Maladie hémorragique épizootique (MHE) des bovins
La maladie hémorragique épizootique, ou MHE, est une maladie virale des bovins transmise par de tout petits moucherons piqueurs, les culicoïdes. Elle est très proche de la fièvre catarrhale (langue bleue), due à un virus de la même famille...
De quoi s'agit-il ?
La maladie hémorragique épizootique, ou MHE, est une maladie virale des bovins transmise par de tout petits moucherons piqueurs, les culicoïdes. Elle est très proche de la fièvre catarrhale (langue bleue), due à un virus de la même famille et transmise par les mêmes moucherons.
La vache malade a de la fièvre, bave, a la bouche rouge et abîmée, avale mal et produit beaucoup moins de lait. Plusieurs animaux du troupeau sont souvent touchés en même temps, en fin d'été et en automne.
La maladie est apparue en Tunisie en 2021 et s'est alors étendue à de nombreuses régions du pays, avant d'être signalée dans plusieurs pays du sud de l'Europe.
À retenir
Maladie listée par l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Elle ressemble à la fièvre catarrhale et à la fièvre aphteuse, que seul le laboratoire permet d'écarter. Toute suspicion doit être signalée rapidement au vétérinaire, qui saura s'il faut prévenir les services vétérinaires officiels.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Fièvre, abattement, l'animal mange moins ou plus du tout.
Bave abondante qui coule de la bouche.
Bouche rouge, avec des érosions et des plaies sur les gencives, la langue ou le palais.
Difficulté à avaler : l'animal mâchonne, laisse ressortir la nourriture ou l'eau, la langue peut être gonflée.
Yeux rouges et larmoyants, nez qui coule.
Gonflement sous la mâchoire ou des pattes.
Plaies ou croûtes sur les trayons, qui rendent la traite douloureuse.
Peau rouge et sensible au-dessus des onglons, boiterie ; certains animaux restent couchés et peinent à se relever.
Chute nette de la production de lait chez la vache laitière.
Plus rarement, sang dans les bouses ou respiration difficile : ce sont des signes de forme grave.
La MHE ne gratte pas et ne fait pas apparaître de boutons sur tout le corps : ces signes orientent vers une autre maladie.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à un virus de la famille des orbivirus, cousin de celui de la fièvre catarrhale.
Ce virus abîme la paroi des petits vaisseaux sanguins. C'est ce qui explique les rougeurs, les gonflements, les plaies de la bouche et, dans les formes graves, les saignements.
Les cervidés sauvages sont aussi sensibles à ce virus ; chez les animaux d'élevage, ce sont surtout les bovins qui montrent des signes.
Fin d'été et automne, période où les culicoïdes sont les plus nombreux.
Zones humides, eaux stagnantes, abreuvoirs qui débordent, fumier humide : ce sont les lieux où les moucherons se multiplient.
Animaux qui passent la nuit dehors, près de l'eau ou du fumier.
Vaches laitières : les formes graves et les pertes y sont plus fréquentes que chez les bovins à viande.
Transmission
Le virus est transporté par les culicoïdes, de minuscules moucherons qui piquent surtout le soir et la nuit. Un moucheron qui a piqué un animal infecté peut ensuite contaminer un autre animal.
La maladie ne passe pas directement d'un animal à l'autre : sans moucherons, elle ne se propage pas.
Les moucherons peuvent être portés par le vent, ce qui explique l'extension rapide d'une région à l'autre.
L'être humain n'est pas concerné.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire examine la bouche, les yeux, les trayons et les pieds, prend la température et regarde combien d'animaux sont touchés dans le troupeau.
Les signes ressemblent beaucoup à ceux de la fièvre catarrhale et, au début, à ceux de la fièvre aphteuse. À l'œil, il est impossible de trancher : seul le laboratoire le peut.
Des prises de sang sont envoyées au laboratoire pour rechercher le virus.
La fièvre aphteuse doit être écartée en premier, car elle se propage très vite par contact à tous les animaux à onglons.
Le vétérinaire sait s'il faut prévenir les services vétérinaires officiels et quelles mesures prendre en attendant les résultats.
Traitement
Aucun médicament ne détruit ce virus. Les soins visent à soulager l'animal et à l'aider à passer le cap.
