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Mammite gangreneuse

La mammite gangreneuse est la forme la plus grave des infections de la mamelle. Des bactéries produisant des toxines détruisent en quelques heures la circulation sanguine du quartier : celui-ci se refroidit, prend une teinte bleutée puis no...

De quoi s'agit-il ?

La mammite gangreneuse est la forme la plus grave des infections de la mamelle. Des bactéries produisant des toxines détruisent en quelques heures la circulation sanguine du quartier : celui-ci se refroidit, prend une teinte bleutée puis noire, et le tissu meurt.

Les toxines passent dans le sang et empoisonnent l'organisme entier. La vache peut mourir en un à deux jours, parfois avant même que la mamelle ne soit franchement noire.

Elle survient le plus souvent en tout début de lactation, dans les jours qui suivent le vêlage, mais aussi chez les vaches allaitantes et chez les brebis et chèvres.

À retenir

Urgence vétérinaire : la vache peut mourir en un à deux jours. Un quartier froid, bleuté ou noir avec une vache abattue impose un appel immédiat.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Un quartier brutalement très gonflé, dur, extrêmement douloureux au toucher.

La peau du quartier change de couleur : d'abord rouge sombre, puis violacée, bleutée, enfin noire. Le quartier devient froid au toucher alors que la vache a de la fièvre : c'est un signe caractéristique et alarmant.

Le lait est profondément anormal : liquide rougeâtre ou brunâtre, parfois séreux et malodorant, mêlé de débris ; il peut devenir impossible à extraire.

Fièvre élevée au début, souvent suivie d'une chute de la température, signe de gravité.

Abattement profond, refus total de l'alimentation, arrêt de la rumination.

Déshydratation rapide, yeux enfoncés, muqueuses anormales, respiration rapide.

La vache boite ou refuse de poser le membre du côté atteint tant la mamelle est douloureuse.

Dans les formes avancées, la vache reste couchée et ne se relève plus.

Plus tard, une ligne de séparation nette apparaît entre la peau saine et la partie morte, qui se détache progressivement en laissant une plaie.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'infection est due à des bactéries capables de produire des toxines qui détruisent les vaisseaux sanguins de la mamelle. Certaines sont des germes de la peau et de la mamelle, d'autres proviennent de la litière et de l'environnement.

Les toxines coupent la circulation dans le quartier : privé de sang, le tissu meurt, ce qui explique le refroidissement et le noircissement.

Les mêmes toxines passent dans la circulation générale et provoquent l'état de choc qui menace la vie de la vache.

Les blessures des trayons, les piqûres, les morsures et les crevasses constituent des portes d'entrée classiques.

La période qui suit immédiatement le vêlage est la plus à risque, les défenses de la vache étant alors au plus bas.

Début de lactation, tout particulièrement les premiers jours après le vêlage.

Blessures, crevasses ou piétinements des trayons ; morsures de veau chez les vaches allaitantes.

Litière souillée et humide, logement sale, forte densité d'animaux.

Hygiène de traite insuffisante et absence de désinfection des trayons.

Machine à traire mal réglée qui abîme le bout du trayon.

Tarissement mal conduit, mamelle non protégée pendant la période sèche.

Vaches ayant déjà présenté des mammites, mamelle pendante, trayons proches du sol.

Chaleur et humidité, qui accélèrent la multiplication des bactéries.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Appelez le vétérinaire immédiatement, sans attendre le lendemain matin. Chaque heure compte.

2

En attendant, isolez la vache dans un endroit propre, sec et ombragé, laissez-lui de l'eau propre à disposition et ne la déplacez pas plus que nécessaire.

3

Ne traitez pas de vous-même et n'injectez rien dans la mamelle : cela retarde la prise en charge et brouille l'examen.

4

Le vétérinaire évalue l'état général — température, circulation, hydratation — car c'est lui qui détermine le pronostic, plus encore que l'aspect du quartier.

5

Il examine la mamelle, la palpe, apprécie l'étendue du tissu atteint et la limite de la zone morte.

6

Un échantillon de lait ou de liquide du quartier peut être prélevé pour identifier la bactérie et adapter le traitement.

Traitement

Le traitement est vétérinaire, hospitalier dans son principe, et il vise d'abord à sauver la vache, ensuite seulement le quartier — qui est le plus souvent perdu.

Il associe un traitement antibiotique par voie générale, des anti-inflammatoires contre la douleur et le choc, et une réhydratation massive par perfusion.

