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Syndrome de Cushing du chien

Le cortisol est l'hormone que l'organisme fabrique pour faire face au stress et régler de nombreux équilibres du corps. Il est produit par deux petites glandes situées près des reins, les surrénales. Dans le syndrome de Cushing, le corps ba...

De quoi s'agit-il ?

Le cortisol est l'hormone que l'organisme fabrique pour faire face au stress et régler de nombreux équilibres du corps. Il est produit par deux petites glandes situées près des reins, les surrénales.

Dans le syndrome de Cushing, le corps baigne en permanence dans un excès de cortisol. Le chien boit et urine beaucoup, a constamment faim, son ventre s'arrondit et son poil s'appauvrit.

C'est une maladie du chien plutôt âgé. Elle s'installe si progressivement que la plupart des propriétaires ne consultent que lorsque la soif devient impossible à ignorer.

À retenir

Le traitement de cette maladie ne se conduit jamais sans contrôles sanguins programmés : un excès de correction expose le chien à une chute dangereuse du cortisol.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Soif très augmentée et volume d'urine important : le chien vide sa gamelle plusieurs fois par jour, demande à sortir la nuit, peut se remettre à uriner dans la maison.

Appétit très augmenté, chien qui quémande sans arrêt, fouille les poubelles, vole la nourriture.

Ventre distendu, tombant, qui donne une silhouette en poire alors que les membres s'affinent.

Fonte des muscles, faiblesse, refus de sauter ou de monter les escaliers.

Halètement fréquent, y compris au repos et sans chaleur.

Perte de poils sur les flancs et le tronc, en général sans démangeaison, avec une peau fine, qui laisse voir les vaisseaux et marque facilement.

Cicatrisation lente, infections de peau et infections urinaires à répétition, parfois sans que le chien ne montre de gêne.

Chez la chienne non stérilisée, disparition des chaleurs ; chez le mâle, testicules diminués de volume.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Dans la plupart des cas, une petite tumeur bénigne de l'hypophyse — la glande chef d'orchestre située à la base du cerveau — envoie sans arrêt l'ordre aux surrénales de produire du cortisol.

Dans une minorité de cas, c'est une tumeur de l'une des deux surrénales qui fabrique elle-même le cortisol en excès.

Il existe enfin une forme provoquée par les traitements : un chien qui reçoit longtemps de la cortisone, sous quelque forme que ce soit (comprimés, injections, pommades, gouttes pour les yeux ou les oreilles), peut développer les mêmes signes. Cette forme régresse quand le traitement est diminué progressivement, toujours sous contrôle vétérinaire et jamais en l'arrêtant brutalement.

Âge : la maladie touche surtout les chiens de plus de six à huit ans.

Races petites à moyennes fréquemment citées : caniche, teckel, yorkshire, boston terrier, beagle, boxer. La forme surrénalienne concerne plus souvent des chiens de grande taille.

Traitement prolongé à base de cortisone, quelle que soit la voie d'administration.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Il n'existe pas de test unique qui donne la réponse à lui seul : le diagnostic se construit.

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Le vétérinaire part de l'examen clinique et de l'historique, en particulier de tous les traitements reçus, y compris les pommades et les gouttes.

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Une prise de sang générale et une analyse d'urine sont réalisées : elles montrent souvent des enzymes du foie élevées, des urines très diluées, parfois une infection urinaire silencieuse.

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Des tests hormonaux spécifiques sont ensuite pratiqués. Ils demandent que le chien reste plusieurs heures à la clinique, avec des prises de sang espacées avant et après l'administration d'un produit.

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Une échographie de l'abdomen permet de regarder les deux surrénales et d'orienter vers une forme cérébrale ou une forme surrénalienne, ce qui change complètement la prise en charge.

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Ces tests sont perturbés par toute autre maladie en cours : on les réalise sur un chien par ailleurs stable.

Traitement

La prise en charge dépend de l'origine de l'excès de cortisol.

Pour la forme la plus fréquente, un traitement par voie orale freine la production de cortisol par les surrénales. Il se donne à vie et impose des contrôles sanguins réguliers, d'abord rapprochés puis espacés.

