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Maladie parasitaire Mouton, Chèvre

Ostertagiose

L'ostertagiose des ovins, aussi appelée téladorsagiose, est due à un petit ver brun qui vit dans la caillette, le véritable estomac des ruminants. À la différence du ver rouge, qui suce le sang et provoque une anémie, ce ver-là détraque la...

De quoi s'agit-il ?

L'ostertagiose des ovins, aussi appelée téladorsagiose, est due à un petit ver brun qui vit dans la caillette, le véritable estomac des ruminants.

À la différence du ver rouge, qui suce le sang et provoque une anémie, ce ver-là détraque la digestion. Ses larves se développent dans les glandes de la paroi de la caillette, les font gonfler et les détruisent. La caillette perd alors son acidité : elle ne digère plus correctement les protéines et laisse passer des aliments mal préparés dans l'intestin.

Le résultat est une diarrhée liquide, un appétit qui s'effondre et une perte d'état rapide, sans que l'animal soit anémié.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Diarrhée liquide, souvent verdâtre, persistante, qui souille l'arrière-train et la laine de la queue.

Chute nette de l'appétit : les animaux pâturent moins longtemps, c'est souvent le premier changement remarqué à l'échelle du lot.

Amaigrissement rapide ou croissance qui s'arrête net chez les jeunes, avec des écarts qui se creusent au sein d'un même lot.

Laine terne, cassante, mal implantée, parfois qui se détache.

Gonflement mou sous la mâchoire dans les formes prolongées, lié à la fuite des protéines.

Déshydratation et faiblesse quand la diarrhée dure.

Animaux abattus, qui restent couchés et se laissent approcher.

Les muqueuses restent en général de couleur normale : chercher la pâleur, comme pour le ver rouge, fait passer à côté du diagnostic.

Dans la forme retardée, une crise survient chez des animaux plus âgés, souvent en fin de saison fraîche ou autour des mises bas, alors même qu'ils n'ont pas été remis sur des parcelles contaminées.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Les vers adultes vivent dans la caillette et pondent des œufs qui partent avec les crottes.

Sur le sol, les œufs donnent des larves qui montent sur les brins d'herbe avec l'humidité et sont avalées par les animaux. Ces larves supportent bien le frais et l'humidité, et survivent longtemps sur la parcelle.

Une fois avalées, elles pénètrent dans les glandes de la paroi de la caillette et s'y développent. Les glandes gonflent, se transforment et la paroi prend un aspect de petites bosses accolées, très reconnaissable à l'autopsie.

Cette transformation fait chuter l'acidité de la caillette. Les protéines ne sont plus digérées, l'organe laisse fuir des protéines du sang et la diarrhée s'installe : la maladie tient à ce dérèglement, plus qu'au nombre de vers.

Les larves peuvent aussi interrompre leur développement et rester en sommeil dans la paroi pendant la saison défavorable. Elles repartent ensuite toutes en même temps, souvent au moment des mises bas ou au retour des conditions favorables, et la destruction massive des glandes provoque alors une crise brutale, plus difficile à traiter.

Agneaux et jeunes animaux en première saison de pâturage : ils paient le plus lourd tribut.

Brebis autour de la mise bas et en début de lactation, dont les défenses baissent naturellement.

Saisons fraîches et humides, automne et fin d'hiver dans les régions du Nord, périodes suivant les pluies.

Pâturage ras, chargement élevé, absence de rotation.

Alimentation insuffisante, notamment en protéines : la caillette abîmée digère déjà mal, une ration pauvre aggrave tout.

Troupeaux vermifugés systématiquement à date fixe depuis des années : ce parasite figure parmi ceux chez qui la résistance aux antiparasitaires est la plus fréquemment constatée.

Achats sans quarantaine, foires et regroupements.

Transmission

La contamination passe uniquement par l'herbe et l'eau souillée, sans contact direct entre animaux, et sans risque pour l'homme.

Les brebis en fin de gestation et en début de lactation éliminent beaucoup plus d'œufs qu'à l'ordinaire : elles chargent les parcelles au moment précis où leurs agneaux commencent à brouter.

Les larves se concentrent dans les premiers centimètres au-dessus du sol : plus l'herbe est rase, plus les animaux en avalent.

Les parcelles pâturées en continu par les mêmes catégories d'animaux se chargent d'année en année.

Un animal acheté sans quarantaine peut introduire des vers déjà résistants aux antiparasitaires : c'est particulièrement documenté pour ce parasite.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire s'appuie sur le contexte, l'âge des animaux, la saison et l'état du lot.

2

L'analyse de crottes avec comptage des œufs est l'examen de base ; elle se fait sur plusieurs animaux du même lot, jamais sur un seul.

3

Une culture des larves permet de savoir quel ver domine, information utile car la conduite diffère selon qu'il s'agit surtout de ce ver brun ou du ver rouge de la caillette.

4

Un piège important existe dans la forme retardée, celle où les larves endormies repartent en masse : les vers ne sont pas encore adultes et ne pondent pas, donc l'analyse de crottes peut être peu chargée alors que les animaux vont très mal. Le résultat ne doit pas rassurer à tort.

5

Des analyses de sang peuvent montrer un taux de protéines effondré, ce qui explique les œdèmes.

6

L'autopsie d'un animal mort est très parlante : la paroi de la caillette a un aspect grumeleux, en petites bosses accolées.

7

Un contrôle des crottes après traitement est l'examen le plus utile pour vérifier que le produit utilisé fonctionne encore sur l'exploitation.

Traitement

Plusieurs familles d'antiparasitaires internes agissent sur ce ver. Le choix revient au vétérinaire, en fonction de l'âge des animaux, de la production laitière, des espèces de vers dominantes et surtout de ce qui reste efficace localement.

