Accueil › Animalia › Santé animale › Maladies animales › Theilériose ovine
Theilériose ovine
La theilériose est due à un parasite microscopique transmis par des tiques et qui, contrairement à la babésiose, ne se contente pas des globules rouges : il commence par envahir les ganglions et les globules blancs, où il se multiplie, avan...
De quoi s'agit-il ?
La theilériose est due à un parasite microscopique transmis par des tiques et qui, contrairement à la babésiose, ne se contente pas des globules rouges : il commence par envahir les ganglions et les globules blancs, où il se multiplie, avant de gagner le sang.
Cela explique le signe qui la distingue le plus nettement des autres maladies du sang transmises par les tiques : un gros ganglion, souvent celui de l'épaule, que l'éleveur peut sentir sous la main du côté où la tique s'est fixée.
Elle est transmise par des tiques de grande taille, bien connues dans les régions chaudes et sèches du pourtour méditerranéen et du Maghreb, qui se logent volontiers dans les oreilles, sous la queue et à l'aine, et qui se cachent aussi dans les fissures des bergeries.
À retenir
Un mouton fébrile avec un gros ganglion devant l'épaule, en saison chaude et en zone à tiques, doit être vu rapidement : le traitement de la theilériose est spécifique et il n'a de valeur que s'il est donné tôt.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Fièvre élevée qui dure plusieurs jours, souvent le premier signe.
Gonflement d'un ou de plusieurs ganglions, en particulier celui situé devant l'épaule, palpable sous la peau. C'est le signe le plus évocateur et il apparaît tôt : apprenez à le rechercher avec le vétérinaire.
Abattement profond, refus de manger, animal qui se sépare du troupeau et cesse de pâturer.
Pâleur progressive des muqueuses à mesure que les globules rouges sont détruits.
Coloration jaune des muqueuses et du blanc de l'œil dans les formes avancées.
Écoulement des yeux et du nez, d'abord clair puis épais, paupières gonflées.
Amaigrissement rapide, laine terne.
Respiration gênée, animal qui souffle, parfois accumulation de liquide dans les poumons dans les formes sévères.
Dans certains cas, taches rouges visibles sur les muqueuses de la bouche ou de l'œil, traduisant des saignements sous la peau.
Animal couché qui ne se relève plus, puis mort en quelques jours dans les formes malignes.
Les urines ne changent en général pas de couleur, contrairement à la babésiose : c'est un point utile pour orienter.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Le parasite est inoculé par la salive de la tique pendant qu'elle se gorge.
Il gagne d'abord les ganglions, où il envahit les globules blancs et les force à se multiplier avec lui : c'est ce qui fait gonfler le ganglion le plus proche du point de piqûre.
Depuis les ganglions, il se répand dans tout l'organisme, puis passe dans les globules rouges, provoquant l'anémie et la teinte jaune des muqueuses.
Cette double étape explique la gravité de la maladie et la difficulté du traitement : quand l'anémie devient visible, le parasite est déjà installé partout.
Les tiques responsables ont un mode de vie particulier : une partie de leur cycle se déroule dans les bâtiments, dans les fissures des murs, sous les mangeoires et dans le vieux bois. Traiter uniquement les animaux sans s'occuper de la bergerie laisse le problème entier.
Un animal guéri reste porteur longtemps et sert de réservoir.
Régions chaudes et sèches du pourtour méditerranéen, où vivent les tiques responsables ; saison chaude en particulier.
Bergeries anciennes en pierre ou en terre, avec des murs fissurés et des mangeoires en vieux bois : ce sont des réservoirs de tiques.
Animaux achetés dans une zone indemne et introduits dans une zone à risque, ou l'inverse.
Animaux jeunes n'ayant jamais été exposés, et animaux adultes d'un troupeau longtemps protégé.
Stress, transport, forte chaleur, mise bas, sous-alimentation.
Parasitisme interne associé ou autre maladie du sang transmise par la même tique.
Absence de traitement des bâtiments dans le programme de lutte contre les tiques : c'est l'oubli le plus fréquent.
Regroupements d'animaux et périodes de forte circulation commerciale.
