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Prolapsus vaginal de la brebis
Le prolapsus vaginal est la sortie du vagin par la vulve, sous la forme d'une masse rose ou rouge, plus ou moins grosse. Il survient surtout chez la brebis dans les dernières semaines de gestation. Au début, la masse ne sort que lorsque la...
De quoi s'agit-il ?
Le prolapsus vaginal est la sortie du vagin par la vulve, sous la forme d'une masse rose ou rouge, plus ou moins grosse. Il survient surtout chez la brebis dans les dernières semaines de gestation.
Au début, la masse ne sort que lorsque la brebis est couchée et rentre quand elle se lève. Puis elle sort en permanence, gonfle, se salit et s'abîme.
C'est une urgence, et pour deux raisons. Le tissu exposé se dessèche, se blesse et s'infecte très vite ; et la brebis, qui pousse à cause de la gêne, aggrave le prolapsus jusqu'à risquer une rupture ou une sortie de l'utérus.
À retenir
Un prolapsus vaginal est une urgence. Il ne faut jamais tenter de le réduire soi-même : la manipulation d'une brebis non calmée déchire le tissu et fait ressortir le prolapsus aussitôt.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Masse rose ou rouge sortant de la vulve, de la taille d'un poing ou davantage, visible surtout quand la brebis est couchée.
Au stade suivant, la masse reste dehors même debout, gonfle, devient rouge sombre, sèche ou souillée de litière et de terre.
Brebis qui pousse comme si elle mettait bas, alors qu'elle n'est pas à terme.
Difficulté à uriner, jets d'urine réduits ou absents, brebis qui reste en position d'uriner sans y parvenir : c'est un signe de gravité.
Écoulement vulvaire, parfois sanglant ou malodorant si le tissu est abîmé.
Brebis qui mange moins, s'isole, reste couchée, marque de la douleur.
Dans les formes anciennes, plaies, croûtes ou zones noircies sur la masse exposée.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause est une pression trop forte à l'arrière du ventre à la fin de la gestation, associée à un relâchement des ligaments sous l'effet des hormones de fin de gestation.
Toute situation qui augmente la pression abdominale ou qui pousse la brebis à forcer favorise le prolapsus : gros volume de l'utérus, portées multiples, rumen très rempli par un fourrage encombrant, toux, constipation.
Une brebis trop grasse a plus de graisse dans le bassin et un tissu de soutien de moins bonne qualité.
La position couchée en pente, l'arrière-train plus bas que l'avant, favorise la sortie.
Une prédisposition individuelle et familiale existe : une brebis qui a fait un prolapsus recommencera souvent l'année suivante.
Dernières semaines de gestation, en particulier chez les brebis portant plusieurs agneaux.
Brebis trop grasse, ou à l'inverse en mauvais état.
Ration encombrante, fourrages grossiers en grande quantité, changements brusques d'alimentation.
Manque d'exercice, brebis restant longtemps couchées.
Couchage en pente ou bâtiment mal aménagé.
Antécédent de prolapsus chez la brebis ou dans sa lignée.
Toux chronique, constipation, brebis qui force pour d'autres raisons.
Brebis âgées et multipares.
Queue coupée trop court, qui affaiblit le soutien du périnée.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Appelez le vétérinaire dès que vous voyez sortir quelque chose : plus le tissu reste dehors, plus il gonfle et plus la remise en place devient difficile et douloureuse.
Le vétérinaire évalue l'état du tissu, vérifie si la brebis peut uriner, si le prolapsus contient la vessie, et si le travail d'agnelage a commencé.
Il calme la brebis et la douleur avant toute manipulation : sans cela, elle pousse et rejette immédiatement ce qui a été remis en place.
Il nettoie, réduit le gonflement, remet le vagin en place, puis le maintient par un dispositif adapté ou une suture temporaire, qu'il faudra retirer au moment de l'agnelage.
Il vous expliquera comment surveiller la brebis jusqu'à la mise bas, et à quel signe rappeler.
En attendant sa venue : mettez la brebis dans une case propre, paillée, à plat, isolée du reste du lot pour éviter les bousculades. Gardez le tissu propre et humide selon les indications qu'il vous donnera au téléphone. Ne le frottez pas, n'y appliquez rien de votre propre initiative, et n'essayez pas de le repousser.
Traitement
La prise en charge est vétérinaire. Elle comprend le nettoyage du tissu, la réduction du gonflement, la remise en place, puis un maintien qui empêche la récidive jusqu'à l'agnelage.
Un traitement de la douleur est indispensable : une brebis qui a mal pousse, et une brebis qui pousse ressort son prolapsus.
