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Strongles gastro-intestinaux des bovins

Les strongles gastro-intestinaux sont de petits vers ronds qui vivent dans la caillette et l'intestin des bovins. Ils sont presque toujours présents à bas bruit chez les animaux au pâturage. Le problème n'est pas leur présence, mais leur no...

De quoi s'agit-il ?

Les strongles gastro-intestinaux sont de petits vers ronds qui vivent dans la caillette et l'intestin des bovins. Ils sont presque toujours présents à bas bruit chez les animaux au pâturage.

Le problème n'est pas leur présence, mais leur nombre. Au-delà d'un certain niveau d'infestation, ils abîment la paroi digestive, l'animal digère mal et ne profite plus de sa ration.

Ce sont surtout les jeunes bovins de première saison de pâture qui paient le prix fort. Les adultes, exposés depuis des années, ont développé une immunité partielle et compensent mieux.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Diarrhée ou bouses molles persistantes, surtout chez les jeunes bovins en pâture.

Croissance ralentie, animaux qui restent petits par rapport à leur âge, hétérogénéité du lot.

Perte de poids ou état corporel qui ne remonte pas malgré une bonne herbe.

Poil terne et piqué, animaux qui n'ont pas d'éclat.

Baisse d'appétit, fatigue, animaux qui restent en arrière au pâturage.

Dans les infestations à vers hématophages : muqueuses pâles et poche d'œdème sous la mâchoire.

Chez les vaches laitières adultes, le signe le plus fréquent est une production inférieure au potentiel, sans autre symptôme.

Des signes peuvent apparaître à la sortie de l'hiver chez des animaux rentrés apparemment sains : certaines larves restent en sommeil dans la paroi digestive et se réveillent ensuite toutes ensemble.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Plusieurs espèces de vers ronds sont en cause ; certaines s'installent dans la caillette, d'autres dans l'intestin grêle.

Les vers adultes pondent des œufs éliminés dans les bouses. Les larves se développent dans la bouse puis migrent sur l'herbe, où les bovins les avalent.

Le cycle est donc entièrement lié au pâturage : un animal qui ne sort pas ne s'infeste pas.

Certaines larves avalées à l'automne s'enkystent dans la paroi digestive et reprennent leur développement à la fin de l'hiver, provoquant des troubles brutaux chez des animaux rentrés en bonne santé.

Les jeunes bovins de première saison de pâture : ce sont les plus sensibles et de loin.

Le pâturage continu d'une même parcelle toute la saison, sans rotation ni repos.

Le chargement élevé : beaucoup d'animaux sur peu de surface.

Les saisons humides et douces, qui prolongent la survie des larves sur l'herbe.

Une ration insuffisante en énergie et en protéines : un animal mal nourri supporte beaucoup moins bien la même charge parasitaire.

L'introduction d'animaux sans quarantaine ni traitement de mise à l'herbe raisonné.

Les animaux affaiblis par une autre maladie ou par un stress récent.

Transmission

Par l'herbe : les bovins avalent les larves présentes sur les brins d'herbe, surtout à proximité des bouses et dans le bas de la végétation.

Les conditions douces et humides favorisent la survie des larves ; la sécheresse et le plein soleil les détruisent.

Une parcelle pâturée en continu par les mêmes animaux se charge progressivement au fil de la saison.

Il n'y a pas de contamination par contact direct, ni par le lait, ni vers l'être humain.

Les animaux achetés apportent leurs propres vers, y compris des vers résistants aux traitements, dans le troupeau et sur les parcelles.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Ne jugez pas de l'infestation à l'œil : parlez-en au vétérinaire dès que la croissance ou la production ne suit pas.

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Une analyse de bouses (comptage des œufs) réalisée sur plusieurs animaux du lot donne une image de la charge parasitaire. Un prélèvement isolé ne veut pas dire grand-chose.

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Des analyses de sang existent pour évaluer l'atteinte de la caillette, et des tests sur le lait de tank pour situer un troupeau laitier.

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La pesée des jeunes bovins est un outil de diagnostic à part entière : une croissance en retrait sur plusieurs semaines est un signal fiable.

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Ces analyses servent aussi à vérifier qu'un traitement a bien fonctionné : c'est le seul moyen de repérer une résistance avant qu'elle ne s'installe.

Traitement

Le traitement repose sur des antiparasitaires internes, appelés anthelminthiques. Plusieurs familles existent ; le choix relève du vétérinaire.

La résistance des vers aux anthelminthiques est un problème réel, en progression, et irréversible une fois installée dans un élevage. Elle est directement favorisée par les traitements systématiques et répétés de tout le troupeau.