Mettre l'animal à l'ombre et au calme, avec de l'eau propre et fraîche toujours à portée.
Proposer un aliment mou et appétent, facile à mâcher et à avaler, puisque la bouche est douloureuse.
Le vétérinaire peut prescrire un anti-inflammatoire contre la fièvre et la douleur, et un antibiotique si les plaies s'infectent. Le choix du produit et la durée relèvent uniquement de sa prescription.
Une vache qui n'arrive plus à boire se déshydrate vite : le vétérinaire peut la réhydrater.
N'utilisez jamais un reste d'ordonnance ou un produit prévu pour un autre animal.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Lutter contre les culicoïdes : supprimer les eaux stagnantes, réparer les abreuvoirs qui fuient, évacuer et sécher le fumier.
Pendant la saison des moucherons, rentrer les animaux le soir et la nuit quand c'est possible, et les éloigner des points d'eau.
Demander au vétérinaire quels produits insecticides ou répulsifs sont adaptés aux animaux et aux bâtiments.
Surveiller chaque jour le troupeau en fin d'été et en automne : bouche, bave, appétit, lait, boiteries.
Toute suspicion doit être signalée rapidement au vétérinaire, qui saura s'il faut prévenir les services vétérinaires officiels.
Complications possibles
Déshydratation et amaigrissement quand l'animal ne peut plus boire ni manger.
Baisse de lait qui peut durer plusieurs semaines après la guérison.
Boiteries et plaies des trayons qui compliquent la traite et favorisent les mammites.
Dans les formes graves, avec langue très gonflée, déshydratation ou respiration difficile, l'animal peut mourir.
Quand consulter un vétérinaire
Plusieurs bovins ont en même temps de la fièvre, de la bave et la bouche rouge ou abîmée.
Une vache a du mal à avaler, laisse ressortir la nourriture ou a la langue gonflée : appelez sans attendre.
Une vache respire difficilement, se déshydrate ou reste couchée sans se relever.
La production de lait chute brutalement sur plusieurs vaches en fin d'été ou en automne.
Des boiteries et des plaies des trayons apparaissent en même temps que des lésions de la bouche.
Vous voyez des cloques remplies de liquide dans la bouche, entre les onglons ou sur les trayons : appelez immédiatement, la fièvre aphteuse doit être écartée.
En attendant l'avis du vétérinaire, ne déplacez et ne vendez aucun animal du troupeau.
Pronostic
La plupart des bovins atteints se rétablissent en quelques semaines avec de bons soins, mais la production de lait peut mettre du temps à revenir.
Les formes graves, avec langue gonflée, déshydratation ou respiration difficile, sont plus souvent mortelles ; les vaches laitières y sont plus exposées.
Une prise en charge précoce, avec de l'eau et un aliment faciles à prendre, améliore nettement les chances.
Questions fréquentes
Comment la distinguer de la fièvre aphteuse ?
La fièvre aphteuse fait apparaître de vraies cloques remplies de liquide dans la bouche, entre les onglons et sur les trayons, et se propage très vite par contact à tous les animaux à onglons, moutons et chèvres compris. La MHE donne plutôt des érosions et ne se transmet pas par contact. À l'œil, le doute est permis : appelez le vétérinaire, seul le laboratoire tranche.
Quelle différence avec la fièvre catarrhale (langue bleue) ?
Les deux maladies sont très proches : même famille de virus, mêmes moucherons, mêmes saisons et des signes semblables chez la vache. Dans la fièvre catarrhale, les moutons de la ferme sont souvent plus gravement atteints, avec la tête gonflée et la langue violacée. Seule une analyse de laboratoire permet de savoir de quelle maladie il s'agit.
Et la dermatose nodulaire contagieuse ?
La dermatose nodulaire fait apparaître en quelques jours des boutons ronds et fermes dans la peau, avec de gros ganglions devant l'épaule. La MHE ne donne pas de boutons sur le corps : elle touche surtout la bouche, les yeux, les trayons et les pieds.
Le lait et la viande sont-ils dangereux pour ma famille ?
La MHE ne se transmet pas à l'être humain. En revanche, une vache malade et soignée ne doit être traite pour la consommation ou envoyée à l'abattoir qu'avec l'accord du vétérinaire, en respectant les délais liés aux médicaments utilisés.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 16 octobre 2026
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