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Maladie bactérienne Mouton, Chèvre

Kératoconjonctivite infectieuse ovine

La kératoconjonctivite infectieuse est une inflammation contagieuse de la surface de l'œil et de ses membranes. Elle touche à la fois la conjonctive, le tissu rose du pourtour, et la cornée, la vitre transparente au centre. Elle est due à d...

De quoi s'agit-il ?

La kératoconjonctivite infectieuse est une inflammation contagieuse de la surface de l'œil et de ses membranes. Elle touche à la fois la conjonctive, le tissu rose du pourtour, et la cornée, la vitre transparente au centre.

Elle est due à des germes qui se transmettent très facilement d'un animal à l'autre, portés par les mouches, par les écoulements et par le simple contact des têtes à l'auge ou au râtelier.

Son évolution est spectaculaire : un œil clair au matin peut être blanc et fermé le lendemain. La cornée devient trouble, puis franchement opaque, et l'animal ne voit plus.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Premier signe : larmoiement abondant, avec une traînée humide qui descend le long de la joue et colle la laine.

Œil à demi fermé, animal qui cligne, qui fuit la lumière, qui garde la tête à l'ombre.

Rougeur marquée du pourtour de l'œil et gonflement des paupières.

Troisième paupière visible dans le coin de l'œil, membrane rosée qui recouvre partiellement la surface.

Apparition d'un voile bleuté ou blanchâtre sur la cornée, qui s'étend en un ou deux jours et rend l'œil opaque.

Des vaisseaux rouges apparaissent en surface de la cornée, progressant depuis le bord vers le centre : c'est un signe de cicatrisation en cours, pas d'aggravation.

Écoulement d'abord clair, puis épais et jaunâtre lorsqu'une surinfection s'installe.

Dans les cas sévères : ulcère de la cornée, œil qui bombe, parfois perforation.

Animal qui se cogne, hésite, ne suit plus le troupeau, tourne sur place.

Perte d'appétit et amaigrissement rapide chez les animaux atteints des deux yeux, qui ne trouvent plus l'auge.

Un œil ou les deux ; plusieurs animaux du troupeau atteints en quelques jours, ce qui est très caractéristique.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Des germes spécifiques de l'œil des petits ruminants sont responsables ; certains sont des bactéries particulières, d'autres appartiennent à des familles voisines.

Des animaux porteurs, sans aucun signe, hébergent ces germes dans leurs yeux et les diffusent au troupeau : c'est ce qui explique les flambées apparemment sans cause.

Les mouches jouent un rôle majeur en transportant les sécrétions d'un œil à l'autre, ce qui explique la saisonnalité estivale.

Tout ce qui irrite l'œil facilite l'installation des germes : poussière, chaume, barbes de céréales, herbe haute et sèche, vent de sable, ammoniac d'une bergerie mal ventilée, transport en bétaillère.

La promiscuité à l'auge, au râtelier et aux points d'eau met les têtes en contact direct et diffuse la maladie.

Le stress, les regroupements, les transports et les foires précipitent les flambées.

La lumière vive aggrave la douleur et pousse les animaux à se serrer à l'ombre, ce qui augmente encore la contagion.

Saison chaude et forte pression de mouches.

Poussière, vent de sable, chaumes, herbe haute et sèche, transport en bétaillère.

Promiscuité à l'auge, au râtelier et aux points d'eau, surdensité en bergerie.

Bergerie mal ventilée et chargée en ammoniac.

Regroupements, foires, achats sans quarantaine, retours de transhumance.

Animaux jeunes et animaux stressés, plus sensibles.

Absence d'ombre, qui pousse les animaux à se serrer les uns contre les autres.

Troupeau où un premier cas n'a pas été isolé rapidement.

Transmission

La maladie est très contagieuse entre moutons et chèvres. Elle se transmet par les sécrétions oculaires, directement d'une tête à l'autre ou par l'intermédiaire des mouches.

Le matériel de contention, les auges, les râteliers et les mains de l'éleveur peuvent également véhiculer les germes.

