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Maladie bactérienne Mouton, Chèvre

Pleurésie ovine

La plèvre est une double membrane très fine : l'une tapisse l'intérieur de la cage thoracique, l'autre enveloppe le poumon. Entre les deux, un film de liquide leur permet de glisser l'une sur l'autre à chaque respiration, sans frottement. D...

De quoi s'agit-il ?

La plèvre est une double membrane très fine : l'une tapisse l'intérieur de la cage thoracique, l'autre enveloppe le poumon. Entre les deux, un film de liquide leur permet de glisser l'une sur l'autre à chaque respiration, sans frottement.

Dans la pleurésie, cette membrane s'enflamme. Les deux feuillets deviennent rugueux et frottent l'un contre l'autre, ou bien du liquide et du pus s'accumulent entre eux et compriment le poumon.

Le résultat est double : une douleur vive à chaque mouvement respiratoire, et un poumon qui ne peut plus se déployer. L'animal respire alors vite et peu profondément, parce que respirer à fond lui fait mal.

À retenir

La pleurésie est une affection très douloureuse et rapidement mortelle. Un mouton qui respire vite, grogne à l'expiration et refuse de bouger doit être vu par un vétérinaire le jour même. Ne tentez jamais de ponctionner le thorax vous-même.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Une respiration rapide et superficielle, très caractéristique : l'animal multiplie les petits mouvements plutôt que de respirer profondément, parce que l'ampliation du thorax est douloureuse.

Un grognement bref à chaque expiration, parfois audible à quelques mètres, signe d'une douleur importante.

Coudes écartés du corps et cou tendu : l'animal cherche la position qui ouvre le plus la cage thoracique.

Refus de bouger, animal qui reste debout immobile, dos voussé, qui hésite à se coucher ou change constamment de position parce qu'aucune ne le soulage.

Toux courte, retenue, comme réprimée : contrairement à la toux franche d'une pneumonie, l'animal semble se retenir de tousser tant cela lui fait mal.

Fièvre le plus souvent élevée, abattement marqué, refus total de s'alimenter.

Animal qui grince des dents ou gémit, signe de douleur chez le mouton.

Amaigrissement rapide dans les formes qui traînent, avec un animal qui se déshydrate car il ne boit plus.

Dans les formes avancées : animal couché qui ne se relève plus, muqueuses bleutées, détresse respiratoire.

Un point important : la pleurésie est souvent découverte tardivement, car un mouton exprime peu la douleur et se fond dans le troupeau. Un animal qui ne suit plus, immobile à l'écart avec une respiration rapide, doit être examiné de près.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

L'extension d'une pneumonie jusqu'à la surface du poumon : les bactéries franchissent la dernière couche de tissu et gagnent la plèvre. C'est la situation la plus fréquente, souvent sur un animal dont la pneumonie n'a pas été traitée assez longtemps.

La pasteurellose ovine, qui dans sa forme thoracique associe régulièrement une atteinte du poumon et de la plèvre.

La rupture d'un abcès pulmonaire dans la cavité du thorax, qui y déverse du pus d'un coup : l'aggravation est alors brutale.

Une pneumonie d'inhalation après drenchage ou biberonnage raté, avec des bactéries de la bouche particulièrement agressives pour la plèvre.

Une plaie pénétrante de la paroi du thorax : coup de corne, morsure de chien, blessure sur une ferraille ou un piquet, accident lors d'une intervention. Toute plaie du thorax doit être considérée comme sérieuse, même petite en apparence.

Une infection venue d'ailleurs par le sang, à partir d'une mammite, d'une métrite ou d'un nombril infecté chez l'agneau.

Chez la chèvre, il existe en outre une forme contagieuse spécifique due à un mycoplasme, la pleuropneumonie contagieuse caprine, qui est une maladie réglementée : devant plusieurs chèvres atteintes en même temps, le vétérinaire doit être prévenu sans délai.

Épisode respiratoire récent dans le lot, en particulier pneumonie enzootique ou pasteurellose.

Traitement antibiotique interrompu trop tôt lors d'une pneumonie précédente.

Antécédent de drenchage difficile, de fausse déglutition ou d'administration d'huile par la bouche.

Animal porteur d'abcès pulmonaires connus ou suspectés.

Plaies du thorax : bâtiments avec ferrailles, piquets, clôtures abîmées, présence de chiens errants autour du troupeau.

Agneaux ayant présenté une infection du nombril.

Bergeries surchargées et mal ventilées, poussière et ammoniac, qui entretiennent les maladies respiratoires.

Stress cumulés : transport, sevrage, allotement, changement brutal d'alimentation.