Ces contrôles ne sont pas facultatifs : trop peu de cortisol est dangereux, et le dosage doit être ajusté par le vétérinaire au fil du temps.

Lorsqu'une seule surrénale est en cause, le retrait chirurgical de la glande atteinte peut apporter une correction durable. C'est une chirurgie lourde, réservée à des chiens en état de la supporter et réalisée dans des structures équipées.

Dans la forme liée à un traitement à la cortisone, on réduit progressivement ce traitement selon un plan établi par le vétérinaire.

Les infections urinaires et cutanées associées sont traitées en parallèle par les familles de médicaments appropriées.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

On ne peut pas empêcher l'apparition de la forme spontanée.

La forme liée aux médicaments s'évite en n'utilisant la cortisone que sur prescription, à la durée prévue, et en n'improvisant jamais un traitement avec les restes d'une ordonnance précédente ou avec un médicament humain.

Les pommades, gouttes et sprays contenant de la cortisone comptent aussi : signalez-les toujours au vétérinaire.

Un bilan sanguin annuel chez le chien âgé permet de repérer les anomalies avant les signes visibles.

Complications possibles

Infections urinaires à répétition, souvent sans douleur apparente, et calculs urinaires.

Diabète sucré, l'excès de cortisol s'opposant à l'action de l'insuline.

Hypertension artérielle, avec ses conséquences sur les yeux et les reins.

Formation de caillots dans les vaisseaux, notamment vers les poumons, qui provoque une détresse respiratoire brutale : c'est une urgence.

Pancréatite, fonte musculaire marquée, cicatrisation très lente après une plaie ou une chirurgie.

Dans la forme d'origine cérébrale, une tumeur volumineuse peut à la longue entraîner des signes nerveux : désorientation, tournis, troubles de la vue.

Quand consulter un vétérinaire

Votre chien boit et urine beaucoup plus qu'avant, ou recommence à uriner dans la maison.

Il a constamment faim et son ventre s'arrondit alors que ses pattes s'affinent.

Son poil tombe des deux côtés du corps et sa peau devient fine, se marque ou cicatrise mal.

Il halète au repos, sans chaleur ni effort.

Il se met brutalement à respirer avec difficulté, ou devient très abattu : consultez en urgence.

Il reçoit de la cortisone depuis longtemps et présente ces signes : parlez-en au vétérinaire sans arrêter le traitement de vous-même.

Pronostic

Le syndrome de Cushing se contrôle bien plus souvent qu'il ne se guérit : avec un traitement suivi et des contrôles réguliers, beaucoup de chiens vivent confortablement pendant des années.

Le pronostic dépend de l'origine de la maladie, des complications déjà installées au moment du diagnostic et de la régularité du suivi.

Les formes liées à une tumeur d'une surrénale opérée avec succès offrent la perspective la plus favorable ; les formes cancéreuses agressives sont plus réservées.

Questions fréquentes

Mon chien boit énormément, est-ce forcément un Cushing ?

Non. Une soif fortement augmentée oriente aussi vers le diabète, une maladie des reins, une infection de l'utérus chez la chienne non stérilisée, ou d'autres causes. C'est un signe qui justifie toujours une consultation et une prise de sang.

Pourquoi faut-il plusieurs tests pour poser le diagnostic ?

Parce qu'aucun test ne donne à lui seul une réponse fiable, et parce qu'une autre maladie en cours peut fausser les résultats. Le vétérinaire croise les signes cliniques, les analyses de base, les tests hormonaux et l'échographie.

La cortisone donnée à mon chien peut-elle provoquer cette maladie ?

Un traitement prolongé à base de cortisone peut effectivement en reproduire tous les signes. Il ne faut jamais l'arrêter brutalement : la diminution se fait par paliers décidés par le vétérinaire.

Est-ce contagieux pour les autres animaux ou pour moi ?

Non. C'est un dérèglement hormonal individuel, qui ne se transmet ni aux autres animaux ni à l'être humain.

Références

MSD Veterinary Manual

WSAVA — World Small Animal Veterinary Association

AVMA — American Veterinary Medical Association

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceChien
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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