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Photosensibilisation
Certaines substances rendent la peau anormalement sensible à la lumière du soleil. Quand elles circulent dans le sang, les rayons du soleil déclenchent une véritable brûlure là où la peau est peu protégée : museau, oreilles, paupières, mame...
De quoi s'agit-il ?
Certaines substances rendent la peau anormalement sensible à la lumière du soleil. Quand elles circulent dans le sang, les rayons du soleil déclenchent une véritable brûlure là où la peau est peu protégée : museau, oreilles, paupières, mamelle, vulve, bourrelet au-dessus des onglons, et toutes les zones blanches ou tondues.
Les animaux à peau pigmentée sont épargnés au même endroit, ce qui donne l'aspect caractéristique de lésions limitées aux taches blanches.
Deux mécanismes existent. Dans le premier, la substance vient directement d'une plante ingérée ou d'un produit administré. Dans le second, plus grave, le foie est abîmé et n'élimine plus un pigment issu de la digestion de l'herbe : ce pigment s'accumule et rend la peau sensible.
À retenir
Des lésions cutanées accompagnées de muqueuses jaunes signalent une atteinte du foie et non un simple coup de soleil : c'est une situation grave qui concerne souvent tout le lot.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les animaux deviennent agités, cherchent l'ombre, secouent la tête, se frottent.
Gonflement des oreilles, des paupières et du museau ; les oreilles deviennent lourdes et tombantes.
Peau rouge, chaude, très douloureuse au toucher sur les zones claires.
Ensuite, suintement, croûtes épaisses, puis décollement de la peau en larges plaques ; le bout des oreilles peut se nécroser et tomber.
Lésions de la mamelle qui rendent la tétée douloureuse : les agneaux ne sont plus laissés au pis.
Boiterie quand le bourrelet au-dessus des onglons est touché.
Baisse d'appétit, animaux qui restent couchés à l'ombre et ne pâturent plus.
Dans les formes liées au foie, des muqueuses jaunes et un abattement marqué s'ajoutent au tableau cutané.
Plusieurs animaux du même lot sont souvent atteints en même temps, ce qui oriente vers une cause alimentaire commune.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Cause directe : ingestion de plantes contenant des substances photosensibilisantes, comme le millepertuis ou le sarrasin, ou administration de certains médicaments et produits qui sensibilisent la peau.
Cause hépatique, plus fréquente et plus grave : le foie est lésé et ne parvient plus à éliminer un pigment issu de la dégradation de la chlorophylle de l'herbe. Ce pigment s'accumule dans le sang et rend la peau sensible au soleil.
Les atteintes du foie viennent de plantes toxiques consommées au pâturage, de moisissures présentes sur les chaumes et les fourrages, ou d'une intoxication, notamment par excès de cuivre chez le mouton.
Un fort ensoleillement est toujours nécessaire : la maladie apparaît par temps clair, et les lésions sont plus marquées chez les animaux fraîchement tondus.
Animaux blancs, à face claire ou à zones dépigmentées.
Tonte récente, qui expose une peau qui n'a pas vu le soleil.
Pâturage sur des parcelles envahies par des plantes photosensibilisantes ou toxiques pour le foie.
Pâturage de chaumes et de repousses par temps chaud et humide, propice aux moisissures.
Fortes chaleurs et ensoleillement intense, situation courante au Maghreb au printemps et en été.
Administration récente d'un produit sans avis vétérinaire.
Antécédent d'excès de cuivre dans l'élevage.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire examine les lésions et leur répartition, qui est très évocatrice, et détermine s'il s'agit d'une forme directe ou d'une atteinte du foie.
Une prise de sang évalue le fonctionnement du foie : c'est l'examen clé, car il oriente le pronostic et la conduite à tenir pour tout le troupeau.
Il faut inspecter la parcelle et les fourrages, rechercher les plantes en cause et les moisissures, et faire la liste de tous les produits administrés récemment.
Le vétérinaire écarte les autres maladies de peau : gale, ecthyma contagieux, dermatophilose, piqûres et brûlures banales.
Les autres animaux du lot doivent être examinés, même ceux qui ne montrent encore rien.
Traitement
Le premier geste est immédiat et ne coûte rien : soustraire les animaux au soleil. Les rentrer en bâtiment ou sous abri pendant la journée, changer de parcelle, et ne les sortir qu'à la tombée du jour.
