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Maladie parasitaire Mouton

Phtiriose (poux des ovins)

Les poux des ovins sont de petits insectes qui vivent en permanence dans la toison et sur la peau du mouton. Ils ne quittent jamais l'animal, sauf pour passer sur un voisin au contact. Il en existe deux sortes, et la distinction change tout...

De quoi s'agit-il ?

Les poux des ovins sont de petits insectes qui vivent en permanence dans la toison et sur la peau du mouton. Ils ne quittent jamais l'animal, sauf pour passer sur un voisin au contact.

Il en existe deux sortes, et la distinction change tout. Les poux broyeurs mangent les débris de peau et les fibres de laine : ils irritent, font gratter et détruisent la toison. Les poux piqueurs percent la peau et se nourrissent de sang : ils peuvent, en grand nombre, rendre les animaux anémiés.

Les poux piqueurs se logent surtout là où la laine est courte ou absente : la tête, autour des yeux, le cou, le bas des pattes. Les poux broyeurs préfèrent le dos, les épaules et les flancs, sous la laine longue.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Démangeaisons continues : les animaux se frottent contre les murs, les piquets, les mangeoires et les cornadis, se mordillent les flancs, se grattent avec les pattes arrière.

Toison ébouriffée, mèches arrachées, touffes de laine accrochées aux clôtures et aux angles de la bergerie.

Laine sale, terne, feutrée, parfois parsemée de petits débris clairs à la base des mèches : ce sont les lentes, les œufs collés aux fibres, impossibles à faire glisser avec l'ongle.

En écartant la laine en plein jour, on aperçoit de petits insectes qui bougent à la surface de la peau. Ils sont minuscules mais visibles à l'œil nu quand on prend le temps de regarder.

Peau rouge, croûteuse, avec des écorchures de grattage sur le dos, les épaules et les flancs.

Avec les poux piqueurs, en infestation lourde : intérieur de la paupière et gencives pâles, animaux fatigués, agneaux qui stagnent.

Animaux agités en bergerie, qui se lèvent la nuit, mangent par à-coups et perdent de l'état.

Les signes sont maximaux en fin d'hiver et s'atténuent nettement dans les semaines qui suivent la tonte.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Le pou accomplit toute sa vie sur le mouton : il pond ses œufs collés aux fibres de laine, les jeunes éclosent sur place et se reproduisent sans jamais quitter l'animal.

Hors de l'hôte, le pou ne survit que très peu de temps. La bergerie n'est donc pas un réservoir durable : ce sont les animaux porteurs qui entretiennent l'infestation.

La toison longue crée un microclimat chaud et humide au ras de la peau, exactement ce qu'il faut aux poux pour se multiplier. C'est pourquoi les populations gonflent l'hiver et s'effondrent après la tonte et sous le soleil d'été.

Un petit nombre de porteurs discrets, souvent des animaux âgés ou en mauvais état, suffit à relancer une infestation généralisée à l'automne suivant.

Les démangeaisons ne viennent pas seulement de la morsure : la peau réagit aux déjections et aux débris laissés par les poux, et cette réaction entretient le grattage bien après que le nombre de parasites a diminué.

Hébergement en bâtiment pendant l'hiver, forte densité d'animaux, aération insuffisante.

Toison longue, tonte tardive ou absence de tonte.

Animaux mal nourris, carencés, âgés, ou déjà affaiblis par des parasites internes : ce sont eux qui portent les plus grosses populations et qui contaminent le reste du lot.

Achats sans quarantaine ni examen de la peau sous la laine.

Mélange de lots d'origines différentes, prêts de béliers, retours de transhumance.

Traitement limité aux seuls animaux qui se grattent, laissant des porteurs dans le troupeau.

Matériel de tonte partagé entre exploitations sans désinfection.

Transmission

Par contact direct entre animaux, c'est le mode principal : bergerie d'hiver, animaux serrés à l'auge, mère et agneau, béliers prêtés.

Par la laine fraîchement laissée sur les mangeoires, les barrières et les zones de frottement, sur une courte durée seulement.

Par le matériel de tonte, les bétaillères et les parcs de tri utilisés d'un troupeau à l'autre sans nettoyage.

Par l'introduction d'un animal acheté en foire ou revenu d'un rassemblement, souvent sans signe visible sous une laine longue.

Ces poux sont spécifiques du mouton : ils ne s'installent ni sur l'homme, ni sur les autres espèces de la ferme.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le diagnostic se fait sur l'animal vivant, en écartant la laine à la base des mèches, en plein jour, sur plusieurs zones du corps : dos, épaules, flancs, cou, tête et bas des pattes. Les poux et les lentes se voient à l'œil nu, mais il faut chercher au bon endroit et prendre le temps.

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Le vétérinaire examine plusieurs animaux du lot, pas seulement celui qui a alerté : l'importance réelle de l'infestation ne se juge jamais sur un seul mouton.

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Son rôle principal est de faire la différence avec les autres causes de démangeaison du mouton, qui se ressemblent beaucoup vues de loin : la gale, le faux pou du mouton, la teigne, la dermatophilose. Les traitements et les obligations sanitaires ne sont pas du tout les mêmes, et traiter au hasard fait perdre une saison.

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En cas de doute, un raclage de peau examiné au microscope permet d'écarter la gale, qui est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.

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Si des animaux ont les muqueuses pâles, le vétérinaire recherche en parallèle les parasites internes : les deux problèmes touchent souvent les mêmes animaux, et l'anémie vient rarement des seuls poux.

