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Piétin ovin

Le piétin est l'infection contagieuse du pied du mouton. C'est l'une des maladies les plus répandues et les plus coûteuses des élevages ovins, et l'une des principales causes de boiterie. L'infection commence entre les onglons, dans la peau...

De quoi s'agit-il ?

Le piétin est l'infection contagieuse du pied du mouton. C'est l'une des maladies les plus répandues et les plus coûteuses des élevages ovins, et l'une des principales causes de boiterie.

L'infection commence entre les onglons, dans la peau fine de l'espace interdigité, puis progresse sous la corne, qu'elle décolle. Dans les formes avancées, l'onglon se déchausse.

Une brebis boiteuse souffre. Elle se déplace moins, broute moins, maigrit, produit moins de lait, avorte parfois et se reproduit moins bien. Le poids de cette maladie ne se mesure pas au nombre de morts mais au nombre d'animaux qui vont mal en permanence.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Boiterie, d'abord d'un pied, souvent d'un membre antérieur, puis de plusieurs.

Mouton qui broute à genoux, reste couché, se lève difficilement, se laisse distancer par le lot.

Peau rouge, humide et irritée entre les onglons, avec une odeur caractéristique très forte.

Corne décollée à la jonction avec la peau, matière grise ou noirâtre sous la corne, onglon qui se déchausse dans les formes avancées.

Onglons trop longs, déformés.

Douleur nette à la manipulation du pied.

Amaigrissement, laine ou poil qui se dégrade, baisse de la production laitière.

Dans un troupeau atteint, plusieurs animaux boitent en même temps, et le nombre augmente par temps humide.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Le piétin est dû à l'association de deux bactéries. L'une, présente dans le sol et les fèces, abîme la peau entre les onglons. L'autre, Dichelobacter nodosus, est la véritable responsable : elle décolle la corne et ne survit pas longtemps en dehors du pied du mouton.

C'est un point capital : le réservoir de la maladie, ce sont les moutons infectés du troupeau, pas le sol. Le sol contaminé cesse d'être dangereux après un certain temps sans moutons, alors qu'un animal porteur, lui, entretient l'infection indéfiniment.

L'humidité et la chaleur ramollissent la peau et la corne : elles ouvrent la porte, mais elles ne créent pas la maladie à elles seules.

Des formes de gravité différente existent selon la souche de bactérie en cause, ce qui explique que certains troupeaux souffrent beaucoup plus que d'autres.

Achat d'animaux sans quarantaine ni examen des pieds.

Saisons et zones humides, terrains boueux, abords d'abreuvoirs détrempés.

Litière humide et sale en bergerie, forte densité d'animaux.

Parage négligé, onglons longs qui retiennent la boue.

Parage trop agressif, qui met la chair à vif et facilite l'infection.

Mélange d'animaux d'origines différentes, rassemblements et transports.

Moutons déjà affaiblis ou carencés, animaux âgés.

Absence d'isolement des boiteux : les mêmes zones de passage se recontaminent en permanence.

Transmission

La transmission se fait de pied à pied, par le sol, la litière et les zones de passage humides où les animaux s'attroupent : abords des abreuvoirs, couloirs de contention, entrées de bergerie.

Les animaux boiteux sèment les bactéries partout où ils passent : c'est pourquoi leur isolement est la mesure la plus efficace au quotidien.

L'introduction d'animaux achetés est la voie d'entrée numéro un dans un troupeau sain. Un animal peut être porteur sans boiter de façon visible.

Le matériel de parage passé d'un pied malade à un pied sain sans être désinfecté transporte l'infection.

Les périodes humides et les rassemblements d'animaux multiplient la contagion.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Faites examiner les premiers boiteux plutôt que d'attendre : toutes les boiteries ne sont pas du piétin, et le traitement n'est pas le même.

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Le vétérinaire relève et examine les pieds un par un, apprécie la lésion, son odeur et son étendue, et détermine s'il s'agit du piétin ou d'autre chose : abcès de pied, corps étranger, blessure, fourchet simple, ou maladie touchant plusieurs articulations.

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Il établit avec vous un plan à l'échelle du troupeau, car traiter un animal isolé sans agir sur le lot ne mène nulle part.

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Il évalue la fréquence des cas, l'organisation des lots et des passages, la conduite du parage, et la place éventuelle du pédiluve et de la vaccination.

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Dans les troupeaux très atteints, il peut proposer une stratégie d'élimination des animaux qui rechutent : ce sont eux qui entretiennent la maladie.

Traitement

Le traitement est individuel et collectif à la fois.

Sur l'animal : parage prudent des zones décollées pour aérer la lésion, sans mettre la chair à vif, et traitement prescrit par le vétérinaire. Selon la gravité, un traitement local, un traitement général par antibiotique, et une prise en charge de la douleur.

La douleur ne doit pas être négligée : une brebis boiteuse ne se nourrit pas correctement, et c'est là que se fait la perte économique.

Isolez systématiquement les animaux boiteux du reste du lot, sur une aire sèche : c'est la mesure la plus efficace pour arrêter la propagation.

Le pédiluve est un outil collectif utile, à la condition d'être utilisé correctement : pieds propres au départ, temps de passage suffisant, animaux mis à ressuyer sur une aire sèche à la sortie, solution renouvelée quand elle est sale. Le produit, sa concentration et le rythme des passages relèvent de la prescription du vétérinaire : mal utilisé, un pédiluve brûle les pieds ou ne sert à rien.

