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Pasteurellose bovine

La pasteurellose bovine est une infection bactérienne des poumons, principale cause de mortalité chez les jeunes bovins en engraissement. On l'appelle souvent « fièvre des transports », car elle éclate typiquement dans les jours qui suivent...

De quoi s'agit-il ?

La pasteurellose bovine est une infection bactérienne des poumons, principale cause de mortalité chez les jeunes bovins en engraissement. On l'appelle souvent « fièvre des transports », car elle éclate typiquement dans les jours qui suivent un déplacement ou un rassemblement d'animaux.

Les bactéries responsables vivent déjà, en petit nombre, dans le nez et la gorge de bovins parfaitement sains. Elles ne deviennent dangereuses que lorsque les défenses de l'animal baissent : stress du transport, mélange d'animaux, froid ou chaleur, mauvaise ventilation, ou infection virale préalable.

Il existe aussi une forme foudroyante, la septicémie hémorragique, qui touche les bovins et les buffles : la bactérie envahit tout l'organisme et l'animal meurt en quelques heures à quelques jours, souvent avec un gonflement marqué de la gorge. Cette forme est particulièrement redoutée dans les régions chaudes.

À retenir

La septicémie hémorragique figure parmi les maladies listées par l'Organisation mondiale de la santé animale et est à déclaration obligatoire dans de nombreux pays, dont la Tunisie : tout cas suspect, et notamment toute mortalité rapide avec gonflement de la gorge, doit être signalé aux services vétérinaires.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Forme respiratoire : fièvre élevée qui apparaît avant tout le reste, souvent avant même que l'éleveur remarque quelque chose.

Abattement, animal qui reste en retrait du lot, tête basse, oreilles tombantes, qui ne vient plus à l'auge.

Respiration rapide et difficile, parfois cou tendu et bouche ouverte dans les cas graves.

Toux sèche, jetage au nez d'abord clair puis épais, larmoiement.

Chute nette de la production laitière chez la vache en lactation.

Grincement de dents et gémissements chez les animaux qui souffrent.

Forme septicémique : fièvre très élevée, salivation, gonflement chaud et douloureux de la gorge, de la gorge vers le poitrail, difficulté à respirer, animal qui se couche et ne se relève plus, mort rapide.

Dans les deux formes, il n'est pas rare de trouver un animal mort sans avoir été vu malade, surtout en engraissement.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Les bactéries le plus souvent en cause sont Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida et Histophilus somni.

Elles sont normalement présentes en petite quantité dans les voies respiratoires supérieures de bovins sains : ce ne sont pas des germes venus de l'extérieur, mais des germes qui profitent d'une faiblesse.

Un stress ou une infection virale préalable — rhinotrachéite infectieuse bovine, diarrhée virale bovine, virus respiratoire syncytial — abîme la muqueuse et abaisse les défenses locales. Les bactéries se multiplient alors massivement et descendent dans les poumons.

Certaines souches de Pasteurella multocida provoquent la forme septicémique, qui envahit le sang et non plus seulement les poumons.

Transport long, à jeun, en forte densité, par temps chaud ou froid.

Mélange d'animaux d'origines différentes dans un même lot : c'est le facteur de risque le plus constant.

Sevrage, changement brutal d'alimentation, écornage ou castration réalisés en même temps que d'autres manipulations.

Bâtiment mal ventilé, chargé en ammoniac et en poussière, ou au contraire exposé aux courants d'air.

Écarts de température marqués entre le jour et la nuit.

Infection virale respiratoire en cours dans le lot.

Animaux jeunes, mal protégés par le colostrum ou non vaccinés.

Transmission

Par les gouttelettes projetées lors de la toux et par les sécrétions du nez, entre animaux proches.

Par contact direct museau à museau, à l'auge et à l'abreuvoir.

Les animaux porteurs sains constituent le réservoir : la maladie ne demande pas toujours l'arrivée d'un animal malade pour se déclarer.

Le matériel, les mangeoires et les abreuvoirs souillés participent à la diffusion dans un lot.

Dans la forme septicémique, les sols et les points d'eau souillés jouent aussi un rôle, notamment en saison humide et chaude.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire prend la température, écoute les deux poumons, apprécie l'effort respiratoire et examine l'ensemble du lot, car d'autres animaux sont souvent atteints sans être encore repérés.

2

La température rectale prise tôt le matin est le meilleur outil de dépistage à la portée de l'éleveur : un animal fiévreux se traite avant qu'il ne s'essouffle.

3

Des prélèvements des voies respiratoires peuvent être réalisés pour identifier la bactérie et tester sa sensibilité aux antibiotiques : c'est particulièrement utile quand plusieurs animaux répondent mal au traitement.

4

La recherche d'un virus associé est souvent pertinente, car elle change la stratégie de prévention du troupeau.

5

En cas de mortalité, un examen de l'animal mort par le vétérinaire oriente le traitement des animaux restants. Attention : devant toute mort subite, il ne faut jamais ouvrir un cadavre soi-même, d'autres maladies graves devant d'abord être écartées.

