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Maladie bactérienne Mouton, Chèvre Vaccin disponible Transmissible à l'homme

Salmonellose ovine

La salmonellose est une infection due à des bactéries du groupe des salmonelles, dont il existe de très nombreux types. Chez le mouton, elle prend trois visages principaux : une diarrhée fébrile chez les animaux de tout âge, une vague d'avo...

De quoi s'agit-il ?

La salmonellose est une infection due à des bactéries du groupe des salmonelles, dont il existe de très nombreux types. Chez le mouton, elle prend trois visages principaux : une diarrhée fébrile chez les animaux de tout âge, une vague d'avortements en fin de gestation, et une infection généralisée foudroyante chez l'agneau nouveau-né.

Ces bactéries sont partout : dans le tube digestif d'animaux apparemment sains, dans les eaux souillées, dans les aliments contaminés, chez les oiseaux et les rongeurs. Beaucoup d'animaux en sont porteurs sans jamais être malades, et se mettent à les éliminer massivement dès qu'ils sont stressés.

Cela explique le déclenchement typique : la maladie éclate après un transport, un regroupement, une foire, un changement brutal de ration ou une période de disette. Le stress ne crée pas la bactérie, il lui ouvre la porte.

À retenir

La salmonellose tue par déshydratation, elle frappe plusieurs animaux à la fois et elle se transmet à l'être humain. Manipulez les animaux malades et les avortons avec des gants, tenez les enfants à l'écart, et appelez le vétérinaire dès les premiers cas.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Chez l'adulte et l'agneau sevré : fièvre nette, abattement marqué, refus de manger, puis diarrhée liquide, souvent foncée et nauséabonde, parfois teintée de sang ou contenant des lambeaux de muqueuse.

Déshydratation rapide : l'œil s'enfonce, la peau du cou reste plissée quand on la pince, l'animal faiblit d'heure en heure.

Douleurs abdominales, animal voûté qui gémit et refuse qu'on lui touche le ventre.

Certains animaux meurent en quelques jours ; d'autres traînent, maigrissent et restent porteurs de la bactérie longtemps après.

Chez la brebis gestante : avortements en fin de gestation, souvent chez des femelles elles-mêmes malades, avec fièvre, écoulement vulvaire malodorant, rétention du placenta, et parfois mort de la mère.

Chez l'agneau nouveau-né : forme foudroyante, agneau abattu, couché, qui ne tète plus, avec ou sans diarrhée, et qui meurt en quelques heures.

À l'échelle du troupeau, plusieurs animaux sont touchés en quelques jours : c'est ce caractère groupé qui distingue la salmonellose d'un problème individuel.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

L'infection est due à des bactéries du genre Salmonella, dont plusieurs types touchent les ovins. Certains provoquent surtout des diarrhées, d'autres sont spécialisés dans l'avortement de la brebis.

La source la plus fréquente dans un troupeau est un animal porteur sain, qui n'a jamais paru malade et qui se met à éliminer la bactérie sous l'effet d'un stress.

L'eau souillée, les aliments et les fourrages contaminés, la litière humide et les pâtures souillées entretiennent l'infection.

Les oiseaux sauvages, les rongeurs, les chats et les chiens de ferme dispersent la bactérie dans les bâtiments et les stocks d'aliments.

Le stress est le déclencheur habituel : transport, longue attente, regroupement, changement brutal de ration, disette, mise bas.

Un animal affaibli par le parasitisme, une carence ou une autre maladie tombe plus facilement malade et élimine davantage de bactéries.

Toute situation de stress : transport, longue attente sans eau, foire, marché, et la période de l'Aïd où les animaux changent de main, de lieu et de ration en quelques jours.

Mélange d'animaux d'origines différentes et achats sans quarantaine.

Changement brutal de ration, disette, fin de sécheresse.

Surpeuplement en bergerie, litière humide et sale, mauvaise ventilation.

Eau d'abreuvement souillée, abreuvoirs jamais nettoyés, mares et flaques.

Stocks d'aliments accessibles aux oiseaux et aux rongeurs.

Période d'agnelage, qui rassemble au même endroit des femelles fragiles et des nouveau-nés.

Agneaux ayant mal pris le colostrum dans leurs premières heures.

Animaux déjà affaiblis par les vers digestifs, la coccidiose ou une carence.

Transmission

La contamination se fait par la bouche : eau, aliments, fourrage, litière et pâture souillés par des crottes contenant la bactérie.

Les animaux porteurs sains sont la principale source à l'intérieur d'un troupeau, et rien ne permet de les repérer à l'œil.

Les avortons, les enveloppes fœtales et les écoulements des brebis ayant avorté sont extrêmement contaminants : ils doivent être manipulés avec des gants et éliminés sans délai.

Les oiseaux, les rongeurs, les chiens et les chats de ferme transportent la bactérie d'un local à l'autre.

L'eau stagnante, les abreuvoirs sales et les mares sont des relais efficaces.

