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Maladie du muscle blanc

Le sélénium et la vitamine E protègent les cellules musculaires de l'usure liée au fonctionnement normal de l'organisme. Quand ils manquent, les muscles se dégradent : ils perdent leur couleur, deviennent pâles, striés de blanc — d'où le no...

De quoi s'agit-il ?

Le sélénium et la vitamine E protègent les cellules musculaires de l'usure liée au fonctionnement normal de l'organisme. Quand ils manquent, les muscles se dégradent : ils perdent leur couleur, deviennent pâles, striés de blanc — d'où le nom donné à cette maladie.

Elle touche surtout les veaux et les jeunes bovins en croissance, souvent dans les semaines qui suivent la naissance ou après une mise à l'herbe.

Deux formes coexistent. Une forme touchant les muscles des membres : l'animal est raide, titube, se couche et ne se relève plus, alors qu'il reste vif et cherche à téter. Une forme touchant le muscle du cœur, beaucoup plus grave, qui provoque une mort brutale, parfois sans aucun signe préalable.

À retenir

Un jeune bovin qui se couche et ne se relève pas doit être vu rapidement, et la mort subite d'un veau apparemment sain doit faire suspecter l'atteinte du muscle cardiaque, avec un risque immédiat pour le reste du lot.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez le veau ou le jeune bovin, apparition souvent brutale après un effort ou un déplacement.

Démarche raide et titubante, dos voussé, animal qui tremble sur ses membres.

Boiterie sans blessure visible, refus de se déplacer, appui difficile sur les postérieurs.

Animal couché qui ne parvient plus à se relever alors qu'il reste attentif et cherche à téter : ce contraste entre la vigilance et l'impotence est très évocateur.

Muscles de la cuisse et de l'épaule durs, gonflés, douloureux à la pression.

Fatigue extrême au moindre effort.

Urines foncées, brunâtres, dues aux pigments libérés par le muscle abîmé.

Difficulté à téter et à avaler quand les muscles de la langue et de la gorge sont touchés ; du lait peut ressortir par le nez.

Dans la forme cardiaque : respiration rapide et difficile, animal abattu, mousse aux naseaux, et souvent mort brutale sans signe précurseur, parfois retrouvée le matin.

Dans les cas discrets, seul un retard de croissance et une moindre vitalité du lot attirent l'attention.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Manque de sélénium dans la ration, souvent parce que les sols de la région en sont pauvres et que les fourrages qui y poussent le sont aussi.

Manque de vitamine E, fréquent avec des rations à base de fourrages conservés : l'ensilage, le foin vieilli ou mal séché en contiennent beaucoup moins que l'herbe verte.

Les deux carences se cumulent souvent, car l'un compense partiellement l'autre.

Une mère carencée pendant la gestation donne naissance à un veau dont les réserves sont insuffisantes dès le premier jour.

Rations riches en graisses insaturées ou en huiles, qui augmentent les besoins en vitamine E.

Un effort inhabituel, un transport, une manipulation ou une mise à l'herbe déclenchent les signes chez un animal déjà carencé.

Veaux et jeunes bovins en croissance rapide : ce sont les premiers touchés.

Animaux nés de mères non complémentées pendant le tarissement.

Régions et sols pauvres en sélénium.

Rations hivernales à base de fourrages conservés, sans herbe verte ni complémentation.

Fourrages récoltés dans de mauvaises conditions, longuement stockés, ou ensilages échauffés.

Périodes de mise à l'herbe, de transport, de tri ou de manipulation, qui déclenchent les crises.

Absence de complément minéral et vitaminique, ou complément inadapté au contexte local.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire examine l'animal debout et couché, palpe les masses musculaires à la recherche d'une douleur et d'un durcissement, et écoute le cœur.

2

Il fait un point sur l'histoire du lot : ration des mères, complémentation, type de fourrage, événement récent ayant précédé les signes.

3

Une prise de sang met en évidence les enzymes libérées par le muscle abîmé et permet de doser le statut en sélénium et en vitamine E, sur l'animal malade comme sur ses congénères apparemment sains.

4

Une analyse des fourrages et de la ration complète l'évaluation à l'échelle du troupeau.

5

Il écarte les autres causes d'animal couché ou titubant : traumatisme, atteinte nerveuse, infection articulaire, intoxication, arthrite du jeune, maladie infectieuse.

6

En cas de mort subite, un examen post-mortem permet souvent de trancher et d'orienter la conduite pour le reste du lot.

Traitement

Le traitement repose sur l'apport de sélénium et de vitamine E, prescrit et administré par le vétérinaire. La marge entre la dose utile et la dose toxique du sélénium étant étroite, ce produit ne doit jamais être administré de sa propre initiative ni renouvelé sans avis.