Désinfectez le matériel de parage entre chaque animal, sans quoi vous transportez la maladie de pied en pied.

Les animaux qui rechutent malgré des traitements bien conduits doivent être réformés : ils entretiennent l'infection dans le troupeau.

Aucun produit, aucune dose ne doit être repris d'un voisin ou d'une année sur l'autre : demandez la conduite à votre vétérinaire.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Quarantaine systématique des animaux achetés, avec examen et parage des pieds avant de les mêler au troupeau : c'est la mesure la plus importante, car le piétin entre presque toujours par un achat.

Inspecter régulièrement les pieds et repérer tôt les boiteux.

Isoler immédiatement tout animal qui boite, et le traiter.

Entretenir les onglons par un parage régulier et mesuré, ni négligé ni excessif.

Assécher les zones de passage, drainer les abords des abreuvoirs et des portes, empierrer les couloirs boueux.

Litière propre, sèche et abondante en bergerie, densité raisonnable.

Désinfecter le matériel de parage entre les animaux.

Ne pas repasser les animaux traités sur les zones où les boiteux ont séjourné juste avant.

Réformer les animaux à rechutes répétées.

Tenir un suivi écrit des animaux boiteux : il permet de repérer ceux qui reviennent chaque année.

Vaccination

Un vaccin contre la bactérie du piétin existe et est utilisé dans plusieurs pays comme aide à la maîtrise dans les troupeaux atteints. Sa disponibilité varie selon les régions.

Il réduit la gravité et la fréquence des lésions, mais il ne suffit jamais à lui seul : sans parage, sans isolement des boiteux, sans assèchement des zones de passage et sans quarantaine à l'achat, la maladie revient.

Le moment de la vaccination et le nombre d'injections doivent être décidés par le vétérinaire en fonction de la saison et de la situation du troupeau.

Des réactions locales au point d'injection sont possibles : votre vétérinaire vous expliquera ce qui est attendu et ce qui doit vous alerter.

Complications possibles

Amaigrissement et chute d'état corporel chez les animaux boiteux, qui broutent moins.

Baisse de la production laitière et mauvaise croissance des agneaux allaités.

Baisse de fertilité, béliers qui ne saillissent plus faute de pouvoir se déplacer.

Avortement chez les brebis très atteintes.

Déchaussement de l'onglon et déformations permanentes du pied.

Infections plus profondes du pied, abcès, atteinte des articulations.

Dans les troupeaux non maîtrisés, maladie installée en permanence, avec des vagues à chaque période humide.

Souffrance chronique des animaux, avec un impact direct sur leur bien-être.

Quand consulter un vétérinaire

Un ou plusieurs de vos moutons boitent, même légèrement.

Un animal broute à genoux ou reste couché à l'écart du lot.

Vous sentez une odeur forte en relevant un pied, ou vous voyez la corne se décoller.

Un onglon se déchausse ou le pied est très gonflé.

Le nombre de boiteux augmente d'une semaine à l'autre.

Des animaux rechutent malgré les traitements déjà faits.

Vous venez d'introduire des animaux achetés et des boiteries apparaissent dans les semaines qui suivent.

Pronostic

Un animal traité tôt guérit généralement bien, avec un pied qui redevient normal.

Un animal traité tard, avec un onglon déchaussé, garde souvent une déformation et rechute.

À l'échelle du troupeau, la maîtrise est possible mais elle demande de la constance : elle repose sur la quarantaine à l'achat, l'isolement immédiat des boiteux, le parage, l'assèchement des passages et la réforme des rechutes. Les élevages qui appliquent l'ensemble voient les boiteries devenir rares.

Questions fréquentes

Le piétin part-il tout seul quand le temps sèche ?

Le nombre de cas visibles diminue, mais la maladie ne disparaît pas : des animaux restent porteurs et relancent tout à la période humide suivante. C'est pour cela qu'il faut traiter et isoler même quand la situation semble s'améliorer.

Faut-il parer tous les moutons systématiquement ?

Un parage régulier et mesuré est utile, mais un parage trop agressif met la chair à vif et aggrave l'infection. Demandez à votre vétérinaire de vous montrer le geste juste, et désinfectez le matériel entre chaque animal.

Le pédiluve suffit-il à régler le problème ?

Non. C'est un outil d'appoint, efficace seulement s'il est bien utilisé et s'il accompagne l'isolement des boiteux, le parage et l'assèchement des zones de passage. Le produit et la façon de l'utiliser se demandent au vétérinaire.

Comment éviter de faire entrer le piétin dans mon troupeau ?

En n'introduisant jamais un animal acheté sans quarantaine et sans examen des pieds. C'est de très loin la voie d'entrée principale, et un animal peut être porteur sans boiter franchement.

Une brebis boiteuse, est-ce vraiment grave si elle mange encore ?

Oui. Elle souffre, elle se déplace moins et broute moins que les autres : elle maigrit, produit moins de lait et se reproduit moins bien. Et tant qu'elle reste dans le lot, elle contamine ses congénères.

Le piétin est-il dangereux pour l'homme ?

Non, les bactéries en cause ne se transmettent pas à l'être humain. Il reste prudent de se laver les mains après avoir manipulé des pieds et de porter des gants en cas de plaie.

Références

MSD Veterinary Manual

EFSA — Autorité européenne de sécurité des aliments

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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