Maladie parasitaire Mouton, Chèvre Transmissible à l'homme

Œstrose

L'œstrose est une infestation des cavités du nez et des sinus du mouton par les larves d'une mouche, Oestrus ovis. La mouche adulte ne pique pas et ne se nourrit pas. En plein vol, elle projette des larves vivantes dans les naseaux des anim...

De quoi s'agit-il ?

L'œstrose est une infestation des cavités du nez et des sinus du mouton par les larves d'une mouche, Oestrus ovis.

La mouche adulte ne pique pas et ne se nourrit pas. En plein vol, elle projette des larves vivantes dans les naseaux des animaux, puis meurt peu après.

Les larves remontent dans les cavités nasales et les sinus, s'y accrochent, grossissent pendant des semaines ou des mois, puis redescendent pour être éternuées au sol, où elles se transforment en mouches.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le comportement des animaux pendant l'été est souvent le premier indice : à l'approche des mouches, les brebis baissent la tête, collent le nez au sol ou contre les pattes des autres, se serrent en cercle, tapent du pied et cherchent la poussière et l'ombre. Elles cessent de pâturer aux heures les plus utiles.

Écoulement du nez, d'abord clair puis épais et jaunâtre, parfois strié de sang.

Éternuements en salves, reniflements bruyants, animal qui se frotte le nez contre le sol ou contre les murs.

Respiration bruyante et gênée, naseaux encroûtés.

Secousses de tête répétées.

Baisse d'appétit, animaux qui pâturent moins et perdent du poids.

Dans les cas les plus sévères, des signes nerveux apparaissent : démarche incertaine, animal qui tourne. On parle de faux tournis, car cela ressemble à la cénurose sans en être.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La femelle de la mouche projette ses larves dans les naseaux des ovins, souvent en pleine chaleur et en plein soleil.

Les larves progressent dans les cavités nasales et les sinus, où elles s'accrochent à la muqueuse et l'irritent en permanence.

Elles peuvent passer l'hiver au ralenti dans les sinus, puis reprendre leur croissance au printemps.

Une fois développées, elles sont expulsées par les éternuements et se transforment en mouches dans le sol, ce qui relance le cycle.

L'irritation permanente de la muqueuse ouvre la porte aux infections bactériennes, qui expliquent le jetage épais et purulent.

Élevages de plein air en région chaude et sèche, ce qui correspond à la majorité des troupeaux du Maghreb.

Saison chaude, absence d'ombre et de zones d'abri aux heures de vol des mouches.

Grands rassemblements d'animaux, parcours partagés.

Absence de traitement stratégique en fin de saison de vol, qui laisse les larves passer l'hiver dans les sinus.

Animaux affaiblis ou déjà atteints d'autres maladies respiratoires.

Transmission

Il n'y a pas de contagion directe entre animaux : c'est la mouche qui dépose les larves, en vol.

Les périodes de vol correspondent aux saisons chaudes ; le risque est maximal en été et au début de l'automne.

Les animaux regroupés en plein soleil, sans ombre, sont les plus exposés.

Les chèvres sont également touchées, généralement de façon moins marquée que les moutons.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire s'appuie d'abord sur les signes et la saison : jetage, éternuements et comportement caractéristique en période chaude sont très évocateurs.

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Il examine les naseaux et écarte les autres causes de jetage chez le mouton, en particulier les maladies respiratoires infectieuses, qui demandent une conduite différente.

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L'examen de la tête d'un animal abattu ou mort, en ouvrant les cavités nasales et les sinus, montre directement les larves et permet d'évaluer l'importance de l'infestation dans le troupeau. C'est l'élément le plus parlant pour décider d'une stratégie.

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Devant des signes nerveux, il est important de faire la différence avec la cénurose : la conduite à tenir n'est pas la même.

Traitement

Certaines familles d'antiparasitaires agissent sur les larves logées dans les sinus ; le choix du produit, de la voie d'administration et du moment revient au vétérinaire.

Le traitement se raisonne à l'échelle du troupeau et non de l'animal isolé, car l'exposition est collective. Il est souvent positionné en fin de saison de vol, pour détruire les larves avant qu'elles ne passent l'hiver dans les sinus et ne relancent le cycle au printemps.

Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise : la stratégie se construit avec le vétérinaire en fonction de la région, du climat de l'année et du type de production.

