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Maladie environnementale Mouton, Chèvre

Intoxication par les glands de chêne

Les glands, les jeunes feuilles et les bourgeons de chêne contiennent des tanins en grande quantité. Consommés en petites quantités, ils sont sans conséquence : les moutons en ramassent depuis toujours sous les chênes. Le problème apparaît...

De quoi s'agit-il ?

Les glands, les jeunes feuilles et les bourgeons de chêne contiennent des tanins en grande quantité. Consommés en petites quantités, ils sont sans conséquence : les moutons en ramassent depuis toujours sous les chênes.

Le problème apparaît quand ils deviennent une part importante de la ration. Les tanins abîment alors la paroi digestive et surtout les reins, qui finissent par ne plus filtrer.

Deux situations créent le risque. En automne, un coup de vent ou une tempête fait tomber une masse de glands d'un coup, et les animaux, qui les apprécient, s'en gavent. Au printemps, ce sont les jeunes feuilles et les bourgeons, encore plus riches en tanins, qui posent problème.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les premiers signes apparaissent quelques jours après le début de la consommation importante.

Abattement, animal qui reste en arrière, perd l'appétit, cesse de ruminer.

Constipation marquée au début, avec des crottes dures, sèches, sombres, parfois recouvertes de mucus ou de sang.

Puis diarrhée, souvent foncée et malodorante, qui remplace la constipation.

Soif importante et urines rares : l'animal boit beaucoup et urine peu, ce qui signe l'atteinte des reins et constitue le signal le plus important.

Déshydratation malgré la boisson.

Gonflements mous sous la mâchoire, sous le ventre et au niveau des membres, liés à l'atteinte rénale.

Amaigrissement rapide, faiblesse, animal qui finit couché.

Haleine et urines d'odeur inhabituelle.

Dans les formes sévères : arrêt complet des urines et mort en quelques jours.

Plusieurs animaux du lot sont généralement concernés, avec des degrés variables.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Consommation importante et prolongée de glands, de jeunes feuilles ou de bourgeons de chêne.

Chutes massives de glands après un coup de vent, une tempête ou lors des années de forte production : les animaux se gavent en quelques heures.

Manque d'herbe et de fourrage, qui pousse le troupeau à se rabattre sur ce qui est disponible sous les chênes. C'est le facteur déterminant : avec une ration correcte, les moutons ne consomment pas assez de glands pour s'intoxiquer.

Parcours boisés ou parcelles bordées de chênes, pâturés en automne ou au débourrement du printemps.

Animaux affamés lâchés dans une zone riche en glands.

Animaux non habitués : ceux qui vivent en permanence sous les chênes semblent mieux tolérer que ceux qui découvrent brutalement la ressource.

Manque d'eau, qui aggrave l'atteinte des reins.

Parcours et parcelles comportant des chênes, pâturés en automne.

Années de forte production de glands.

Épisodes de vent ou de tempête faisant tomber les glands en masse.

Débourrement du printemps, avec jeunes feuilles et bourgeons très riches en tanins.

Pénurie de fourrage, fin de saison sèche, années de sécheresse.

Animaux affamés ou lâchés à jeun.

Abreuvement insuffisant.

Animaux jeunes et animaux nouvellement introduits dans une zone boisée.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le contexte est déterminant : signalez au vétérinaire que vos animaux ont accès à des chênes et qu'il y a eu une chute importante de glands ou un débourrement récent.

2

Le vétérinaire examine l'état général, la déshydratation, les gonflements, et interroge sur la quantité d'urine émise.

3

Des prises de sang évaluent le fonctionnement des reins : c'est l'examen le plus utile pour apprécier la gravité et décider de ce qui peut être tenté.

4

Une analyse d'urine complète le bilan.

5

L'examen d'un animal mort montre des lésions caractéristiques des reins et du tube digestif, et permet d'évaluer le risque pour le reste du lot.

6

Le vétérinaire écarte les autres causes d'atteinte rénale et de troubles digestifs chez le mouton, notamment d'autres intoxications et l'obstruction urinaire du bélier, qui est une urgence chirurgicale complètement différente.

7

Un animal qui n'urine pas doit être vu rapidement, quelle qu'en soit la cause.

Traitement

Il n'existe pas d'antidote : le traitement vise à soutenir l'animal pendant que les reins récupèrent, s'ils le peuvent encore.

