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Teigne ovine
La teigne n'est pas un ver, malgré son nom : c'est une maladie causée par des champignons microscopiques qui se nourrissent de la kératine, la matière dont sont faits la peau, les poils et la laine. Elle se reconnaît à sa forme : des plaque...
De quoi s'agit-il ?
La teigne n'est pas un ver, malgré son nom : c'est une maladie causée par des champignons microscopiques qui se nourrissent de la kératine, la matière dont sont faits la peau, les poils et la laine.
Elle se reconnaît à sa forme : des plaques rondes, bien délimitées, où le poil est cassé ou absent, recouvertes de squames grisâtres ou de croûtes sèches, qui s'agrandissent en cercle.
Chez le mouton, elle se voit surtout sur la tête — autour des yeux, sur le nez, à la base et sur le bord des oreilles — et sur le cou, c'est-à-dire dans les zones peu laineuses. Elle peut aussi gagner le corps.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Plaques rondes ou ovales, nettement délimitées, de la taille d'une pièce puis plus larges, où la laine ou le poil manque.
Surface grisâtre, farineuse, couverte de squames ou de croûtes sèches qui adhèrent à la peau.
La plaque s'agrandit vers l'extérieur, avec parfois un centre qui commence à repousser pendant que la bordure progresse : c'est l'aspect en anneau qui a donné son autre nom à la maladie.
Localisation typique chez le mouton : tête, tour des yeux, chanfrein, base et bord des oreilles, cou, parfois dos et flancs.
Peau sous la plaque légèrement rouge, épaissie, parfois grisée sur les lésions anciennes.
Démangeaisons en général modérées, voire absentes : la teigne gratte beaucoup moins que la gale ou les poux, ce qui aide à ne pas les confondre.
Plusieurs animaux du même lot, souvent des jeunes, présentent des lésions en même temps.
L'état général reste normal : les animaux mangent et se comportent normalement, sauf en cas de lésions très étendues.
Les lésions apparaissent et s'étendent l'hiver, en bâtiment, et régressent souvent au printemps avec le soleil et la sortie au pâturage.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Des champignons microscopiques colonisent la couche superficielle de la peau et l'intérieur du poil, qu'ils digèrent : le poil casse au ras de la peau et la plaque se dénude.
La contamination se fait par des spores, formes de résistance extrêmement solides, qui survivent des mois voire davantage sur les murs, les cornadis, les mangeoires, les poteaux de frottement, la litière et le matériel.
Une peau intacte résiste bien : il faut en général une porte d'entrée, même minuscule — frottement contre une mangeoire, morsure d'insecte, humidité prolongée, blessure — pour que le champignon s'installe.
Les animaux jeunes sont les plus touchés parce que leurs défenses ne sont pas encore établies. Les adultes développent une résistance après une première atteinte, sans être totalement protégés.
La promiscuité, l'obscurité et l'humidité des bâtiments d'hiver réunissent toutes les conditions favorables.
Les animaux mal nourris, carencés, ou affaiblis par d'autres maladies développent des formes plus étendues et guérissent plus lentement.
Animaux jeunes, agneaux et antenais, dont l'immunité est encore incomplète.
Hébergement en bâtiment pendant l'hiver, forte densité, obscurité, humidité, mauvaise aération.
Bâtiments anciens, murs rugueux, cornadis et poteaux de frottement jamais désinfectés, réutilisés d'une bande à l'autre.
Animaux carencés, mal nourris, ou déjà affaiblis par des parasites internes ou une autre maladie.
Mélange d'animaux d'origines différentes, achats sans quarantaine, rassemblements.
Matériel de tonte et de contention partagé sans désinfection.
Présence d'autres animaux atteints sur l'exploitation, notamment les bovins, chez lesquels la teigne est fréquente.
Transmission
Par contact direct entre animaux, en particulier entre jeunes regroupés en bâtiment.
Par l'environnement contaminé, qui est le grand réservoir : murs, barrières, cornadis, mangeoires, poteaux, litière, matériel de contention et de tonte. Les spores y survivent très longtemps et suffisent à recontaminer une nouvelle bande d'animaux dans un local pourtant vide entre-temps.
Par les mains, les vêtements et les bottes des personnes qui passent d'un lot à l'autre.
Par l'introduction d'un animal porteur, parfois sans lésion visible.
