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Rupture du ligament croisé

Le genou du chien est maintenu par deux ligaments croisés placés au centre de l'articulation. Le ligament croisé antérieur empêche le tibia de glisser vers l'avant et limite la rotation du genou. Quand ce ligament se rompt, l'articulation d...

De quoi s'agit-il ?

Le genou du chien est maintenu par deux ligaments croisés placés au centre de l'articulation. Le ligament croisé antérieur empêche le tibia de glisser vers l'avant et limite la rotation du genou.

Quand ce ligament se rompt, l'articulation devient instable : à chaque pas, les surfaces osseuses bougent l'une par rapport à l'autre. C'est l'une des causes de boiterie du membre postérieur les plus fréquentes chez le chien.

Chez le chien, la rupture est rarement un accident brutal chez un ligament sain : le plus souvent, le ligament s'abîme lentement pendant des semaines ou des mois avant de céder, parfois lors d'un mouvement banal.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Boiterie d'un membre postérieur, apparue brutalement ou installée progressivement.

Le chien pose la pointe du pied au sol, ou porte franchement la patte sans appuyer.

En position assise, il tend souvent la patte atteinte sur le côté au lieu de la replier sous lui.

Gonflement de la face interne du genou après quelques semaines.

Difficulté à sauter dans la voiture, à monter les escaliers, à se relever après une sieste.

Raideur nette au réveil, qui s'atténue un peu après quelques minutes de marche.

Un craquement sec peut être perçu à la marche lorsque le ménisque est également lésé.

Quand les deux genoux sont touchés, il n'y a plus de boiterie franche : le chien marche lentement, à petits pas, refuse de jouer et paraît simplement « fatigué » ou « vieilli ».

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Le mécanisme principal est une dégénérescence progressive du ligament, dont les fibres s'affaiblissent avec le temps jusqu'à la rupture. La cause exacte de cette usure n'est pas complètement élucidée ; la conformation du genou, le poids et une composante héréditaire y participent.

Une rupture par accident vrai existe aussi : réception ratée d'un saut, patte prise dans un trou, torsion violente du genou lors d'une course.

Une inflammation chronique de l'articulation fragilise également le ligament.

Surpoids et obésité : c'est le facteur sur lequel le propriétaire a le plus de prise.

Races de grande taille et races à forte masse musculaire, chez lesquelles la maladie est fréquente et souvent bilatérale.

Stérilisation précoce chez certaines races de grand format, qui modifie la croissance des os longs.

Angles anormaux du genou et rotule instable, qui déséquilibrent l'articulation.

Activité de type « week-end » : chien sédentaire la semaine puis très sollicité brutalement.

Un chien qui a déjà rompu un ligament croisé a un risque important de rompre l'autre dans les mois ou années qui suivent.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire fait marcher et trotter le chien pour analyser la boiterie, puis palpe le genou.

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Deux manipulations recherchent l'instabilité de l'articulation : le mouvement de tiroir et le test de compression du tibia. Elles peuvent nécessiter une sédation, car un chien tendu contracte ses muscles et masque l'instabilité.

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Des radiographies sont réalisées : elles ne montrent pas le ligament lui-même, mais révèlent le gonflement de l'articulation, les remaniements d'arthrose et permettent de mesurer les angles osseux utiles au choix de la technique chirurgicale.

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Le vétérinaire vérifie aussi l'autre genou, souvent déjà en cours d'atteinte sans signe visible.

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Une exploration de l'intérieur de l'articulation, au moment de la chirurgie ou par arthroscopie, permet de contrôler l'état des ménisques.

Traitement

La chirurgie est le traitement de référence pour la plupart des chiens, en particulier les chiens actifs et de format moyen à grand. Plusieurs techniques existent : certaines modifient la géométrie du tibia pour neutraliser l'instabilité, d'autres remplacent la fonction du ligament par une bande placée à l'extérieur de l'articulation. Le choix revient au vétérinaire selon la taille du chien, sa morphologie, son âge et son mode de vie.

Un ménisque abîmé est traité pendant la même intervention.

Un traitement sans chirurgie peut se discuter chez le très petit chien, le chien âgé ou en cas de contre-indication à l'anesthésie : repos strict encadré, perte de poids, antidouleurs et anti-inflammatoires prescrits par le vétérinaire, puis rééducation.