La première mesure, immédiate et gratuite, est de retirer tout le lot de la zone à chênes et de mettre à disposition un fourrage de bonne qualité et de l'eau propre en abondance.

Le vétérinaire met en place une réhydratation, souvent par perfusion, et une prise en charge de l'atteinte rénale et digestive. Des produits limitant l'absorption des tanins dans le tube digestif peuvent être utilisés sur prescription.

Aucun produit ne doit être administré par l'éleveur : les purges et les huiles données de sa propre initiative aggravent l'état d'un animal déshydraté.

Une alimentation riche en fibres et en énergie, distribuée à volonté, aide le rumen à se remettre et détourne les animaux des glands.

Les animaux atteints doivent être installés au calme, à l'abri, avec un accès facile à l'eau, et surveillés quotidiennement.

Le reste du lot doit être surveillé plusieurs jours : tous ont mangé la même chose, à des degrés divers.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Ne pas faire pâturer les parcours à chênes pendant les périodes de chute massive de glands, ni au moment du débourrement des jeunes feuilles.

Surveiller les épisodes de vent et de tempête en automne : c'est souvent le lendemain que les accidents se produisent.

Assurer une ration de base correcte, en fourrage et en énergie : un troupeau rassasié ne mange pas assez de glands pour s'intoxiquer. C'est la mesure la plus efficace.

Distribuer du foin avant de sortir les animaux sur une parcelle boisée, et ne jamais les lâcher affamés.

Ramasser ou clôturer les zones où les glands s'accumulent, quand c'est possible.

Garantir un abreuvement abondant, qui protège les reins.

Surveiller les animaux les jours qui suivent l'accès à une chênaie, en observant s'ils urinent normalement.

Demander au vétérinaire un avis sur des compléments limitant l'effet des tanins dans les élevages qui ne peuvent pas éviter les chênaies.

Complications possibles

Insuffisance rénale définitive chez les animaux les plus atteints, avec des animaux qui ne refont jamais leur état.

Mort par arrêt du fonctionnement des reins.

Déshydratation sévère et affaiblissement général.

Amaigrissement durable et perte de production sur toute la saison.

Avortements chez les femelles gestantes.

Pertes multiples dans un même lot lorsque toute la troupe a eu accès aux glands.

Quand consulter un vétérinaire

Vos animaux ont eu accès à une grosse chute de glands et plusieurs sont abattus.

Un animal boit beaucoup mais urine très peu ou plus du tout : appelez sans attendre.

Des crottes dures et noires, parfois avec du sang, apparaissent chez plusieurs animaux.

Des gonflements mous se forment sous la mâchoire, sous le ventre ou aux membres.

Un animal maigrit vite et reste couché.

Des animaux meurent quelques jours après un séjour dans une chênaie.

Pronostic

Les formes légères, repérées tôt et sorties de la zone à temps, récupèrent bien en quelques jours à quelques semaines.

Les animaux dont les reins sont déjà gravement atteints, qui n'urinent plus et présentent des gonflements, ont un pronostic sombre malgré les soins.

Certains survivants gardent une insuffisance rénale et ne retrouvent jamais leurs performances.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est bon dès lors que l'accès est supprimé et que la ration de base est corrigée : c'est un problème de conduite avant d'être un problème médical.

Questions fréquentes

Mes moutons mangent des glands depuis des années sans problème, pourquoi maintenant ?

Parce que ce n'est pas le gland en soi qui est en cause, mais la quantité. Une chute massive après une tempête, ou un manque d'herbe qui pousse le troupeau à ne manger que cela, fait basculer une habitude sans risque en intoxication. Le contexte de l'année compte plus que la présence des chênes.

Faut-il abattre tous mes chênes ?

Non. La mesure efficace est de gérer l'accès et surtout de bien nourrir les animaux : un troupeau rassasié consomme des glands en quantité anodine. On évite simplement les parcelles boisées lors des chutes massives et au débourrement du printemps.

Mon mouton boit beaucoup mais n'urine presque plus, est-ce grave ?

Oui, c'est le signe le plus sérieux de cette intoxication : il traduit une atteinte des reins. Appelez le vétérinaire sans attendre, car c'est à ce stade que la prise en charge peut encore changer l'issue.

Les jeunes feuilles de chêne au printemps sont-elles dangereuses aussi ?

Oui, et elles sont même plus riches en tanins que les glands. Le débourrement du printemps est une seconde période à risque, souvent oubliée parce qu'on associe cette intoxication uniquement à l'automne.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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