Les soins de soutien comptent autant : litière épaisse et non glissante, animal maintenu en position sternale et retourné régulièrement s'il ne se relève pas, colostrum ou lait donné avec précaution, protection contre le froid et les courants d'air.

Si l'animal ne peut plus téter ni avaler correctement, le vétérinaire décide du mode d'alimentation : ne forcez jamais la buvée chez un veau qui ne déglutit pas, le lait passerait dans les poumons.

Dès qu'un cas est confirmé, tout le lot est concerné : la complémentation des congénères et des mères est à revoir immédiatement avec le vétérinaire.

Les animaux atteints doivent être laissés au calme : tout effort supplémentaire aggrave la destruction musculaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention se joue sur la mère autant que sur le jeune.

Complémentez les vaches gestantes en sélénium et en vitamine E pendant le tarissement, selon les besoins établis par analyses : le veau naît alors avec des réserves.

Utilisez un complément minéral et vitaminique adapté à votre région, choisi avec le vétérinaire, et assurez-en un accès permanent à tous les animaux du lot.

Surveillez la qualité des fourrages : l'herbe verte est riche en vitamine E, les fourrages conservés longtemps en contiennent nettement moins. Un hivernage long sans complémentation est une situation à risque.

Évitez les efforts brutaux chez les jeunes des lots à risque : sortie progressive au pré, transports limités et calmes, manipulations douces.

Passez en revue la conduite dès qu'un veau meurt subitement ou qu'un jeune se couche sans raison apparente : les cas viennent rarement seuls.

Ne complémentez jamais en sélénium au jugé : l'excès est toxique et peut tuer aussi sûrement que la carence.

Complications possibles

Mort brutale par atteinte du muscle cardiaque, parfois sans aucun signe préalable.

Pneumonie par fausse déglutition chez les animaux dont les muscles de la gorge sont touchés, ou après une buvée forcée.

Atteinte des reins par les pigments libérés par le muscle détruit, visible par des urines très foncées.

Récupération incomplète avec faiblesse persistante et retard de croissance durable.

Escarres, lésions nerveuses et musculaires chez les animaux restés longtemps couchés.

Apparition d'autres cas dans le même lot dans les jours qui suivent, si la ration n'est pas corrigée.

Quand consulter un vétérinaire

Un veau ou un jeune bovin se couche et ne se relève pas alors qu'il reste vif et cherche à téter : appelez sans attendre.

Il titube, tremble, marche raide ou refuse de bouger après une sortie au pré ou un transport.

Ses urines sont brunes ou très foncées.

Il respire vite, semble abattu, ou du lait ressort par ses naseaux quand il tète.

Un jeune animal est mort subitement sans signe préalable : faites examiner le reste du lot.

Plusieurs jeunes du même lot poussent mal et manquent de vitalité.

Pronostic

La forme touchant les muscles des membres répond souvent bien au traitement quand elle est prise tôt : l'animal se relève en quelques jours et récupère progressivement.

La récupération complète de la masse musculaire demande plusieurs semaines et un repos strict.

La forme cardiaque est de pronostic très sombre : beaucoup d'animaux meurent avant tout traitement.

Les animaux restés longtemps couchés récupèrent mal et gardent un retard de croissance.

Tant que la ration et la complémentation ne sont pas corrigées, d'autres cas apparaissent dans le lot.

Questions fréquentes

Pourquoi mon veau est-il vif alors qu'il ne peut plus se lever ?

Parce que la maladie touche les muscles, pas le cerveau. L'animal a toute sa conscience, il cherche à téter et suit du regard, mais ses muscles ne le portent plus. Ce contraste est justement très évocateur de cette maladie.

Puis-je faire moi-même une injection de sélénium ?

Non. La marge entre la quantité utile et la quantité toxique est étroite, et une administration répétée ou cumulée avec un minéral déjà enrichi peut tuer l'animal. Le sélénium se prescrit et s'administre sous contrôle vétérinaire.

Un seul veau est touché, dois-je traiter tout le lot ?

Il faut au minimum faire évaluer tout le lot. La carence vient de la ration et des réserves transmises par les mères : les congénères sont dans la même situation et peuvent déclencher les signes au premier effort. La conduite se décide avec le vétérinaire.

Pourquoi la maladie se déclare-t-elle après la mise à l'herbe ?

Parce que l'effort révèle la fragilité musculaire déjà installée. Un veau carencé peut sembler normal au repos et s'effondrer après avoir couru dans un pré ou après un transport.

EN BREF

AgentAutre
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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