Traitement

Des antiparasitaires externes adaptés aux ovins, en application cutanée le long du dos, en bain ou en pulvérisation, ainsi que certains antiparasitaires injectables, éliminent les poux. Le choix du produit et de la voie revient au vétérinaire : les produits injectables agissent bien sur les poux piqueurs, qui se nourrissent de sang, mais beaucoup moins sur les poux broyeurs, qui mangent la peau et la laine. C'est une différence essentielle et une source classique d'échec.

Tout le troupeau se traite en même temps, jamais les seuls animaux qui se grattent : les porteurs discrets recontaminent le lot dans les jours qui suivent.

Le moment le plus favorable est juste après la tonte. La laine courte laisse le produit atteindre la peau, là où vivent les parasites ; sur une toison longue, un traitement externe glisse sur les fibres sans jamais toucher son but.

Les œufs collés aux fibres ne sont pas atteints par la plupart des produits : un second passage est souvent nécessaire pour détruire les poux éclos après le premier. Le vétérinaire fixe la conduite et l'intervalle.

Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise. Les produits destinés à d'autres espèces, les préparations maison, le gasoil, les huiles de vidange et les produits ménagers sont inefficaces, brûlent la peau et sont dangereux pour la personne qui les manipule.

Les animaux amaigris ont besoin d'une meilleure alimentation en même temps que du traitement : un mouton en bon état supporte les poux beaucoup mieux qu'un mouton maigre.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait diffèrent d'un produit à l'autre et doivent être demandés au vétérinaire avant tout abattage ou toute traite.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Mettre en quarantaine tout animal acheté ou revenu d'un rassemblement, examiner sa peau sous la laine et décider du traitement avec le vétérinaire avant de l'intégrer au troupeau.

Tondre régulièrement : la tonte est à la fois le meilleur moment pour repérer les infestations et le meilleur moment pour traiter.

Profiter de la contention à la tonte pour inspecter systématiquement la peau de chaque animal.

Éviter d'entasser les animaux en bergerie l'hiver et assurer une bonne aération.

Nettoyer le matériel de tonte entre les troupeaux et tondre les lots sains avant les lots suspects, jamais l'inverse.

Maintenir un bon état nutritionnel : les animaux bien nourris hébergent moins de poux et récupèrent plus vite.

Repérer et réformer les quelques animaux qui se grattent chaque hiver malgré les traitements : ce sont souvent eux qui relancent l'infestation d'une année sur l'autre.

Complications possibles

Toison arrachée, feutrée et souillée, qui perd toute valeur à la vente.

Plaies de grattage qui s'infectent et attirent les mouches dès que la chaleur revient, avec un vrai risque de myiases.

Anémie chez les animaux fortement infestés par les poux piqueurs, en particulier les agneaux.

Retard de croissance et carcasses plus légères, simplement parce que les animaux passent leur temps à se frotter au lieu de manger.

Aggravation nette quand des parasites internes s'ajoutent à l'infestation externe : les deux se cumulent sur les mêmes animaux fragiles.

Infestation qui revient chaque hiver lorsque le traitement a été partiel ou mal positionné dans la saison.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux se frottent en permanence contre les murs, les barrières ou les mangeoires.

Des touffes de laine restent accrochées aux clôtures et la toison s'ébouriffe.

Vous voyez de petits insectes bouger à la base des mèches en écartant la laine.

Des petits grains clairs sont collés aux fibres de laine et ne partent pas à l'ongle.

Un animal a les muqueuses pâles ou maigrit alors qu'il est correctement nourri.

Les agneaux ne prennent pas de poids en bergerie pendant l'hiver.

Vous hésitez entre poux et gale : faites trancher par le vétérinaire, car les traitements et les obligations sanitaires diffèrent.

Pronostic

Le pronostic est bon : correctement traitée à l'échelle du troupeau et au bon moment, l'infestation se maîtrise sans séquelle.

La laine, elle, met plusieurs mois à repousser normalement et la toison de l'année reste dévaluée.

Les animaux anémiés ou en retard de croissance récupèrent avec une bonne alimentation, mais les agneaux les plus touchés gardent souvent un décalage définitif.

Les récidives viennent presque toujours des mêmes causes : traitement partiel, produit mal choisi pour le type de poux, application sur une laine trop longue, ou animal introduit sans quarantaine.

Questions fréquentes

Mon mouton se gratte, comment savoir si ce sont des poux ou la gale ?

Vous ne pouvez pas le savoir à l'œil seul, et c'est la confusion la plus fréquente. Les poux se voient en écartant la laine en plein jour ; l'acarien de la gale, lui, est invisible et demande un raclage de peau examiné au microscope. Comme les traitements et les obligations sanitaires diffèrent, faites confirmer par le vétérinaire avant d'acheter un produit.

Est-ce que je risque d'attraper les poux de mes moutons ?

Non. Ces poux sont spécifiques du mouton et ne s'installent pas sur l'homme ni sur les autres animaux de la ferme. Se laver les mains après manipulation reste une bonne habitude, mais il n'y a pas de risque de contamination.

J'ai fait un injectable et ils se grattent toujours, pourquoi ?

Probablement parce qu'il s'agit de poux broyeurs, qui mangent la peau et la laine sans prendre de sang : les produits injectables les atteignent mal. C'est exactement le genre de situation où le vétérinaire doit identifier le parasite avant de choisir la voie de traitement.

Faut-il traiter avant ou après la tonte ?

Après. Sur une laine longue, un produit externe reste dans les fibres et n'atteint jamais la peau, où vivent les parasites. Juste après la tonte, le traitement va au bon endroit et l'on repère au passage les animaux les plus infestés.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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