Transmission
Uniquement par la piqûre de tique : il n'y a pas de contagion directe entre animaux, ni vers l'homme.
Les tiques en cause sont actives pendant la saison chaude et se rencontrent aussi bien sur les parcours que dans les bâtiments, ce qui rend l'exposition possible même pour des animaux peu sortis.
Les animaux introduits d'une région indemne dans une zone où la maladie circule sont les plus exposés aux formes mortelles.
Les bovins peuvent héberger des parasites voisins transmis par les mêmes tiques : lutter contre les tiques bénéficie à toutes les espèces de l'exploitation.
Les mouvements d'animaux, foires, transhumance et regroupements précédant l'Aïd, déplacent à la fois les animaux porteurs et leurs tiques.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire palpe systématiquement les ganglions, en particulier celui situé devant l'épaule : un gros ganglion associé à de la fièvre chez un mouton en saison de tiques est très évocateur.
Il prend la température, examine la couleur des muqueuses et vérifie la couleur des urines, ce qui aide à distinguer la theilériose de la babésiose.
Il recherche les tiques sur l'animal, avec une attention particulière aux oreilles, à l'aine, au dessous de la queue et à la mamelle, et interroge sur l'état de la bergerie.
Un frottis de sang coloré et surtout une ponction du ganglion, examinés au microscope, montrent le parasite et permettent de confirmer rapidement.
Des analyses de laboratoire spécialisées identifient l'espèce en cause et distinguent la forme grave de la forme bénigne, ce qui change la conduite à tenir.
Une prise de sang mesure l'anémie et l'état général.
L'examen d'un animal mort est très instructif : ganglions volumineux, rate augmentée, taches de saignement sur les organes. Il permet de prendre les bonnes décisions pour le reste du troupeau.
Traitement
Il existe un antiparasitaire spécifique des theilérioses. Il n'a rien à voir avec les vermifuges ni avec les produits utilisés contre la babésiose : chaque maladie du sang a son traitement propre, ce qui rend le diagnostic indispensable avant de traiter.
Ce produit n'est pas toujours facile à se procurer et il est coûteux ; sa prescription et son administration relèvent du vétérinaire. Aucune dose ni aucun rythme ne doit être décidé seul.
Là encore, tout se joue sur la précocité : traité dès la fièvre et le gonflement du ganglion, un animal a de bonnes chances ; traité une fois couché et anémié, il en a peu, même avec le bon produit.
Un antibiotique peut être associé par le vétérinaire selon les cas, notamment lorsque d'autres agents transmis par la même tique sont suspectés.
Les soins de soutien sont essentiels : ombre, calme, eau propre à portée, alimentation appétente. Ne poursuivez pas et ne transportez pas un animal très anémié.
Retirer les tiques présentes sur l'animal fait partie du traitement, et il faut dans la foulée examiner tout le lot : un cas signale une pression de tiques élevée et d'autres animaux sont souvent en incubation.
Les délais d'attente viande et lait doivent être demandés au vétérinaire avant tout abattage ou toute traite.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La lutte contre les tiques est la mesure décisive, et elle protège en même temps contre la babésiose, l'anaplasmose et les autres agents inoculés par la même piqûre. Les produits existent en plusieurs familles et sous plusieurs formes ; le calendrier se construit avec le vétérinaire en fonction de la saison et de la région.
Traiter la bergerie est ici aussi important que traiter les animaux, car ces tiques se cachent dans les bâtiments. Reboucher les fissures des murs, remplacer ou nettoyer les mangeoires en vieux bois, curer et désinfecter en profondeur entre les lots : sans cela, les animaux se réinfestent en permanence.
Inspecter les animaux à la main pendant la saison chaude, en insistant sur les oreilles, l'aine, le dessous de la queue et la mamelle.
Retirer les tiques entièrement, sans les écraser ni les brûler, en portant des gants : certaines tiques de grande taille peuvent transmettre à l'homme des maladies graves sans rapport avec celles du mouton.
Mettre en quarantaine tout animal acheté, le débarrasser de ses tiques et surveiller sa température pendant les premières semaines. C'est particulièrement important lors des achats avant l'Aïd et après les foires.
