les volailles ou les porcs, même donné quelques semaines, peut tuer des animaux plusieurs mois plus tard, d'un seul coup, à l'occasion d'un simple transport. Un mouton jaune qui urine foncé doit faire appeler le vétérinaire le jour même, et tout le lot doit être considéré comme en danger.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Pendant toute la phase d'accumulation, qui dure des semaines ou des mois, il n'y a rien à voir. Les animaux mangent, grossissent et paraissent en pleine forme.

La crise démarre brutalement : abattement profond, animal qui s'isole, refuse de manger, cesse de ruminer.

Jaunisse spectaculaire en quelques heures : le blanc de l'œil, l'intérieur des lèvres, les gencives et la peau des zones nues prennent une teinte jaune franche.

Urines foncées, rouge sombre ou couleur porto : c'est le signe le plus caractéristique, celui qui doit immédiatement faire penser au cuivre chez un mouton.

Muqueuses d'abord jaunes puis très pâles, l'animal se vidant de ses globules rouges.

Respiration rapide, soif marquée, déshydratation.

Animal qui titube, se couche et ne se relève plus.

La mort survient en général en un à trois jours ; certains animaux sont retrouvés morts sans que rien n'ait été remarqué.

Quand un cas survient, d'autres animaux du même lot sont déjà chargés en cuivre sans le montrer : c'est la donnée la plus importante de toute la fiche.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Distribution, même occasionnelle mais répétée, d'un aliment complet, d'un concentré ou d'un complément minéral formulé pour les bovins, les veaux, les porcs ou les volailles : ces produits contiennent des quantités de cuivre parfaitement tolérées par ces espèces et dangereuses pour le mouton.

Utilisation d'un bloc ou d'une pierre à lécher non prévue pour les ovins.

Restes d'aliment d'une autre espèce distribués aux moutons pour ne pas les perdre, mélanges faits à la ferme, sacs mal identifiés, erreurs de livraison.

Pâturage sur des parcelles ayant reçu des lisiers de porc ou de volaille riches en cuivre, ou traitées avec des produits cuivrés.

Eau ou abreuvoirs en contact prolongé avec des pièces en cuivre.

Un autre mécanisme, plus discret : une ration pauvre en molybdène et en soufre laisse le mouton absorber beaucoup plus de cuivre, même sans excès dans l'aliment. Certaines régions et certains fourrages y prédisposent.

Les maladies du foie, notamment celles liées à des plantes toxiques ou à la douve, aggravent l'accumulation.

Certaines races sont réputées plus sensibles que d'autres.

Exploitations mixtes où cohabitent moutons et bovins, moutons et volailles, ou moutons et porcs : le risque de mélange d'aliments y est permanent.

Achat d'aliment sans vérifier la mention de l'espèce sur le sac.

Agneaux à l'engraissement recevant beaucoup de concentré pendant des semaines.

Animaux à l'auge, nourris longtemps avec la même ration : l'accumulation est régulière.

Ration pauvre en molybdène et en soufre.

Foie déjà fragilisé par la douve ou par des plantes toxiques.

Périodes de stress qui déclenchent la crise : transport, tonte, tri, mise bas, forte chaleur, changement de lot, veille de l'Aïd.

Stockage des aliments de différentes espèces au même endroit, sans séparation claire.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Un mouton jaune avec des urines foncées est une urgence : appelez le vétérinaire le jour même.

2

Le vétérinaire examine la couleur des muqueuses, recueille des urines et évalue l'état général. La combinaison jaunisse et urines couleur porto chez un ovin est très évocatrice.

3

Des prises de sang évaluent l'anémie et l'atteinte du foie et des reins.

4

Le dosage du cuivre dans le sang aide, mais il est parfois trompeur : c'est surtout le dosage du cuivre dans le foie et le rein, réalisé sur un animal mort ou abattu, qui apporte la certitude. Ne faites donc jamais disparaître un animal mort sans en parler au vétérinaire.

5

L'autopsie est très parlante : foie jaune et friable, reins presque noirs, sang très clair.

6

Une fois le diagnostic posé, le travail le plus important commence : identifier la source du cuivre. Le vétérinaire examine les sacs, les étiquettes, les blocs à lécher, l'eau, l'historique des rations et des parcelles. Sans cette enquête, les cas continueront pendant des semaines.

7

Un dépistage sanguin des animaux du même lot permet d'apprécier l'ampleur de la surcharge dans le troupeau.

Traitement

Une fois la crise déclenchée, le pronostic est très mauvais : la plupart des animaux jaunes meurent malgré les soins. C'est une maladie qui se gagne ou se perd avant les signes.

Le vétérinaire peut mettre en place une prise en charge de soutien : perfusions, traitement de l'atteinte du foie et des reins, protection contre le stress, dans les cas où l'animal a encore une chance.

Des traitements permettant de bloquer ou d'éliminer le cuivre existent et se donnent sur prescription à l'ensemble du lot exposé, pas seulement à l'animal malade. Leur nature, leur voie et leur durée relèvent strictement du vétérinaire ; utilisés au hasard, certains de ces produits sont eux-mêmes toxiques.

