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Maladie bactérienne Vache Transmissible à l'homme

Listériose des ruminants

La listériose est une infection bactérienne des ruminants qui atteint le plus souvent le cerveau. L'animal tourne en rond toujours du même côté, garde la tête penchée et présente une paralysie d'un côté de la face : cette allure très partic...

De quoi s'agit-il ?

La listériose est une infection bactérienne des ruminants qui atteint le plus souvent le cerveau. L'animal tourne en rond toujours du même côté, garde la tête penchée et présente une paralysie d'un côté de la face : cette allure très particulière a valu à la maladie le nom de « maladie du tournis ».

La bactérie responsable est présente partout dans l'environnement, mais elle se multiplie surtout dans les ensilages mal conservés : silo mal tassé, mal fermé, souillé de terre, ou dont les bords sont moisis. C'est pourquoi les cas surviennent typiquement en hiver et au début du printemps, quelques semaines après l'ouverture d'un silo de mauvaise qualité.

Elle existe sous trois formes principales chez les ruminants : la forme nerveuse, la plus visible ; l'avortement ; et une forme généralisée qui touche surtout les jeunes animaux.

À retenir

Zoonose : le lait cru et les fromages au lait cru issus d'animaux atteints présentent un risque réel pour l'être humain, particulièrement pour les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Toute suspicion doit être signalée au vétérinaire, et les avortements doivent faire l'objet d'une déclaration selon les consignes des services vétérinaires.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Forme nerveuse, la plus fréquente chez les bovins adultes.

L'animal s'isole, paraît hébété, appuie sa tête contre un mur ou une barrière, et se déplace en tournant toujours du même côté.

La tête est penchée sur le côté, une oreille et une paupière tombent, l'œil du même côté larmoie et l'animal peut ne plus fermer complètement cette paupière.

La lèvre et la joue d'un côté sont paralysées : l'animal bave abondamment, garde des aliments dans la joue et n'arrive plus à avaler correctement.

Démarche titubante, chutes, puis animal qui se couche et ne se relève plus, souvent avec des mouvements de pédalage.

Fièvre au début, souvent modérée et vite retombée, baisse d'appétit et chute de la production laitière.

Forme abortive : avortements en fin de gestation, sans signe nerveux, parfois plusieurs dans le même troupeau, avec rétention du placenta et métrite.

Forme généralisée : surtout chez les veaux et les jeunes agneaux ou chevreaux, avec abattement profond, fièvre et mort rapide.

Une inflammation d'un œil, avec larmoiement et opacification, peut être observée chez les animaux nourris au silo, quand les particules d'ensilage contaminent l'œil.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à la bactérie Listeria monocytogenes.

Cette bactérie est très répandue dans l'environnement : sol, végétaux, eau, matières fécales. Beaucoup d'animaux la portent dans leur intestin sans être malades.

Elle a une particularité importante : elle continue de se multiplier au froid, ce qui explique les cas hivernaux et le risque des aliments conservés au réfrigérateur chez l'homme.

Elle est détruite par une bonne acidification de l'ensilage, mais elle prolifère dès que le silo est mal tassé, mal fermé, souillé de terre, ou que l'acidification est insuffisante. Les bords, le haut du silo et les zones moisies sont les plus dangereux.

Dans la forme nerveuse, la bactérie remonte jusqu'au tronc cérébral en empruntant les nerfs de la face, souvent à partir d'une petite plaie de la bouche : c'est pourquoi la paralysie est d'un seul côté.

Distribution d'ensilage, en particulier d'ensilage de mauvaise qualité : silo mal tassé, bâche percée, front d'attaque irrégulier, bords moisis, fourrage récolté trop souillé de terre.

Aliments fermentés dont l'acidification est insuffisante, ou balles enrubannées abîmées.

Période hivernale et fin d'hiver, quand les silos sont ouverts depuis plusieurs semaines.

Stress et baisse d'immunité : gestation avancée, vêlage, transport, changement brutal de ration, carences.

Litière humide et sale, bâtiments mal entretenus.

Abreuvoirs et mangeoires souillés de terre ou de restes fermentés.

