Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Sarcosporidiose

Partager
Maladie parasitaire Mouton, Chèvre

Sarcosporidiose

La sarcosporidiose est due à des parasites microscopiques qui s'installent durablement dans les muscles du mouton et de la chèvre, en y formant de petits kystes. Comme la cénurose et le kyste hydatique, elle repose sur un cycle à deux anima...

De quoi s'agit-il ?

La sarcosporidiose est due à des parasites microscopiques qui s'installent durablement dans les muscles du mouton et de la chèvre, en y formant de petits kystes.

Comme la cénurose et le kyste hydatique, elle repose sur un cycle à deux animaux : le mouton s'infeste à partir des excréments d'un carnivore, ici le chien ou le chat, et le carnivore s'infeste en mangeant de la viande crue de mouton.

Dans l'immense majorité des cas, le mouton ne montre rien du tout : les kystes sont découverts à l'inspection des viandes, parfois visibles à l'œil nu sous forme de petits grains blancs allongés, notamment dans l'œsophage et le diaphragme.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le plus souvent, aucun signe : l'animal vit, grandit et produit normalement avec ses kystes musculaires.

Dans la forme aiguë, quelques semaines après une contamination massive : fièvre, abattement marqué, refus de s'alimenter.

Muqueuses pâles traduisant une anémie, animal qui souffle au moindre effort.

Faiblesse musculaire, animal qui a du mal à se lever, qui marche avec raideur et reste couché.

Amaigrissement rapide sur des animaux qui étaient en bon état.

Chute de laine par plaques dans certains cas, quelques semaines après l'épisode aigu.

Avortements chez les brebis gestantes, agneaux nés faibles ou mort-nés.

Dans les infestations chroniques et lourdes : mauvaise prise d'état, croissance ralentie, animaux qui ne tiennent pas la comparaison avec le reste du lot.

Des morts peuvent survenir dans les formes aiguës les plus sévères.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Les parasites accomplissent leur cycle entre deux espèces : le mouton, où ils forment des kystes dans les muscles, et un carnivore, chien ou chat, où ils se reproduisent dans l'intestin.

Le carnivore s'infeste en mangeant de la viande crue de mouton contenant des kystes : carcasse abandonnée, déchets de tuerie, restes de viande crue donnés en récompense.

Il élimine ensuite dans ses excréments des formes microscopiques infestantes, en grande quantité et pendant longtemps, sans paraître malade.

Le mouton les avale avec un fourrage, un aliment stocké ou une eau souillés par ces excréments.

Les parasites passent dans le sang, traversent les vaisseaux — c'est cette phase qui provoque la fièvre, l'anémie et les avortements de la forme aiguë — puis gagnent les muscles où ils s'enkystent.

Une fois les kystes formés, ils restent en place pendant toute la vie de l'animal et ne provoquent en général plus rien.

Les chiens et les chats de ferme qui dorment dans les hangars, sur les réserves de fourrage ou près des auges sont au cœur du problème : ils déposent leurs excréments directement sur l'aliment du troupeau.

Chiens et chats ayant accès aux réserves de fourrage, aux silos, aux hangars de stockage, aux auges et aux abreuvoirs.

Habitude de donner de la viande crue, des chutes de découpe ou des restes d'abattage de mouton aux chiens et aux chats.

Carcasses d'animaux morts laissées accessibles aux carnivores.

Abattage à la ferme sans gestion des déchets, tueries informelles.

Stockage du fourrage à même le sol, dans des locaux ouverts aux animaux.

Chiens errants nombreux autour de l'exploitation.

Animaux jeunes ou en mauvais état, plus sensibles aux formes aiguës.

Abreuvoirs à ciel ouvert accessibles aux chiens.

Transmission

Il n'y a pas de contagion directe d'un mouton à l'autre : sans passage par un chien ou un chat, le cycle s'arrête.

La contamination du troupeau se fait uniquement en avalant des excréments de carnivore présents sur le fourrage, dans les auges, dans l'eau ou sur les aliments stockés.

Les formes émises sont immédiatement infestantes et résistent longtemps dans un fourrage sec stocké à l'abri.

Un seul chien installé sur un tas de foin peut contaminer massivement une réserve destinée à tout le troupeau : c'est ce qui explique les formes aiguës qui touchent plusieurs animaux en même temps.

Les chiens errants et les chats de ferme non contrôlés entretiennent le cycle au même titre que les chiens de troupeau.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Chez l'animal vivant, il n'existe pas d'examen simple et courant permettant d'affirmer la maladie : les kystes ne se voient pas de l'extérieur et l'animal ne montre le plus souvent rien.

2

Dans la forme aiguë, le vétérinaire s'appuie sur le tableau clinique et le contexte — plusieurs animaux atteints en même temps, fièvre, anémie, avortements, après la distribution d'un lot de fourrage donné — et écarte les autres causes d'avortement et d'anémie du troupeau, dont plusieurs sont contagieuses ou transmissibles à l'homme et demandent des mesures immédiates.

3

Des analyses de sang peuvent être réalisées pour évaluer l'anémie et pour rechercher d'autres causes.

4

Le diagnostic se confirme le plus souvent après la mort ou à l'abattoir, par l'examen des muscles, en particulier de l'œsophage, du diaphragme et du cœur.

5

Devant une série d'avortements dans un troupeau, la démarche prioritaire du vétérinaire n'est pas de penser à ce parasite mais d'écarter d'abord les maladies abortives majeures des brebis. N'y touchez pas sans protection et faites-vous conseiller sur les prélèvements à réaliser.

6

Un éleveur qui trouve de petits grains blancs allongés dans les muscles d'un animal abattu doit en parler au vétérinaire ou aux services vétérinaires plutôt que de trancher lui-même du sort de la carcasse.