La forme retardée, avec des larves endormies dans la paroi de la caillette, est plus difficile à traiter que la forme ordinaire : toutes les molécules n'atteignent pas ces larves. C'est une raison de plus pour ne pas choisir seul son produit.

Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise : le sous-dosage nettoie mal et sélectionne directement les vers résistants.

Ce parasite est l'un de ceux chez qui les résistances sont les plus répandues. Traiter tout le troupeau à date fixe, sans analyse, est précisément la pratique qui les a installées. L'approche recommandée consiste à s'appuyer sur les analyses de crottes, à ne traiter que les lots ou les animaux qui en tirent réellement bénéfice, et à laisser volontairement une part du troupeau non traitée pour conserver des vers encore sensibles aux produits.

Changer de flacon au hasard n'est pas une stratégie : l'alternance des familles ne se raisonne qu'avec le vétérinaire et sur la base d'un contrôle d'efficacité.

Les animaux atteints ont besoin d'une alimentation riche en protéines et de bonne qualité, d'eau propre et de repos : la caillette met du temps à se réparer.

Les délais d'attente viande et lait varient selon les produits et certains sont interdits chez les femelles laitières : demandez-les avant tout traitement.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Faire tourner les parcelles et ne pas laisser les animaux raser l'herbe.

Réserver les parcelles les moins chargées, par exemple après une fauche ou une culture, aux agneaux et aux brebis en fin de gestation.

Éviter de faire pâturer les jeunes lots derrière les brebis en début de lactation, qui viennent de charger la parcelle.

Alterner avec des bovins ou des équidés quand l'exploitation le permet.

Mettre en quarantaine et traiter, sur avis vétérinaire, tout animal acheté avant de le lâcher au pâturage : c'est le geste qui évite d'importer des vers résistants.

Surveiller la croissance des agneaux par des pesées régulières : un décrochage est souvent le premier signal, avant même la diarrhée.

Assurer une alimentation suffisante en protéines et en minéraux.

Faire vérifier de temps en temps, par une analyse de crottes après traitement, que les produits utilisés fonctionnent encore.

Garder pour la reproduction les animaux qui restent en bon état sans traitement.

Complications possibles

Retard de croissance durable chez les jeunes, qui ne se rattrape pas complètement.

Amaigrissement des brebis, mauvaise reprise après la lactation, fertilité en baisse et agneaux plus faibles à la naissance.

Déshydratation et affaiblissement sévère lors des diarrhées prolongées.

Fuite chronique de protéines, avec œdèmes sous la mâchoire et sous le ventre.

Arrière-train souillé en permanence, propice aux myiases en saison chaude.

Crises brutales lors du réveil des larves endormies, plus difficiles à traiter et plus meurtrières.

Installation d'une résistance aux antiparasitaires qui prive l'exploitation de familles entières de produits.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux d'un même lot ont une diarrhée liquide persistante.

Le lot mange visiblement moins et pâture moins longtemps qu'auparavant.

Les agneaux cessent de grandir alors que l'herbe et la ration sont correctes.

Des brebis maigrissent après la mise bas sans explication.

Un gonflement mou apparaît sous la mâchoire.

Une crise survient chez des animaux qui n'ont pas changé de parcelle : cela évoque le réveil des larves endormies, parlez-en au vétérinaire.

Les animaux ne s'améliorent pas après un vermifuge : faites vérifier l'efficacité du produit plutôt que de le redonner.

Pronostic

Les animaux traités tôt, avec un produit efficace et une bonne alimentation, se rétablissent, mais la caillette met des semaines à retrouver un fonctionnement normal.

Les formes retardées, dues au réveil massif des larves, ont un pronostic plus réservé : les lésions sont étendues et le traitement moins facile.

Les jeunes fortement atteints gardent un retard de croissance définitif.

À l'échelle du troupeau, tout dépend de la gestion du pâturage, de l'alimentation et de l'état des résistances : là où plusieurs familles de produits ne fonctionnent plus, la maîtrise repose avant tout sur la conduite.

Questions fréquentes

Mes moutons ont la diarrhée mais leurs muqueuses sont bien roses : est-ce quand même des vers ?

Oui, très probablement. Ce ver brun de la caillette ne suce pas le sang : il détraque la digestion et provoque une diarrhée sans anémie. Chercher des muqueuses pâles, comme pour le ver rouge, fait ici passer à côté du diagnostic.

Une crise a éclaté alors que je n'ai pas changé mes bêtes de parcelle : comment est-ce possible ?

C'est la signature de ce parasite. Ses larves peuvent rester endormies dans la paroi de la caillette pendant la mauvaise saison, puis repartir toutes ensemble, souvent autour des mises bas. La contamination est ancienne, la crise est récente. Cette forme est plus difficile à traiter : parlez-en au vétérinaire.

Mon vermifuge ne semble plus faire d'effet, est-ce possible ?

Oui, et c'est fréquent avec ce parasite, l'un des plus concernés par la résistance aux antiparasitaires. Le vétérinaire le vérifie simplement, en comparant le nombre d'œufs dans les crottes avant et quelque temps après le traitement. Continuer à utiliser un produit devenu inefficace coûte cher et aggrave la situation.

Quelle différence avec le ver rouge de la caillette ?

Les deux vivent dans la caillette, mais ils ne font pas la même maladie. Le ver rouge suce le sang et tue par anémie, souvent sans diarrhée. Le ver brun abîme les glandes de la caillette et provoque une diarrhée avec chute d'appétit, sans anémie marquée. Une analyse de crottes avec culture des larves permet de savoir lequel domine et d'adapter la conduite.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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