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Paratuberculose
La paratuberculose, ou maladie de Johne, est une infection chronique de l'intestin des ruminants. La bactérie responsable épaissit la paroi intestinale, qui n'absorbe plus correctement les nutriments : l'animal maigrit alors qu'il continue...
De quoi s'agit-il ?
La paratuberculose, ou maladie de Johne, est une infection chronique de l'intestin des ruminants. La bactérie responsable épaissit la paroi intestinale, qui n'absorbe plus correctement les nutriments : l'animal maigrit alors qu'il continue à manger.
Sa caractéristique la plus déroutante est sa lenteur. Les veaux se contaminent dans leurs premières semaines de vie, mais la maladie ne se déclare que des années plus tard, chez des vaches adultes en pleine production.
Quand un premier cas devient visible, l'infection est déjà installée dans le troupeau depuis longtemps et d'autres animaux sont contaminés sans le montrer. On dit souvent qu'un animal malade visible signale plusieurs animaux infectés invisibles.
À retenir
Maladie figurant sur la liste de l'Organisation mondiale de la santé animale et faisant l'objet de programmes de surveillance dans de nombreux pays. Toute suspicion doit être signalée au vétérinaire, qui indiquera les démarches à suivre.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Diarrhée abondante, liquide, sans sang ni douleur, qui persiste ou revient malgré les traitements habituels.
Amaigrissement progressif alors que l'appétit reste conservé : c'est l'association qui doit alerter.
Baisse de la production laitière et animal qui « ne tient plus » sa lactation.
Pelage terne et piqué, animal qui perd son état général sans autre explication.
Œdème sous la mâchoire dans les stades avancés, lié à la perte de protéines par l'intestin.
Fatigue, faiblesse, puis état de maigreur extrême.
Avant ce stade, les animaux infectés paraissent normaux pendant des mois ou des années tout en excrétant déjà la bactérie dans leurs bouses.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à une mycobactérie, Mycobacterium avium sous-espèce paratuberculosis.
Cette bactérie est très résistante dans le milieu extérieur : elle survit de longs mois dans les bouses, le lisier, le sol et l'eau stagnante.
Elle s'installe dans la paroi de l'intestin, où elle provoque une inflammation chronique. La paroi s'épaissit et perd sa capacité à absorber les nutriments et à retenir les protéines.
L'incubation est très longue : la contamination a lieu au cours des premiers mois de vie, les signes apparaissent en général après deux ans, souvent autour d'une période de stress comme un vêlage.
Achat d'animaux sans connaître le statut du troupeau d'origine.
Vêlage dans une aire souillée par les bouses, ou mise bas en stabulation collective.
Veau laissé longtemps avec sa mère sur une litière sale, ou tétant une mamelle souillée.
Distribution de lait de mélange ou de colostrum de plusieurs vaches aux veaux.
Épandage de lisier sur les pâtures des jeunes animaux.
Abreuvoirs communs, mares et points d'eau stagnante.
Troupeaux de grande taille, avec beaucoup d'introductions.
Transmission
Principalement par ingestion de bouses contaminées : mamelle souillée, litière sale, eau ou aliments souillés, sol de l'aire de vêlage.
Par le colostrum et le lait d'une vache infectée, surtout lorsque le lait de plusieurs vaches est mélangé pour nourrir les veaux.
De la mère au veau pendant la gestation, dans une partie des cas, notamment chez les vaches à un stade avancé.
Les veaux nouveau-nés sont de très loin les plus réceptifs : les premières semaines de vie déterminent le risque pour toute leur vie.
L'introduction d'un animal infecté, sans signe apparent, est la principale voie d'entrée dans un troupeau indemne.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire évoque la maladie devant une vache adulte qui maigrit avec une diarrhée persistante, après avoir écarté les parasites internes, les carences et d'autres causes.
Le diagnostic est confirmé au laboratoire : recherche de la bactérie dans les bouses par analyse génétique ou par culture, et recherche d'anticorps dans le sang ou le lait.
Ces analyses détectent bien les animaux malades ou très excréteurs, mais elles manquent une partie des animaux infectés à un stade précoce : un résultat négatif ne garantit pas qu'un animal soit indemne.
Au niveau du troupeau, le dépistage se pilote dans la durée, avec des contrôles répétés, et non par une analyse ponctuelle.
Lorsqu'un animal est éliminé, un examen par le vétérinaire permet de confirmer le diagnostic et d'évaluer la situation du cheptel.
Traitement
Il n'existe aucun traitement permettant de guérir la paratuberculose. Les antibiotiques ne débarrassent pas l'animal de la bactérie.
