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Theilériose bovine
La theilériose est une maladie du sang transmise par les tiques. Un parasite microscopique, le theileria, est inoculé à la vache pendant le repas de la tique. Il se multiplie d'abord dans les ganglions, puis envahit les globules rouges. C'e...
De quoi s'agit-il ?
La theilériose est une maladie du sang transmise par les tiques. Un parasite microscopique, le theileria, est inoculé à la vache pendant le repas de la tique. Il se multiplie d'abord dans les ganglions, puis envahit les globules rouges.
C'est l'une des maladies parasitaires les plus graves des bovins de tout le pourtour méditerranéen, Maghreb compris. Elle frappe surtout pendant la saison chaude, quand les tiques sont actives.
Les bovins de races locales, exposés depuis leur jeune âge, résistent souvent mieux. Les animaux importés de races laitières sensibles peuvent en mourir en quelques jours faute d'immunité.
À retenir
Maladie grave et rapidement mortelle chez les bovins non immunisés, en particulier les animaux importés. Un délai de quelques jours change le pronostic.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Le premier signe est souvent un gros ganglion, palpable sous la peau, du côté où la tique a piqué : devant l'épaule, au niveau du cou ou du grasset.
Fièvre élevée qui dure, abattement, l'animal reste à l'écart du troupeau.
Perte d'appétit, arrêt de la rumination, chute rapide de la production de lait.
Muqueuses des yeux et des gencives de plus en plus pâles, puis parfois jaunes : le parasite détruit les globules rouges.
Larmoiement, écoulement des yeux, paupières gonflées.
Amaigrissement rapide, respiration courte et pénible dans les formes avancées.
Des tiques sont fréquemment visibles sur l'animal : oreilles, mamelle, dessous de la queue, aisselles, entre les cuisses.
Dans certains cas, des signes nerveux apparaissent en fin d'évolution.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à un parasite microscopique du genre Theileria, transmis par la piqûre de tiques.
Après l'inoculation, le parasite se multiplie dans les ganglions lymphatiques, ce qui explique leur gonflement précoce, puis gagne les globules rouges et provoque une anémie.
Plusieurs espèces de theileria existent. Celle qui domine sur le pourtour méditerranéen est responsable de la forme dite tropicale, particulièrement sévère chez les bovins non immunisés.
Les bovins importés, ou issus de races laitières sélectionnées, sont les plus exposés : ils n'ont jamais rencontré le parasite et font des formes graves.
Les veaux et les jeunes animaux d'élevages jusque-là indemnes.
Les périodes de forte activité des tiques : chaleur, fin de printemps et été.
Les étables anciennes, avec des murs fissurés et des recoins non nettoyés, qui abritent les tiques toute l'année.
Les animaux affaiblis par une autre maladie, un manque d'eau ou une alimentation insuffisante.
L'introduction d'animaux achetés sans quarantaine ni examen des tiques.
Transmission
La transmission se fait uniquement par les tiques : il n'y a pas de contagion directe d'une vache à l'autre, ni par le lait, ni par le contact.
Les tiques vectrices sont actives de la fin du printemps à l'automne, avec un pic en été.
Certaines tiques vectrices ne restent pas en permanence sur l'animal : elles se cachent le jour dans les fissures des murs, sous les mangeoires et dans les recoins de l'étable. Le bâtiment fait donc partie du problème.
Un animal guéri peut rester porteur du parasite sans être malade et servir de réservoir pour les tiques du troupeau.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Appelez le vétérinaire dès la fièvre et le gros ganglion : dans cette maladie, chaque jour compte.
L'examen clinique recherche les ganglions augmentés de volume, la pâleur des muqueuses et la présence de tiques.
Le diagnostic se confirme au laboratoire : frottis de sang et, surtout, ponction d'un ganglion observée au microscope, où le parasite est visible. Des analyses plus poussées existent en laboratoire spécialisé.
Une prise de sang évalue l'importance de l'anémie et l'état général.
Signalez au vétérinaire l'origine des animaux et la date de leur introduction : un lot récemment acheté oriente fortement le diagnostic.
Traitement
Le traitement relève du vétérinaire. Un traitement antiparasitaire spécifique de la theilériose existe ; il est d'autant plus efficace qu'il est mis en route tôt, avant que l'anémie ne soit installée.
Des soins de soutien accompagnent le traitement : réhydratation, anti-inflammatoires si le vétérinaire les juge utiles, alimentation appétente, eau propre à volonté, abri à l'ombre.
