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Leptospirose ovine
La leptospirose est due à des bactéries en forme de fil, les leptospires, qui vivent dans les reins des animaux infectés et sont éliminées dans leurs urines. Ces bactéries survivent longtemps dans l'eau douce, la boue et les sols humides, à...
De quoi s'agit-il ?
La leptospirose est due à des bactéries en forme de fil, les leptospires, qui vivent dans les reins des animaux infectés et sont éliminées dans leurs urines.
Ces bactéries survivent longtemps dans l'eau douce, la boue et les sols humides, à condition qu'il ne fasse ni trop froid ni trop sec. Les mares, les fossés, les abreuvoirs souillés, les zones inondables et les flaques piétinées sont leurs milieux de prédilection.
Chez le mouton, la maladie prend deux visages. Une forme aiguë, surtout chez les agneaux, avec fièvre, jaunisse et urines rouges, qui peut tuer en quelques jours. Et une forme discrète chez les adultes, qui se traduit essentiellement par des avortements, des agneaux faibles et une baisse de production, sans qu'aucun animal ne paraisse vraiment malade.
À retenir
La leptospirose se transmet à l'homme par l'urine des animaux et par l'eau souillée, et elle peut y prendre des formes graves. Portez des gants pour toute mise bas et toute manipulation d'avorton, couvrez vos plaies, et si vous avez de la fièvre avec de forts maux de tête et des douleurs dans les mollets après avoir travaillé au contact du troupeau, consultez un médecin en précisant votre métier.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Chez les agneaux et les jeunes, forme aiguë : fièvre élevée, abattement profond, refus de téter ou de manger.
Urines très foncées, rouges ou brunes : ce signe, associé à la jaunisse, est le plus évocateur de la maladie chez un jeune ovin.
Jaunisse marquée du blanc de l'œil, des gencives et de la peau.
Muqueuses pâles par destruction des globules rouges, respiration rapide, faiblesse.
Animaux qui se couchent et ne se relèvent plus, mort possible en quelques jours.
Chez les adultes, forme discrète et souvent silencieuse : c'est le troupeau qui parle plutôt que l'individu.
Avortements, généralement en fin de gestation, agneaux mort-nés ou nés très faibles qui meurent rapidement.
Chute de la production laitière, lait d'aspect anormal, mamelle molle et flasque sans être douloureuse.
Infertilité et retours en chaleur.
Atteinte des reins avec le temps chez certains animaux, qui maigrissent lentement.
Beaucoup d'animaux infectés ne montrent rien du tout tout en éliminant des bactéries dans leurs urines pendant des mois.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Infection par des bactéries du groupe des leptospires, dont plusieurs types circulent selon les régions et les espèces animales présentes.
Les animaux infectés hébergent la bactérie dans leurs reins et l'éliminent dans leurs urines, parfois pendant des mois, sans être malades.
L'urine contamine l'eau, la boue, les pâtures et les aliments.
Les bactéries pénètrent par les muqueuses de la bouche, du nez et des yeux, et par la peau abîmée ou simplement ramollie par un contact prolongé avec l'eau.
Les rongeurs constituent le réservoir principal et contaminent silos, greniers, auges et abreuvoirs.
Les autres animaux de la ferme, notamment les bovins, les chiens et les porcs, peuvent entretenir la circulation.
Les leptospires meurent vite dans un milieu sec, acide ou salé : c'est un point utile, car il explique pourquoi l'assèchement et le nettoyage sont si efficaces.
Pâturages humides : mares, fossés, bords de cours d'eau, zones inondables, parcelles irriguées.
Abreuvement dans des points d'eau naturels plutôt qu'à l'abreuvoir.
Périodes de fortes pluies, d'inondations et de crues, et saisons chaudes et humides.
Présence importante de rongeurs autour des bâtiments, des silos et des stocks d'aliment.
Cohabitation avec des bovins, des porcs ou des chiens porteurs.
Introduction d'animaux sans quarantaine.
Bâtiments humides, litières détrempées, abords d'abreuvoirs boueux.
Densité élevée d'animaux et matériel de traite mal nettoyé.
Transmission
La contamination se fait par contact avec l'urine d'un animal infecté, directement ou, le plus souvent, à travers l'eau et la boue qu'elle a souillées.
Les points d'abreuvement naturels, les mares, les fossés, les zones inondables et les flaques piétinées sont les lieux de transmission les plus fréquents.
Les aliments et les fourrages souillés par des urines de rongeurs contaminent également.
La transmission peut se faire de la mère à l'agneau pendant la gestation, ce qui explique les avortements et les agneaux faibles.