Éviter d'introduire des animaux naïfs en pleine saison chaude sur un parcours à tiques.
Maintenir une bonne alimentation et maîtriser les parasites internes : un animal en état supporte beaucoup mieux l'infection.
Complications possibles
Mort de l'animal, fréquente dans la forme maligne quand le traitement arrive tard.
Anémie profonde et amaigrissement durable, avec une reprise d'état très lente chez les survivants.
Saignements et atteinte de plusieurs organes dans les formes sévères.
Accumulation de liquide dans les poumons, avec une détresse respiratoire de fin d'évolution.
Avortement chez les brebis gestantes, agneaux faibles.
Effondrement de la production laitière.
Animaux guéris restés porteurs, qui entretiennent la maladie dans l'élevage.
Association avec d'autres maladies transmises par la même tique, qui rend le tableau confus et le pronostic plus sombre.
Quand consulter un vétérinaire
Un animal a de la fièvre et un ganglion gonflé, palpable devant l'épaule : appelez le vétérinaire sans attendre.
Un animal est abattu, refuse de manger et se sépare du troupeau pendant la saison chaude.
Les muqueuses deviennent pâles ou jaunes.
Un animal présente un écoulement des yeux et du nez avec de la fièvre.
Un animal récemment acheté tombe malade dans les semaines qui suivent son arrivée.
Plusieurs animaux se dégradent en même temps alors que vous trouvez beaucoup de tiques sur le troupeau.
Un animal meurt brutalement en saison de tiques : faites-le examiner plutôt que de le faire disparaître, cela protège le reste du lot.
Pronostic
La forme bénigne guérit seule et passe le plus souvent inaperçue.
La forme maligne est grave : sans traitement précoce et spécifique, elle emporte une part importante des animaux atteints, en particulier ceux qui n'avaient jamais été exposés.
Un animal traité dès la fièvre et le gonflement du ganglion a de bonnes chances de s'en sortir, mais il lui faudra des semaines pour refaire son état.
À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend de deux choses : la rapidité d'appel du vétérinaire, et la prise en compte des bâtiments dans la lutte contre les tiques. Traiter les animaux en laissant les tiques dans les murs de la bergerie donne des résultats décevants année après année.
Questions fréquentes
Comment distinguer la theilériose des autres maladies à tiques ?
Sur le terrain, le gonflement d'un ganglion, souvent celui de l'épaule, associé à de la fièvre, est le signe le plus évocateur de la theilériose. La babésiose donne plutôt des urines brun rouge, l'anaplasmose une pâleur et un ictère avec des urines normales. Mais ces maladies se ressemblent et peuvent coexister : seul le vétérinaire, avec un examen de sang ou de ganglion, peut trancher, et le traitement n'est pas le même.
Je traite mes moutons contre les tiques mais j'ai quand même des cas, pourquoi ?
Souvent parce que les tiques responsables se cachent aussi dans la bergerie : fissures des murs, mangeoires en vieux bois, recoins jamais curés. Les animaux se réinfestent en rentrant. Traiter les bâtiments en même temps que les animaux change complètement les résultats.
Les moutons que j'achète avant l'Aïd présentent-ils un risque particulier ?
Oui, à double titre : ils peuvent arriver avec leurs propres tiques et contaminer votre parcours, et s'ils viennent d'une zone indemne ils sont eux-mêmes très vulnérables. Une quarantaine, un examen des tiques et une surveillance de la température pendant les premières semaines évitent bien des ennuis.
Un vermifuge classique peut-il agir sur ce parasite ?
Non. Il s'agit d'un parasite du sang et des ganglions, pas d'un ver de l'intestin. Il faut un antiparasitaire spécifique des theilérioses, prescrit par le vétérinaire, et il n'est efficace que s'il est donné tôt.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
EN BREF
Besoin d'un vétérinaire ?
Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.
Trouver un vétérinaireCatégories
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
À découvrir
Maladies proches et contenus Animalia liés.
Rage
Virale · Vaccin disponible
Toxoplasmose
Parasitaire
Coccidiose
Parasitaire
Fièvre aphteuse
Virale · Vaccin disponible