Un animal reconnu malade continue d'excréter massivement la bactérie et contamine les veaux du troupeau : la décision de le retirer se prend avec le vétérinaire, sans attendre qu'il soit dans un état de maigreur avancée.
Un animal atteint ne doit pas être vendu à un autre éleveur ni destiné à la reproduction : il transporterait l'infection.
Son lait et son colostrum ne doivent jamais servir à nourrir les veaux.
Les soins de soutien peuvent améliorer temporairement l'état d'un animal, mais ils ne changent pas l'issue et retardent une décision qui coûte cher au troupeau.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Tout se joue autour du vêlage et des premières semaines de vie du veau.
Faire vêler dans un local propre, paillé abondamment, nettoyé entre chaque vêlage, jamais dans une zone souillée de bouses.
Séparer rapidement le veau de sa mère et le loger dans un endroit propre, à l'écart des adultes et de leurs bouses.
Donner un colostrum de bonne qualité issu d'une seule vache de statut connu, et proscrire les mélanges de colostrum ou de lait de plusieurs vaches.
Ne jamais faire boire aux veaux le lait d'une vache suspecte.
Éviter que les jeunes animaux ne pâturent des parcelles récemment fumées avec du lisier.
Maîtriser les achats : privilégier les troupeaux de statut connu, limiter les introductions, isoler et faire contrôler les animaux entrants.
Retirer progressivement du troupeau les animaux dépistés positifs, en commençant par les plus excréteurs, selon un plan établi avec le vétérinaire.
Des vaccins existent dans certains pays mais leur usage est restreint : ils gênent l'interprétation des tests de dépistage de la tuberculose. Leur emploi éventuel relève strictement d'une décision des services vétérinaires.
Complications possibles
Amaigrissement extrême conduisant à la mort ou à l'euthanasie.
Baisse de production, infertilité et réforme précoce d'animaux en pleine carrière.
Sensibilité accrue aux autres maladies chez les animaux infectés, même avant l'apparition des signes.
Diffusion silencieuse dans le troupeau pendant des années, avec un coût économique très supérieur au nombre de cas visibles.
Restrictions à la vente d'animaux reproducteurs.
Quand consulter un vétérinaire
Une vache adulte maigrit progressivement alors qu'elle mange normalement.
Une diarrhée liquide persiste ou revient sans cesse malgré les traitements et les vermifuges.
Un œdème apparaît sous la mâchoire d'un animal amaigri.
Plusieurs vaches perdent de l'état sans cause évidente dans le troupeau.
Vous envisagez d'acheter des animaux et souhaitez connaître les précautions à prendre.
Vous avez déjà eu un cas confirmé : un plan de maîtrise doit être mis en place, sinon d'autres cas suivront.
Pronostic
Pour l'animal atteint, le pronostic est sans issue : l'état se dégrade inexorablement.
Pour le troupeau, la situation est en revanche améliorable, à condition d'accepter un travail de longue haleine. Protéger les veaux à la naissance donne des résultats visibles au bout de plusieurs années, le temps que les générations protégées remplacent les précédentes.
Les élevages qui associent hygiène du vêlage, gestion du colostrum et dépistage régulier parviennent à faire reculer nettement la maladie.
Questions fréquentes
Ma vache maigrit mais mange bien : est-ce forcément la paratuberculose ?
Non, plusieurs maladies donnent ce tableau, à commencer par les parasites internes et certaines carences. Mais l'association d'un amaigrissement et d'une diarrhée persistante chez une vache adulte justifie toujours un examen et, souvent, une recherche de paratuberculose.
Le lait d'une vache infectée présente-t-il un risque pour l'homme ?
Un lien avec une maladie humaine a été évoqué et étudié, mais il n'est pas démontré à ce jour. Les règles habituelles s'appliquent : consommer du lait pasteurisé ou bouilli, et ne pas commercialiser le lait d'un animal malade.
Un seul cas dans mon troupeau, est-ce grave ?
Oui, car un animal malade visible signale en général plusieurs animaux infectés qui ne montrent encore rien. C'est le moment de mettre en place les mesures autour du vêlage et un plan de dépistage avec votre vétérinaire.
Puis-je soigner un animal atteint avec des antibiotiques ?
Non. Aucun traitement ne guérit cette maladie chez les bovins. L'animal continue d'excréter la bactérie et contamine les veaux : la décision de le retirer se prend avec le vétérinaire.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
EFSA — Autorité européenne de sécurité des aliments
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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