Des animaux porteurs sans signes visibles introduisent la maladie dans un troupeau indemne : un animal acheté et intégré sans quarantaine est la voie d'entrée classique.

Les rassemblements, foires, transports et pâturages communs multiplient les occasions.

Il n'y a pas de transmission à l'homme dans les conditions normales de travail ; se laver les mains après avoir soigné un œil malade et avant de toucher un autre animal reste indispensable, pour ne pas diffuser la maladie dans le troupeau.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire examine l'œil complètement : paupières, conjonctive, cornée, et recherche un corps étranger, une barbe de céréale ou une graine coincée sous la paupière, qui donne exactement le même tableau sur un seul œil.

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Il utilise un colorant qui révèle les ulcères de la cornée invisibles à l'œil nu et permet d'évaluer la gravité.

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Il apprécie si l'atteinte est unilatérale ou bilatérale : un seul œil oriente plutôt vers un corps étranger ou une blessure, les deux yeux et plusieurs animaux orientent vers une maladie contagieuse.

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Des prélèvements peuvent être réalisés pour identifier le germe lorsque le troupeau ne répond pas aux traitements.

5

Il écarte les autres causes de trouble de l'œil chez le mouton : traumatismes, entropion chez les jeunes, corps étrangers, atteintes oculaires de certaines maladies générales, et surtout les causes de cécité d'origine nerveuse, où l'œil est parfaitement normal et où c'est le cerveau qui est atteint. Cette dernière distinction est essentielle car elle relève de l'urgence.

6

Il évalue enfin l'état corporel des animaux aveugles : c'est souvent là que se joue le pronostic réel.

Traitement

Beaucoup d'animaux guérissent spontanément en quelques semaines, mais le traitement raccourcit nettement l'épisode, réduit la douleur et limite les séquelles.

Le vétérinaire prescrit un traitement local à appliquer directement dans l'œil, et parfois un traitement par voie générale ou par injection sous la conjonctive dans les cas sévères ou lorsque le troupeau est largement atteint. Le produit, la forme et le rythme relèvent de sa prescription.

Un anti-inflammatoire peut être prescrit pour soulager la douleur, mais certains produits sont dangereux en présence d'un ulcère de la cornée : c'est une raison de plus pour ne jamais utiliser un reste de flacon prévu pour un autre usage ou une autre espèce.

N'appliquez jamais dans l'œil d'un mouton un produit non destiné à l'œil : les antiseptiques d'usage courant en élevage, les produits contre les mouches et les préparations maison brûlent la cornée et transforment une conjonctive irritée en œil perdu.

Le point le plus important du traitement n'est pas médicamenteux : il faut s'assurer que l'animal mange et boit. Un mouton aveugle doit être isolé dans un petit enclos plat, sans obstacle, sans point d'eau profond, avec l'aliment et l'eau à portée immédiate et toujours au même endroit. Sans cela, il maigrit à toute vitesse.

Mettre l'animal à l'ombre soulage réellement la douleur.

Protéger l'œil des mouches est indispensable, avec un produit adapté appliqué autour de l'œil et non dedans, selon les conseils du vétérinaire.

Isoler les animaux atteints limite la diffusion, à condition de ne pas les laisser seuls sans surveillance de leur alimentation.

Respectez les délais d'attente indiqués pour les produits utilisés.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Isoler rapidement les premiers animaux atteints : une flambée se joue dans les premiers jours.

Lutter contre les mouches pendant la saison chaude, autour des animaux et dans les bâtiments.

Offrir de l'ombre en quantité suffisante, pour que les animaux ne soient pas contraints de se serrer les uns contre les autres.

Augmenter la longueur d'auge et le nombre de points d'abreuvement pour réduire les contacts tête contre tête.

Aérer correctement les bergeries, limiter la poussière et l'ammoniac, ne pas surcharger.

Mettre en quarantaine tout animal acheté et l'examiner avant intégration : les porteurs sans signes sont la voie d'entrée classique.

Éviter les transports longs et les regroupements en pleine saison chaude quand c'est possible.