Dans les cas très anémiés, une transfusion peut être envisagée.
Les tiques présentes sur l'animal doivent être éliminées par un acaricide adapté, sans les écraser à mains nues.
Aucun de ces produits ne doit être utilisé sans prescription : les délais d'attente pour le lait et pour la viande doivent être respectés, et le vétérinaire est le seul à pouvoir les indiquer.
Un animal traité tardivement peut guérir mais garder longtemps une baisse de production.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Tout repose sur la lutte contre les tiques, menée à l'échelle du troupeau et pas animal par animal.
Inspectez régulièrement les bovins pendant la saison chaude : oreilles, mamelle, dessous de la queue, aisselles, entre les cuisses. Retirez les tiques avec un crochet ou une pince, sans les écraser entre les doigts.
Traitements acaricides du troupeau selon un calendrier établi avec le vétérinaire, calé sur la saison d'activité des tiques.
Traitez aussi les bâtiments : nettoyage, chaulage et rebouchage des fissures des murs, des mangeoires et des abreuvoirs, où les tiques se réfugient.
Mettez en quarantaine tout animal acheté, examinez-le et débarrassez-le de ses tiques avant de l'introduire dans le troupeau.
Protégez en priorité les animaux importés ou de races sensibles pendant leur première saison chaude sur place.
Alternez les familles d'acaricides sur avis vétérinaire : un usage répétitif du même produit finit par sélectionner des tiques résistantes.
Vaccination
Un vaccin vivant atténué contre la theilériose tropicale existe et est utilisé dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen.
Il s'administre avant la saison des tiques et son intérêt est particulièrement net pour les animaux importés ou de races sensibles.
Sa disponibilité varie selon les pays et les campagnes : renseignez-vous auprès de votre vétérinaire ou des services vétérinaires de votre région.
La vaccination ne remplace pas la lutte contre les tiques : les deux se complètent.
Complications possibles
Anémie sévère, avec un animal qui ne se relève plus.
Atteinte des poumons et difficulté respiratoire dans les formes avancées.
Mortalité élevée chez les bovins sensibles non traités à temps.
Chez les animaux qui guérissent : amaigrissement durable, retard de croissance chez les jeunes, baisse prolongée de la production laitière.
Infections secondaires favorisées par l'affaiblissement général.
Quand consulter un vétérinaire
Une vache a de la fièvre et un ganglion gonflé sous la peau pendant la saison des tiques : appelez le vétérinaire sans attendre.
Un animal récemment acheté ou importé est abattu, mange moins et perd son lait.
Les muqueuses des yeux ou des gencives deviennent pâles ou jaunes.
Vous trouvez de nombreuses tiques sur plusieurs animaux du troupeau.
Un bovin respire difficilement ou reste couché sans se relever : c'est une urgence.
Pronostic
Pris tôt, chez un animal encore en état, le traitement donne de bons résultats.
Découverte tardivement, sur un bovin très anémié, la maladie reste souvent mortelle malgré les soins.
Les animaux locaux exposés jeunes développent une immunité et font en général des formes bénignes.
Dans un élevage où les tiques sont réellement maîtrisées, les cas deviennent rares.
Questions fréquentes
Pourquoi mes vaches importées tombent-elles malades alors que les locales vont bien ?
Parce que les bovins locaux ont rencontré le parasite très jeunes et s'y sont immunisés, souvent sans que l'éleveur s'en aperçoive. Un animal importé n'a aucune défense : il fait une forme sévère. Il doit donc être protégé de façon renforcée pendant sa première saison chaude.
Est-ce que la maladie peut se transmettre à mes autres vaches par contact ?
Non. Elle ne se transmet que par la piqûre de tiques. Mais si une vache est malade, cela signifie que des tiques infectées circulent dans l'élevage : le reste du troupeau est exposé, d'où l'importance d'agir sur les tiques et le bâtiment.
Puis-je consommer ou vendre le lait d'une vache traitée ?
Pas librement. Tout traitement impose un délai d'attente pour le lait et pour la viande, qui dépend du produit utilisé. Seul le vétérinaire qui a prescrit peut vous l'indiquer, et ce délai doit être respecté à la lettre.
Traiter uniquement les animaux suffit-il contre les tiques ?
Souvent non. Certaines tiques vectrices passent une partie de leur vie dans les fissures des murs et sous les mangeoires. Sans nettoyage et traitement du bâtiment, la population de tiques se reconstitue chaque année.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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