Transmission

Chez les animaux : principalement par ingestion d'ensilage mal conservé, d'aliments ou d'eau souillés de terre.

Par l'environnement contaminé : litière humide et sale, bouses, sols souillés.

De la mère au fœtus pendant la gestation, ce qui provoque l'avortement.

Les animaux infectés excrètent la bactérie dans les bouses, le lait et les sécrétions utérines après un avortement, ce qui entretient la contamination du bâtiment.

Chez l'être humain : essentiellement par l'alimentation, notamment le lait cru, les fromages au lait cru et les produits prêts à consommer contaminés. Le contact direct avec des animaux malades ou avec les produits d'un avortement peut provoquer une atteinte de la peau ou des yeux.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire reconnaît la forme nerveuse à son tableau très particulier : atteinte d'un seul côté de la face, tête penchée, marche en cercle, difficulté à avaler.

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Il écarte les autres causes d'atteinte nerveuse chez les bovins, notamment les otites, les carences, les intoxications et d'autres maladies infectieuses, dont certaines maladies réglementées.

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L'interrogatoire sur l'alimentation est essentiel : type de fourrage, date d'ouverture du silo, aspect des bords, présence de moisissures.

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En cas d'avortement, des prélèvements sur le fœtus, le placenta et la mère permettent d'identifier la bactérie au laboratoire. Tout avortement doit être signalé au vétérinaire, car d'autres maladies graves doivent être recherchées.

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Manipulez toujours un fœtus avorté et son placenta avec des gants, puis lavez-vous soigneusement les mains : ce sont des produits très contaminants.

Traitement

La forme nerveuse est une urgence : plus le traitement est instauré tôt, plus les chances de récupération sont grandes.

Le traitement repose sur une antibiothérapie prescrite par le vétérinaire, à forte intensité et sur une durée prolongée, car la bactérie est logée dans le cerveau et difficile à atteindre. Les pénicillines et les tétracyclines font partie des familles utilisées. Le choix, les doses et la durée relèvent exclusivement du vétérinaire.

Un anti-inflammatoire et un traitement de soutien sont souvent associés.

Les soins infirmiers font une grande différence : animal installé au calme sur une litière épaisse, retourné régulièrement s'il est couché, abreuvé et alimenté avec des aliments faciles à avaler, à hauteur de sa bouche. Un animal qui n'avale plus correctement risque de faire une fausse route : le vétérinaire indique comment le nourrir et l'abreuver sans danger.

Retirez immédiatement de la ration le fourrage suspect, pour tout le troupeau : c'est un geste aussi important que le traitement lui-même.

Le lait des animaux malades ou sous traitement ne doit être ni consommé ni commercialisé.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Tout se joue sur la qualité des fourrages fermentés.

Récolter proprement : hauteur de coupe suffisante pour ne pas ramasser de terre, andains propres, éviter les taupinières et les zones souillées de fumier.

Tasser soigneusement le silo, le fermer hermétiquement et rapidement, et le protéger des rongeurs et des oiseaux.

Avancer régulièrement sur un front d'attaque net, sans laisser de fourrage exposé à l'air pendant des jours.

Éliminer systématiquement les parties moisies, chaudes, malodorantes ou terreuses, notamment sur les bords et le dessus du silo : ne jamais les distribuer aux animaux, même mélangées au reste.

Ne pas distribuer d'enrubannage dont le film est percé.

Nettoyer les mangeoires et les auges des restes fermentés, entretenir une litière sèche et propre.

Isoler les animaux atteints et gérer avec précaution les fœtus avortés et les placentas.

Il n'existe pas de vaccin largement disponible ; dans quelques pays des vaccins sont utilisés, avec une efficacité limitée. La prévention passe donc avant tout par la conduite alimentaire.

Complications possibles

Mort de l'animal, en particulier lorsque le traitement a été retardé.

Séquelles nerveuses durables chez les survivants : tête restant légèrement penchée, paupière tombante, gêne à la préhension des aliments.

Fausses routes alimentaires et pneumonies par inhalation chez les animaux qui n'avalent plus correctement.