La traite ou la vidange fréquente du quartier atteint est pratiquée quand elle est possible, pour évacuer les toxines.

Selon l'évolution, le vétérinaire peut réaliser des incisions pour drainer la zone morte, retirer les tissus détruits, ou décider d'une intervention chirurgicale sur le quartier.

Les soins locaux de la plaie qui suit la chute des tissus morts durent des semaines et doivent être conduits selon les consignes du vétérinaire.

Lorsque la vache est trop atteinte et souffre sans espoir de récupération, l'euthanasie est envisagée : c'est une décision qui se prend avec le vétérinaire, dans le respect du bien-être de l'animal.

Après tout traitement, le délai d'attente du lait et de la viande fixé par le vétérinaire doit être respecté à la lettre, y compris pour le lait des quartiers sains.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

L'hygiène de traite et un tarissement correctement conduit restent le cœur de la prévention, comme pour toutes les mammites.

Désinfectez les trayons après chaque traite et soignez sans attendre la moindre crevasse ou blessure.

Maintenez une litière abondante, sèche et propre, en particulier dans le box de vêlage et pour les vaches fraîches vêlées.

Surveillez très étroitement la mamelle des vaches dans les jours qui suivent le vêlage : palpez, regardez, tirez les premiers jets chaque jour.

Chez les vaches allaitantes, vérifiez régulièrement la mamelle, que l'on regarde beaucoup moins que celle des laitières.

Faites contrôler la machine à traire et remplacez les manchons usés.

Protégez la mamelle au tarissement selon le plan établi avec votre vétérinaire, et gardez les vaches taries dans un logement propre.

Luttez contre les mouches en été : elles entretiennent les lésions des trayons.

Isolez et traitez rapidement toute mammite visible avant qu'elle ne dégénère.

Complications possibles

Mort de la vache en un à deux jours par état de choc dû aux toxines.

Perte définitive du quartier, qui ne produira plus jamais de lait.

Chute des tissus morts laissant une vaste plaie ouverte, longue à cicatriser et exposée aux infections et aux mouches.

Infections secondaires et diffusion à d'autres organes.

Amaigrissement important et chute durable de la production pour toute la lactation.

Réforme fréquente des vaches qui survivent.

Quand consulter un vétérinaire

Un quartier est brutalement gonflé, dur et très douloureux : appelez immédiatement.

La peau de la mamelle devient violacée, bleutée ou noire.

Le quartier est froid alors que la vache a de la fièvre.

Le lait ressemble à un liquide rouge ou brun, malodorant, ou ne sort plus.

La vache ne mange plus, ne rumine plus, est abattue ou refuse de se lever.

Elle boite ou refuse de poser un postérieur à cause de la douleur de la mamelle.

Toute mammite chez une vache fraîche vêlée qui s'accompagne de fièvre et d'abattement doit être vue sans délai.

Pronostic

Le pronostic vital est réservé et dépend directement de la rapidité de l'intervention : traitée dans les premières heures, une partie des vaches survit.

Le quartier atteint est presque toujours perdu définitivement, même chez les vaches qui guérissent.

Les vaches qui survivent gardent souvent une plaie qui met des semaines à cicatriser et produisent nettement moins sur la lactation en cours.

Une vache en état de choc, couchée et incapable de se relever au moment de l'examen a un pronostic sombre malgré les soins.

Questions fréquentes

Pourquoi le quartier est-il froid alors que la vache a de la fièvre ?

Parce que les toxines ont bouché la circulation sanguine du quartier : privé de sang, il refroidit et meurt, pendant que le reste de l'organisme réagit par de la fièvre. C'est un signe très évocateur de mammite gangreneuse et un motif d'appel immédiat.

Le quartier va-t-il reproduire du lait après guérison ?

Non, dans la quasi-totalité des cas. Le tissu détruit ne se régénère pas. L'objectif du traitement est de sauver la vache et de préserver les autres quartiers.

Puis-je vendre le lait des quartiers sains ?

Pas pendant le traitement. Les médicaments passent dans tout le lait de la vache : la totalité de sa production doit être écartée jusqu'à la fin du délai d'attente fixé par le vétérinaire.

Est-ce que cela peut arriver à une vache allaitante qui n'est jamais traite ?

Oui, et c'est même une situation à risque car la mamelle est moins souvent observée. Une vache allaitante qui boite, s'isole ou dont le veau tète mal doit faire vérifier sa mamelle sans tarder.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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