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Métrite de la vache
La métrite est une infection de l'utérus qui survient dans les jours ou les semaines qui suivent le vêlage. Après la mise bas, l'utérus est ouvert et contient encore du sang, des débris et des microbes : normalement il se nettoie et se refe...
De quoi s'agit-il ?
La métrite est une infection de l'utérus qui survient dans les jours ou les semaines qui suivent le vêlage. Après la mise bas, l'utérus est ouvert et contient encore du sang, des débris et des microbes : normalement il se nettoie et se referme tout seul en quelques semaines. Quand ce nettoyage se fait mal, les bactéries s'y multiplient et enflamment la paroi.
On distingue schématiquement deux situations. La métrite aiguë apparaît dans la première quinzaine après le vêlage : la vache est franchement malade, avec de la fièvre et un écoulement abondant et malodorant. L'endométrite, plus tardive et plus discrète, ne rend pas la vache malade mais laisse un utérus enflammé qui empêche une nouvelle gestation.
C'est l'une des premières causes d'infertilité et de réforme dans les élevages laitiers. Une vache qui « ne reprend pas » après un vêlage difficile doit toujours faire penser à une métrite.
À retenir
Une métrite aiguë avec fièvre et abattement est une urgence : l'infection peut gagner le sang en quelques jours.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Écoulement par la vulve, épais, brun rougeâtre ou grisâtre, souvent d'odeur nauséabonde. On le repère sur la queue, sur les cuisses, ou sur la litière à l'endroit où la vache s'est couchée.
Fièvre dans les formes aiguës, avec oreilles froides et mufle sec.
Baisse ou arrêt de l'appétit, refus de la ration, rumination ralentie.
Chute rapide de la production laitière, parfois de plusieurs litres d'un jour à l'autre.
Abattement : la vache reste en retrait, se déplace peu, dos voussé.
Déshydratation et amaigrissement quand l'infection dure.
Dans l'endométrite tardive, la vache paraît en bonne santé : seul un écoulement de glaires troubles au moment des chaleurs, ou des retours en chaleurs répétés, attirent l'attention.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Des bactéries de l'environnement, présentes dans la litière et sur la peau, remontent dans un utérus resté ouvert après le vêlage.
Tout ce qui retarde la fermeture et le nettoyage de l'utérus favorise l'infection : rétention du placenta, vêlage difficile, jumeaux, avortement, veau mort-né.
Les interventions faites au moment du vêlage sans hygiène suffisante — mains, cordes, matériel — introduisent directement les microbes.
Une vache dont les défenses sont affaiblies après le vêlage lutte moins bien contre ces bactéries : c'est le cas des vaches trop grasses au tarissement, ou de celles dont la ration ne couvre pas les besoins du début de lactation.
Rétention placentaire : c'est le facteur le plus constant.
Vêlage difficile, aide humaine prolongée, césarienne, jumeaux, veau mort-né.
Mauvaise hygiène du box de vêlage : litière souillée, humide, réutilisée d'une vache à l'autre.
Vaches trop grasses ou trop maigres au moment du vêlage.
Ration de transition mal équilibrée et baisse de l'immunité qui l'accompagne.
Déficit en minéraux et vitamines autour du vêlage, en particulier ce qui touche au calcium et aux oligo-éléments.
Fortes chaleurs, fréquentes en Tunisie et au Maghreb : le stress thermique diminue l'appétit et fragilise les vaches en fin de gestation.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire prend la température, examine l'état général, la vulve et l'écoulement, et palpe l'utérus par voie rectale pour juger de sa taille et de son contenu.
Un examen du vagin permet de voir d'où vient l'écoulement et d'écarter une déchirure ou une blessure du vêlage.
L'échographie précise l'état de la paroi utérine et la présence de liquide.
Des prélèvements peuvent être réalisés pour identifier les bactéries en cause et guider le choix du traitement, notamment dans les élevages où les métrites se répètent.
Le vétérinaire recherche systématiquement les autres maladies du début de lactation qui accompagnent souvent la métrite : fièvre de lait, déplacement de caillette, acétonémie.
Traitement
Le traitement relève entièrement du vétérinaire. Les formes aiguës avec fièvre sont traitées par antibiotiques, complétés selon les cas par des anti-inflammatoires pour faire tomber la fièvre et redonner de l'appétit.
Dans les formes graves avec déshydratation, une réhydratation par perfusion et un soutien général sont nécessaires.