La rééducation est une partie essentielle du traitement, opéré ou non : marches courtes en laisse, augmentation très progressive de l'effort, exercices de renforcement, parfois séances de physiothérapie ou travail en eau.

Ne donnez jamais à votre chien un anti-inflammatoire ou un antidouleur destiné à l'être humain (ibuprofène, aspirine, paracétamol). Ces médicaments peuvent provoquer chez lui des ulcères de l'estomac, des hémorragies digestives et des lésions rénales ou hépatiques graves, parfois mortelles. Seul un médicament prescrit pour lui, à la dose fixée par le vétérinaire, est sûr.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Maintenir un poids de forme est la mesure la plus efficace : on doit sentir les côtes sous la main sans appuyer, et voir une taille marquée vue de dessus.

Entretenir une activité physique régulière plutôt que des efforts intenses et occasionnels.

Échauffer le chien avant une activité sportive et éviter les sauts répétés sur sol glissant.

Faire examiner rapidement toute boiterie qui dure plus de quelques jours : une atteinte partielle du ligament prise tôt évite parfois une lésion du ménisque.

Discuter avec le vétérinaire du bon moment pour stériliser un chiot de grande race.

Complications possibles

Lésion d'un ménisque, qui entretient la douleur et provoque un craquement à la marche.

Arthrose du genou : elle s'installe dès que l'articulation devient instable et progresse d'autant plus vite que l'instabilité dure longtemps.

Rupture du ligament croisé de l'autre genou, fréquente car le chien reporte son poids dessus.

Fonte musculaire de la cuisse atteinte, qui rallonge la récupération.

Après chirurgie : infection, retard de consolidation osseuse ou déplacement du matériel, rares mais possibles.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chien boite d'un postérieur depuis plus de deux ou trois jours, même si la boiterie va et vient.

Il ne pose plus du tout la patte au sol.

Son genou est gonflé ou chaud.

Il s'assoit en tendant une patte arrière sur le côté.

Il refuse de sauter, de monter les escaliers ou se relève difficilement.

Après une opération : la plaie coule, gonfle ou rougit, ou la boiterie réapparaît alors qu'elle s'était améliorée.

Pronostic

Avec une chirurgie adaptée et une rééducation menée jusqu'au bout, la grande majorité des chiens retrouvent un usage confortable du membre et une bonne qualité de vie.

La récupération demande du temps : plusieurs semaines d'activité contrôlée, puis une reprise progressive sur quelques mois.

Une arthrose reste présente à long terme dans l'articulation, mais elle est bien mieux tolérée quand le genou a été stabilisé et le chien maintenu à un poids correct.

Questions fréquentes

Mon chien boite un peu puis semble aller mieux : dois-je quand même consulter ?

Oui. Une boiterie qui va et vient est typique d'un ligament croisé partiellement rompu. Attendre la rupture complète expose à une lésion du ménisque et à une arthrose plus marquée : consulter tôt élargit les options de traitement.

Peut-on éviter l'opération ?

Chez certains chiens de très petit format, chez les chiens âgés ou peu actifs, une prise en charge sans chirurgie peut suffire à retrouver du confort. Chez un chien de format moyen ou grand, la chirurgie donne en général de bien meilleurs résultats. C'est une décision à prendre avec le vétérinaire, en tenant compte du chien et non seulement de sa maladie.

Mon chien va-t-il casser l'autre ligament ?

Le risque est réel, car le ligament de l'autre genou s'use souvent par le même mécanisme, et parce que le chien reporte son poids dessus. Surveiller son poids et signaler la moindre boiterie de l'autre côté permet de réagir tôt.

Puis-je lui donner un anti-inflammatoire de ma pharmacie en attendant le rendez-vous ?

Non, jamais. L'ibuprofène, l'aspirine et le paracétamol sont dangereux pour le chien et peuvent provoquer des ulcères digestifs et des atteintes rénales ou hépatiques graves. En attendant la consultation, mettez-le au repos strict en laisse et appelez le vétérinaire.

Combien de temps dure la convalescence ?

Elle se compte en mois, pas en jours. Les premières semaines sont consacrées à la cicatrisation et à des sorties très courtes en laisse, puis l'activité augmente par paliers selon le protocole donné par le vétérinaire. Reprendre trop vite est la principale cause d'échec.

Références

MSD Veterinary Manual

AVMA — American Veterinary Medical Association

WSAVA — World Small Animal Veterinary Association

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChien
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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