Le matériel, les bottes, les véhicules de transport et les remorques de foire la font passer d'une exploitation à l'autre.

L'être humain se contamine en portant ses mains à la bouche après avoir manipulé des animaux malades, des avortons ou de la litière souillée, ainsi qu'en consommant du lait cru ou de la viande insuffisamment cuite.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le vétérinaire évalue d'abord l'urgence : chez un animal qui a la diarrhée, c'est la déshydratation qui tue le plus vite, pas la bactérie.

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Le diagnostic repose sur des analyses de laboratoire, car aucune diarrhée ne se reconnaît à l'œil : mise en culture de crottes, d'avortons, d'enveloppes fœtales ou de prélèvements d'organes. Conservez les avortons au frais, dans un sac fermé, en les manipulant avec des gants, et remettez-les au vétérinaire.

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Devant des avortements, il recherche aussi les autres causes fréquentes chez la brebis, qui demandent une conduite différente et dont plusieurs sont, elles aussi, transmissibles à l'être humain. C'est une raison de plus pour ne jamais manipuler un avorton à mains nues.

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Un antibiogramme, réalisé à partir de la culture, indique quels antibiotiques restent efficaces : les salmonelles développent facilement des résistances et un traitement choisi au hasard échoue souvent.

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Le vétérinaire examine l'eau, les aliments, la litière, les stocks et les mouvements d'animaux pour identifier la source.

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En cas de mortalité, une autopsie oriente rapidement et permet de protéger le reste du lot.

Traitement

C'est une urgence pour l'animal comme pour le troupeau : appelez le vétérinaire dès les premiers cas, sans attendre que le lot entier soit touché.

La priorité absolue est la réhydratation. Un animal qui perd de l'eau par la diarrhée meurt de déshydratation avant de mourir de l'infection. Le vétérinaire met en place une réhydratation par la bouche ou par perfusion selon la gravité.

Une antibiothérapie peut être décidée par le vétérinaire, idéalement guidée par un antibiogramme. Elle ne se justifie pas dans tous les cas : mal employée, elle prolonge le portage de la bactérie et favorise les résistances. Ce choix ne se fait jamais sans avis vétérinaire, et jamais avec un reste de flacon gardé de l'année précédente.

Des anti-inflammatoires et des soins de soutien sont souvent nécessaires.

Isolez immédiatement les animaux malades dans un local séparé, avec leur propre matériel, et occupez-vous d'eux en dernier dans la tournée quotidienne.

Nettoyez et désinfectez les locaux, renouvelez les litières, videz et nettoyez les abreuvoirs.

Portez des gants pour tout contact avec les animaux malades, les avortons et les litières souillées, et lavez-vous soigneusement les mains ensuite, systématiquement.

Respectez les délais d'attente pour la viande et le lait indiqués pour les traitements prescrits.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Réduire le stress, qui est le véritable déclencheur : transports courts, eau disponible à l'arrivée, transitions alimentaires progressives, lots stables.

Mettre en quarantaine tout animal acheté et éviter de ramener au troupeau des animaux revenus invendus d'une foire ou d'un marché.

Garantir une eau propre en permanence, nettoyer les abreuvoirs, empêcher l'abreuvement dans les mares et les flaques.

Protéger les stocks d'aliments des oiseaux et des rongeurs, et lutter contre les rongeurs dans les bâtiments.

Soigner l'agnelage : local propre et sec, litière abondante et renouvelée, densité raisonnable, colostrum donné rapidement.

Ramasser et éliminer sans délai les avortons et les enveloppes fœtales, avec des gants, et désinfecter l'emplacement.

Nettoyer et désinfecter les bâtiments entre les lots, et ne pas épandre de fumier frais sur les parcelles pâturées par les jeunes.

Réserver des bottes et une tenue à l'élevage, et se laver les mains après chaque manipulation.

Maîtriser en parallèle le parasitisme et les carences, qui affaiblissent les animaux.

Vaccination

Des vaccins existent dans certains pays, notamment contre la forme responsable des avortements de la brebis. Leur disponibilité varie d'un pays à l'autre : la question doit être posée au vétérinaire, qui indiquera ce qui est réellement accessible localement.

Ces vaccins ne protègent pas contre tous les types de salmonelles : il en existe un très grand nombre, et la protection obtenue est ciblée. Un troupeau vacciné peut donc encore connaître des cas dus à un autre type.

La vaccination se raisonne surtout dans les élevages ayant déjà connu des épisodes d'avortements confirmés par le laboratoire : c'est le résultat d'analyse qui justifie la démarche, pas une simple suspicion.

Dans tous les cas, elle ne remplace ni l'hygiène de l'agnelage, ni la quarantaine, ni la propreté de l'eau et des aliments.

Complications possibles

Mort par déshydratation en quelques jours, en particulier chez les agneaux et les animaux affaiblis.