Traitement

Il n'existe pas de traitement pratique et efficace pour éliminer les kystes déjà installés dans les muscles d'un mouton.

Dans les formes aiguës, la prise en charge est symptomatique et décidée par le vétérinaire : soutien de l'animal, repos, alimentation de qualité, traitement de l'anémie et de l'inflammation selon l'état. Certains produits peuvent être utilisés dans un cadre précis, sur prescription et sur les animaux d'un lot exposé, mais cette décision n'appartient qu'au vétérinaire.

Aucune dose ni aucun produit ne doit être décidé de sa propre initiative.

La réponse utile n'est pas médicamenteuse : elle consiste à retirer immédiatement de la distribution le fourrage suspect, à protéger les réserves des carnivores et à traiter la question des chiens et des chats de l'exploitation.

Les animaux atteints d'une forme aiguë qui récupèrent gardent leurs kystes musculaires à vie, sans conséquence pour eux, mais ces kystes peuvent entraîner une dévalorisation de la carcasse à l'abattage.

Comme pour le kyste hydatique et le tournis, la vraie mesure est de ne jamais donner de viande crue de mouton à un chien ou à un chat.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Ne jamais donner de viande crue de mouton ou de chèvre, ni de chutes de découpe, ni de déchets de tuerie, aux chiens et aux chats. Une viande destinée à un chien doit être cuite.

Protéger les réserves de fourrage et d'aliment : locaux fermés, stockage surélevé, bâches, portes tenues fermées, afin que ni chiens ni chats ne puissent y dormir ni y déféquer.

Couvrir ou protéger les auges et les abreuvoirs, et nettoyer immédiatement tout aliment souillé par des excréments plutôt que de le distribuer.

Ramasser rapidement les animaux morts et les faire éliminer selon la réglementation.

Limiter la présence des chiens errants autour de l'exploitation, des hangars et des points d'eau.

Vermifuger régulièrement les chiens de la ferme sur prescription vétérinaire : cette mesure ne cible pas directement ce parasite, mais elle s'inscrit dans la même gestion des chiens qui protège le troupeau et la famille du kyste hydatique et du tournis.

Encadrer l'abattage à la ferme et prévoir à l'avance la destruction des déchets.

Surveiller les retours d'abattoir : des observations répétées sur les carcasses signalent un cycle actif sur l'exploitation.

Complications possibles

Avortements et pertes d'agneaux lors des formes aiguës.

Anémie sévère et mortalité chez les animaux les plus atteints.

Récupération lente et perte d'état durable chez les survivants d'une forme aiguë.

Dévalorisation ou saisie de carcasses lorsque les kystes musculaires sont nombreux et visibles.

Ralentissement de croissance et baisse de production dans les infestations lourdes.

Persistance du problème d'une année sur l'autre tant que les carnivores accèdent au fourrage.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs brebis avortent dans un délai rapproché : c'est toujours une situation à faire examiner sans attendre, plusieurs causes d'avortement du troupeau sont graves et certaines sont transmissibles à l'être humain.

Des animaux ont de la fièvre, des muqueuses pâles et une faiblesse marquée peu après un changement de fourrage.

Un animal a du mal à se lever ou reste couché.

Une chute de laine par plaques apparaît chez plusieurs animaux sans cause de peau évidente.

Vous découvrez de petits grains blancs allongés dans les muscles ou l'œsophage d'un animal abattu : demandez conseil plutôt que de décider seul du sort de la carcasse.

Des chiens ou des chats dorment sur vos réserves de fourrage : parlez-en au vétérinaire avant qu'un problème n'apparaisse.

Pronostic

Les formes silencieuses, de très loin les plus fréquentes, n'affectent ni la santé ni la longévité de l'animal : seule la carcasse peut être dévalorisée.

Les formes aiguës ont un pronostic réservé : les animaux les plus atteints peuvent mourir, les brebis gestantes avortent souvent, et les survivants mettent du temps à refaire leur état.

À l'échelle du troupeau, le pronostic est excellent dès lors que les carnivores n'ont plus accès au fourrage et ne reçoivent plus de viande crue : la contamination s'arrête, et les jeunes générations naissent dans un environnement assaini.

Questions fréquentes

Puis-je manger la viande d'un mouton qui présente ces petits kystes ?

La décision appartient au vétérinaire ou à l'inspection des viandes, qui apprécient l'importance de l'atteinte : une carcasse fortement atteinte est écartée. Les espèces de ce parasite qui touchent le mouton ne sont pas reconnues comme transmissibles à l'être humain, mais la viande doit de toute façon être bien cuite, et une carcasse suspecte doit être présentée à un professionnel plutôt que consommée sans avis.

Est-ce que je peux donner les restes de découpe à mon chien ?

Pas crus. C'est exactement ce geste qui entretient le cycle : le chien développe le parasite, sème des formes infestantes dans le fourrage et recontamine le troupeau. Le même geste transmet aussi le ténia responsable du kyste hydatique, bien plus grave pour la famille. Si vous nourrissez vos chiens avec de la viande de mouton, elle doit être cuite.

Mes brebis ont avorté, est-ce forcément ce parasite ?

Non, et il ne faut surtout pas s'arrêter à cette hypothèse. Plusieurs maladies provoquent des avortements chez les brebis, dont certaines se transmettent à l'être humain et imposent des précautions immédiates pour les personnes qui manipulent les produits d'avortement. Une série d'avortements doit toujours faire l'objet d'un examen vétérinaire et de prélèvements.

Comment empêcher mes chiens de contaminer le fourrage ?

En fermant les lieux de stockage, en surélevant ou en bâchant les réserves, en couvrant les auges et en ne laissant pas les chiens dormir dans les hangars. C'est une mesure simple, sans coût de médicament, et qui règle l'essentiel du problème.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner