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Maladie bactérienne Vache

Kérato-conjonctivite infectieuse bovine

La kérato-conjonctivite infectieuse bovine est une infection très contagieuse de l'œil, qui touche à la fois la conjonctive et la cornée, la partie transparente à l'avant de l'œil. Elle survient surtout en été, quand les mouches sont nombre...

De quoi s'agit-il ?

La kérato-conjonctivite infectieuse bovine est une infection très contagieuse de l'œil, qui touche à la fois la conjonctive et la cornée, la partie transparente à l'avant de l'œil.

Elle survient surtout en été, quand les mouches sont nombreuses, la poussière abondante et le soleil intense : des conditions que l'on retrouve chaque année en Tunisie et dans tout le Maghreb.

Elle est très douloureuse : l'animal garde l'œil fermé et cherche l'ombre. Un cas isolé peut devenir en quelques jours un problème de lot entier, en particulier chez les jeunes bovins au pâturage.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Larmoiement abondant, avec une traînée humide qui descend sous l'œil.

Œil fermé ou à demi fermé, clignements répétés, l'animal fuit la lumière et se met à l'ombre.

Rougeur de la conjonctive et des vaisseaux visibles à la surface de l'œil.

Apparition d'une zone blanchâtre ou bleutée au centre de la cornée : l'œil se voile, la vision baisse.

Dans les cas avancés, un cratère se creuse au centre de la cornée et l'œil peut devenir totalement opaque.

Un seul œil est touché au début, l'autre peut suivre.

Baisse d'appétit, perte de poids et retard de croissance chez les jeunes, qui voient mal et se déplacent moins vers l'auge et l'abreuvoir.

Dans un lot, plusieurs animaux sont atteints en quelques jours.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La bactérie principalement responsable est Moraxella bovis, qui adhère à la cornée et l'attaque, seule ou avec d'autres germes.

Elle ne provoque la maladie que sur un œil déjà irrité : la poussière, le vent de sable, les rayons ultraviolets d'un fort ensoleillement, les herbes hautes et sèches qui blessent la surface de l'œil créent la brèche.

Certains animaux portent la bactérie dans leurs sécrétions sans présenter de signes et entretiennent la contamination du lot d'une saison à l'autre.

Saison chaude et sèche, forte population de mouches.

Ensoleillement intense et absence d'ombre dans les parcours ou les enclos.

Poussière, vent de sable, herbes hautes et sèches piquantes.

Animaux jeunes : les veaux et les génisses sont nettement plus touchés que les vaches adultes.

Animaux à peau et paupières peu pigmentées, moins protégés du rayonnement solaire.

Densité élevée d'animaux, regroupement autour des abreuvoirs et des points d'ombre.

Stress, transport, mélange de lots d'origines différentes.

Transmission

Les mouches jouent le rôle principal : elles se posent sur les sécrétions d'un animal malade puis sur l'œil d'un animal sain, transportant la bactérie d'un individu à l'autre.

Le contact direct entre animaux et le partage d'un matériel souillé participent aussi à la diffusion.

Les conditions favorisantes se cumulent en été : chaleur, poussière, regroupement des animaux à l'ombre ou autour des points d'eau, prolifération des mouches.

L'introduction d'un animal porteur suffit à déclencher une série de cas dans un lot indemne.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Un œil qui pleure et qui se ferme doit être montré au vétérinaire rapidement : le délai de prise en charge détermine en grande partie la conservation de la vision.

2

Le vétérinaire examine l'œil, apprécie la profondeur de l'atteinte de la cornée et recherche d'autres causes possibles : corps étranger, épillet, poussière, blessure, irritation par un produit, ou maladie générale s'accompagnant de signes oculaires.

3

Devant plusieurs cas simultanés, il évalue le lot entier et cherche ce qui, dans l'environnement, entretient la diffusion.

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Un prélèvement peut être réalisé dans certaines situations, notamment lorsque les cas se répètent malgré les traitements.

Traitement

Le traitement repose sur un antibiotique prescrit par le vétérinaire, en application locale dans l'œil, par injection sous la conjonctive ou par voie générale selon la gravité et le nombre d'animaux concernés.

Un traitement de la douleur est justifié : cette affection fait réellement souffrir l'animal.

