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Mammite gangreneuse de la brebis
La mammite gangreneuse est la forme la plus grave d'infection de la mamelle chez la brebis. Elle survient surtout dans les premières semaines d'allaitement. La bactérie ne se contente pas d'infecter la glande : elle produit des toxines qui...
De quoi s'agit-il ?
La mammite gangreneuse est la forme la plus grave d'infection de la mamelle chez la brebis. Elle survient surtout dans les premières semaines d'allaitement.
La bactérie ne se contente pas d'infecter la glande : elle produit des toxines qui coupent la circulation du sang dans la mamelle. Le tissu meurt. C'est pourquoi la mamelle, d'abord chaude et très dure, devient ensuite froide et prend une teinte bleutée ou violacée.
La vie de la brebis est en jeu, pas seulement sa mamelle. Les toxines passent dans le sang et provoquent un état de choc qui peut la tuer en un ou deux jours.
À retenir
Une mamelle froide et bleutée est une urgence vitale. La brebis peut mourir en un à deux jours des toxines produites dans la mamelle.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Mamelle ou moitié de mamelle très gonflée, extrêmement dure et douloureuse, d'abord chaude.
Brebis qui boite du membre du côté atteint, qui écarte la patte arrière, qui refuse que ses agneaux tètent.
Lait modifié : aqueux, rougeâtre ou brunâtre, avec des grumeaux, parfois du sang, souvent malodorant ; ou plus de lait du tout.
Fièvre élevée au début, puis température qui redescend en dessous de la normale quand l'état s'aggrave : ce n'est pas une amélioration, c'est un signe de gravité.
Mamelle devenue froide au toucher, peau bleutée, violacée puis noirâtre ; parfois du liquide sous la peau et une ligne nette entre la peau saine et la peau morte.
Brebis abattue, qui ne mange plus, isolée du lot, tête basse, respiration rapide, puis couchée sans se relever.
Agneaux affamés qui bêlent, ventre creux, qui refroidissent : c'est parfois ce qui alerte en premier.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
L'infection est due le plus souvent à des staphylocoques, en particulier Staphylococcus aureus, et à certaines bactéries produisant des toxines très destructrices, comme Mannheimia haemolytica, présente dans la bouche des agneaux.
Les bactéries remontent par le canal du trayon. Le trayon est une porte ouverte pendant l'allaitement, d'autant plus qu'il est blessé, gercé ou irrité par des dents d'agneaux.
Une mamelle blessée, une litière souillée, un trayon fissuré par le froid ou par un agneau qui tète brutalement suffisent à ouvrir la voie.
Les toxines produites sur place détruisent la circulation locale : c'est ce qui distingue la mammite gangreneuse des mammites ordinaires et ce qui explique sa gravité.
Premières semaines d'allaitement, période où la mamelle travaille le plus.
Trayons blessés, gercés, mordus ou irrités par les agneaux.
Portées multiples et forte demande en lait ; sevrage brutal ou perte d'un agneau, qui laisse une moitié de mamelle non vidée.
Litière souillée et humide, bergerie surchargée.
Brebis à mamelle pendante, mal conformée, qui traîne au sol.
Antécédent de mammite : la mamelle garde des séquelles et se réinfecte.
Brebis affaiblies, mal nourries, ou stressées par un transport ou un changement de lot.
En élevage laitier, réglage ou entretien insuffisant de la machine à traire, hygiène de traite négligée.
Adoption d'agneaux d'une brebis à l'autre sans précaution.
Transmission
Les bactéries se transmettent d'une brebis à l'autre par la litière, par les mains, et par la bouche des agneaux, notamment lorsqu'un agneau tète successivement plusieurs brebis.
Une brebis atteinte contamine fortement son environnement : elle doit être isolée du reste du lot.
En élevage laitier, la machine à traire et l'ordre de traite jouent un rôle majeur dans la circulation des germes de mammite.
Des brebis porteuses saines, sans signe visible, entretiennent l'infection dans le troupeau d'une année sur l'autre.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
C'est une urgence vétérinaire : appelez immédiatement, la brebis peut mourir en un à deux jours.
Le vétérinaire évalue l'état général : température, fréquence cardiaque, état de choc, capacité à se lever. La gravité se juge sur la brebis entière, pas seulement sur la mamelle.
Il examine la mamelle, cherche la limite du tissu mort et le lait modifié, et détermine si la moitié atteinte est récupérable ou perdue.
Un prélèvement de lait pour analyse permet d'identifier la bactérie et d'orienter les traitements du troupeau, surtout s'il y a plusieurs cas.
Il s'occupe aussi des agneaux, qui n'ont plus de lait : c'est une urgence parallèle, car ils sont exposés à l'hypothermie.
En attendant : isolez la brebis au calme, au sec, avec de l'eau à disposition, et retirez les agneaux de la mamelle atteinte.
Traitement
Le traitement est une urgence et il est double : combattre l'infection et soutenir la brebis contre l'état de choc.
Le vétérinaire met en place une antibiothérapie générale et des soins de soutien, notamment contre la douleur, l'inflammation et la déshydratation. Une brebis en état de choc a besoin d'être soutenue avant tout.