À l'homme, par contact direct avec les animaux, la laine ou l'environnement contaminé : ce point est développé plus bas.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire reconnaît souvent la maladie à l'aspect des lésions et à leur localisation, mais l'aspect seul ne suffit pas toujours : d'autres maladies de peau du mouton donnent des plaques dénudées et croûteuses.
La confirmation passe par un prélèvement de poils et de squames en bordure de lésion, examiné au microscope et éventuellement mis en culture au laboratoire. La culture demande du temps mais identifie le champignon avec certitude.
Le vétérinaire écarte en particulier la gale et les poux, qui font gratter beaucoup plus, ainsi que la dermatophilose, dont les croûtes sont humides et douloureuses et suivent des périodes de pluie.
Il examine l'ensemble du lot, car les lésions débutantes sont discrètes et l'étendue réelle du problème est presque toujours sous-estimée.
Il évalue l'état général et l'alimentation, qui conditionnent la vitesse de guérison.
Il aborde systématiquement le risque pour la famille et pour les personnes qui manipulent les animaux : c'est une part essentielle de la consultation.
Traitement
Chez un animal en bon état, les lésions guérissent souvent seules en quelques semaines, surtout avec le retour au pâturage, au soleil et à l'air sec. Ce n'est pas une raison pour ne rien faire : pendant tout ce temps, l'animal contamine ses congénères, le bâtiment et les personnes.
Des traitements antifongiques externes existent, en application locale ou en lavage, et sont prescrits par le vétérinaire selon l'étendue des lésions et l'effectif concerné.
Le traitement de l'environnement compte autant que celui des animaux, et il est souvent négligé. Les spores survivent très longtemps sur les murs, les cornadis et le matériel : un nettoyage soigneux suivi d'une désinfection avec un produit actif contre les champignons, choisi avec le vétérinaire, est indispensable pour ne pas recontaminer la bande suivante.
Les animaux atteints se séparent des animaux sains tant que les lésions sont actives.
Exposer les animaux à la lumière du jour et à l'air sec favorise nettement la guérison ; l'obscurité et l'humidité l'entretiennent.
Une alimentation correcte et la correction des carences accélèrent la guérison.
Aucune dose ni aucun rythme ne s'improvise. N'appliquez jamais de gasoil, d'huile de vidange, de javel pure ni de préparation maison sur la peau d'un animal : c'est inefficace, cela brûle et cela aggrave les lésions.
Portez des gants pour tout soin, et lavez-vous soigneusement ensuite.
Les délais d'attente pour la viande et pour le lait s'appliquent aux produits utilisés : demandez-les au vétérinaire.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Nettoyer et désinfecter les bâtiments entre les bandes d'animaux, en insistant sur les cornadis, les mangeoires, les barrières et les poteaux de frottement, avec un produit actif contre les champignons.
Éviter la surdensité, améliorer l'aération et faire entrer la lumière dans les bâtiments d'hiver.
Mettre en quarantaine et examiner tout animal acheté, en regardant particulièrement la tête et les oreilles.
Isoler rapidement les animaux atteints pour limiter la contamination du lot et du bâtiment.
Sortir les animaux au pâturage dès que la saison le permet : le soleil et l'air sec sont de puissants alliés.
Nettoyer et désinfecter le matériel de tonte et de contention entre les lots et entre les exploitations.
Maintenir un bon état nutritionnel et corriger les carences : un agneau en état se débarrasse de la teigne bien plus vite.
Protéger les personnes : gants pour manipuler les animaux atteints, lavage soigneux des mains et des avant-bras, vêtements de travail changés, et enfants tenus à l'écart des lots atteints.
Complications possibles
Extension des lésions à une grande partie du corps chez les animaux jeunes, carencés ou affaiblis.
Surinfection bactérienne des plaques grattées ou abîmées.
Toison et peaux dévalorisées, avec des défauts persistants sur les cuirs.
Retard de croissance dans les formes très étendues chez les agneaux.
Contamination durable du bâtiment, avec réapparition de la maladie sur chaque nouvelle bande d'animaux.
Contamination de l'éleveur, de sa famille et des personnes qui manipulent les animaux : c'est la complication la plus fréquente et la plus sous-estimée.
Quand consulter un vétérinaire
Des plaques rondes et bien délimitées, sans laine, apparaissent sur la tête, les oreilles ou le cou de vos animaux.
