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Louping-ill (encéphalite à tiques)
Le louping-ill est une maladie virale transmise par une tique, qui atteint le cerveau et la moelle épinière du mouton. Son nom vient de la démarche sautillante et désordonnée des animaux atteints. Il faut le dire clairement : cette maladie...
De quoi s'agit-il ?
Le louping-ill est une maladie virale transmise par une tique, qui atteint le cerveau et la moelle épinière du mouton. Son nom vient de la démarche sautillante et désordonnée des animaux atteints.
Il faut le dire clairement : cette maladie est essentiellement décrite dans les Îles Britanniques et dans quelques régions du nord de l'Europe, avec des foyers ponctuels ailleurs. Elle n'est pas une cause habituelle de troubles nerveux chez les moutons du Maghreb, et prétendre le contraire serait trompeur.
Si cette fiche existe, c'est pour deux raisons. D'abord parce que la question revient chez les éleveurs qui lisent sur les maladies à tiques. Ensuite et surtout parce que devant un mouton qui titube ou convulse, les vraies pistes locales sont tout autres : tournis, entérotoxémie, listériose, carences, intoxications, maladies infectieuses réglementées. Confondre coûte du temps.
À retenir
Cette maladie n'est pas une cause habituelle de troubles nerveux chez les moutons du Maghreb. Devant un animal qui titube ou convulse, il faut faire examiner l'animal rapidement plutôt que de conclure seul : plusieurs des causes locales se traitent.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Une première phase de fièvre, souvent discrète, qui passe presque toujours inaperçue et pendant laquelle l'animal paraît seulement abattu.
Chez une partie des animaux seulement, le virus gagne ensuite le système nerveux et les signes deviennent spectaculaires.
Tremblements de la tête et des muscles, d'abord fins puis marqués.
Démarche incertaine et raide, animal qui titube, croise les membres, tombe puis se relève.
Déplacement par bonds désordonnés, très caractéristique et à l'origine du nom de la maladie.
Tête penchée sur le côté, mouvements anormaux des yeux.
Changement de comportement : animal qui s'isole, qui paraît ailleurs, parfois excité ou au contraire indifférent à ce qui l'entoure.
Convulsions, paralysie, animal couché sur le flanc qui pédale et ne se relève plus.
Les animaux atteints meurent souvent en quelques jours ; ceux qui survivent gardent fréquemment des séquelles nerveuses.
Beaucoup d'animaux infectés ne dépassent jamais la phase de fièvre et guérissent sans que personne ne s'en aperçoive.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Un virus est inoculé par la piqûre d'une tique. Il se multiplie d'abord dans le sang, ce qui donne la phase de fièvre.
Chez certains animaux, il franchit la barrière qui protège le cerveau et provoque une inflammation du cerveau et de la moelle épinière : ce sont ces animaux qui présentent les signes nerveux.
Les animaux dont les défenses sont amoindries au même moment franchissent plus facilement cette étape. C'est notamment le cas de ceux qui subissent en parallèle la fièvre des tiques, transmise par la même tique : les deux infections se combinent et le tableau devient beaucoup plus grave.
La tique en cause a besoin d'humidité et d'une végétation fraîche, ce qui limite fortement la répartition géographique de la maladie.
Il n'existe pas de traitement du virus lui-même une fois qu'il a atteint le cerveau.
Vivre dans une région où la maladie et sa tique sont établies : c'est le facteur principal, et il ne concerne pas la plupart des élevages nord-africains.
Pâturage en zone humide, en lande ou en sous-bois pendant la saison d'activité des tiques.
Animaux jeunes ou nouvellement introduits, non exposés auparavant.
Infection simultanée par la fièvre des tiques, qui affaiblit les défenses et favorise l'atteinte nerveuse.
Consommation de lait cru d'une femelle infectée par les jeunes animaux.
Importation d'animaux depuis une région touchée sans quarantaine ni contrôle sanitaire.
Transmission
Par la piqûre de tique, dans la très grande majorité des cas. Il n'y a pas de contagion par simple contact entre animaux au pâturage.
Le lait cru d'une femelle infectée, en particulier chez la chèvre, peut contenir le virus et contaminer les agneaux, les chevreaux et les personnes qui le boivent. C'est une voie de transmission bien identifiée.
Le virus circule aussi dans la faune sauvage des régions concernées, ce qui entretient les foyers indépendamment des troupeaux.
