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Maladie parasitaire Mouton, Chèvre

Protostrongylose

La protostrongylose regroupe plusieurs petits vers pulmonaires qui, contrairement au ver de la bronchite vermineuse, ne vivent pas dans les grosses bronches mais s'enfoncent dans le tissu profond du poumon. Le poumon réagit en fabriquant au...

De quoi s'agit-il ?

La protostrongylose regroupe plusieurs petits vers pulmonaires qui, contrairement au ver de la bronchite vermineuse, ne vivent pas dans les grosses bronches mais s'enfoncent dans le tissu profond du poumon.

Le poumon réagit en fabriquant autour d'eux de petits nodules durs, gris ou verdâtres, visibles sous la surface du poumon. Ces nodules ne se résorbent pas : ils remplacent définitivement du tissu qui servait à respirer.

C'est une maladie discrète. Elle ne provoque pas d'épidémie de toux spectaculaire, mais elle grignote la capacité respiratoire des animaux, année après année.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le plus souvent, aucun signe visible : l'animal pâture normalement et l'éleveur ne se doute de rien.

Quand l'infestation est importante : toux discrète, sèche, qui apparaît surtout à l'effort, lors d'un déplacement du lot ou d'une montée.

Essoufflement anormal après un trajet, animaux qui restent en arrière et mettent longtemps à récupérer.

Respiration plus rapide au repos chez les animaux les plus atteints.

Croissance ralentie chez les jeunes, animaux qui ne prennent pas l'état attendu malgré une ration correcte.

Laine ou poil terne, animaux qui paraissent simplement moins vigoureux que le reste du lot.

Chez les chèvres laitières, une production qui plafonne sans autre explication.

Les signes s'aggravent lorsqu'une maladie respiratoire infectieuse s'ajoute : le poumon déjà abîmé se défend moins bien.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Les vers adultes vivent dans le tissu profond des poumons et y pondent. Les larves remontent avec le mucus, sont avalées et ressortent dans les crottes.

À la différence du ver de la bronchite vermineuse, ces larves ne peuvent pas contaminer directement un autre mouton : elles doivent d'abord pénétrer dans un escargot ou une limace, où elles se transforment.

Les animaux se contaminent en avalant, avec l'herbe, ces petits escargots ou limaces, ou les traces qu'ils laissent sur la végétation.

Les larves gagnent ensuite les poumons par le sang et s'y installent, entourées de nodules fabriqués par l'organisme.

Ce passage obligé par un escargot explique la répartition de la maladie : zones humides, bordures de parcelles, murets, tas de pierres, sous-bois, abords des points d'eau, parcelles irriguées.

L'infestation s'accumule avec l'âge : un animal âgé a rencontré beaucoup plus de larves qu'un agneau, ce qui explique que les plus chargés soient souvent les plus vieux.

Pâturages humides, ombragés, avec murets, pierriers, broussailles et bordures riches en escargots et limaces.

Parcelles irriguées, bas-fonds, abords des sources et des abreuvoirs.

Animaux âgés et animaux gardés longtemps sur les mêmes parcours, chez qui la charge s'accumule.

Chèvres, plus fréquemment et plus lourdement atteintes que les moutons.

Troupeaux déjà touchés par d'autres maladies respiratoires chroniques.

Alimentation insuffisante et animaux en mauvais état général.

Affouragement en vert de fourrage fauché dans des zones humides, qui apporte les escargots directement à l'auge.

Transmission

Il n'y a pas de contagion directe d'un animal à l'autre : sans escargot ni limace, le cycle s'arrête.

Ces vers ne se transmettent pas à l'être humain.

Les parcelles humides et ombragées, riches en escargots, entretiennent la contamination année après année.

Les larves peuvent survivre longtemps dans l'escargot, ce qui rend une parcelle infestante bien après le passage des animaux malades.

Les chèvres se contaminent dans les mêmes conditions que les moutons et hébergent souvent des charges plus importantes.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire recherche une toux à l'effort en faisant déplacer le lot, puis ausculte les animaux les plus suspects.

2

Une analyse de crottes avec la technique adaptée à la recherche des larves pulmonaires permet de les mettre en évidence. Il faut préciser au laboratoire que l'on suspecte un ver du poumon : une analyse standard de recherche d'œufs ne les détecte pas.

3

L'élimination des larves est irrégulière d'un jour à l'autre ; un examen unique et négatif ne suffit pas toujours à conclure.

4

L'observation des poumons à l'abattoir ou lors de l'examen d'un animal mort est l'information la plus directe : les nodules sont caractéristiques et permettent d'apprécier l'ampleur du problème dans le troupeau. Les retours d'abattoir sont un outil de surveillance précieux.

5

Le vétérinaire fait la part des choses avec les autres causes de toux chronique du mouton, notamment les maladies pulmonaires infectieuses d'évolution lente, qui n'appellent pas du tout la même conduite.

