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Mycotoxicoses ovines

Les mycotoxines sont des substances toxiques fabriquées par des moisissures qui se développent sur les céréales, les tourteaux, le foin, la paille et les ensilages, au champ comme au stockage. Elles ne sont pas détruites par le stockage ni...

De quoi s'agit-il ?

Les mycotoxines sont des substances toxiques fabriquées par des moisissures qui se développent sur les céréales, les tourteaux, le foin, la paille et les ensilages, au champ comme au stockage.

Elles ne sont pas détruites par le stockage ni par les traitements habituels, et un aliment peut en contenir alors que la moisissure n'est plus visible : c'est le piège principal. Un grain qui paraît propre peut avoir été contaminé au champ ou dans un silo mal ventilé.

Les effets sont rarement spectaculaires. Le plus souvent, le troupeau va simplement moins bien : les animaux mangent moins, grandissent moins vite, se reproduisent mal, résistent moins bien aux maladies. On accuse le parasitisme, l'aliment de mauvaise qualité ou la malchance.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le tableau est souvent flou et collectif, ce qui rend le diagnostic difficile.

Baisse de la consommation d'aliment sur tout le lot, animaux qui trient, laissent des refus, boudent l'auge sans raison apparente.

Croissance qui décroche chez les agneaux, animaux qui se déclassent.

Amaigrissement progressif, poil et laine ternes.

Diarrhées qui traînent, sans cause infectieuse retrouvée.

Baisse de la production laitière.

Problèmes de reproduction : chaleurs irrégulières, mauvaise fertilité, avortements, agneaux faibles à la naissance.

Gonflement et rougeur de la vulve chez les jeunes femelles avec certaines toxines.

Jaunisse et signes d'atteinte du foie avec d'autres.

Sensibilité accrue à toutes les maladies, vaccinations qui protègent moins bien : certaines toxines affaiblissent directement les défenses immunitaires.

Dans les formes plus rares : lésions de la bouche, plaies qui ne guérissent pas, atteinte des extrémités, troubles nerveux, tremblements chez les animaux au pâturage sur des repousses humides.

Une aggravation des coups de soleil et des lésions de peau non couvertes par la laine peut apparaître, certaines toxines abîmant le foie et rendant la peau très sensible à la lumière.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Développement de moisissures sur les aliments, favorisé par l'humidité, la chaleur, les blessures des grains, les insectes et une mauvaise ventilation.

Céréales récoltées humides ou mal séchées avant stockage.

Foin rentré insuffisamment sec, qui chauffe et moisit au cœur des bottes.

Silos, greniers et hangars mal ventilés, avec condensation, infiltrations, ou stockage à même le sol.

Ensilages mal tassés, mal fermés, ou dont le front d'attaque avance trop lentement.

Restes d'aliment laissés dans les auges et les mangeoires, qui fermentent et moisissent, notamment par temps chaud.

Contamination au champ avant la récolte, notamment lors d'années humides ou de récoltes retardées.

Pâturage de repousses humides ou de fourrages en décomposition au sol.

Durée de stockage prolongée sans contrôle.

Stockage prolongé de céréales et de fourrages sans ventilation ni contrôle d'humidité.

Récoltes réalisées dans de mauvaises conditions, fourrages rentrés humides.

Bâtiments de stockage humides, avec infiltrations ou toiture percée.

Auges et mangeoires jamais nettoyées, où l'aliment s'accumule.

Achats d'aliments sans garantie ni traçabilité, notamment de lots à bas prix.

Animaux à l'auge recevant longtemps le même aliment : l'exposition est continue.

Jeunes en croissance, femelles gestantes et animaux en lactation, plus sensibles.

Périodes chaudes et humides.

Animaux déjà affaiblis, parasités ou carencés.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le diagnostic est difficile et se construit avec le vétérinaire, en écartant d'abord les autres explications, plus fréquentes : parasitisme, carences, erreurs de ration, maladies infectieuses.

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Signalez tout ce qui concerne l'aliment : provenance, date d'achat, conditions de stockage, odeur, présence de grumeaux, de poussière ou de zones colorées. Ces détails sont très utiles.

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Le vétérinaire examine les lieux de stockage et les auges, ce qui apporte souvent plus d'informations qu'un examen clinique.

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Des analyses de recherche de mycotoxines peuvent être réalisées sur les aliments suspects. L'échantillonnage doit être fait correctement, car la contamination est souvent en poches : un prélèvement mal fait donne un résultat faussement rassurant. Faites-vous aider pour cela.

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Des prises de sang évaluent l'atteinte du foie et des reins.

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L'amélioration du troupeau après un changement d'aliment est un élément d'orientation majeur : c'est souvent ainsi que le diagnostic se confirme en pratique.

Traitement

Il n'existe pas d'antidote : la mesure essentielle est de retirer immédiatement l'aliment suspect et de le remplacer par un aliment sain. C'est le traitement, et il est efficace.

Ne pas tenter de récupérer un lot moisi en le mélangeant à de l'aliment sain pour diluer le problème : la pratique est courante et elle expose simplement tous les animaux plus longtemps.