La répartition de la maladie suit celle de la tique : régions humides et fraîches, essentiellement dans les Îles Britanniques et quelques zones du nord de l'Europe, avec des foyers ponctuels ailleurs. Elle ne fait pas partie des maladies courantes des élevages du Maghreb.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Devant un mouton qui présente des troubles nerveux, le vétérinaire commence toujours par un examen nerveux complet, sans présumer de la maladie.
Il écarte en priorité les causes fréquentes et locales : le tournis dû à une larve dans le cerveau, l'entérotoxémie, la listériose, certaines carences, les intoxications, les atteintes de l'oreille interne, et les maladies infectieuses à déclaration obligatoire qui donnent des signes nerveux. Plusieurs de ces maladies se traitent ou se maîtrisent, d'où l'urgence de l'examen.
Il s'informe de l'origine des animaux et de leurs déplacements : une maladie de région froide et humide ne se retient sérieusement que si le contexte s'y prête.
Le diagnostic de certitude passe par des analyses de laboratoire réalisées sur le sang ou, après la mort, sur le cerveau.
L'examen d'un animal mort est particulièrement utile lorsque plusieurs animaux présentent des signes nerveux : il oriente la conduite pour tout le troupeau.
Dans tous les cas, un groupe d'animaux atteints de troubles nerveux justifie une déclaration au vétérinaire sanitaire, car certaines maladies concernées sont réglementées.
Traitement
Il n'existe pas de traitement contre le virus lui-même : aucun médicament ne le fait disparaître une fois le cerveau atteint.
La prise en charge est uniquement du soutien, décidée par le vétérinaire : calme, obscurité relative, litière épaisse, eau et alimentation à portée, animal retourné régulièrement s'il ne se lève plus, protection contre les mouches et le soleil.
Des anti-inflammatoires ou des médicaments contre les convulsions peuvent être prescrits pour soulager, sans agir sur la cause.
Un antibiotique n'a aucun effet sur un virus. Il peut être prescrit par le vétérinaire pour traiter une infection associée, jamais comme traitement de la maladie elle-même.
Un animal couché depuis plusieurs jours, qui ne se relève pas et ne s'alimente plus, doit faire l'objet d'une discussion honnête sur l'euthanasie afin de lui éviter une agonie longue.
Le point le plus important reste le diagnostic : avant de conclure à une maladie virale sans traitement, il faut avoir écarté les causes de troubles nerveux qui, elles, se soignent bien lorsqu'on intervient tôt.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Dans les régions où la maladie est établie, la prévention repose sur la lutte contre les tiques : produits antitiques, entretien de la végétation, gestion des parcours les plus infestés. C'est le même levier que pour toutes les autres maladies transmises par les tiques.
Ne pas donner de lait cru issu d'une femelle susceptible d'être infectée aux agneaux et aux chevreaux dans ces mêmes régions.
Appliquer une quarantaine et respecter les contrôles sanitaires lors de toute importation d'animaux depuis une région touchée.
Pour les élevages du Maghreb, la meilleure prévention des troubles nerveux du mouton ne passe pas par cette maladie : elle passe par la vaccination contre l'entérotoxémie, par la vermifugation des chiens et la gestion des déchets d'abattage contre le tournis, par une alimentation équilibrée, par la qualité des fourrages ensilés contre la listériose, et par la lutte contre les tiques en général.
Dans tous les cas, plusieurs animaux présentant des signes nerveux au même moment justifient un appel au vétérinaire sans délai, certaines des causes possibles étant réglementées ou dangereuses pour l'homme.
Vaccination
Aucun vaccin n'est disponible pour cette maladie dans les élevages du Maghreb, et la question ne se pose pas en pratique puisque la maladie n'y est pas une cause courante de troubles nerveux.
Un vaccin a été utilisé par le passé dans les régions britanniques touchées ; sa disponibilité y a été irrégulière et il ne concerne pas les troupeaux nord-africains.
En revanche, un vaccin très utile existe bel et bien contre une autre cause fréquente de mort subite et de signes nerveux chez le mouton, l'entérotoxémie. C'est de celui-là qu'il faut parler avec le vétérinaire.
Complications possibles
Séquelles nerveuses permanentes chez les animaux qui survivent : démarche anormale, tremblements, animal qui ne suit plus le troupeau.
Mort en quelques jours dans les formes nerveuses installées.
