Pourriture du tube (nécrose bactérienne des parois corporelles)
La « pourriture du tube » est une maladie bactérienne grave qui touche le concombre de mer, aussi appelé holothurie. Cet animal marin, apparenté aux oursins et aux étoiles de mer, est très prisé en aquaculture, notamment en Asie, pour sa ch...
De quoi s'agit-il ?
La « pourriture du tube » est une maladie bactérienne grave qui touche le concombre de mer, aussi appelé holothurie. Cet animal marin, apparenté aux oursins et aux étoiles de mer, est très prisé en aquaculture, notamment en Asie, pour sa chair séchée.
La maladie provoque une destruction progressive de la paroi corporelle, c'est-à-dire la « peau » épaisse qui enveloppe l'animal et lui donne sa forme de tube. Elle évolue souvent très vite et peut entraîner la mort de l'animal en quelques jours.
Elle représente un problème économique majeur dans les fermes d'élevage intensif de concombres de mer, où elle peut décimer une grande partie d'un bassin en peu de temps.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les premiers signes sont souvent discrets : l'animal devient mou, moins actif, et se nourrit moins.
Des petites taches ou zones décolorées apparaissent sur la paroi du corps, qui évoluent rapidement en ulcères, c'est-à-dire des plaies ouvertes qui ne cicatrisent pas.
La paroi corporelle se ramollit, se déchire ou se désagrège par endroits, laissant parfois apparaître les organes internes.
L'animal peut expulser une partie de ses viscères (éviscération), un mécanisme de défense naturel chez l'holothurie mais qui, associé à la maladie, aggrave son état.
Dans les formes avancées, le corps entier se liquéfie partiellement, d'où le nom de « pourriture ». La mort survient souvent en quelques jours une fois les symptômes bien installés.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est associée à des bactéries opportunistes, notamment certaines espèces du genre Vibrio, qui profitent d'un affaiblissement de l'animal ou d'une blessure pour envahir la paroi corporelle.
Ces bactéries sont naturellement présentes dans l'eau de mer et deviennent pathogènes lorsque les conditions d'élevage favorisent leur prolifération ou affaiblissent les défenses de l'holothurie.
Une forte densité d'animaux dans les bassins d'élevage favorise la propagation rapide de la maladie.
Une mauvaise qualité de l'eau, en particulier une eau chargée en matière organique ou peu renouvelée, augmente le risque.
Des variations brutales de température ou de salinité, ainsi que des blessures lors de la manipulation des animaux, fragilisent la paroi corporelle et facilitent l'entrée des bactéries.
Un stress chronique, lié au transport ou à des conditions d'élevage inadaptées, affaiblit également les défenses naturelles de l'holothurie.
Transmission
La transmission se fait principalement par l'eau contaminée par les bactéries, mais aussi par contact direct entre animaux dans un bassin surpeuplé, et par le matériel d'élevage souillé.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic repose sur l'observation des lésions caractéristiques par un vétérinaire spécialisé en animaux aquatiques ou un pathologiste spécialisé en aquaculture.
Des prélèvements peuvent être réalisés pour identifier la bactérie en cause par culture bactérienne ou analyses de laboratoire.
L'évolution rapide de la maladie rend souvent le diagnostic difficile à un stade précoce, d'où l'importance d'une surveillance attentive des bassins d'élevage.
Traitement
Le traitement, lorsqu'il est envisageable, repose sur l'amélioration immédiate des conditions d'élevage : renouvellement de l'eau, réduction de la densité, isolement des animaux atteints.
Des traitements antibactériens adaptés à l'aquaculture peuvent être utilisés sous contrôle d'un professionnel, mais leur efficacité reste limitée une fois la maladie bien installée.
La désinfection de l'environnement d'élevage est essentielle pour éviter la propagation aux autres animaux.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose avant tout sur une bonne gestion de l'élevage : maintenir une densité d'animaux raisonnable dans les bassins, assurer un renouvellement d'eau suffisant et surveiller régulièrement sa qualité.
Il est recommandé d'éviter tout stress inutile lors de la manipulation ou du transport des animaux, et de retirer rapidement tout individu malade pour limiter la contagion.
La désinfection régulière du matériel et des bassins, ainsi que la quarantaine des nouveaux arrivants avant leur introduction dans un bassin sain, sont des mesures importantes.
Complications possibles
La maladie peut entraîner une mortalité importante et rapide au sein d'un même bassin, avec des pertes économiques significatives pour les éleveurs.
L'éviscération associée à la nécrose de la paroi corporelle réduit fortement les chances de survie de l'animal.
Quand consulter un vétérinaire
Apparition de taches ou zones décolorées inhabituelles sur la paroi corporelle des animaux.
Ramollissement, ulcération ou déchirure visible de la peau chez un ou plusieurs individus.
Diminution générale de l'activité ou de l'appétit dans un bassin.
Mortalité inexpliquée ou groupée dans un élevage de concombres de mer.
Pronostic
Le pronostic est réservé à sombre une fois les symptômes bien installés, l'évolution pouvant conduire à la mort en quelques jours.
Une détection précoce et une amélioration rapide des conditions d'élevage peuvent parfois permettre de limiter la propagation et de sauver une partie du cheptel.
Questions fréquentes
La pourriture du tube est-elle contagieuse entre concombres de mer ?
Oui, elle se propage facilement dans l'eau d'un bassin, surtout si les animaux sont nombreux et en contact rapproché.
Peut-on soigner un concombre de mer atteint ?
Un traitement est possible à un stade précoce, mais l'évolution souvent rapide de la maladie rend la guérison difficile une fois les lésions bien développées.
Cette maladie présente-t-elle un risque pour l'humain ?
Non, elle n'est pas connue pour se transmettre à l'humain, mais une bonne hygiène reste recommandée lors de la manipulation des animaux malades.
Comment éviter cette maladie dans un élevage ?
En maintenant une eau de bonne qualité, une densité d'animaux raisonnable et en isolant rapidement tout individu présentant des signes suspects.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 01 septembre 2026
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