Protéger l'œil de la lumière et des mouches accélère la guérison : mise à l'ombre, parfois pose d'un cache oculaire ou suture temporaire des paupières décidée par le vétérinaire dans les cas graves.

Les animaux atteints sont séparés du lot quand c'est possible, pour limiter la diffusion par les mouches.

Ne mettez jamais dans un œil un produit qui n'a pas été prescrit pour cet usage : certaines préparations aggravent une cornée déjà abîmée. Les délais d'attente du lait et de la viande sont à respecter et à demander au vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Lutter contre les mouches est la mesure la plus efficace : gestion des fumiers et des zones humides où elles se reproduisent, moyens de lutte adaptés choisis avec le vétérinaire, entretien des abords des bâtiments.

Offrir de l'ombre : arbres, abris, hangars ouverts. Un animal qui peut se mettre à l'ombre reçoit moins de rayonnement et se met moins en contact avec les autres autour d'un seul point ombragé.

Limiter la poussière dans les aires de vie et sur les pistes de circulation.

Faucher ou gérer les herbes hautes et sèches des parcelles pâturées, qui blessent la surface de l'œil.

Isoler et surveiller les animaux nouvellement introduits.

Repérer et traiter les premiers cas sans attendre : chaque animal malade non traité alimente la contamination de tout le lot.

Des vaccins existent dans certains pays, mais leur efficacité est inconstante ; ils ne remplacent jamais la lutte contre les mouches et la gestion de l'ombre. Interrogez votre vétérinaire sur ce qui est disponible et pertinent localement.

Complications possibles

Ulcération profonde de la cornée, pouvant aller jusqu'à la perforation de l'œil.

Cicatrice blanche définitive au centre de la cornée, avec une vision réduite de façon permanente.

Perte de la vision d'un œil, parfois des deux dans les cas les plus sévères.

Retard de croissance marqué chez les jeunes animaux, qui mangent et boivent moins.

Un animal qui voit mal se blesse plus facilement, se sépare du lot et devient difficile à conduire.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal ferme un œil, le garde à demi fermé ou pleure abondamment.

Vous voyez une tache blanche ou bleutée apparaître sur l'œil.

Plusieurs animaux du même lot présentent des yeux qui coulent.

Un animal se cogne, hésite à avancer ou ne retrouve plus l'abreuvoir : la vision est déjà atteinte, appelez sans attendre.

Un œil déjà traité ne s'améliore pas en quelques jours, ou s'aggrave.

L'œil paraît creusé, déformé ou laisse s'écouler un liquide : c'est une urgence.

Pronostic

Traitée tôt, la maladie guérit le plus souvent sans séquelle ou en laissant une petite cicatrice sans conséquence.

Les formes vues tardivement laissent une cicatrice étendue et une vision réduite ; la perte définitive d'un œil est possible dans les cas les plus avancés.

À l'échelle du lot, la maîtrise dépend de la lutte contre les mouches, de la disponibilité de l'ombre et de la rapidité avec laquelle les premiers cas sont traités.

Questions fréquentes

Pourquoi tous mes veaux ont-ils les yeux qui coulent en même temps ?

Parce que la maladie est très contagieuse et que les mouches transportent la bactérie d'un œil à l'autre en quelques jours. Quand plusieurs animaux sont touchés simultanément, il faut traiter les malades et agir en même temps sur les mouches, la poussière et l'ombre, sinon la série continue.

Est-ce contagieux pour l'homme ?

Non, la bactérie responsable ne touche pas l'être humain. L'hygiène des mains reste recommandée après avoir manipulé un animal malade, notamment pour ne pas transporter les sécrétions vers les autres animaux.

L'animal va-t-il rester aveugle ?

Pas dans la majorité des cas, si le traitement est mis en place rapidement. Une atteinte profonde et négligée peut en revanche laisser une cicatrice opaque et une vision très réduite, voire la perte de l'œil. C'est le délai de prise en charge qui fait la différence.

Que faire en attendant le vétérinaire ?

Mettez l'animal à l'ombre, à l'écart du lot si vous le pouvez, avec de l'eau et de l'aliment à portée immédiate. Ne mettez aucun produit dans l'œil sans prescription : certaines préparations aggravent une cornée abîmée.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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