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Torsion utérine
La torsion utérine est le vrillage de l'utérus plein sur lui-même, comme un sac que l'on tordrait à sa base. Elle survient à la toute fin de la gestation ou au tout début de la mise bas. Le passage se ferme : l'agneau ne peut plus sortir, e...
De quoi s'agit-il ?
La torsion utérine est le vrillage de l'utérus plein sur lui-même, comme un sac que l'on tordrait à sa base. Elle survient à la toute fin de la gestation ou au tout début de la mise bas.
Le passage se ferme : l'agneau ne peut plus sortir, et la circulation du sang dans l'utérus se réduit progressivement.
C'est une cause de mise bas bloquée particulièrement traître, parce qu'elle ne ressemble pas à ce que l'éleveur attend. Rien ne sort, rien ne se voit : pas de poche des eaux, pas de pattes, pas de museau. La brebis pousse ou, au contraire, ne pousse plus du tout et paraît simplement abattue.
À retenir
Une brebis à terme qui pousse sans que rien n'apparaisse, ou qui est en travail sans progression, est une urgence. Il ne faut ni explorer à répétition, ni tirer, ni attendre le lendemain : le canal est vrillé en amont de la main et seul le vétérinaire peut rétablir le passage.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Brebis à terme qui manifeste des signes de mise bas : isolement, agitation, grattage de la litière, puis efforts de poussée.
Rien n'apparaît à la vulve : ni poche des eaux, ni pattes, ni museau, alors que le travail semble avoir commencé depuis un moment.
Ou bien la brebis cesse tout effort et reste simplement couchée, abattue, dans une attitude de mise bas qui n'aboutit pas. Cette forme discrète est la plus dangereuse car elle passe pour de la fatigue.
Signes de douleur du ventre : la brebis regarde son flanc, se couche et se relève, gratte le sol, grince des dents.
Perte d'appétit et arrêt de la rumination.
À mesure que les heures passent : abattement profond, refus de se lever, respiration rapide, état qui se dégrade.
La vulve reste souvent sèche et le vagin donne l'impression d'un cul-de-sac lorsqu'on explore : c'est un élément que le vétérinaire recherche, et une exploration répétée par l'éleveur ne fait qu'abîmer les tissus.
Un liquide brun malodorant apparaît lorsque l'agneau est mort depuis un certain temps : la situation est alors devenue une urgence pour la brebis elle-même.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
L'utérus plein est suspendu dans l'abdomen et peut pivoter sur son axe lorsque la brebis fait un mouvement brusque.
Les circonstances les plus souvent en cause sont un coucher ou un lever brutal, une glissade, une chute, une bousculade à l'auge, un passage étroit, un transport ou une course provoquée par un chien.
Les mouvements de l'agneau au début du travail peuvent aussi déclencher la rotation.
Une portée unique et un agneau de gros format, qui laissent plus de jeu à l'utérus, y prédisposent davantage qu'une portée nombreuse.
Un manque d'exercice suivi d'une sortie brutale, ou un sol glissant en bergerie, augmentent le risque de mouvement mal contrôlé.
Une fois l'utérus vrillé, il ne se remet pas seul en place : la situation ne fait qu'empirer.
Fin de gestation et tout début de mise bas : c'est la période exclusive de survenue.
Portée unique avec un agneau de gros format.
Sols glissants, marches, passages étroits, cases mal aménagées.
Bousculades à la distribution de l'aliment, brebis à terme obligées de se battre pour manger.
Transport, changement de lot ou manipulation brutale en fin de gestation.
Dérangement par un chien, course ou chute.
Brebis à terme laissées sans surveillance, chez qui le blocage n'est découvert que le lendemain.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
C'est une urgence obstétricale : le vétérinaire doit être appelé rapidement, et non après plusieurs heures d'essais.
N'explorez pas la brebis à répétition et ne tirez sur rien : le canal est vrillé en amont, il n'y a rien à attraper, et les manipulations répétées abîment les tissus et compromettent la suite.
Si vous devez explorer une fois, faites-le avec des mains lavées, des gants à usage unique et beaucoup de lubrifiant, puis arrêtez-vous.
Le vétérinaire confirme la torsion par un examen des voies génitales : il perçoit les replis en spirale caractéristiques et l'impression de cul-de-sac. Il précise aussi le sens de la torsion, ce qui conditionne la manœuvre.
Il évalue en même temps l'état de la brebis, la vitalité probable de l'agneau et la durée écoulée depuis le début du travail : cette information, que vous seul pouvez donner, oriente sa décision. Notez l'heure à laquelle vous avez vu la brebis commencer à pousser.
Il écarte les autres causes de mise bas bloquée, notamment les mauvaises présentations et l'ouverture insuffisante du col, qui relèvent de la dystocie et se conduisent différemment.
Traitement
Deux voies existent, et le choix appartient au vétérinaire en fonction du sens de la torsion, de son degré, de l'état de la brebis et du temps écoulé.
La première consiste à détordre l'utérus en faisant rouler la brebis sur elle-même dans un sens précis, souvent en maintenant l'utérus en place à l'aide d'une planche appuyée sur le flanc. Cette manœuvre paraît simple à décrire, mais faite dans le mauvais sens ou sans maintenir l'utérus, elle aggrave la torsion et peut déchirer l'organe. Elle ne s'improvise pas et n'est pas un geste d'éleveur.
La seconde est la césarienne, qui devient nécessaire lorsque la manœuvre échoue, lorsque la torsion est ancienne, ou lorsque le col ne s'ouvre pas malgré la détorsion.
