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Métrite de la brebis

La métrite est l'infection de l'utérus qui suit un agnelage. Après la mise bas, l'utérus contient du sang, des débris et un col encore ouvert : c'est un terrain idéal pour les microbes, qui montent depuis l'extérieur. Chez la brebis, cette...

De quoi s'agit-il ?

La métrite est l'infection de l'utérus qui suit un agnelage. Après la mise bas, l'utérus contient du sang, des débris et un col encore ouvert : c'est un terrain idéal pour les microbes, qui montent depuis l'extérieur.

Chez la brebis, cette infection est presque toujours la conséquence de quelque chose : un agnelage difficile, une intervention à mains sales, un placenta resté en place, un agneau mort resté dans l'utérus, un avortement.

Elle est redoutable pour deux raisons. D'abord, la brebis peut faire une infection généralisée et mourir en quelques jours. Ensuite, même quand elle survit, elle ne monte pas en lait : ses agneaux meurent de faim ou restent chétifs, et le problème se déplace sur eux.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Écoulement vulvaire anormal dans les jours qui suivent l'agnelage : abondant, brun rougeâtre ou grisâtre, liquide, et surtout nauséabond. C'est l'odeur qui alerte le plus sûrement.

Fièvre, souvent élevée dans les formes aiguës.

Brebis abattue, qui reste à l'écart, ne rumine plus, refuse le concentré puis le fourrage.

Mamelle qui ne se remplit pas et agneaux qui bêlent, s'affaiblissent et cherchent à téter d'autres brebis. Souvent, c'est l'état des agneaux qui attire l'attention avant celui de la mère.

Déshydratation, animal qui se creuse, poil piqué.

Dans les formes graves : brebis couchée qui ne se relève plus, respiration rapide, extrémités froides, état de choc.

Dans la forme discrète et prolongée : petit écoulement gris ou blanchâtre qui persiste des semaines, brebis apparemment normale mais qui restera vide à la campagne suivante.

La queue et la laine de l'arrière-train sont souvent souillées et collées.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Des microbes présents dans la litière, sur la peau ou sur les mains remontent dans un utérus encore ouvert et abîmé par la mise bas.

Toute mise bas anormale y prédispose : agnelage difficile, agneau trop gros, mauvaise présentation, jumeaux ou triplés, agneau mort, agnelage prématuré ou avortement.

Les interventions manuelles sont la cause la plus fréquente et la plus évitable : mains non lavées, ongles longs, absence de gants, absence de lubrifiant, tentatives répétées et brutales.

Un placenta retenu qui se décompose entretient l'infection.

Un deuxième agneau resté dans l'utérus, mort et non détecté, provoque une métrite gravissime.

Un utérus qui se contracte mal, notamment lors de manque de calcium ou chez une brebis épuisée, ne se vide pas correctement.

Une brebis affaiblie par la toxémie de gestation, une carence ou un parasitisme se défend beaucoup moins bien.

Certaines maladies abortives s'accompagnent d'emblée d'une métrite.

Agnelage difficile ou assisté, en particulier lorsque plusieurs personnes sont intervenues successivement.

Interventions sans gants, sans lavage et sans lubrifiant : le geste qui coûte le plus cher en bergerie.

Rétention du placenta, agneau mort-né, avortement.

Bergerie surpeuplée, litière humide et sale, cases d'agnelage jamais curées entre deux brebis.

Agnelages groupés en bâtiment, en pleine saison, quand le temps manque pour nettoyer.

Brebis en mauvais état, trop maigres ou trop grasses, carencées.

Brebis atteintes de toxémie de gestation ou d'un manque de calcium autour de la mise bas.

Antécédent de métrite lors de l'agnelage précédent.

Absence de désinfection du matériel d'aide à la mise bas d'une brebis à l'autre.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Une brebis fiévreuse et abattue dans la semaine qui suit l'agnelage doit être examinée sans attendre : la métrite fait partie des premières causes à envisager.

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Le vétérinaire prend la température, apprécie l'état général, l'hydratation et la douleur, et examine l'écoulement.

3

Il vérifie les voies génitales : présence d'une déchirure, d'un placenta retenu, et surtout d'un second agneau resté en place, situation qui change complètement la conduite à tenir.

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Il examine la mamelle et évalue si les agneaux ont réellement tété, car ils sont souvent en danger avant la mère.

5

Dans les avortements ou les épisodes touchant plusieurs brebis, il recherche une cause infectieuse sous-jacente : brucellose, fièvre Q, chlamydiose abortive, toxoplasmose, salmonellose. Une métrite qui se répète dans un troupeau n'est pas un hasard.

6

Il s'intéresse enfin aux conditions d'agnelage : propreté des cases, façon dont les interventions sont faites, matériel utilisé. C'est souvent là que se trouve la solution durable.

Traitement

Le traitement repose sur un antibiotique prescrit par le vétérinaire, souvent associé à un anti-inflammatoire, et sur un soutien général : eau, alimentation appétente, réhydratation dans les cas sévères.

Une brebis couchée, déshydratée, en état de choc, relève d'une prise en charge d'urgence : chaque heure compte.

Les lavages de l'utérus et l'introduction de produits divers dans les voies génitales sont à proscrire de sa propre initiative : mal faits, ils aggravent l'infection et abîment l'utérus. Toute intervention dans l'utérus est un geste vétérinaire.