Un traitement anti-infectieux est souvent nécessaire, car le tissu exposé s'est contaminé.
Le dispositif de maintien doit être surveillé quotidiennement et retiré au bon moment : s'il reste en place au début de l'agnelage, la brebis ne peut pas mettre bas et l'issue est dramatique. C'est le point le plus important à retenir.
Après l'agnelage, le prolapsus se corrige généralement de lui-même une fois l'utérus vidé.
Si le tissu est nécrosé, si la brebis est très abîmée ou si les récidives se succèdent, le vétérinaire peut proposer une autre conduite, y compris la réforme après l'agnelage.
Ne tentez jamais une remise en place seul, sans calmer la brebis ni la maintenir : le tissu se déchire facilement et l'infection suit.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Surveiller l'état corporel des brebis gestantes : éviter les brebis trop grasses en fin de gestation.
Répartir la ration en plusieurs repas et éviter les fourrages très encombrants en fin de gestation, quand la place manque dans le ventre.
Assurer un couchage à plat, sec et confortable, et laisser de l'exercice aux brebis gestantes.
Éviter la surcharge et les bousculades à l'auge, qui font forcer les brebis les plus lourdes.
Ne pas couper les queues trop court.
Noter les brebis qui font un prolapsus : elles récidivent souvent l'année suivante, et il est raisonnable de ne pas les garder pour la reproduction.
Surveiller de près, dans les dernières semaines, les brebis portant des portées multiples.
Traiter les causes de toux ou de constipation, qui font pousser la brebis.
Complications possibles
Dessèchement, blessure et nécrose du tissu exposé.
Infection locale puis générale, avec risque vital.
Rétention d'urine si la vessie est prise dans le prolapsus : la brebis ne peut plus uriner, la vessie se distend et peut se rompre.
Rupture du vagin et sortie d'organes de l'abdomen : issue presque toujours fatale.
Avortement ou agnelage prématuré, mort des agneaux.
Sortie de l'utérus au moment de l'agnelage.
Impossibilité d'agneler si le dispositif de maintien n'a pas été retiré à temps.
Récidive à la gestation suivante.
Quand consulter un vétérinaire
Vous voyez une masse rose ou rouge sortir de la vulve de votre brebis, même si elle rentre quand la brebis se lève : appelez le jour même.
La masse reste sortie, gonfle, se salit ou change de couleur.
La brebis pousse en dehors de la mise bas.
Elle n'urine plus ou n'arrive plus à uriner : urgence immédiate.
Elle est abattue, ne mange plus, reste couchée.
Elle commence à agneler alors qu'un dispositif de maintien est en place : c'est une urgence absolue, il doit être retiré immédiatement.
Dans tous les cas, n'essayez pas de remettre le prolapsus en place vous-même.
Pronostic
Pris tôt, avec un tissu encore propre et peu gonflé, le prolapsus se remet en place et la brebis agnèle normalement.
Pris tard, avec un tissu abîmé et infecté, le pronostic est réservé pour la brebis comme pour les agneaux.
La récidive à la gestation suivante est fréquente : c'est un critère de réforme raisonnable pour beaucoup d'éleveurs.
Questions fréquentes
La masse rentre toute seule quand la brebis se lève : est-ce quand même grave ?
Oui, c'est le premier stade et c'est le meilleur moment pour agir. Sans prise en charge, le prolapsus finit par rester dehors, gonfle et s'abîme. Appelez dès ce stade.
Puis-je le remettre en place moi-même et surveiller ?
Non. Sur une brebis qui pousse, la remise en place sans calmer l'animal et sans maintien ne tient pas, et la manipulation déchire un tissu déjà fragile. C'est un geste vétérinaire.
Est-ce que la brebis pourra mettre bas normalement ?
Souvent oui, à condition que le dispositif de maintien soit retiré dès le début du travail. C'est pour cela que la brebis doit être surveillée de très près jusqu'à l'agnelage.
Faut-il la garder pour la reproduction l'année suivante ?
La récidive est fréquente et la prédisposition semble se transmettre. Beaucoup d'éleveurs choisissent de réformer ces brebis après l'agnelage, et de ne pas garder leurs agnelles pour le renouvellement.
Est-ce la même chose qu'un prolapsus de l'utérus ?
Non. Le prolapsus vaginal survient surtout avant l'agnelage ; le prolapsus de l'utérus survient juste après la mise bas, la masse est bien plus volumineuse et c'est une urgence encore plus grave. Les deux imposent d'appeler immédiatement.
Références
AVMA — American Veterinary Medical Association
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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