Le vétérinaire met en place un soutien adapté aux organes touchés : traitement du foie, réhydratation, soins des lésions cutanées ou buccales.

Des capteurs de mycotoxines, incorporés à la ration, existent et peuvent être proposés par le vétérinaire ou le technicien ; ils ne remplacent jamais le retrait de l'aliment contaminé et leur efficacité varie selon les toxines.

Une ration de bonne qualité, riche en fibres, avec des apports vitaminiques et minéraux corrects, aide les animaux à récupérer.

Protéger de la lumière du soleil les animaux qui présentent des lésions de peau, le temps que le foie récupère.

Le lait des animaux exposés peut poser question : demandez l'avis du vétérinaire avant toute consommation ou vente.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Récolter et stocker les céréales et les fourrages secs : c'est la clé de la prévention, bien plus que n'importe quel produit.

Ventiler les lieux de stockage, éviter le contact direct avec le sol et les murs humides, réparer les toitures et les infiltrations.

Nettoyer les silos, les greniers et les mangeoires entre deux lots, et lutter contre les insectes et les rongeurs, qui abîment les grains et ouvrent la porte aux moisissures.

Ne jamais laisser d'aliment vieilli dans les auges, surtout par temps chaud : les vider et les nettoyer régulièrement.

Examiner chaque nouveau lot d'aliment : odeur de moisi, poussière anormale, grumeaux, zones colorées, chaleur au cœur du tas doivent conduire à ne pas le distribuer.

Surveiller la température des silos et des tas.

Acheter auprès de fournisseurs identifiés et se méfier des lots anormalement bon marché.

Ne jamais distribuer un aliment visiblement moisi, même en petite quantité, même mélangé.

Sur les exploitations à problèmes récurrents, parler avec le vétérinaire d'un contrôle régulier des aliments et de l'intérêt éventuel d'un capteur de toxines.

Complications possibles

Atteinte durable du foie et des reins.

Infertilité, avortements et saison de reproduction gâchée.

Retard de croissance définitif chez les agneaux.

Défenses immunitaires affaiblies, avec un troupeau qui enchaîne les maladies et répond mal aux vaccinations.

Lésions de peau graves par sensibilité à la lumière chez les animaux dont le foie est atteint.

Pertes économiques diffuses et durables, souvent attribuées à tort à d'autres causes.

Passage de certaines toxines dans le lait, ce qui pose une question de sécurité alimentaire à discuter avec le vétérinaire.

Perte d'un stock entier d'aliment lorsque la contamination est importante.

Quand consulter un vétérinaire

Votre troupeau mange moins et se déclasse sans explication depuis plusieurs semaines.

Les agneaux ne grandissent plus alors que la ration paraît correcte et le parasitisme maîtrisé.

Des avortements ou des troubles de la fertilité surviennent dans le troupeau.

Des animaux présentent une jaunisse ou des lésions de peau sur les zones peu couvertes de laine.

Vous constatez de la moisissure, une odeur anormale ou de la chaleur dans un aliment stocké : demandez conseil avant de le distribuer.

Le troupeau enchaîne les maladies alors que la conduite sanitaire n'a pas changé.

Pronostic

Le retrait de l'aliment contaminé donne en général une amélioration nette en quelques semaines, ce qui rend le pronostic favorable dans la majorité des cas.

Les atteintes du foie et des reins déjà installées peuvent laisser des séquelles.

Les agneaux dont la croissance a décroché ne rattrapent pas complètement leur retard.

Les conséquences sur la reproduction d'une saison sont irrattrapables.

À l'échelle de l'exploitation, le pronostic dépend entièrement des conditions de récolte et de stockage : c'est là que le problème se règle durablement.

Questions fréquentes

Mon aliment n'est pas visiblement moisi, peut-il être toxique ?

Oui, et c'est le principal piège. La contamination peut avoir eu lieu au champ, et la moisissure peut avoir disparu en laissant la toxine. Un grain propre à l'œil peut donc poser problème, tandis qu'un aliment un peu poussiéreux ne contient pas forcément de toxines.

Puis-je mélanger un lot moisi avec de l'aliment sain pour ne pas le perdre ?

Non. Cette pratique très répandue ne fait qu'étaler le problème sur davantage d'animaux et sur plus longtemps. Un lot suspect ne doit pas être distribué aux animaux, et la perte de l'aliment coûte toujours moins cher que la perte d'une saison de croissance ou de reproduction.

Comment savoir si c'est vraiment cela, et pas simplement des vers ?

On commence justement par écarter le parasitisme et les carences, qui sont plus fréquents, avec une analyse de crottes et un bilan de ration. Si tout est correct et que le troupeau va mal quand même, le vétérinaire s'intéressera aux aliments et à leur stockage.

Le lait de mes brebis est-il consommable si l'aliment était contaminé ?

Certaines toxines passent effectivement dans le lait. Ne prenez pas la décision seul : signalez la situation au vétérinaire, qui indiquera la conduite à tenir en fonction du type de contamination et de l'usage du lait.

EN BREF

AgentEnvironnement
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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