Infection généralisée avec atteinte de plusieurs organes, notamment chez le nouveau-né.

Amaigrissement durable et retard de croissance chez les survivants.

Mort de la brebis après un avortement, ou infection de l'utérus avec infertilité durable.

Portage prolongé de la bactérie chez des animaux guéris, qui entretiennent l'infection et la font ressortir au stress suivant.

Contamination des locaux et des parcelles, avec des rechutes lors des périodes sensibles.

Contamination de l'entourage humain, en particulier des enfants et des personnes fragiles.

Installation de résistances aux antibiotiques lorsque les traitements sont donnés sans analyse.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux d'un même lot ont la diarrhée avec de la fièvre : appelez sans attendre.

Une diarrhée liquide, foncée ou teintée de sang apparaît chez un animal abattu.

Un animal est déshydraté, couché, et ne se relève plus.

Une brebis avorte en fin de gestation, surtout si elle est elle-même malade : conservez l'avorton au frais dans un sac fermé, avec des gants, pour le vétérinaire.

Plusieurs avortements surviennent dans le même troupeau en peu de temps.

Des agneaux nouveau-nés meurent en quelques heures sans signe préalable.

La maladie apparaît après un transport, une foire ou un changement de ration.

Une personne de la ferme présente fièvre et diarrhée pendant l'épisode : elle doit consulter un médecin et signaler le contact avec les animaux.

Transmission à l'humain

La salmonellose se transmet à l'être humain, chez qui elle provoque une gastro-entérite : fièvre, douleurs abdominales, diarrhée parfois sanglante, vomissements. Chez les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes affaiblies, l'infection peut être grave et nécessite un avis médical rapide.

La contamination se fait par les mains portées à la bouche après contact avec des animaux malades, des avortons, des litières ou du fumier, ainsi que par le lait cru, les produits au lait cru et la viande insuffisamment cuite.

Les précautions autour d'un troupeau atteint : gants pour manipuler les animaux malades, les avortons et les enveloppes fœtales ; lavage soigneux des mains au savon après chaque contact et avant de manger ou de fumer ; vêtements et bottes réservés à l'élevage ; interdiction d'accès aux jeunes enfants dans les locaux atteints.

Les femmes enceintes ne doivent pas participer à l'agnelage ni manipuler d'avortons, en raison du risque lié à la salmonellose comme à d'autres maladies abortives du troupeau.

Ne consommez pas le lait cru des animaux malades ou sous traitement, et faites cuire la viande à cœur.

Si une personne de la ferme présente une fièvre avec diarrhée pendant un épisode dans le troupeau, elle doit consulter un médecin et lui signaler son contact avec des animaux malades.

Pronostic

Un animal pris tôt, réhydraté et traité selon l'avis du vétérinaire se rétablit le plus souvent, même si la reprise d'état demande du temps.

Les agneaux nouveau-nés atteints de la forme généralisée ont un pronostic très sombre : ils meurent souvent avant tout traitement.

Les brebis qui avortent peuvent guérir, mais certaines meurent et d'autres gardent une infertilité durable.

À l'échelle du troupeau, l'issue dépend de la rapidité de l'isolement, du nettoyage et de la correction des conditions de stress. Sans cela, la maladie ressort à chaque période sensible, entretenue par les animaux porteurs.

Questions fréquentes

Mes moutons ont la diarrhée au retour de la foire, est-ce grave ?

C'est une situation classique de salmonellose : le transport, l'attente et le changement de ration réveillent une bactérie que des animaux portaient déjà. Isolez les malades, donnez de l'eau propre et appelez le vétérinaire. Une diarrhée fébrile qui touche plusieurs animaux ne doit jamais être traitée à l'aveugle.

Est-ce que je risque quelque chose pour ma famille ?

Oui, c'est une zoonose. Chez l'humain, elle provoque une gastro-entérite qui peut être grave chez les enfants, les personnes âgées et les personnes fragiles. Portez des gants, lavez-vous les mains au savon après chaque contact, gardez des bottes réservées à l'élevage, tenez les jeunes enfants à l'écart et ne consommez pas le lait cru des animaux malades.

Une brebis a avorté, que dois-je faire de l'avorton ?

Ne le touchez jamais à mains nues. Mettez des gants, placez-le avec ses enveloppes dans un sac fermé, gardez-le au frais et remettez-le au vétérinaire pour analyse. Désinfectez l'emplacement. Plusieurs maladies abortives du mouton sont transmissibles à l'humain, et les femmes enceintes ne doivent pas s'en approcher.

Puis-je donner un antibiotique que j'ai déjà à la ferme ?

Non. Les salmonelles résistent facilement, et un antibiotique mal choisi ne guérit pas l'animal tout en prolongeant le portage de la bactérie. Le vétérinaire s'appuie sur une analyse de laboratoire pour savoir ce qui fonctionne. En attendant, ce qui sauve les animaux, c'est la réhydratation.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinDisponible
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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