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Rhinotrachéite infectieuse bovine
La rhinotrachéite infectieuse bovine, connue sous le sigle IBR, est une maladie virale contagieuse des bovins. Elle est due à un herpèsvirus qui attaque surtout les voies respiratoires supérieures : nez, gorge, trachée. Sa particularité tie...
De quoi s'agit-il ?
La rhinotrachéite infectieuse bovine, connue sous le sigle IBR, est une maladie virale contagieuse des bovins. Elle est due à un herpèsvirus qui attaque surtout les voies respiratoires supérieures : nez, gorge, trachée.
Sa particularité tient à la famille des herpèsvirus : une fois qu'un animal est infecté, le virus ne quitte plus son organisme. Il s'endort dans les nerfs et peut se réveiller des mois ou des années plus tard, à l'occasion d'un stress. L'animal excrète alors de nouveau du virus et contamine ses congénères, souvent sans paraître malade.
Un troupeau peut donc rester infecté longtemps à partir d'un seul animal acheté en apparence sain. C'est ce qui rend cette maladie difficile à éliminer et ce qui explique l'importance des contrôles à l'achat.
À retenir
Maladie réglementée dans de nombreux pays, dont la Tunisie, où elle fait l'objet d'une surveillance et conditionne les mouvements d'animaux. Tout épisode respiratoire touchant plusieurs bovins, et tout avortement, doit être signalé au vétérinaire et aux services vétérinaires.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Forme respiratoire, la plus fréquente : fièvre marquée, écoulement du nez d'abord clair puis épais, toux, respiration rapide et bruyante.
Les yeux sont souvent rouges et larmoyants, sans que la vision soit atteinte.
L'animal mange moins, reste en retrait, et la production de lait chute nettement en quelques jours chez la vache laitière.
La muqueuse du nez est très rouge, ce qui a valu à la maladie le surnom de « nez rouge ».
Forme génitale : rougeurs et petites lésions de la vulve chez la femelle, avec un écoulement, ou du fourreau chez le taureau. Elle peut exister seule, sans signe respiratoire.
Avortements, en général dans la seconde moitié de la gestation, parfois plusieurs semaines après l'épisode de maladie.
Chez les jeunes veaux non protégés, une forme généralisée grave est possible.
Beaucoup d'animaux infectés ne montrent aucun signe : ils sont porteurs silencieux et contribuent malgré tout à la contamination.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à l'herpèsvirus bovin de type 1.
Ce virus se multiplie dans la muqueuse du nez, de la gorge et de la trachée, qu'il fragilise. Cette atteinte ouvre la voie aux bactéries respiratoires déjà présentes chez l'animal, ce qui explique les bronchopneumonies qui suivent souvent.
Après la phase aiguë, le virus se réfugie dans les ganglions nerveux et y reste à vie. Un stress important — transport, vêlage, mélange de lots, forte chaleur, autre maladie — peut le réactiver.
Achat d'animaux dont le statut sanitaire n'est pas connu, ou absence de quarantaine à l'arrivée.
Mélange d'animaux d'origines différentes : marchés, rassemblements, pensions, pâtures communes.
Bâtiments surpeuplés ou mal ventilés, où l'air chargé favorise la contagion.
Toute période de stress : transport, sevrage, vêlage, changement d'alimentation, fortes chaleurs.
Utilisation de semence dont l'origine n'est pas contrôlée.
Transmission
Par contact direct entre animaux et par les sécrétions du nez et des yeux.
Par de fines gouttelettes projetées lors de la toux, sur de courtes distances à l'intérieur d'un bâtiment.
Par la voie génitale : saillie naturelle, ou semence provenant d'un taureau infecté.
Par le matériel souillé, les mangeoires, les abreuvoirs, les vêtements et les mains des intervenants.
L'introduction d'un animal porteur, même sans aucun signe, est de loin la première cause d'entrée du virus dans un troupeau indemne.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Les signes respiratoires ne suffisent pas à affirmer l'IBR : plusieurs virus et bactéries donnent un tableau proche. Seul le laboratoire tranche.
Le vétérinaire examine les animaux atteints, prend la température, écoute les poumons et évalue l'étendue de l'atteinte dans le lot.
Il réalise des écouvillons du nez ou des yeux en phase aiguë pour rechercher le virus, et des prises de sang pour mesurer les anticorps.
La recherche d'anticorps peut être menée sur le lait de tank en élevage laitier : c'est un moyen simple de surveiller le troupeau dans son ensemble.
Certains vaccins dits « marqués » permettent de distinguer un animal vacciné d'un animal réellement infecté : cette distinction est essentielle pour piloter un plan d'assainissement, et c'est le vétérinaire qui choisit la stratégie.
Traitement
Aucun médicament ne détruit le virus. On soigne l'animal et on empêche les complications.
Les animaux malades sont isolés du reste du troupeau, mis au calme, dans un local bien ventilé mais sans courant d'air, avec de l'eau propre en permanence et un aliment appétent.