Les animaux nouvellement introduits peuvent apporter la bactérie sur une exploitation indemne, sans montrer le moindre signe.
Pour l'être humain, la contamination se fait par contact de la peau abîmée ou des muqueuses avec l'urine, l'eau ou la boue contaminées, ainsi que lors de la traite, de l'aide à la mise bas et de l'abattage.
La maladie ne se transmet pas d'une personne à une autre.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Un agneau jaune qui urine rouge doit être vu rapidement : plusieurs maladies graves donnent ce tableau et le vétérinaire doit les distinguer.
Le vétérinaire examine l'animal, recueille des urines et évalue l'anémie et l'atteinte du foie et des reins par des prises de sang.
Le diagnostic de certitude passe par le laboratoire : recherche de la bactérie ou de son matériel génétique dans les urines et les organes, et recherche d'anticorps dans le sang. Les analyses sont réalisées de préférence sur plusieurs animaux du troupeau, y compris des animaux apparemment sains, car c'est l'image collective qui compte.
En cas d'avortement, le vétérinaire prélève le placenta et l'avorton, en manipulant avec des protections.
Il écarte les autres causes d'avortements chez la brebis, qui sont nombreuses et pour la plupart transmissibles à l'homme : brucellose, fièvre Q, chlamydiose, toxoplasmose. Cette distinction change complètement les précautions à prendre.
Chez un agneau jaune, il écarte également l'intoxication au cuivre, qui donne un tableau très proche et impose une conduite totalement différente à l'échelle du lot.
Le vétérinaire inspecte enfin les points d'eau, les zones humides et la présence de rongeurs : c'est là que se trouve la solution durable.
Traitement
Un traitement antibiotique existe et il est efficace, en particulier s'il est mis en place tôt dans la forme aiguë. Le choix de la molécule, la voie et la durée relèvent du vétérinaire.
Le traitement vise deux objectifs distincts : soigner les animaux malades, et réduire l'élimination de bactéries par les animaux porteurs, ce qui protège le reste du troupeau et les personnes.
Des soins de soutien accompagnent : perfusions, protection du foie et des reins, repos, eau propre.
Les animaux les plus atteints, très anémiés et jaunes, ont besoin d'une prise en charge intensive et gardent un pronostic réservé.
Un traitement de l'ensemble du troupeau peut être décidé par le vétérinaire lors d'un épisode, notamment pour interrompre le portage.
Les délais d'attente pour la viande et le lait doivent être respectés strictement et vous seront précisés par le vétérinaire.
Aucun antibiotique ne doit être utilisé sans prescription ni sans diagnostic : dans cette maladie, un traitement mal conduit laisse subsister des porteurs qui continuent de contaminer l'eau et les personnes.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Assécher et clôturer les zones humides accessibles au troupeau : mares, fossés, bas-fonds, flaques permanentes. C'est la mesure la plus efficace, comme pour la douve du foie.
Abreuver au bac, avec une eau propre, et nettoyer régulièrement les abreuvoirs plutôt que de laisser les animaux boire dans des points d'eau naturels.
Réparer les fuites, drainer les abords des abreuvoirs et éviter les zones de boue piétinée.
Lutter activement contre les rongeurs autour des bâtiments, des silos et des stocks d'aliment, et stocker les aliments à l'abri.
Mettre en quarantaine tout animal introduit et en parler au vétérinaire.
Éviter de mélanger les ovins avec des bovins ou des porcs sur des parcelles humides sans avis.
Maintenir des litières sèches et des bâtiments bien drainés.
Porter des gants pour toute intervention à la mise bas, pour la manipulation des avortons et lors de la traite, et couvrir toute plaie sur les mains et les bras.
Discuter de la vaccination avec le vétérinaire dans les exploitations à problèmes répétés.
Vaccination
Des vaccins contre la leptospirose existent chez les animaux d'élevage, mais leur disponibilité et leur intérêt chez les ovins varient beaucoup selon les pays et selon les types de leptospires qui circulent localement.
Un vaccin ne protège que contre les types qu'il contient : c'est pourquoi le choix doit s'appuyer sur les résultats des analyses réalisées sur l'exploitation ou dans la région, et non sur une décision générale.
La vaccination ne remplace jamais l'assainissement des points d'eau et la lutte contre les rongeurs, qui restent les mesures de fond.
La question se pose surtout dans les élevages qui rencontrent des épisodes répétés d'avortements ou de mortalité d'agneaux malgré des mesures d'hygiène correctes.
Parlez-en à votre vétérinaire, qui connaît la situation locale et les produits réellement disponibles.
Complications possibles
Mort des agneaux atteints de la forme aiguë, malgré le traitement dans les cas les plus avancés.