Animaux affaiblis, carencés ou déjà malades.

Transmission

La pleurésie en elle-même n'est pas une maladie contagieuse : c'est une complication qui se développe chez un animal donné.

Ce sont les maladies qui la précèdent qui circulent dans le troupeau, en particulier les infections respiratoires transmises par l'air et les contacts.

Lorsque plusieurs animaux développent une pleurésie sur une courte période, c'est le signe qu'une maladie respiratoire contagieuse circule dans le troupeau et qu'il faut examiner l'ensemble du lot, pas seulement les malades.

Chez les caprins, la forme contagieuse due à un mycoplasme se transmet en revanche directement d'animal à animal et impose une conduite particulière avec le vétérinaire.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire reconnaît souvent la pleurésie à la façon dont l'animal respire, avant même le stéthoscope : respiration rapide et superficielle, grognement à l'expiration, refus de bouger.

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À l'auscultation, les bruits respiratoires peuvent être assourdis ou absents dans la partie basse du thorax lorsqu'il y a du liquide, ou au contraire remplacés par des bruits de frottement au début de l'évolution.

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La percussion du thorax et la palpation des espaces entre les côtes déclenchent une réaction douloureuse très nette : c'est un élément d'orientation important.

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Une échographie du thorax est l'examen le plus utile et le plus accessible : elle montre directement le liquide accumulé entre le poumon et la paroi et en évalue la quantité.

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Le vétérinaire peut prélever un peu de ce liquide à l'aiguille, geste technique qui ne s'improvise pas. L'aspect du liquide, clair, trouble ou franchement purulent, oriente le pronostic, et son analyse permet d'identifier les bactéries en cause et de choisir le bon antibiotique.

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Des analyses de sang évaluent l'importance de l'infection et l'état général.

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L'examen d'un animal mort confirme le diagnostic et renseigne sur l'origine : poumon abcédé, plaie ancienne, foyer de pneumonie.

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À l'abattoir, des adhérences entre le poumon et la paroi du thorax témoignent d'une pleurésie ancienne, guérie mais qui a laissé des traces. Leur signalement régulier indique qu'une maladie respiratoire non maîtrisée circule dans l'élevage.

Traitement

C'est une urgence vétérinaire : plus la prise en charge est précoce, plus les chances de survie sont élevées.

Le traitement associe une antibiothérapie prescrite par le vétérinaire, conduite sur une durée longue, et un traitement de la douleur par anti-inflammatoire, indispensable ici : un animal qui a moins mal respire mieux, se remet à boire et à manger, et a une chance de s'en sortir.

Aucun de ces traitements ne doit être improvisé ni recopié d'un cas précédent. Les durées sont plus longues que pour une pneumonie simple et l'arrêt prématuré conduit à une rechute quasi certaine.

Lorsqu'une grande quantité de liquide ou de pus comprime le poumon, le vétérinaire peut l'évacuer, éventuellement en posant un drain et en rinçant la cavité. Ce geste se réalise en conditions d'asepsie et relève exclusivement du vétérinaire : toute tentative de ponction du thorax par une personne non formée peut tuer l'animal sur-le-champ.

Les soins de soutien sont essentiels : local propre, sec, bien ventilé et sans poussière, animal isolé au calme, eau et aliment appétent à portée immédiate, aucune manipulation ni aucun déplacement inutile. Ne forcez jamais un animal en pleurésie à marcher.

N'administrez aucun liquide par la bouche à un animal en détresse respiratoire : le risque de fausse route est majeur et il aggraverait tout.

Devant un animal qui ne répond pas, très amaigri, couché et en souffrance manifeste, la question de l'euthanasie doit être posée au vétérinaire. La pleurésie est une affection très douloureuse ; laisser traîner une situation sans issue n'est ni utile ni acceptable.

Les délais d'attente viande et lait sont longs avec ce type de traitements et doivent être demandés au vétérinaire avant toute vente ou tout abattage.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La pleurésie se prévient en amont, en évitant les maladies qui y conduisent.

Traiter les pneumonies tôt et jusqu'au bout de la durée prescrite, sans arrêter dès que l'animal semble aller mieux.

Faire réexaminer les animaux qui n'ont pas complètement récupéré après un épisode respiratoire.

Revoir la bergerie : réduire la densité, ventiler haut sans courant d'air sur les animaux, pailler suffisamment, limiter la poussière et l'ammoniac.

Maîtriser le geste de drenchage et de biberonnage, et ne jamais donner d'huile à la bouteille.

Supprimer les blessures possibles dans les bâtiments et sur les parcours : ferrailles, clous, piquets cassés, clôtures abîmées, tôles coupantes. Faire examiner toute plaie du thorax, même petite.