Plusieurs agneaux du même lot présentent des lésions en même temps.
Les plaques s'agrandissent ou se multiplient malgré le passage des semaines.
Un animal a des lésions étendues sur le corps ou maigrit.
Vous hésitez entre teigne, gale et poux : faites trancher par le vétérinaire, les traitements n'ont rien à voir.
Vous, un membre de votre famille ou un enfant présentez des plaques rondes et squameuses sur les bras, le cou ou le visage : consultez un médecin en signalant le contact avec les animaux.
Transmission à l'humain
La teigne des ovins se transmet facilement à l'homme : c'est l'une des zoonoses les plus courantes en élevage, et elle est souvent sous-estimée parce qu'elle n'est pas grave.
La contamination se fait par contact direct avec les animaux atteints, avec leur laine, ou simplement avec l'environnement : murs, barrières et matériel portent des spores très résistantes.
Chez l'être humain, elle donne des plaques rondes, rouges, squameuses, à bordure surélevée, qui s'étendent en anneau et démangent. Elles apparaissent surtout sur les avant-bras, les mains, le cou et le visage — les zones de contact. Sur le cuir chevelu, chez l'enfant, elles peuvent faire tomber les cheveux par plaques.
Les enfants qui approchent et portent les agneaux sont les plus exposés, et ce sont eux chez qui les lésions sont les plus étendues.
Un avis médical est nécessaire : la teigne humaine se traite bien, mais elle ne disparaît pas seule rapidement et elle se transmet entre membres d'une même famille. Précisez au médecin que vous êtes en contact avec des ovins atteints, cette information l'aide beaucoup.
Les précautions sont simples : porter des gants pour manipuler et soigner les animaux atteints, se laver soigneusement les mains et les avant-bras après le travail, changer de vêtements de travail, ne pas laisser les enfants manipuler les animaux d'un lot atteint, et ne pas rentrer de laine ou de matériel contaminé à la maison.
Pronostic
Le pronostic pour l'animal est bon : la très grande majorité des cas guérit, spontanément ou avec un traitement, et la laine repousse.
La guérison demande cependant plusieurs semaines, parfois plus chez les animaux jeunes ou en mauvais état.
Les animaux guéris développent une résistance qui les protège en partie par la suite.
Le véritable problème est ailleurs : sans désinfection du bâtiment, les spores restent en place et la maladie réapparaît sur chaque nouvelle bande d'agneaux, année après année. C'est là que se joue la maîtrise durable.
Les lésions chez l'homme guérissent également bien avec un traitement médical adapté.
Questions fréquentes
La teigne de mes moutons peut-elle passer à mes enfants ?
Oui, et c'est fréquent. Les enfants qui portent et caressent les agneaux développent des plaques rondes et squameuses sur les bras, le cou ou le visage, parfois sur le cuir chevelu. Cela se soigne bien, mais il faut consulter un médecin et lui dire que vous avez des animaux atteints. En attendant, tenez les enfants à l'écart du lot concerné.
Faut-il traiter si les lésions partent toutes seules ?
La guérison spontanée existe chez les animaux en bon état, mais elle prend des semaines pendant lesquelles l'animal contamine ses congénères, le bâtiment et votre famille. Le vétérinaire décide s'il faut traiter les animaux ; en revanche, isoler les atteints et désinfecter les locaux se justifie dans tous les cas.
Pourquoi la teigne revient-elle chaque hiver dans ma bergerie ?
Parce que le champignon laisse des spores extrêmement résistantes sur les murs, les cornadis, les mangeoires et le matériel, où elles survivent très longtemps. Un bâtiment resté vide n'est pas pour autant assaini. Sans nettoyage puis désinfection avec un produit actif contre les champignons, chaque nouvelle bande d'agneaux se contamine à son tour.
Comment savoir si c'est la teigne et pas la gale ?
Deux indices simples orientent, sans remplacer le vétérinaire : la teigne donne des plaques rondes, sèches et bien délimitées, surtout sur la tête, et fait peu gratter ; la gale fait se frotter les animaux jusqu'à s'arracher la laine. La confirmation se fait au laboratoire, sur des poils prélevés en bordure de lésion ou sur un raclage de peau.
Références
CDC — Centers for Disease Control and Prevention
ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire (France)
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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