La traite de la mamelle atteinte peut être indiquée dans certaines situations pour évacuer les toxines, mais c'est au vétérinaire de le dire : sur une mamelle déjà nécrosée, elle est inutile et douloureuse.
Quand une partie de la mamelle est morte, elle finit par se détacher ; le vétérinaire peut décider d'une intervention chirurgicale ou d'un accompagnement de cette évolution, longue et exigeante en soins.
Si la brebis est trop atteinte, l'euthanasie est parfois la décision la plus respectueuse : le vétérinaire vous aidera à en juger.
Les agneaux doivent être immédiatement pris en charge : mise à l'adoption sur une autre brebis ou allaitement artificiel, selon les conseils du vétérinaire.
Aucun traitement de mammite ne doit être repris d'une brebis à l'autre ou d'une année sur l'autre sans avis : le mauvais produit fait perdre les heures qui comptent.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Contrôler la mamelle des brebis régulièrement pendant l'allaitement, en particulier dans les premières semaines : une mamelle dure ou chaude repérée tôt évite une gangrène.
Vérifier l'état des trayons et traiter les gerçures et les blessures.
Litière propre, sèche et abondante ; bergerie non surchargée.
Éviter les sevrages brutaux et surveiller les brebis qui perdent un agneau : la moitié de mamelle non vidée est un point de départ classique.
Isoler immédiatement toute brebis suspecte du reste du lot.
Se laver les mains entre deux brebis, ne pas passer d'une mamelle malade à une mamelle saine.
Éviter de faire téter un même agneau sur plusieurs brebis.
Réformer les brebis à mamelle abîmée ou ayant déjà fait une mammite grave : elles restent une source d'infection.
En élevage laitier, entretenir et faire contrôler la machine à traire, respecter l'hygiène et l'ordre de traite, traiter les mammites en fin de lactation selon le protocole du vétérinaire.
Bien nourrir les brebis en lactation, en particulier celles qui allaitent plusieurs agneaux.
Complications possibles
Mort de la brebis par choc toxique, souvent en un à deux jours.
Perte définitive de la moitié atteinte de la mamelle, qui se détache ; plaie ouverte à soigner longuement.
Infection généralisée, abcès à distance.
Mort ou affaiblissement des agneaux privés de lait, exposés à l'hypothermie et aux infections.
Brebis définitivement inapte à allaiter, donc à réformer.
Entretien de l'infection dans le troupeau si la brebis n'est pas isolée et si les mamelles ne sont pas contrôlées.
Quand consulter un vétérinaire
La mamelle de votre brebis est très dure, gonflée et douloureuse : appelez le jour même.
Elle est froide, bleutée ou violacée : urgence absolue, la vie de la brebis est en jeu.
Le lait est aqueux, rouge, brun, grumeleux ou malodorant, ou il n'y a plus de lait.
La brebis boite, refuse que ses agneaux tètent, s'isole, ne mange plus.
Elle a de la fièvre, puis devient froide et ne se relève plus.
Ses agneaux bêlent, ont le ventre creux ou refroidissent : occupez-vous d'eux en même temps que de leur mère.
Pronostic
Le pronostic dépend du délai. Une mammite prise dès les premières heures, avant la nécrose, peut être maîtrisée, même si la production laitière de la moitié touchée est souvent perdue.
Dès que la mamelle est froide et bleutée, la vie de la brebis est en jeu et le tissu atteint ne se récupère pas.
Une brebis survivante reste le plus souvent inapte à allaiter correctement : la réforme est la règle.
Les agneaux, eux, se sauvent presque toujours s'ils sont pris en charge immédiatement.
Questions fréquentes
Pourquoi la mamelle devient-elle froide alors que c'était une infection ?
Parce que les toxines produites par la bactérie bloquent la circulation du sang dans la mamelle. Le tissu privé de sang meurt : il refroidit et prend une teinte bleutée. Le passage du chaud au froid est un signe d'aggravation, jamais d'amélioration.
Faut-il continuer à traire la mamelle atteinte ?
Seulement si votre vétérinaire l'indique. Dans certains cas cela aide à évacuer les toxines ; sur une mamelle déjà nécrosée c'est inutile et très douloureux. Ne décidez pas seul.
Que faire des agneaux ?
Il faut s'en occuper tout de suite, en parallèle des soins à la mère : ils n'ont plus de lait et refroidissent vite. Votre vétérinaire vous orientera vers une adoption par une autre brebis ou vers un allaitement artificiel.
La brebis pourra-t-elle allaiter l'année prochaine ?
La partie de mamelle détruite ne repousse pas. Une brebis qui a fait une mammite gangreneuse est en général réformée : elle allaite mal et reste une source de contamination pour le troupeau.
Comment repérer une mammite avant qu'elle ne devienne grave ?
En palpant régulièrement la mamelle des brebis en lactation et en regardant les trayons. Une brebis qui boite, qui refuse la tétée ou dont une moitié de mamelle est dure doit être examinée le jour même.
Références
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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