Se laver les mains après avoir soigné un œil et avant de toucher un autre animal ; nettoyer le matériel de contention.

Surveiller le troupeau quotidiennement en période à risque : un œil larmoyant repéré tôt évite dix animaux aveugles.

Complications possibles

Ulcère profond de la cornée pouvant aller jusqu'à la perforation et à la perte de l'œil.

Cicatrice blanche définitive sur la cornée, avec vision réduite à vie.

Cécité temporaire des deux yeux, avec amaigrissement rapide, déshydratation et parfois mort par inanition si l'animal n'est pas assisté.

Accidents chez les animaux aveugles : chutes, noyades dans un point d'eau, animaux perdus au parcours, prédation.

Avortements et chute de production chez des femelles très affaiblies.

Retard de croissance durable chez les agneaux atteints.

Flambée touchant une grande partie du troupeau en quelques semaines.

Quand consulter un vétérinaire

Un œil devient trouble, blanchâtre ou opaque en un ou deux jours.

Plusieurs animaux du troupeau larmoient ou gardent un œil fermé : agissez tout de suite, la maladie se répand vite.

Un animal est atteint des deux yeux et ne trouve plus l'auge ni l'abreuvoir : c'est une situation qui met sa vie en jeu.

L'œil bombe, saigne, ou l'écoulement devient épais et jaunâtre.

Un seul œil est atteint sans que les autres animaux ne le soient : il peut s'agir d'un corps étranger, à retirer par le vétérinaire.

Un animal ne voit plus alors que ses yeux paraissent parfaitement normaux : c'est une urgence différente, d'origine nerveuse, appelez sans attendre.

L'état ne s'améliore pas après quelques jours de traitement.

Pronostic

Bon dans la grande majorité des cas : la plupart des animaux retrouvent la vue en quelques semaines, avec ou sans traitement, et le traitement raccourcit l'épisode.

Réservé lorsqu'un ulcère profond s'est formé : une cicatrice peut persister et gêner la vision définitivement.

Mauvais en cas de perforation de l'œil, qui est alors perdu.

Le vrai facteur de pronostic n'est souvent pas l'œil mais l'état corporel : un animal aveugle des deux yeux, non assisté, peut mourir de faim et de soif alors que son œil serait guéri en trois semaines.

À l'échelle du troupeau, une flambée bien gérée s'éteint en quelques semaines ; mal gérée, elle traverse tout le troupeau et coûte en croissance et en état corporel.

Questions fréquentes

Mon mouton a l'œil tout blanc, va-t-il redevenir normal ?

Le plus souvent oui. L'opacité de la cornée régresse en général en quelques semaines et l'animal retrouve la vue. Une cicatrice blanche peut rester si un ulcère profond s'est formé. L'important est de faire examiner l'œil pour savoir s'il y a un ulcère, car cela change le traitement.

Puis-je mettre un antiseptique ou un produit contre les mouches dans l'œil ?

Non, jamais. Les antiseptiques d'usage courant en élevage et les produits antiparasitaires brûlent la cornée et peuvent faire perdre l'œil. Seuls des produits destinés à l'œil, prescrits par le vétérinaire, doivent y être appliqués. Les produits contre les mouches s'appliquent autour de l'œil, pas dedans.

Mon mouton est aveugle des deux yeux, que faire en attendant qu'il guérisse ?

C'est la question la plus importante. Isolez-le dans un petit enclos plat, sans obstacle et sans point d'eau profond, avec l'aliment et l'eau toujours au même endroit et à portée immédiate. Vérifiez chaque jour qu'il mange et qu'il boit. Beaucoup d'animaux meurent de faim et de soif alors que leur œil aurait guéri tout seul.

Pourquoi la maladie repart-elle chaque été ?

Parce que des animaux porteurs sans signes gardent les germes dans leurs yeux, et que la saison chaude réunit toutes les conditions : mouches nombreuses, poussière, animaux serrés à l'ombre et à l'auge. Lutter contre les mouches, offrir de l'ombre et allonger les auges réduisent nettement les flambées d'une année sur l'autre.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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