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Pasteurellose ovine
La pasteurellose est la principale cause de pneumonie du mouton et l'une des premières causes de mortalité chez les agneaux sevrés et les jeunes engraissés. Les bactéries responsables sont souvent déjà présentes dans le nez et la gorge d'an...
De quoi s'agit-il ?
La pasteurellose est la principale cause de pneumonie du mouton et l'une des premières causes de mortalité chez les agneaux sevrés et les jeunes engraissés.
Les bactéries responsables sont souvent déjà présentes dans le nez et la gorge d'animaux en bonne santé. Elles ne deviennent dangereuses que lorsqu'une contrainte affaiblit l'animal : transport, changement brutal d'alimentation, sevrage, mélange de lots, mauvaise ventilation, coup de froid ou de chaleur, autre maladie.
Elles descendent alors dans les poumons et provoquent une pneumonie qui évolue vite.
À retenir
Urgence vétérinaire. Chaque heure compte : un agneau qui respire vite et refuse de manger doit être vu le jour même.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Fièvre élevée, animal abattu qui se met à l'écart et refuse de manger.
Respiration rapide, superficielle, flancs qui battent ; l'animal tend le cou et respire la bouche ouverte dans les cas graves.
Toux, parfois discrète, écoulement au nez d'abord clair puis épais.
Animal qui reste couché et ne se relève pas, ou se relève difficilement.
Agneau qui se laisse attraper facilement alors qu'il fuyait la veille : ce détail doit alerter.
Dans la forme suraiguë : mort rapide, en quelques heures, avec peu ou pas de signes préalables.
Dans les formes chroniques : croissance ralentie, toux persistante, animaux qui ne rattrapent jamais leur retard.
Les formes de l'agneau nouveau-né existent aussi, avec abattement et mort rapide.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les bactéries en cause appartiennent au groupe des pasteurelles, principalement Mannheimia haemolytica, ainsi que Bibersteinia trehalosi et Pasteurella multocida.
Ces bactéries vivent normalement dans les voies respiratoires supérieures sans provoquer de maladie.
Un facteur déclenchant rompt cet équilibre : stress, virus respiratoire préalable, poussière et ammoniac dans le bâtiment, parasitisme, carence.
Les bactéries se multiplient alors et gagnent le poumon, où elles provoquent une inflammation étendue et la libération de toxines.
Transport et manipulations : la maladie est si souvent liée au transport qu'elle en a pris le nom populaire de « fièvre de transport ».
Sevrage, changement brutal de ration, mise à l'engraissement.
Mélange d'animaux d'origines différentes dans un même lot.
Bâtiments mal ventilés, surpeuplés, humides, chargés en poussière et en ammoniac.
Variations brutales de température, courants d'air, fortes chaleurs.
Infections respiratoires virales ou parasitaires préexistantes.
Agneaux mal immunisés, ayant reçu trop peu de colostrum.
Transmission
Entre animaux par les gouttelettes émises en toussant et en éternuant, et par les sécrétions du nez.
Par contact direct museau contre museau, à l'auge et à l'abreuvoir.
La maladie se déclare souvent dans les jours qui suivent un transport, un sevrage, un mélange de lots ou un changement de bâtiment.
Le partage d'un même local mal ventilé, avec forte densité et litière chargée en ammoniac, favorise fortement la diffusion.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire ausculte les poumons, prend la température et examine l'ensemble du lot, car les animaux atteints sont rarement isolés.
Il fait le point sur les événements récents : transport, sevrage, changement d'aliment, arrivée de nouveaux animaux, état de la ventilation.
En cas de mortalité, une autopsie sur place apporte des informations décisives : elle oriente le diagnostic bien mieux que des suppositions et permet d'adapter la conduite pour le reste du troupeau.
Des prélèvements peuvent être envoyés au laboratoire, notamment pour identifier la bactérie et tester sa sensibilité aux antibiotiques : c'est particulièrement utile quand plusieurs traitements ont déjà échoué.
Traitement
Le traitement est une urgence : il repose sur des antibiotiques prescrits par le vétérinaire, administrés le plus tôt possible. Un animal traité dès les premiers signes a de bonnes chances de guérir ; traité tardivement, il garde souvent des poumons abîmés.
Les anti-inflammatoires sont fréquemment associés pour faire baisser la fièvre et limiter l'inflammation pulmonaire, sur prescription.
Les animaux malades doivent être placés au calme, dans un local bien ventilé sans courant d'air, avec un accès facile à l'eau et à un aliment appétant.