Une fois le passage rétabli, la mise bas peut se poursuivre naturellement ou l'agneau être extrait avec précaution.
La brebis reçoit ensuite un traitement antibiotique et anti-inflammatoire, et un soutien général si elle est déshydratée ou en état de choc.
Le risque d'infection de l'utérus et de rétention du placenta après l'épisode est important : la brebis doit être surveillée de près les jours suivants.
Les agneaux, souvent nés affaiblis, ont besoin de chaleur et de colostrum rapidement ; si la brebis ne monte pas en lait, il faut organiser une adoption ou un allaitement artificiel.
Les délais d'attente viande et lait des médicaments utilisés doivent être demandés et respectés.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Il n'existe pas de prévention parfaite, car la torsion résulte d'un mouvement, mais plusieurs mesures réduisent réellement le risque.
Supprimez les sols glissants, les marches et les passages étroits dans les circuits empruntés par les brebis à terme.
Évitez les bousculades à l'auge : places d'alimentation suffisantes, distribution calme, pas de concurrence pour les brebis en fin de gestation.
Pas de chiens qui font courir les brebis à terme, pas de manipulation brutale, pas de transport dans les dernières semaines.
Maintenez une activité régulière plutôt que de longues périodes d'immobilité suivies de sorties brutales.
Surveillez de près les brebis à terme, plusieurs fois par jour et notamment la nuit en pleine saison d'agnelage : ce qui sauve ici, c'est de repérer tôt une mise bas qui ne progresse pas.
Retenez un repère simple, à faire préciser par votre vétérinaire selon votre conduite d'élevage : une brebis qui pousse franchement sans que rien n'apparaisse, ou qui est en travail sans progression, ne doit pas être laissée ainsi jusqu'au lendemain.
Formez toutes les personnes qui surveillent les agnelages à ne pas tirer et à appeler.
Complications possibles
Mort de l'agneau, d'autant plus certaine que le délai s'allonge.
Décomposition de l'agneau dans l'utérus, avec infection généralisée et mort de la brebis.
Déchirure ou rupture de l'utérus lors d'une manœuvre de détorsion mal conduite.
Gangrène de la paroi utérine lorsque la torsion est ancienne et que la circulation du sang a été interrompue.
Métrite, rétention du placenta et infertilité après l'épisode.
Brebis qui ne monte pas en lait, avec mortalité des agneaux survivants.
Coût d'une césarienne et réforme anticipée dans les cas les plus abîmés.
Quand consulter un vétérinaire
Une brebis à terme pousse franchement depuis un moment et rien n'apparaît à la vulve : appelez sans attendre le lendemain.
Une brebis semble en travail puis s'arrête, reste couchée et abattue sans que rien ne soit sorti.
Elle regarde son flanc, gratte, grince des dents, ne mange plus et ne rumine plus alors qu'elle est à terme.
Vous explorez et vous avez l'impression d'un cul-de-sac, sans pouvoir atteindre l'agneau : arrêtez immédiatement et appelez.
Un liquide brun malodorant s'écoule : la situation est déjà grave pour la brebis.
Une mise bas ne progresse pas malgré une aide correcte : ne tirez pas davantage, appelez.
Après l'épisode, la brebis a de la fièvre, un écoulement nauséabond, ou ne monte pas en lait.
Pronostic
Le pronostic dépend avant tout du délai. Une torsion prise en charge tôt se corrige souvent bien, l'agneau naît vivant et la brebis récupère.
Au-delà de plusieurs heures, l'agneau est en général perdu et la paroi de l'utérus commence à souffrir : le pronostic de la brebis elle-même se dégrade.
Une torsion ancienne, avec un utérus abîmé ou un agneau en décomposition, met la vie de la brebis en jeu malgré la chirurgie.
Les brebis qui s'en sortent peuvent en général être remises à la reproduction : la torsion utérine n'est pas un problème qui récidive systématiquement. Cette décision se prend avec le vétérinaire selon l'état de l'utérus.
Questions fréquentes
Ma brebis pousse mais je ne trouve rien à l'intérieur, que se passe-t-il ?
C'est la description typique d'une torsion de la matrice : l'utérus est vrillé en amont de votre main, il n'y a donc rien à atteindre et rien à tirer. Continuer à explorer ne fait qu'abîmer les tissus. Appelez le vétérinaire, c'est lui qui pourra rétablir le passage.
On m'a dit qu'il fallait faire rouler la brebis, puis-je le faire moi-même ?
Non. La manœuvre existe, mais elle doit être faite dans le bon sens, ce que seul un examen permet de déterminer, et en maintenant l'utérus en place. Faite au hasard, elle aggrave la torsion et peut déchirer l'utérus. C'est un geste vétérinaire.
Combien de temps puis-je attendre avant d'appeler ?
Le moins possible. Chaque heure diminue les chances de sauver l'agneau, puis met la brebis en danger. Une brebis à terme qui pousse sans résultat, ou qui est en travail sans que rien ne progresse, ne doit pas être laissée jusqu'au lendemain. Notez l'heure de début des efforts : cette information est précieuse pour le vétérinaire.
Est-ce que cela va se reproduire à l'agnelage suivant ?
Ce n'est pas un problème qui récidive systématiquement : il résulte d'un mouvement, pas d'une anomalie permanente de la brebis. Une femelle qui a bien récupéré peut en général être remise à la reproduction, après avis du vétérinaire sur l'état de son utérus.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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