Un animal très gêné, avec un jetage purulent, peut nécessiter un traitement complémentaire de l'infection bactérienne installée, sur prescription.

Les délais d'attente viande et lait s'appliquent également ici et diffèrent selon les produits : demandez-les systématiquement avant tout abattage ou toute traite.

Ne versez jamais de produit dans les naseaux d'un animal de votre propre initiative : c'est inefficace et dangereux.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Il n'existe pas de vaccin ni de moyen simple d'empêcher les mouches d'approcher.

Offrir de l'ombre et des abris aux heures chaudes réduit l'exposition et le stress des animaux.

Décaler le pâturage vers les heures fraîches de la journée pendant les périodes de vol.

Mettre en place, avec le vétérinaire, un traitement stratégique de fin de saison à l'échelle du troupeau, qui casse le cycle bien mieux que des traitements individuels dispersés.

Surveiller le comportement du troupeau en été : des animaux qui gardent le nez au sol et cessent de pâturer signalent une pression forte.

Éliminer les autres causes d'irritation respiratoire, poussière et surpeuplement en bergerie, qui aggravent les signes.

Complications possibles

Surinfection bactérienne des cavités nasales et des sinus, avec jetage purulent persistant.

Extension de l'inflammation aux sinus profonds, difficile à traiter.

Baisse durable de l'état général et de la production, par simple diminution du temps passé à pâturer pendant l'été.

Dans de rares cas, atteinte des structures voisines du cerveau avec signes nerveux.

Confusion avec d'autres maladies respiratoires, qui retarde le bon diagnostic.

Quand consulter un vétérinaire

Vos animaux gardent le nez au sol, se serrent en cercle et cessent de pâturer pendant les heures chaudes.

Un jetage épais ou jaunâtre s'installe chez plusieurs animaux.

Un animal respire bruyamment ou paraît gêné pour respirer.

Des éternuements en salves reviennent régulièrement dans le troupeau.

Un animal titube ou tourne : il faut faire la différence avec le tournis, consultez.

Des animaux maigrissent pendant l'été sans autre explication.

Transmission à l'humain

La mouche responsable peut, en volant, projeter ses larves dans l'œil d'une personne se trouvant à proximité des animaux : bergers, tondeurs, personnes travaillant au milieu du troupeau en été sont les plus exposés.

Cela provoque une myiase oculaire externe : douleur vive et brutale, sensation de corps étranger, œil rouge et larmoyant, gêne à la lumière. Les larves restent en général à la surface de l'œil et n'y accomplissent pas leur cycle.

La conduite à tenir est simple : ne pas se frotter l'œil, rincer abondamment à l'eau propre et consulter rapidement un médecin ou un ophtalmologiste, qui retirera les larves. L'évolution est habituellement favorable, mais l'avis médical ne doit pas être différé.

Porter des lunettes de protection lors des travaux au milieu du troupeau en pleine saison chaude limite ce risque.

Pronostic

La plupart des animaux supportent l'infestation sans conséquence dramatique, mais au prix d'une baisse de croissance et de production pendant toute la saison chaude.

Les formes sévères, avec surinfection ou signes nerveux, ont un pronostic plus réservé.

Une stratégie de troupeau bien positionnée avec le vétérinaire améliore nettement l'état général et les performances d'un été à l'autre.

Questions fréquentes

Pourquoi mes brebis gardent-elles le nez collé au sol en été ?

C'est un comportement de défense typique face à la mouche du nez : les animaux protègent leurs naseaux. C'est souvent le premier signe d'œstrose dans un troupeau, avant même le jetage.

Mon mouton tourne en rond, est-ce le tournis ou la mouche du nez ?

Les deux peuvent donner des signes nerveux, mais la conduite à tenir diffère complètement. Seul un examen vétérinaire permet de trancher : ne traitez pas au hasard.

Puis-je attraper quelque chose en travaillant au milieu du troupeau ?

La mouche peut projeter ses larves dans l'œil d'une personne proche des animaux. C'est brutalement douloureux mais généralement bénin, à condition de ne pas se frotter l'œil, de rincer à l'eau propre et de consulter rapidement un médecin.

Faut-il traiter tout le troupeau ?

L'exposition étant collective, la stratégie se raisonne effectivement à l'échelle du troupeau, généralement en fin de saison de vol. Le choix du produit et du moment revient au vétérinaire, en tenant compte des délais d'attente pour la viande et le lait.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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