Protéger le troupeau des chiens errants, qui provoquent des morsures profondes et des plaies pénétrantes.

Désinfecter le nombril des agneaux à la naissance.

Discuter avec le vétérinaire de l'intérêt d'une vaccination contre la pasteurellose dans les élevages qui subissent des épisodes respiratoires graves à répétition.

Mettre en quarantaine les animaux achetés, et éviter les mélanges d'animaux d'origines différentes juste avant l'hiver.

Exploiter les retours d'abattoir : des adhérences signalées régulièrement sur les poumons indiquent un problème respiratoire de fond dans l'élevage.

Complications possibles

Insuffisance respiratoire et mort, parfois en quelques heures dans les formes brutales.

Adhérences définitives entre le poumon et la paroi du thorax chez les animaux qui survivent : la respiration reste limitée et l'animal ne retrouve jamais ses performances.

Accumulation persistante de pus dans le thorax, très difficile à assainir.

Extension de l'infection à l'enveloppe du cœur ou diffusion par le sang vers d'autres organes.

Amaigrissement sévère et déshydratation chez les animaux qui cessent de manger et de boire.

État de douleur chronique justifiant, dans certains cas, une décision d'euthanasie.

Saisie de la carcasse ou de parties de la carcasse à l'abattoir.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal respire vite et de façon superficielle, avec un grognement à chaque expiration : appelez immédiatement.

Il se tient immobile, coudes écartés, cou tendu, et refuse de bouger.

Il grince des dents, gémit ou réagit quand on lui touche les côtes.

Il a de la fièvre et refuse totalement de s'alimenter.

Il tousse de façon courte et retenue, comme s'il se retenait de tousser.

Son état s'aggrave brutalement alors qu'il toussait ou maigrissait depuis quelque temps : un abcès a pu se rompre.

Il présente une plaie sur le thorax, même petite : faites-la examiner sans attendre.

Plusieurs animaux du lot présentent des signes respiratoires graves en même temps : il faut examiner tout le troupeau.

Un animal est couché, ne se relève plus et respire difficilement : c'est une urgence vitale.

Pronostic

Le pronostic est réservé à sombre, nettement plus mauvais que celui d'une pneumonie simple.

Une pleurésie prise très tôt, chez un animal encore en état, avec un traitement long, une bonne gestion de la douleur et, si besoin, un drainage réalisé par le vétérinaire, peut évoluer favorablement.

Une pleurésie découverte tardivement, avec beaucoup de pus et un animal déjà amaigri, guérit rarement.

Les animaux qui survivent gardent souvent des adhérences qui limitent définitivement leur capacité respiratoire : ils ne reviennent pas à leur niveau de production et sont fréquemment réformés.

À l'échelle du troupeau, l'enjeu est ailleurs : chaque cas de pleurésie doit être lu comme le signal qu'une maladie respiratoire n'est pas maîtrisée, et conduire à revoir le bâtiment, la conduite des traitements et les pratiques d'administration par la bouche.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une pleurésie d'une pneumonie ordinaire ?

La différence la plus parlante est la douleur. Dans une pneumonie, l'animal tousse franchement et respire plus vite. Dans une pleurésie, il respire vite mais très superficiellement, grogne à l'expiration, se retient de tousser, refuse de bouger et réagit quand on lui touche les côtes. Seul le vétérinaire peut confirmer, notamment par une échographie du thorax.

Mon mouton a une petite plaie sur le flanc, est-ce vraiment grave ?

Une plaie du thorax peut paraître minime en surface et avoir traversé la paroi, laissant entrer des microbes directement au contact du poumon. C'est une cause classique de pleurésie. Faites-la examiner sans attendre, surtout après un coup de corne, une morsure de chien ou un accrochage sur une ferraille.

Peut-on retirer le liquide du thorax soi-même pour soulager l'animal ?

Non, en aucun cas. Ponctionner un thorax demande de connaître précisément où piquer, à quelle profondeur et dans quelles conditions d'asepsie. Une tentative faite sans formation peut tuer l'animal immédiatement ou transformer une infection localisée en infection généralisée. C'est un geste strictement vétérinaire.

L'abattoir me signale des poumons collés à la paroi : est-ce dangereux pour la viande ?

Ces adhérences sont la trace d'une pleurésie ancienne et le service d'inspection écarte ce qui doit l'être. Le vrai message est ailleurs : elles signalent qu'une maladie respiratoire circule dans votre élevage et coûte de la croissance à vos animaux. C'est une information précieuse à rapporter au vétérinaire pour revoir le bâtiment et la conduite des traitements.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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