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Maladie du rein pulpeux

La maladie du rein pulpeux est la forme la plus fréquente et la plus brutale des entérotoxémies du mouton. Elle est due à une bactérie déjà présente en petite quantité dans l'intestin de la plupart des animaux sains, Clostridium perfringens...

De quoi s'agit-il ?

La maladie du rein pulpeux est la forme la plus fréquente et la plus brutale des entérotoxémies du mouton. Elle est due à une bactérie déjà présente en petite quantité dans l'intestin de la plupart des animaux sains, Clostridium perfringens de type D.

Tant que la digestion reste régulière, cette bactérie ne fait rien. Dès qu'une grande quantité d'aliment riche en amidon ou en sucre arrive d'un coup dans l'intestin, elle se multiplie massivement et libère une toxine puissante. Cette toxine passe dans le sang, abîme les vaisseaux et gagne le cerveau.

Ce sont presque toujours les plus beaux agneaux, les mieux nourris et les plus avancés du lot, qui meurent les premiers. C'est la marque de la maladie et ce qui la rend si déroutante : l'éleveur perd exactement les animaux qu'il soignait le mieux.

À retenir

Maladie foudroyante qui frappe les meilleurs agneaux, souvent sans signe préalable. On ne la soigne pas, on la prévient : vaccination et transitions alimentaires progressives. Ne jamais ouvrir soi-même un animal trouvé mort.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le signe le plus fréquent est l'absence de signe : l'animal est trouvé mort, en bon état, souvent couché sur le flanc, la tête rejetée en arrière et les membres tendus.

Quand des signes apparaissent, ils durent rarement plus de quelques heures. L'agneau s'écarte du lot, refuse l'auge, reste immobile ou se couche à l'écart.

Troubles nerveux marqués : démarche titubante, animal qui bute dans les obstacles, qui semble ne plus voir, qui appuie la tête contre un mur.

Tremblements, mouvements de pédalage une fois couché, convulsions, grincement de dents, écume à la bouche.

Respiration rapide et superficielle.

Une diarrhée est possible mais manque souvent : ne jamais attendre la diarrhée pour penser à l'entérotoxémie.

Chez la chèvre, la maladie prend plus volontiers une forme digestive, avec une diarrhée parfois sanglante et une évolution un peu moins foudroyante.

Chez les brebis adultes, l'évolution peut être plus lente, avec un abattement profond de quelques heures avant la mort.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La bactérie fait partie de la flore normale de l'intestin ; sa présence n'est pas anormale en soi.

Tout part d'un déséquilibre alimentaire brutal : passage rapide à l'orge ou au concentré, augmentation trop rapide de la ration, distribution en une seule fois, animaux affamés qui se gavent après une privation, entrée sur une repousse jeune et riche après une période de rationnement.

Dans ces conditions, l'aliment n'est pas entièrement digéré en amont et arrive en excès dans l'intestin. La bactérie s'y multiplie de façon explosive et produit sa toxine.

La toxine traverse la paroi intestinale, passe dans le sang et provoque des lésions du cerveau et une accumulation de liquide dans l'organisme : c'est elle qui tue, pas la bactérie elle-même.

Les spores de cette bactérie survivent très longtemps dans le sol, la litière et les bâtiments : une exploitation qui a connu des cas reste concernée les années suivantes.

Agneaux à l'engraissement recevant beaucoup de concentré, en particulier de l'orge, et les plus gros mangeurs du lot.

Augmentation trop rapide de la ration, distribution en un seul repas, auge vide entre deux distributions puis animaux qui se ruent dessus.

Passage brutal du pâturage au bâtiment, ou du foin au concentré, sans transition.

Agneaux sous la mère dont la brebis est très laitière, qui tètent des quantités importantes.

Manque de fourrage grossier dans la ration : sans foin ou paille en quantité suffisante, le rumen fonctionne mal et laisse passer trop d'amidon.

Animaux non vaccinés, ou vaccinés une seule fois sans rappel.

Mises à l'engraissement rapides avant l'Aïd, achats d'animaux mis directement à l'orge à leur arrivée.

Changements de lot, jeûne de transport suivi d'un repas copieux.

Parasitisme digestif associé, qui perturbe l'équilibre de l'intestin.