Blessures, chutes et noyades chez des animaux qui ne se dirigent plus.
Animal couché de façon prolongée, avec escarres, ballonnement et attaque par les mouches.
Aggravation majeure lorsqu'une autre maladie transmise par la même tique s'y ajoute.
Retard de diagnostic des autres maladies nerveuses du mouton, qui sont bien plus fréquentes localement et dont certaines se traitent : c'est le risque le plus concret pour un éleveur maghrébin.
Quand consulter un vétérinaire
Un mouton titube, tremble, tourne, penche la tête ou se déplace par bonds désordonnés : consultez sans attendre, plusieurs causes possibles se traitent si l'on intervient tôt.
Un animal convulse ou reste couché sur le flanc sans pouvoir se relever : c'est une urgence.
Plusieurs animaux présentent des troubles nerveux en peu de temps : appelez le vétérinaire sanitaire, certaines maladies concernées sont à déclaration obligatoire.
Un animal a de la fièvre puis change de comportement dans les jours qui suivent.
Des animaux ont été récemment importés d'une région où la maladie est connue et présentent des signes nerveux.
Un animal meurt brutalement après des signes nerveux : faites-le examiner, c'est ce qui protégera le reste du troupeau.
Transmission à l'humain
Le virus peut infecter l'être humain, mais les cas sont rares et concernent essentiellement les régions où la maladie est établie.
La contamination se fait par la piqûre d'une tique infectée, par la consommation de lait cru provenant d'un animal infecté, en particulier de chèvre, ou lors de la manipulation d'animaux et de prélèvements contaminés, ce qui expose surtout les vétérinaires, les personnels d'abattoir et de laboratoire.
Chez l'homme, l'infection se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal ; des atteintes nerveuses sont possibles mais rares. Tout état fébrile suivant une piqûre de tique justifie un avis médical, en signalant la piqûre.
Les précautions utiles sont celles qui valent pour toutes les maladies transmises par les tiques : vêtements couvrants et gants lors des travaux au milieu du troupeau, inspection du corps après une journée dans la végétation, retrait rapide des tiques sans les écraser ni les percer.
Boire du lait bouilli ou pasteurisé reste une bonne pratique générale : elle protège contre cette maladie comme contre la brucellose et la fièvre Q, qui, elles, sont bien présentes au Maghreb.
Pronostic
La majorité des animaux infectés ne dépassent pas la phase de fièvre et guérissent sans que rien ne soit remarqué.
Chez ceux qui développent des signes nerveux, le pronostic est sombre : beaucoup meurent, et les survivants gardent souvent des séquelles qui compromettent leur avenir dans le troupeau.
Le pronostic s'aggrave nettement lorsque la fièvre des tiques est présente en même temps.
Pour un éleveur maghrébin, le vrai message est ailleurs : devant un mouton qui titube, les causes locales fréquentes ont, elles, un pronostic souvent bien meilleur si le vétérinaire est appelé tôt.
Questions fréquentes
Cette maladie existe-t-elle chez nous ?
Elle est essentiellement décrite dans les Îles Britanniques et quelques régions du nord de l'Europe, où vit la tique qui la transmet. Elle n'est pas une cause courante de troubles nerveux chez les moutons du Maghreb. Devant un animal qui titube, il faut d'abord penser aux maladies fréquentes localement, dont plusieurs se soignent.
Mon mouton titube et tremble : que dois-je faire ?
Appeler le vétérinaire le jour même, sans essayer de deviner la maladie. Plusieurs causes de troubles nerveux chez le mouton se traitent bien quand on intervient tôt, et certaines sont à déclaration obligatoire. Ne donnez rien de votre propre initiative en attendant.
Existe-t-il un vaccin ?
Pas de vaccin disponible ni utile chez nous pour cette maladie. En revanche, il existe un vaccin très utile contre l'entérotoxémie, qui est une cause bien réelle de mort subite et de signes nerveux dans nos élevages : c'est de celui-là qu'il faut parler avec votre vétérinaire.
Puis-je l'attraper en buvant le lait de mes brebis ou de mes chèvres ?
Dans les régions où la maladie circule, oui, le lait cru est une voie de contamination connue, surtout chez la chèvre. Chez nous, le risque de cette maladie est très faible, mais le lait cru en présente d'autres, bien réels, comme la brucellose et la fièvre Q. Faire bouillir le lait reste dans tous les cas la bonne habitude.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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