La mesure la plus urgente, et celle qui sauve réellement des animaux, est de retirer immédiatement la source de cuivre : changer d'aliment, retirer les blocs, changer de parcelle, et vérifier chaque sac présent sur l'exploitation.

Éviter absolument tout stress sur le lot exposé pendant les semaines qui suivent : pas de transport, pas de tonte, pas de tri brutal, pas de manipulation inutile. Chaque stress peut déclencher une nouvelle crise chez un animal chargé.

Un contrôle vétérinaire de la ration complète est indispensable avant de reprendre une conduite normale.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La règle est simple et absolue : ne jamais donner à des moutons un aliment, un concentré, un bloc ou un complément minéral qui ne porte pas explicitement la mention ovins. Aucune exception, même pour dépanner un jour.

Ne jamais donner aux moutons les restes d'aliment des vaches, des veaux, des volailles ou des porcs, quelle que soit leur qualité apparente.

Stocker les aliments des différentes espèces dans des lieux séparés et clairement identifiés, et former toutes les personnes qui distribuent l'aliment, y compris les remplaçants et la famille.

Lire l'étiquette de chaque nouveau sac et vérifier la teneur en cuivre avec le vétérinaire ou le technicien en cas de doute.

Éviter de faire pâturer les moutons sur des parcelles ayant reçu des lisiers de porc ou de volaille, ou traitées avec des produits cuivrés, sans avis préalable.

Parler avec le vétérinaire de l'équilibre de la ration en molybdène et en soufre sur les exploitations à cas répétés.

En cas de doute sur un aliment déjà distribué, ne pas attendre les signes : faire évaluer la situation immédiatement, la fenêtre d'action se situe avant la crise.

Réduire les stress inutiles pendant les périodes chaudes et avant les fêtes, où les manipulations se multiplient.

Complications possibles

Mort de l'animal dans la grande majorité des crises déclarées.

Destruction définitive du foie et des reins chez les survivants, avec des animaux qui ne refont jamais leur état.

Mortalité en série dans les jours et les semaines qui suivent le premier cas, puisque tout le lot est chargé.

Pertes économiques lourdes, touchant en priorité les animaux les mieux conformés.

Carcasses impropres à la consommation chez les animaux atteints.

Découragement et erreurs de conduite si la source n'est pas identifiée : les cas se répètent sans explication.

Quand consulter un vétérinaire

Un mouton devient jaune : blanc de l'œil, gencives ou peau. Appelez le vétérinaire le jour même.

Un animal urine foncé, rouge sombre ou couleur porto : c'est une urgence.

Un animal cesse brutalement de manger et de ruminer, s'isole et s'affaiblit vite.

Un mouton meurt sans signe préalable après un transport, une tonte ou un tri : faites-le examiner plutôt que de l'évacuer.

Vous vous apercevez que vos moutons ont reçu un aliment ou un bloc prévu pour une autre espèce : appelez sans attendre, même si tous les animaux paraissent en bonne santé.

Plusieurs animaux du même lot meurent à quelques jours d'intervalle.

Pronostic

Le pronostic d'un animal en crise est très sombre : la destruction des globules rouges et l'atteinte du foie sont souvent irréversibles au moment où l'éleveur voit quelque chose.

Les rares survivants gardent des séquelles et ne retrouvent pas leurs performances.

À l'échelle du lot, tout se joue sur la rapidité avec laquelle la source est identifiée et supprimée : c'est là que des animaux sont réellement sauvés.

Un troupeau nourri avec des produits exclusivement ovins ne fait pratiquement jamais cette maladie : c'est une intoxication entièrement évitable.

Questions fréquentes

Puis-je donner à mes moutons l'aliment de mes vaches quand il m'en reste ?

Non, jamais. C'est la cause la plus fréquente de mortalité par cuivre chez le mouton. Les aliments pour bovins, veaux, volailles et porcs contiennent des quantités de cuivre sans danger pour ces espèces mais que le mouton accumule dans son foie jusqu'à en mourir. La mention ovins sur le sac n'est pas un détail commercial : c'est une question de survie.

Mes moutons ont mangé un aliment pour vaches pendant quelques semaines mais ils vont bien, dois-je m'inquiéter ?

Oui, et il faut appeler le vétérinaire même si tout le monde paraît en forme. L'accumulation se fait en silence et la crise éclate des semaines ou des mois plus tard, souvent après un stress. C'est précisément à ce moment, avant les signes, qu'une prise en charge du lot peut éviter les pertes.

Pourquoi mes plus beaux agneaux meurent-ils les premiers ?

Parce que ce sont eux qui ont le mieux mangé, donc ceux qui ont accumulé le plus de cuivre. C'est un des aspects les plus douloureux de cette intoxication : elle frappe en priorité les animaux les mieux conduits.

Un animal mort de cuivre est-il dangereux pour ma famille ?

Sa carcasse n'est pas propre à la consommation et ne doit pas être mangée ni donnée aux chiens. Il ne s'agit pas d'une maladie contagieuse pour l'homme, mais d'un animal dont les organes sont fortement chargés en cuivre et gravement lésés. Faites-le examiner par le vétérinaire, cela protégera le reste du lot.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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