Rétention du placenta, métrite et infertilité après un avortement.

Atteinte oculaire pouvant laisser une opacité durable.

Nouveaux cas dans le troupeau tant que le fourrage en cause reste distribué.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal tourne en rond, appuie sa tête contre un mur ou garde la tête penchée : appelez le vétérinaire immédiatement.

Une oreille, une paupière ou une lèvre tombe d'un seul côté, l'animal bave et n'arrive plus à avaler.

Un animal titube, tombe, ou se couche et ne se relève plus.

Des avortements surviennent dans le troupeau : prévenez le vétérinaire sans attendre, une recherche des causes doit être engagée.

Plusieurs animaux présentent des signes nerveux dans les semaines qui suivent l'ouverture d'un silo.

Vous avez manipulé un avorton ou un placenta sans gants et vous présentez de la fièvre ou un syndrome grippal : consultez un médecin et signalez le contact, surtout en cas de grossesse.

Transmission à l'humain

La listériose est une maladie transmissible à l'être humain, et l'alimentation en est la voie principale.

Le risque vient surtout du lait cru, des fromages au lait cru, et plus généralement des produits prêts à consommer conservés au froid, car cette bactérie continue de se multiplier au réfrigérateur.

Ne consommez jamais le lait d'une vache malade ou sous traitement. Faites bouillir ou pasteuriser le lait cru avant consommation : c'est la mesure la plus efficace à la ferme.

Le contact direct est une voie secondaire mais réelle : la manipulation d'un fœtus avorté, d'un placenta ou d'un animal malade peut provoquer une lésion de la peau ou une conjonctivite. Portez des gants, ne portez pas les mains au visage, et lavez-vous soigneusement les mains et les avant-bras ensuite.

Les personnes les plus exposées à des formes graves sont les femmes enceintes, chez qui l'infection peut provoquer un avortement ou une atteinte du nouveau-né, les personnes âgées, les nourrissons et les personnes dont l'immunité est affaiblie. Ces personnes ne doivent pas manipuler d'avortons ni consommer de lait cru.

Toute fièvre inexpliquée ou tout syndrome grippal après un contact avec des animaux ou après consommation de lait cru justifie une consultation médicale, en signalant l'exposition.

Pronostic

Dans la forme nerveuse, le pronostic dépend directement de la rapidité du traitement. Traité dès les premiers signes, un bovin adulte peut récupérer, parfois avec des séquelles légères. Traité tardivement, ou déjà couché, il a peu de chances de s'en sortir.

Les veaux et les jeunes ruminants atteints de la forme généralisée survivent rarement.

Après un avortement, la vache guérit en général, mais des complications utérines et un retard de reproduction sont fréquents.

À l'échelle du troupeau, le retrait du fourrage en cause arrête l'apparition de nouveaux cas : c'est la mesure la plus décisive.

Questions fréquentes

Pourquoi parle-t-on de « maladie de l'ensilage » ?

Parce que la bactérie prolifère dans les fourrages fermentés mal conservés : silo mal tassé, bâche percée, bords moisis, fourrage récolté avec de la terre. Un ensilage bien réalisé et bien acidifié est au contraire un aliment sûr.

Une vache atteinte peut-elle contaminer les autres ?

La transmission directe entre bovins est marginale : les autres cas viennent en général du même fourrage. C'est pourquoi la première mesure est de retirer immédiatement le fourrage suspect de la ration de tout le troupeau.

Puis-je consommer le lait d'une vache atteinte de listériose ?

Non, en aucun cas, ni le vendre. Cette bactérie est dangereuse pour l'être humain, en particulier pour les femmes enceintes. De façon générale, faites bouillir ou pasteuriser le lait cru avant consommation.

Mon animal a la tête penchée : est-ce forcément une listériose ?

Non, une otite, une carence, une intoxication ou d'autres maladies infectieuses peuvent donner des signes proches. Seul le vétérinaire peut faire la différence, et il doit être appelé rapidement car le traitement est d'autant plus efficace qu'il est précoce.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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