Transmission

Il ne s'agit pas d'une maladie contagieuse : un animal malade ne contamine pas ses voisins, et il n'y a aucun risque pour l'homme.

Quand plusieurs animaux meurent le même jour, ce n'est pas une contagion : c'est que tous ont reçu la même ration au même moment.

Les spores sont présentes en permanence dans le milieu, dans le sol et dans le tube digestif des animaux sains. On ne peut pas les éliminer d'un élevage.

C'est donc l'alimentation et la vaccination, jamais l'isolement des malades, qui règlent le problème.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Devant des morts subites dans un lot, le premier réflexe n'est pas de traiter mais d'appeler le vétérinaire : plusieurs maladies très différentes donnent le même tableau, et certaines sont dangereuses pour l'homme.

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Règle absolue : n'ouvrez jamais vous-même une carcasse d'animal trouvé mort. Tant que le charbon bactéridien n'a pas été écarté, ouvrir le cadavre expose la famille et contamine durablement le terrain. Seul le vétérinaire décide de pratiquer une autopsie.

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L'autopsie, faite rapidement, est l'examen le plus utile : les reins ramollis, le liquide autour du cœur et l'aspect de l'intestin orientent fortement. Les lésions rénales disparaissent vite après la mort, d'où l'intérêt d'appeler sans attendre.

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Des prélèvements de contenu intestinal peuvent être envoyés au laboratoire pour rechercher la toxine et confirmer le diagnostic.

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La présence de sucre dans les urines est un élément d'orientation que le vétérinaire peut vérifier facilement sur place.

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Le vétérinaire examine aussi la ration, l'auge et le rythme de distribution : c'est là que se trouve presque toujours la cause.

Traitement

Il n'existe pas de traitement fiable une fois la toxine passée dans le sang : les animaux qui présentent des signes nerveux meurent dans la grande majorité des cas malgré tout ce que l'on peut tenter.

Le vétérinaire peut mettre en place un traitement de soutien sur un animal encore debout, avec réhydratation, anti-inflammatoire et antibiotique sur prescription, mais les résultats restent décevants.

Des sérums contenant des anticorps contre la toxine existent dans certains pays et peuvent être utilisés sur les animaux du même lot encore sains ; leur disponibilité et leur intérêt s'apprécient avec le vétérinaire.

La vraie urgence porte sur le reste du lot, pas sur l'animal atteint. Il faut réduire immédiatement le concentré, redonner du fourrage grossier à volonté, assurer un accès permanent à l'eau et étaler les distributions.

Aucune dose ni aucun produit ne doit être décidé de sa propre initiative : les traitements donnés au hasard font perdre du temps sans rien changer à l'issue.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait s'appliquent à tout produit administré et doivent être demandés au vétérinaire, en particulier à l'approche de l'Aïd.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La vaccination du troupeau est la mesure la plus efficace, et de loin. Aucune conduite alimentaire, aussi soignée soit-elle, ne remplace un troupeau correctement vacciné.

Toute modification d'alimentation se fait progressivement, sur plusieurs jours : augmentation par paliers du concentré, jamais de bond d'un jour à l'autre.

Distribuer le concentré en plusieurs repas plutôt qu'en une seule fois, et éviter que les animaux ne restent longtemps l'auge vide.

Laisser du fourrage grossier, foin ou paille, disponible en permanence : c'est ce qui fait fonctionner le rumen et limite l'arrivée d'amidon dans l'intestin.

Prévoir assez de place à l'auge pour que les plus gloutons ne mangent pas la part des autres.

Eau propre disponible en permanence.

Ne jamais lâcher des animaux affamés sur une repousse jeune ou dans un local où le concentré est accessible.

À l'achat, ne pas mettre les animaux à l'orge dès leur arrivée : les laisser au fourrage quelques jours, le temps de la mise en route.

Maîtriser le parasitisme digestif, qui fragilise l'équilibre intestinal.

Vaccination

Des vaccins clostridiaux polyvalents, qui protègent en une seule injection contre plusieurs clostridioses du mouton, sont disponibles et largement utilisés en élevage ovin. C'est le seul vrai levier contre cette maladie.