Certaines situations relèvent de traitements hormonaux destinés à faire se contracter et se vider l'utérus, ou à relancer le cycle ; leur emploi se décide au cas par cas après examen.
Les lavages de l'utérus ne sont pas anodins : mal faits, ils aggravent l'infection. Ils ne s'improvisent pas et ne se pratiquent que sur décision du vétérinaire.
En parallèle, il faut faire manger et boire la vache : eau propre et fraîche à volonté, fourrage de bonne qualité, box paillé et calme.
Après tout traitement, le délai d'attente pour le lait et pour la viande doit être respecté à la lettre. Ce délai est fixé par le vétérinaire selon les produits utilisés : ne livrez pas le lait et n'envoyez pas l'animal à l'abattoir avant la fin de ce délai.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
L'hygiène du vêlage est le point central. Prévoyez un box de vêlage propre, sec, largement paillé, nettoyé et repaillé entre deux vaches.
Lavez-vous les bras, utilisez des gants à usage unique et du matériel propre à chaque intervention ; n'employez jamais des cordes de vêlage sales.
N'intervenez pas trop tôt ni brutalement : une traction excessive blesse les voies génitales et ouvre la porte à l'infection.
Soignez la période de tarissement et de transition : vaches ni trop grasses ni trop maigres, ration adaptée, apports en minéraux et vitamines conformes aux conseils de votre vétérinaire.
Surveillez chaque vache fraîche vêlée : température, appétit, lait produit, aspect des écoulements pendant les deux premières semaines.
Protégez le troupeau de la chaleur : ombre, ventilation, abreuvement abondant, distribution de la ration aux heures fraîches.
Complications possibles
Passage de l'infection dans le sang, avec un état de choc qui peut emporter la vache en quelques jours.
Infertilité durable : utérus enflammé de façon chronique, accumulation de pus, adhérences autour des ovaires et des trompes.
Allongement de l'intervalle entre deux vêlages, retours en chaleurs répétés, réforme prématurée.
Perte de production laitière sur toute la lactation.
Association fréquente avec le déplacement de caillette et l'acétonémie du début de lactation.
Quand consulter un vétérinaire
Votre vache présente un écoulement vulvaire malodorant après le vêlage.
Elle a de la fièvre, ne mange plus ou refuse de se lever dans les jours qui suivent la mise bas.
Sa production laitière chute brutalement.
Elle a retenu son placenta plus de vingt-quatre heures.
Le vêlage a été difficile ou a nécessité une aide importante : faites contrôler la vache même si elle paraît bien.
Elle revient en chaleurs de façon répétée sans être fécondée, ou présente des glaires troubles pendant les chaleurs.
Pronostic
Prise tôt, une métrite aiguë guérit bien et la vache reprend un cycle normal.
Le pronostic de reproduction est moins bon quand l'infection a duré : la fécondation peut être retardée de plusieurs mois et certaines vaches ne redeviennent jamais gestantes.
Les formes graves avec état de choc restent dangereuses pour la vie de l'animal malgré le traitement.
Dans un troupeau, la répétition des métrites traduit presque toujours un problème d'hygiène de vêlage ou d'alimentation de transition : c'est là qu'il faut agir.
Questions fréquentes
Un écoulement après le vêlage est-il toujours anormal ?
Non. Pendant deux à trois semaines après la mise bas, un écoulement rougeâtre puis clair, sans mauvaise odeur, fait partie du nettoyage normal de l'utérus. Ce qui doit alerter, c'est une odeur nauséabonde, un aspect purulent, ou une vache qui a de la fièvre et perd son lait.
Puis-je traiter ma vache moi-même avec un antibiotique que j'ai déjà utilisé ?
Non. Le choix du produit dépend des bactéries en cause et de l'état de la vache, et un traitement mal conduit favorise les résistances et laisse des résidus dans le lait. Seul le vétérinaire peut prescrire et fixer le délai d'attente à respecter.
Ma vache paraît en bonne santé mais ne retient plus : peut-il s'agir d'une métrite ?
Oui, c'est la présentation typique de l'endométrite. La vache mange bien et produit du lait, mais son utérus reste enflammé et l'embryon ne s'y implante pas. Un examen de l'appareil génital permet de le confirmer.
Le lait d'une vache atteinte de métrite est-il dangereux ?
Le risque principal vient des médicaments : tout lait produit pendant le traitement et pendant le délai d'attente fixé par le vétérinaire doit être écarté de la collecte et de la consommation.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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