Insuffisance rénale durable chez les survivants, avec des animaux qui ne refont jamais leur état.
Avortements répétés et infertilité, avec une saison de reproduction compromise.
Agneaux nés faibles qui meurent dans les premiers jours.
Chute prolongée de la production laitière.
Portage silencieux prolongé, entretenant la contamination des pâtures, du troupeau et des personnes.
Contamination des personnes de l'exploitation, qui est la complication la plus grave.
Quand consulter un vétérinaire
Un agneau devient jaune et urine rouge ou brun : appelez le vétérinaire le jour même.
Des brebis avortent, surtout en fin de gestation : ne manipulez pas les avortons à mains nues et faites analyser.
Des agneaux naissent faibles et meurent dans les premiers jours.
La production laitière chute brutalement dans le troupeau sans mammite visible.
Des animaux sont abattus, fébriles ou anémiés après une période de fortes pluies ou d'inondations.
Vous avez de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires intenses ou les yeux rouges après avoir travaillé au contact des animaux ou de l'eau : consultez un médecin et signalez-lui votre activité.
Transmission à l'humain
La leptospirose est une zoonose bien identifiée, considérée comme une maladie professionnelle des métiers de l'élevage dans de nombreux pays.
La contamination humaine se fait par contact de la peau abîmée ou des muqueuses avec l'urine d'animaux infectés, ou avec l'eau et la boue qu'elle a souillées. Aider une brebis à mettre bas, ramasser un avorton, traire, nettoyer une bergerie humide, travailler pieds nus dans une flaque ou un fossé sont des situations à risque.
Chez l'être humain, la maladie commence comme une grippe sévère : fièvre brutale, maux de tête intenses, douleurs musculaires marquées notamment dans les mollets, yeux rouges. Beaucoup de cas guérissent, mais une partie évolue vers des formes graves, avec jaunisse, atteinte des reins, saignements et atteinte pulmonaire, qui peuvent être mortelles.
Il existe un traitement antibiotique efficace, d'autant plus qu'il est commencé tôt : c'est pourquoi il faut consulter rapidement et dire au médecin que l'on travaille avec des animaux. Cette précision change souvent le diagnostic.
Les précautions concrètes : gants pour toute intervention à la mise bas et pour la manipulation des avortons, bottes et vêtements de travail, couvrir toute plaie avant de travailler, se laver les mains, ne pas boire d'eau non traitée ni de lait cru, et éviter de travailler pieds nus dans les zones boueuses.
Protégez particulièrement les enfants et empêchez-les de jouer dans les flaques et les zones piétinées par les animaux.
Pronostic
La forme aiguë des agneaux, avec jaunisse et urines rouges, a un pronostic réservé : une partie meurt malgré un traitement rapide, et les survivants gardent souvent une atteinte des reins.
Les adultes atteints de la forme discrète guérissent en général, mais peuvent rester porteurs et continuer à éliminer des bactéries pendant des mois.
Les conséquences sur la reproduction d'une saison sont irrattrapables.
À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend surtout de la maîtrise des zones humides et des rongeurs : sans cela, la maladie revient malgré les traitements, exactement comme pour la douve du foie.
Questions fréquentes
Mon agneau a la jaunisse et urine rouge, est-ce la leptospirose ?
C'est une des causes possibles, mais pas la seule : l'intoxication au cuivre donne exactement le même tableau chez le mouton et impose une conduite complètement différente pour tout le lot. Seul le vétérinaire peut faire la différence, et l'enjeu est réel puisque les mesures à prendre ne sont pas les mêmes.
Comment mes moutons ont-ils pu attraper cela ?
Presque toujours par l'eau : une mare, un fossé, une flaque boueuse ou un abreuvoir souillé par des urines d'animaux infectés ou de rongeurs. La bactérie survit longtemps dans l'eau douce et la boue, et bien plus mal dans un milieu sec, ce qui explique l'efficacité du drainage.
Suis-je en danger en m'occupant de mes brebis ?
Le risque existe et il est reconnu comme professionnel dans de nombreux pays. Il se concentre sur les mises bas, la manipulation des avortons, la traite et le travail dans les zones boueuses. Des gants, des bottes et le fait de couvrir ses plaies réduisent considérablement ce risque.
Un vaccin existe-t-il pour mon troupeau ?
Des vaccins existent, mais leur disponibilité chez les ovins et leur pertinence dépendent des types de leptospires qui circulent dans votre région. Ils ne protègent que contre ce qu'ils contiennent. C'est une discussion à avoir avec votre vétérinaire, en s'appuyant sur des analyses, et jamais un substitut à l'assainissement des points d'eau.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
OMS — Organisation mondiale de la santé
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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