Retirer sans délai la source suspectée : parcelle, fourrage moisi, produit administré.
Le vétérinaire prend en charge la douleur et l'inflammation, prévient ou traite les infections des plaies, et soigne les lésions de la peau. Les produits et leurs quantités relèvent de sa prescription.
Quand le foie est en cause, il met en place un accompagnement adapté et évalue les chances de récupération.
Les soins de confort comptent beaucoup : eau et fourrage à portée, litière propre et sèche, protection contre les mouches qui se posent sur les plaies, aide à l'allaitement quand la mamelle est atteinte.
Ne jamais appliquer de produit corrosif, de goudron ou d'huile de moteur sur ces peaux brûlées : c'est une pratique répandue qui aggrave les lésions.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Offrir de l'ombre sur toutes les parcelles, naturelle ou artificielle, et laisser les animaux y accéder librement aux heures chaudes.
Faire pâturer tôt le matin et en fin de journée pendant les périodes de fort ensoleillement.
Inspecter les parcelles et éliminer les plantes reconnues comme photosensibilisantes ou toxiques pour le foie ; éviter de faire pâturer les zones envahies.
Ne pas distribuer de fourrage moisi et éviter de faire pâturer des chaumes et repousses chargés de moisissures par temps chaud et humide.
Éviter de sortir en plein soleil des animaux fraîchement tondus ; prévoir la tonte et la mise à l'abri en conséquence.
Ne jamais administrer de médicament ou de produit sans avis vétérinaire : certains rendent la peau sensible au soleil.
Respecter scrupuleusement les règles de complémentation en cuivre chez le mouton, l'excès étant une cause d'atteinte du foie.
Complications possibles
Infection des plaies, aggravée par les mouches et la ponte d'asticots par temps chaud.
Perte du bout des oreilles ou de zones de peau étendues.
Mammite et arrêt de l'allaitement quand la mamelle est atteinte.
Amaigrissement marqué chez les animaux qui cessent de pâturer.
Dans les formes liées au foie, atteinte durable de cet organe, jaunisse persistante et mort.
Récidive systématique tant que la cause n'est pas identifiée et supprimée.
Quand consulter un vétérinaire
Les oreilles, les paupières ou le museau de vos animaux gonflent et deviennent douloureux.
Des croûtes ou des décollements de peau apparaissent uniquement sur les zones blanches ou tondues.
Plusieurs animaux du même lot sont touchés en même temps : cherchez une cause alimentaire et appelez.
Les muqueuses ou le blanc de l'œil sont jaunes : c'est un signe d'atteinte du foie, consultez sans attendre.
Une brebis refuse la tétée à cause de lésions de la mamelle.
Des lésions apparaissent après un changement de parcelle, une tonte ou l'administration d'un produit : signalez-le, c'est une information décisive.
Pronostic
Bon dans les formes directes : une fois la source retirée et les animaux mis à l'ombre, la peau cicatrise en quelques semaines, même si l'aspect reste marqué.
Réservé à sombre dans les formes liées au foie : la peau n'est que la partie visible d'une atteinte plus profonde, et l'évolution dépend de la gravité des lésions hépatiques.
Les récidives sont la règle si la parcelle, le fourrage ou le produit responsable ne sont pas identifiés et écartés.
Questions fréquentes
Pourquoi seuls mes moutons blancs sont-ils touchés ?
Parce que le pigment de la peau protège des rayons du soleil. Les zones blanches, dépigmentées ou fraîchement tondues n'ont pas cette protection : ce sont elles qui brûlent, ce qui donne la répartition très caractéristique des lésions.
Est-ce contagieux pour le reste du troupeau ?
Non. Ce n'est pas une maladie qui se transmet d'un animal à l'autre. Si plusieurs animaux sont atteints en même temps, c'est parce qu'ils partagent la même parcelle, le même fourrage ou le même produit.
Puis-je appliquer une pommade ou une huile sur les plaies ?
N'appliquez rien sans avis. Les pratiques traditionnelles à base de goudron, d'huile ou de produits corrosifs aggravent des brûlures déjà profondes. Mettez les animaux à l'ombre, protégez-les des mouches et appelez le vétérinaire.
Faut-il faire une prise de sang alors que je ne vois qu'un problème de peau ?
Oui, c'est utile. Elle permet de savoir si le foie est en cause, ce qui change entièrement le pronostic et la conduite à tenir pour le reste du troupeau exposé à la même cause.
Références
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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