Traitement

C'est une urgence : le pronostic dépend directement du délai entre les premiers signes et le traitement.

Le traitement repose sur une antibiothérapie prescrite par le vétérinaire, choisie selon les bactéries en cause et, quand c'est possible, selon un antibiogramme. Ni le produit, ni la dose, ni la durée ne s'improvisent.

Un anti-inflammatoire est souvent associé pour faire baisser la fièvre, limiter les lésions des poumons et redonner de l'appétit.

L'animal est isolé au calme, dans un local bien ventilé sans courant d'air, avec de l'eau propre et un aliment appétent à portée.

Allez jusqu'au bout du traitement prescrit, même si l'animal semble aller mieux au bout de deux jours : les arrêts prématurés sont la première cause de rechute et de résistance aux antibiotiques.

Surveillez les autres animaux du lot deux fois par jour : la contagion est rapide.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Limiter le stress au moment des étapes clés : ne pas cumuler sevrage, transport, changement d'alimentation, écornage et vaccination la même semaine.

Préparer les animaux avant un transport : abreuvement, transition alimentaire, chargement calme.

Respecter des lots stables : éviter d'ajouter de nouveaux animaux dans un lot déjà constitué.

Soigner l'ambiance des bâtiments : ventilation efficace sans courant d'air sur les animaux, litière propre et sèche, densité raisonnable, air non chargé en ammoniac.

Assurer une bonne prise de colostrum dans les premières heures de vie : c'est la base de la résistance du veau.

Maîtriser les virus respiratoires du troupeau, car ils ouvrent la voie aux pasteurelles.

Prendre la température des animaux à risque pendant les périodes sensibles, pour intervenir avant l'essoufflement.

Vaccination

Des vaccins existent contre les bactéries responsables, seuls ou associés aux principaux virus respiratoires des bovins.

Des vaccins spécifiques contre la septicémie hémorragique sont utilisés dans les régions où cette forme sévit, en particulier avant la saison des pluies.

La vaccination doit être réalisée suffisamment tôt avant la période à risque — allotement, transport, mise en bâtiment — pour que la protection soit installée le jour où l'animal en a besoin. Vacciner le jour du départ ne sert à rien.

Le choix des valences et le calendrier dépendent des germes présents dans l'élevage et de la conduite du troupeau : ils sont établis par le vétérinaire.

Complications possibles

Lésions pulmonaires irréversibles chez les animaux traités tardivement : l'animal survit mais tousse, grossit mal et reste fragile.

Pleurésie et abcès pulmonaires.

Atteinte des articulations et parfois du cœur ou du système nerveux avec Histophilus somni.

Mortalité, en particulier dans la forme septicémique et chez les jeunes animaux.

Rechutes lorsque le traitement a été arrêté trop tôt.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal respire vite, difficilement, cou tendu ou bouche ouverte : appelez immédiatement le vétérinaire.

Un animal fait de la fièvre, reste en retrait du lot et ne mange plus.

Plusieurs animaux toussent dans les jours qui suivent un transport ou un allotement.

Un gonflement chaud apparaît sous la gorge ou dans la région du poitrail : c'est une urgence.

Un animal est trouvé mort sans signe préalable : prévenez le vétérinaire et n'ouvrez pas le cadavre.

Un animal traité ne va pas mieux au bout de deux jours : le traitement doit être réévalué, pas prolongé au hasard.

Pronostic

Traité dans les premières heures, un animal guérit le plus souvent bien et reprend une croissance normale.

Traité tardivement, il peut survivre avec des poumons durablement abîmés : croissance ralentie, toux persistante, rechutes à chaque stress.

La forme septicémique est très grave : l'évolution est rapide et la mortalité élevée malgré le traitement.

À l'échelle du lot, la qualité de la surveillance quotidienne pèse davantage sur les résultats que le choix du médicament.

Questions fréquentes

Pourquoi mes animaux tombent-ils malades juste après le transport ?

Le transport cumule jeûne, fatigue, promiscuité et mélange d'animaux. Ce stress abaisse les défenses et laisse les bactéries déjà présentes dans le nez envahir les poumons. C'est pour cela qu'on parle de fièvre des transports.

Puis-je traiter moi-même avec un antibiotique qui a marché l'an dernier ?

Non. Le germe en cause et sa sensibilité changent d'un épisode à l'autre, et un produit mal choisi ou mal utilisé fait perdre les heures qui comptent le plus. Le traitement se prescrit, il ne se recopie pas.

Comment repérer un animal malade avant qu'il ne s'essouffle ?

En observant le lot au calme deux fois par jour : l'animal qui reste en arrière, qui ne vient pas à l'auge, dont les oreilles tombent. La prise de température confirme : la fièvre précède les signes respiratoires.

La maladie est-elle transmissible à l'homme ?

Ces bactéries ne provoquent pas de maladie respiratoire chez l'être humain dans les conditions de l'élevage. Les règles d'hygiène habituelles restent bien sûr de mise, notamment le lavage des mains après manipulation des animaux.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceVache
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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