Ne tirez jamais sur un placenta qui pend.

Il faut s'occuper des agneaux en même temps que de la mère : vérifier qu'ils ont reçu du colostrum, les réchauffer, et organiser une adoption ou un allaitement artificiel si la brebis ne monte pas en lait. Une métrite non repérée tue souvent plus d'agneaux que de brebis.

Les délais d'attente viande et lait sont à demander au vétérinaire et à respecter strictement.

Aucun antibiotique ne doit être donné sans prescription, ni repris d'un traitement précédent : les échecs viennent surtout de traitements mal choisis ou arrêtés trop tôt.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Tout se joue au moment de l'agnelage, et surtout au moment où l'on décide d'intervenir.

N'intervenez que si c'est nécessaire, et alors : ongles courts, mains et bras lavés au savon, gants de fouille à usage unique, lubrifiant en quantité, gestes doux et sans acharnement.

Si la mise bas ne progresse pas malgré une aide correcte, appelez le vétérinaire au lieu de recommencer : les tentatives répétées sont ce qui abîme le plus l'utérus.

Ne laissez pas plusieurs personnes intervenir successivement sur la même brebis.

Désinfectez le matériel entre deux brebis, ne réutilisez jamais un gant.

Préparez des cases d'agnelage individuelles, curées et repaillées entre deux brebis, sèches et à l'abri des courants d'air.

Dédensifiez la bergerie pendant la période d'agnelage.

Soignez l'alimentation du dernier tiers de gestation : une brebis en bon état, ni maigre ni trop grasse, avec des apports minéraux corrects, expulse mieux et se défend mieux.

Surveillez chaque brebis dans les jours qui suivent l'agnelage : température, appétit, écoulement, et surtout état des agneaux.

Notez les brebis ayant fait une métrite : elles sont plus à risque à l'agnelage suivant.

Si les métrites se multiplient dans le troupeau, cherchez la cause commune avec le vétérinaire plutôt que de traiter au cas par cas.

Complications possibles

Infection généralisée et mort de la brebis, parfois en quelques jours.

Mortalité des agneaux par défaut de lait, alors que la brebis, elle, survit.

Inflammation chronique de l'utérus, avec infertilité et brebis vide à la campagne suivante.

Adhérences et lésions définitives de l'appareil génital, imposant la réforme.

Amaigrissement durable et mauvaise reprise d'état.

Association fréquente avec la rétention placentaire et la toxémie de gestation, chaque problème aggravant l'autre.

Quand consulter un vétérinaire

Un écoulement malodorant apparaît après l'agnelage : c'est le signe qui doit toujours faire appeler.

La brebis a de la fièvre, ne mange plus, ne rumine plus ou reste à l'écart dans les jours qui suivent la mise bas.

Elle ne monte pas en lait et ses agneaux bêlent, faiblissent ou cherchent à téter d'autres brebis.

Elle est couchée et ne se relève pas : urgence, appelez immédiatement.

Un agnelage a été difficile ou a demandé plusieurs interventions : faites contrôler la brebis même si elle paraît bien.

Un placenta n'a pas été expulsé.

Vous n'êtes pas certain qu'un deuxième agneau soit sorti.

Plusieurs brebis font une métrite dans la même campagne : il faut chercher une cause commune.

Pronostic

Une métrite traitée rapidement, chez une brebis encore en état, guérit en général bien.

Les formes sévères, avec brebis couchée ou infection généralisée, gardent un pronostic réservé même traitées.

La fertilité future dépend de la profondeur des lésions : certaines brebis ne reprendront jamais la gestation et devront être réformées.

Les agneaux sont les grands perdants de cette maladie : leur survie dépend de la rapidité avec laquelle une alternative d'allaitement est mise en place.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est excellent lorsque l'hygiène des interventions d'agnelage est corrigée : c'est le levier le plus rentable qui soit.

Questions fréquentes

Un écoulement après l'agnelage est-il toujours anormal ?

Non. Un écoulement modéré, rougeâtre puis clair, sans mauvaise odeur, fait partie du retour à la normale dans les jours qui suivent la mise bas. Ce qui n'est jamais normal, c'est une odeur putride, un écoulement abondant et sale, ou une brebis qui a de la fièvre et n'a plus d'appétit.

Puis-je faire un lavage de l'utérus moi-même ?

Non. Les lavages et les produits introduits dans les voies génitales, quand ils sont mal faits, poussent les microbes plus loin et abîment l'utérus. Toute intervention à l'intérieur de l'utérus est un geste vétérinaire, comme la décision de ce qu'il faut y mettre ou non.

Ma brebis est traitée mais ses agneaux dépérissent, que faire ?

C'est fréquent : une brebis atteinte ne monte pas en lait, et les agneaux meurent de faim pendant qu'on soigne leur mère. Il faut leur assurer du colostrum puis une source de lait sans attendre, par adoption ou allaitement artificiel. Traiter la brebis sans s'occuper des agneaux revient souvent à les perdre.

Comment éviter les métrites dans mon troupeau ?

En travaillant sur le moment de l'agnelage : n'intervenir que si nécessaire, avec des mains lavées, des gants à usage unique et du lubrifiant, sans acharnement, et appeler le vétérinaire plutôt que de recommencer dix fois. Ajoutez-y des cases propres et repaillées entre deux brebis, et la fréquence des métrites chute.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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