La règle est donc de traiter au bon moment, les bons animaux, sur avis vétérinaire, et non par habitude ou par calendrier.

Ciblez en priorité les animaux qui en ont besoin : jeunes en croissance, animaux en retard, lots dont les analyses le justifient. Les adultes en bon état n'ont souvent aucun intérêt à être traités.

Un produit mal administré ou mal adapté au poids réel de l'animal favorise la résistance : la prescription et le mode d'emploi doivent être suivis exactement.

Alternez les familles d'anthelminthiques sur avis vétérinaire, et vérifiez l'efficacité par une analyse de bouses après traitement.

Respectez impérativement les délais d'attente pour le lait et la viande, que seul le vétérinaire prescripteur peut vous indiquer.

Traitez systématiquement, en revanche, tout animal acheté pendant sa quarantaine : c'est la principale porte d'entrée des vers résistants dans un élevage.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La gestion du pâturage est le premier levier, avant les médicaments.

Rotation des parcelles avec temps de repos suffisant : l'herbe repoussée après un vide s'assainit.

Évitez de mettre les jeunes bovins sur les parcelles les plus chargées ; réservez-leur les prairies les plus saines, comme les repousses après fauche.

L'alternance avec une autre espèce animale ou avec une culture assainit une parcelle, les vers étant en grande partie spécifiques de l'espèce.

Ne faites pas pâturer trop ras : les larves se concentrent dans les premiers centimètres au ras du sol.

Soignez la ration : des animaux bien nourris supportent nettement mieux une charge parasitaire donnée.

Surveillez la croissance des jeunes par des pesées régulières plutôt que de traiter à l'aveugle.

Quarantaine et traitement des animaux introduits, pour ne pas importer de vers résistants.

Faites un point annuel avec votre vétérinaire pour bâtir un plan adapté à vos parcelles et à votre conduite.

Complications possibles

Retard de croissance qui ne se rattrape jamais complètement chez les jeunes bovins.

Diarrhée persistante avec déshydratation dans les infestations massives.

Anémie avec les espèces qui se nourrissent de sang.

Baisse de production laitière et de fertilité chez les adultes.

Sensibilité accrue aux autres maladies chez des animaux affaiblis.

Installation d'une résistance aux anthelminthiques dans l'élevage, qui prive durablement l'éleveur des solutions disponibles.

Quand consulter un vétérinaire

Les jeunes bovins en pâture ont des bouses molles ou une diarrhée qui dure.

La croissance du lot est en retard ou très hétérogène.

Des animaux maigrissent ou gardent un poil terne malgré une bonne herbe.

Vous observez une poche molle sous la mâchoire ou des muqueuses pâles.

Des animaux rentrés en bon état développent des troubles digestifs à la sortie de l'hiver.

Un traitement antiparasitaire semble ne plus faire d'effet : c'est un signal de résistance possible, à explorer avec le vétérinaire.

Pronostic

Les animaux traités à temps récupèrent, mais un retard de croissance important chez un jeune bovin ne se rattrape jamais totalement.

Les conséquences économiques tiennent surtout aux pertes silencieuses accumulées, pas aux animaux visiblement malades.

Un élevage qui combine gestion des parcelles et traitements ciblés maintient ses parasites à un niveau supportable durablement.

À l'inverse, un élevage qui traite tout le troupeau systématiquement finit par sélectionner des vers résistants et se retrouve sans solution efficace.

Questions fréquentes

Faut-il vermifuger tout mon troupeau à date fixe chaque année ?

Non, et c'est même contre-productif. Traiter systématiquement tous les animaux sélectionne les vers résistants, et une résistance installée ne disparaît pas. Le bon principe est de traiter les animaux qui en ont besoin, au bon moment, sur avis vétérinaire et si possible après analyse de bouses.

Mes vaches adultes ont-elles besoin d'être vermifugées comme les jeunes ?

Rarement autant. Les adultes ont développé une immunité partielle au fil des saisons de pâture. Ce sont les jeunes de première année qui concentrent le risque et qui justifient l'essentiel de l'attention.

Comment savoir si mon vermifuge fonctionne encore ?

En comparant une analyse de bouses avant et après traitement, avec votre vétérinaire. C'est le seul moyen de repérer une résistance naissante, bien avant que les animaux ne montrent des signes.

Puis-je vendre le lait d'une vache vermifugée ?

Pas immédiatement, et pas avec tous les produits : certains sont interdits chez les vaches en lactation, d'autres imposent un délai d'attente. Ces informations figurent sur la prescription : demandez-les au vétérinaire et respectez-les strictement.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentParasite
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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