Traitement

Plusieurs familles d'antiparasitaires internes agissent sur ces vers, mais l'efficacité est moins complète que sur les vers logés dans les bronches, parce que le parasite est enfermé dans un nodule au cœur du poumon.

Le choix du produit, de la voie et du moment appartient au vétérinaire, qui tient compte de l'espèce, de l'âge des animaux, de la production laitière et de la charge constatée.

Les nodules déjà formés ne disparaissent pas avec le traitement : détruire les vers empêche l'aggravation, mais ne rend pas au poumon le tissu perdu. C'est pourquoi la prévention compte davantage ici que le traitement curatif.

Aucune dose ni aucun rythme ne doit être décidé seul : traiter systématiquement tout le troupeau à date fixe favorise l'apparition de vers résistants et n'apporte pas de bénéfice démontré sur ce parasite.

Dans beaucoup de troupeaux modérément atteints, le vétérinaire peut estimer qu'un traitement spécifique n'est pas justifié et privilégier la gestion du pâturage et l'alimentation.

Les délais d'attente viande et lait s'appliquent et diffèrent d'un produit à l'autre ; certains produits sont interdits chez les femelles laitières. Demandez-les avant tout traitement.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Limiter l'accès aux zones riches en escargots et en limaces : bordures humides, pierriers, murets, sous-bois, abords des sources.

Drainer les zones marécageuses quand c'est possible, réparer les fuites d'abreuvoirs qui créent des flaques permanentes.

Éviter de faucher du fourrage vert dans les zones humides pour le distribuer directement.

Faire tourner les parcelles et ne pas maintenir les animaux en permanence sur les mêmes parcours humides.

Réserver les parcelles les plus sèches aux jeunes animaux en croissance.

Maintenir une bonne alimentation : un animal en état supporte sans conséquence une charge qui pénalise un animal maigre.

Soigner la ventilation et la propreté de la bergerie, pour ne pas ajouter une agression respiratoire à un poumon déjà abîmé.

Utiliser les retours d'abattoir comme indicateur : des poumons régulièrement nodulaires signalent une pression forte sur l'exploitation.

Réformer les animaux âgés qui s'essoufflent et ne tiennent plus l'état.

Complications possibles

Perte définitive de tissu pulmonaire, avec un essoufflement à l'effort qui persiste toute la vie de l'animal.

Sensibilité accrue aux maladies respiratoires infectieuses, qui trouvent un poumon fragilisé.

Baisse de croissance des jeunes et de production des femelles laitières, difficile à rattacher à une cause tant qu'on n'y pense pas.

Saisie ou parage des poumons à l'abattoir.

Aggravation progressive chez les animaux gardés longtemps sur des parcours infestés.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux toussent lorsqu'on fait bouger le lot, sans autre signe de maladie.

Des animaux s'essoufflent anormalement après un déplacement et mettent longtemps à récupérer.

Les agneaux ou chevreaux ne prennent pas l'état attendu malgré une bonne alimentation.

L'abattoir vous signale des poumons parsemés de nodules : demandez conseil même si le troupeau paraît en forme.

Une toux chronique s'installe dans un troupeau qui pâture des zones humides ou broussailleuses.

Un animal respire vite au repos : consultez sans attendre, d'autres maladies pulmonaires graves donnent le même signe.

Pronostic

Les infestations modérées n'empêchent pas les animaux de vivre et de produire normalement, surtout s'ils sont bien nourris.

Les infestations lourdes laissent des séquelles pulmonaires définitives : l'animal reste essoufflé même après traitement.

À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend presque entièrement du pâturage : tant que les animaux fréquentent les zones à escargots, la contamination se reconstitue.

Questions fréquentes

L'abattoir me dit que les poumons de mes moutons sont pleins de petits nodules : est-ce grave ?

C'est le signe typique de ces petits vers pulmonaires. Chez un animal isolé et en bon état, les conséquences sont limitées. Mais si cela revient régulièrement, cela indique une pression forte sur vos parcelles et une perte de performance dans tout le troupeau : parlez-en au vétérinaire.

Mes chèvres sont plus touchées que mes moutons, est-ce normal ?

Oui. L'un de ces vers pulmonaires est particulièrement fréquent chez les chèvres, qui hébergent souvent des charges plus importantes que les moutons vivant sur les mêmes parcelles.

Pourquoi mon vermifuge habituel ne semble-t-il rien changer ?

Parce que ces vers sont enfermés dans des nodules au cœur du poumon, où les produits pénètrent moins bien, et parce que les nodules déjà formés ne disparaissent pas. Le traitement empêche l'aggravation, il ne rend pas au poumon ce qui a été perdu. La gestion des parcelles humides est ici plus efficace que le flacon.

Faut-il ramasser les escargots de mes parcelles ?

Ce n'est pas réaliste. Ce qui fonctionne, c'est de limiter le temps passé par les animaux dans les zones humides et broussailleuses où vivent ces escargots, de drainer ce qui peut l'être et de ne pas donner de fourrage vert fauché dans ces zones.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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