Le principe est toujours le même : une primo-vaccination en plusieurs injections, puis des rappels réguliers. Une seule injection ne protège pas correctement : c'est l'erreur la plus répandue et la plus coûteuse.

La vaccination des brebis avant l'agnelage permet de transmettre une protection aux agneaux par le colostrum pendant les premières semaines de vie. Cette protection s'épuise ensuite, et les agneaux doivent être vaccinés à leur tour.

La protection ne s'installe pas immédiatement après l'injection : vacciner la veille d'une mise à l'engraissement ne protège pas. La vaccination des lots destinés à l'orge doit être anticipée, ce que le vétérinaire calera avec vous.

Le calendrier exact, le choix du vaccin et le moment des rappels sont établis par le vétérinaire en fonction de la conduite du troupeau.

Les vaccins se conservent au frais, sans rupture de la chaîne du froid, et un flacon entamé ne se garde pas d'une campagne à l'autre.

La vaccination n'est pas un traitement : vacciner un lot le jour où les morts commencent n'arrête pas l'épisode en cours.

Complications possibles

Mort de l'animal, le plus souvent sans possibilité d'intervenir.

Pertes en série dans un lot d'engraissement tant que la ration n'est pas corrigée : les morts se poursuivent jour après jour.

Survivants qui gardent des séquelles nerveuses, restent aveugles ou ne reprennent jamais leur croissance.

Pertes économiques concentrées sur les meilleurs animaux, souvent au pire moment de l'année.

Découragement et traitements inutiles quand la cause alimentaire n'est pas identifiée.

Quand consulter un vétérinaire

Un agneau en bon état est trouvé mort sans avoir paru malade : appelez le vétérinaire le jour même et n'ouvrez pas le cadavre vous-même.

Plusieurs animaux du même lot meurent en quelques jours.

Un animal titube, bute dans les obstacles, tremble ou convulse.

Des morts surviennent dans les jours qui suivent un changement d'alimentation, une mise à l'orge ou l'arrivée d'animaux achetés.

Un agneau reste couché, la tête rejetée en arrière : c'est une urgence.

Avant de démarrer un engraissement pour l'Aïd, prenez conseil sur la vaccination et la transition alimentaire, plutôt que d'attendre les premières pertes.

Pronostic

Le pronostic individuel est très sombre : un animal qui montre des signes nerveux meurt presque toujours, quel que soit le traitement.

Le pronostic du lot, en revanche, est bon dès lors que la ration est corrigée : les pertes s'arrêtent en quelques jours.

À l'échelle de l'exploitation, un troupeau correctement vacciné et alimenté par transitions progressives ne connaît plus ce type d'épisode.

Questions fréquentes

Pourquoi ce sont toujours mes plus beaux agneaux qui meurent ?

Parce que ce sont eux qui mangent le plus. La maladie est déclenchée par un excès d'aliment riche arrivant d'un coup dans l'intestin : l'animal le plus glouton et le mieux nourri est donc le plus exposé. Ce n'est pas un hasard, c'est la signature de l'entérotoxémie.

J'ai vacciné mes agneaux, pourquoi en perds-je encore ?

Les causes les plus fréquentes sont une seule injection sans rappel, une vaccination faite trop près de la mise à l'engraissement pour que la protection ait le temps de s'installer, ou un vaccin mal conservé. Faites le point sur le calendrier avec votre vétérinaire avant de conclure que le vaccin ne marche pas.

Puis-je manger la viande d'un agneau mort d'entérotoxémie ?

Non. La viande d'un animal trouvé mort ne doit jamais être consommée ni vendue, quelle que soit la cause supposée. Le risque n'est pas seulement l'entérotoxémie : tant qu'un vétérinaire n'a pas écarté les autres maladies, dont certaines sont dangereuses pour l'homme, la carcasse doit être écartée.

Je veux engraisser des agneaux à l'orge pour l'Aïd, comment éviter les pertes ?

Trois choses : faire vacciner suffisamment tôt pour que la protection soit installée le jour de la mise à l'engraissement, monter la ration d'orge par paliers sur plusieurs jours, et laisser du foin ou de la paille disponible en permanence. Prévoyez aussi assez de place à l'auge pour que les plus forts ne se gavent pas.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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