Lorsque plusieurs animaux d'un même lot sont touchés, le vétérinaire peut décider d'une conduite à l'échelle du lot : lui seul peut en juger.
Les délais d'attente pour la viande et le lait doivent être respectés.
Ne traitez jamais de votre propre initiative avec un antibiotique resté d'un épisode précédent : le mauvais produit fait perdre des heures décisives et favorise les résistances.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Réduire les contraintes autour des périodes sensibles : ne pas cumuler transport, sevrage et changement d'alimentation la même semaine.
Soigner la ventilation des bâtiments : de l'air renouvelé sans courant d'air froid sur les animaux, une litière sèche, une odeur d'ammoniac qui ne prend pas à la gorge quand on entre.
Limiter la densité, éviter de mélanger des animaux d'origines différentes.
Assurer une bonne prise de colostrum chez les agneaux dans les premières heures de vie.
Surveiller les lots après chaque transport ou changement, et repérer tôt les animaux qui s'isolent.
Maîtriser le parasitisme et l'alimentation, qui conditionnent la résistance des jeunes.
Isoler rapidement tout animal qui tousse ou respire mal.
Vaccination
Des vaccins contre les pasteurelles existent et sont largement utilisés en élevage ovin, souvent associés à la protection contre les entérotoxémies dans un même produit.
Ils s'intègrent à un calendrier : vaccination des brebis avant l'agnelage pour protéger les agneaux par le colostrum, puis vaccination des jeunes. Le calendrier exact est établi par le vétérinaire selon la conduite du troupeau et la période à risque.
La protection n'est jamais totale : la vaccination diminue la fréquence et la gravité des cas, elle ne remplace ni une bonne ventilation, ni la limitation des contraintes.
Vacciner un animal déjà malade est inutile : la vaccination est une mesure d'anticipation.
Complications possibles
Mort rapide dans les formes suraiguës, avant même que le traitement ait pu agir.
Lésions pulmonaires définitives chez les survivants : animaux essoufflés, qui grossissent mal et restent à la traîne.
Pleurésie et abcès pulmonaires, avec saisie de la carcasse à l'abattoir.
Rechutes à l'occasion d'une nouvelle contrainte.
Pertes en série dans un lot d'engraissement quand la source de contrainte n'est pas corrigée.
Quand consulter un vétérinaire
Un agneau respire vite, les flancs battants, ou respire la bouche ouverte : appelez immédiatement.
Un animal est abattu, fiévreux, refuse de manger et s'isole du lot.
Plusieurs animaux toussent dans les jours qui suivent un transport, un sevrage ou un mélange de lots.
Un animal est trouvé mort sans signe préalable : faites examiner le cadavre plutôt que de l'écarter, cela protège le reste du troupeau.
Un animal traité ne s'améliore pas dans les délais annoncés par le vétérinaire.
Pronostic
Traitée dans les premières heures, la pneumonie évolue favorablement dans une bonne part des cas.
Traitée tard, elle laisse des séquelles pulmonaires : croissance perdue, animaux qui ne rattraperont pas leur retard.
Les formes suraiguës sont souvent mortelles malgré tout.
À l'échelle du lot, le pronostic dépend surtout de la correction des causes : tant que la ventilation, la densité ou la conduite du sevrage ne changent pas, les cas se répètent.
Questions fréquentes
Pourquoi mes agneaux tombent-ils malades juste après le transport ?
Le transport cumule stress, poussière, promiscuité et jeûne. Les bactéries déjà présentes dans les voies respiratoires en profitent pour descendre dans les poumons. C'est pour cela qu'on parle de « fièvre de transport » et qu'il faut surveiller de près les lots dans les jours qui suivent l'arrivée.
Un animal trouvé mort sans rien avoir montré, est-ce possible ?
Oui, c'est même caractéristique des formes suraiguës. Faites examiner le cadavre par le vétérinaire : une autopsie sur place oriente rapidement et permet de protéger les autres animaux du lot.
La vaccination suffit-elle à régler le problème ?
Non, mais elle aide beaucoup. Elle réduit la fréquence et la gravité des cas. Sans ventilation correcte, sans limitation de la densité et sans étalement des contraintes autour du sevrage, les cas continueront d'apparaître.
Puis-je réutiliser l'antibiotique qui avait marché l'an dernier ?
Non. La bactérie en cause et sa sensibilité peuvent être différentes, et un traitement inadapté fait perdre les heures qui comptent tout en favorisant les résistances. Appelez votre vétérinaire, c'est lui qui prescrit.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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