Le vétérinaire peut prescrire un anti-inflammatoire pour faire baisser la fièvre et soulager l'animal.
Un antibiotique est justifié non pas contre le virus, mais contre les bactéries qui profitent de la muqueuse abîmée pour provoquer une pneumonie. Le choix, la voie et la durée relèvent uniquement de la prescription vétérinaire.
N'utilisez jamais un reste d'ordonnance ni un produit prévu pour un autre animal : vous risquez de masquer les signes, de retarder le diagnostic et de favoriser les résistances aux antibiotiques.
Surveillez la reprise de la boisson et de l'alimentation : ce sont les meilleurs indicateurs de l'évolution.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Contrôler tout animal avant son entrée dans le troupeau et l'isoler le temps que le vétérinaire valide son statut : c'est la mesure la plus efficace.
Éviter les contacts entre troupeaux : clôtures doubles ou distance suffisante avec les pâtures voisines.
N'utiliser que de la semence issue de centres contrôlés.
Nettoyer et désinfecter les bâtiments, le matériel et les véhicules de transport ; prévoir des bottes et une tenue dédiées à l'élevage.
Réduire les stress évitables et ne pas surcharger les bâtiments.
Participer au dépistage régulier du troupeau, sur sang ou sur lait de tank, pour repérer une entrée du virus avant qu'il ne se diffuse.
Vaccination
Des vaccins existent, sous forme vivante atténuée ou inactivée, en injection ou par voie nasale selon les produits.
La vaccination réduit fortement les signes cliniques et la quantité de virus excrétée par les animaux infectés : elle protège le troupeau et limite la diffusion.
Elle n'élimine pas le virus déjà installé chez un animal porteur : un bovin vacciné peut rester porteur à vie.
Les vaccins marqués permettent de continuer à dépister l'infection réelle malgré la vaccination, ce qui est indispensable dans un plan d'assainissement.
Le choix du vaccin, l'âge de la première injection et le rythme des rappels dépendent du statut du troupeau et de l'objectif poursuivi : ils sont définis par le vétérinaire.
Complications possibles
Bronchopneumonie bactérienne, qui aggrave nettement le tableau et peut entraîner la mort de jeunes animaux.
Chute de production laitière parfois durable, même après la guérison apparente.
Avortements et retards de reproduction dans les semaines qui suivent l'épisode.
Baisse temporaire de la fertilité chez le taureau atteint dans sa forme génitale.
Installation durable du virus dans le troupeau, avec des reprises à chaque période de stress.
Quand consulter un vétérinaire
Plusieurs animaux présentent en même temps de la fièvre, un jet de nez et une toux.
Un animal respire difficilement, la tête tendue, ou souffle au repos.
La production de lait chute brutalement sur plusieurs vaches.
Des avortements surviennent dans le troupeau : prévenez immédiatement le vétérinaire, une recherche officielle des causes doit être engagée.
Vous venez d'introduire des animaux et les premiers signes apparaissent dans les jours qui suivent.
Un veau atteint cesse de boire ou s'affaiblit rapidement : c'est une urgence.
Pronostic
Chez les bovins adultes en bon état, les signes respiratoires régressent le plus souvent en une à deux semaines et la mortalité reste faible.
Le pronostic s'assombrit quand une pneumonie bactérienne s'installe, chez les jeunes veaux et dans les élevages où les conditions d'ambiance sont mauvaises.
Les conséquences les plus lourdes sont économiques et durables : lait perdu, croissances freinées, avortements, et surtout restrictions à la vente d'animaux tant que le troupeau n'est pas assaini.
Questions fréquentes
Une vache guérie peut-elle encore contaminer les autres ?
Oui. Le virus reste endormi dans son organisme toute sa vie et peut se réveiller lors d'un stress, comme un vêlage ou un transport. L'animal excrète alors de nouveau du virus, souvent sans paraître malade.
Puis-je consommer le lait d'une vache atteinte d'IBR ?
Ce virus n'infecte pas l'être humain. En revanche, une vache malade reçoit souvent des traitements qui imposent un délai d'attente avant que son lait soit utilisable : respectez scrupuleusement les consignes du vétérinaire.
La vaccination suffit-elle à débarrasser mon troupeau du virus ?
Non. Elle limite les signes et la contagion, ce qui est déjà beaucoup, mais elle n'élimine pas le virus chez les animaux déjà porteurs. L'assainissement passe par le dépistage, la maîtrise des achats et une stratégie décidée avec le vétérinaire.
Comment éviter de faire entrer la maladie en achetant une vache ?
Demandez le statut sanitaire du troupeau d'origine, faites contrôler l'animal, et gardez-le isolé du reste du cheptel jusqu'à ce que le vétérinaire valide son entrée. Un achat non contrôlé est la porte d'entrée la plus fréquente.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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